17/12/2011

Le "consensus", ou la permanence des privilèges

 

Sur le vif - Samedi 17.12.11 - 11.39h

 

A Genève, la fin de législature verra se cristalliser ce qui a commencé il y a deux ans: une majorité de pouvoir (PLR, PDC, Verts), qui saura faire front, pour sauvegarder ses prébendes, sur tous les enjeux stratégiques, comme les questions budgétaires. Une opposition des Marges (UDC, MCG, PS, sans compter l'extrême gauche qui, forte de 14%, n'est pas représentée au parlement pour causes de divisions internes).

 

Il y a donc bel et bien un pouvoir, avec ses séides, ses complices, ses courtisans, ses laquais, ses réseaux de copains. Et une opposition. Ou des oppositions. Et si, sur certains points stratégiques précis, elles se coalisaient? Leur capacité à se mettre en commun pour attaquer sera l'un des enjeux de fin 2013.

 

Reste un petit exercice de traduction: lorsque les tenants du pouvoir vous disent "culture du consensus", il faut entendre "On se tient par la barbichette, aussi éloignées soient nos idéologies (cf libéraux et Verts!), pour rester le plus longtemps possible dans les arcanes de la puissance. Celle qui détient le pouvoit de nommer, copiner, dominer".

 

C'est valable à Genève. Ca l'est, encore plus, à Berne. Nous y reviendrons.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

L'UDC, elle, est divisée entre le pouvoir et l'opposition, comme l'ont prouvé les votes de leurs députés hier.

Il y a les tenants de la "ligne "Pardo", que certains pensaient brisée par Nidegger et la famille Amaudruz. Ceux-là ont une vision "non consensuelle" de la politique et des positions marquées par des principes. C'est le refus du budget, le refus de tout rapprochement avec l'Entente, la protection de la classe moyenne.

Et il y a les tenants de la ligne de la direction du parti, qui roule pour l'Entente, cherchant à tout prix à se faire admettre en son sein, ligne alignée couvert sur le PLR et la FER. C'est la partie de l'UDC que Stauffer qualifiait de "Putzfrau" de l'Entente.

Que va donner cette fracture ? A-t-on seulement vu hier soir une manifestation de mauvaise humeur sans suite des tenants de la "ligne Pardo"? Ou refait-elle surface, à la faveur du désastre vécu par l'UDC suisse ces dernières semaines, désastre dû en grande partie à l'adoption d'un ton trop consensuel par le Parti, destiné à faire élire, d'ailleurs en pure perte, des Conseillers aux Etats, ce qui raviverait les ardeurs des opposants à la "ligne Putzfrau" ?

Écrit par : Henri Martin-Chappuis | 17/12/2011

Le vote scindé en deux du groupe UDC sur le budget 2012 n’était en aucune manière une division entre les tenants d’une ligne dite dure et ceux qui seraient plus consensuels.

Vu qu’une majorité se dégageait en faveur de ce budget, cette divergence portait uniquement sur le message que le groupe voulait donner : soit « jamais nous ne voterons un budget déficitaire, c’est contre nos principes » ou « en situation d’urgence et vu le manque de moyen de certains départements (DSPE, DIM) ainsi que les coûts induits par l’application de nouvelles lois votées par le peuple (réforme du CO, accueil continu), nous consentons à donner une année au Conseil d’Etat (mais aussi au Grand Conseil) pour trouver des solutions pour revenir à l’équilibre. »

Si, au sein du groupe UDC au Grand Conseil, il y a effectivement des tenants d’une ligne plus « populiste » et d’autre d’une ligne plus « institutionnelle », classer les Députés dans ces deux « cases » par rapport au vote de vendredi soir serait une erreur.

Écrit par : Antoine Bertschy | 19/12/2011

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