05/01/2012

Messieurs les Onglets, tirez les premiers !

 

Sur le vif - Jeudi 05.01.12 - 11.32h

 

Mon éminent confrère Jean François Mabut se fend d'un billet, en forme de mode d'emploi, pour expliquer le nouveau moyen d'accéder aux blogs, depuis le site de la TG. Auparavant, il suffisait de cliquer sur l'onglet « blogs », ce qui me semble, belle marquise, d'amour me font, vos beaux yeux, mourir, le moyen en effet le plus direct d'accéder au désir de l'internaute. Aujourd'hui, cet onglet direct a été tué, au profit d'un onglet « services », contenant, au même titre « qu'immobilier, emploi, concours et décès », l'onglet « blogs ».

 

Jamais les blogs hébergés par la Tribune de Genève ne se sont aussi bien portés. Des plumes insoupçonnées, des tempéraments d'écriture, en surgissent. Des gens dont on n'aurait jamais entendu parler sans ce formidable moyen d'expression. Non seulement le commentaire en émerge, dans toute sa palette, mais souvent, plus basiquement, l'information : oui, on apprend des choses en fréquentant ce monde. Par exemple, avec le chasseur d'images Haykel Ezzedine.

 

Par sa diversité, sa réactivité, sa rapidité, son intervactivité, cet univers (j'évite le mot plateforme, qui fait prospection pétrolière) est devenu un exceptionnel vecteur de la liberté d'opinion à Genève. Il relègue, bien sûr, les courriers de lecteurs des journaux papier, où il faut des jours avant d'être publié, au paléolithique. Il défriche, précède, invente : c'est ce qui, dès le début de mon expérience, il y a quatre ans, m'avait attiré. Journaliste, j'aime innover, créer de nouvelles émissions, m'adapter aux nouveaux vecteurs que nous offre le génie de la science. Cette passion, je l'ai en commun avec Jean-François Mabut, infatigable tête chercheuse en l'espèce. Ainsi, ayant boudé Facebook les premières années, j'y ai trouvé tout récemment un terrain de dialectique, voire de duels, qui me semblent, dans leur concision et leur nécessité de densité, au service de la langue et du propos. Cette nuit encore, avec mon confrère Benoît Couchepin, fin fleuret, j'ai croisé le fer avec plaisir et, malgré l'antagonisme absolu de nos positions, un solide respect mutuel.

 

Mais las ! L'onglet « blogs » a disparu, et les textes rédactionnels de ces centaines de personnes qui convergent sous cette appellation se trouvent désormais relégués avec l'immobilier et les décès. Aurait-on, en très haut lieu de la Tribune de Genève, délicatement, discrètement, signé l'arrêt de mort des blogs ? À quand le faire-part ? En page toute voisine : celle des décès.

 

À la vérité, il y a conflit de générations et conflit d'intérêts. Celui de générations : tout plongé que je suis dans l'univers d'internet, je suis frappé par le nombre de gens (par exemple un ancien maire devenu conseiller national) ne faisant référence qu'à mes écrits sur papier. Ils considèrent encore, à tort, l'univers éditorial d'internet comme un joujou, un gadget. Conflit d'intérêts : et si les huiles de la Tribune de Genève, dépassées par le succès des blogs, leur liberté de ton incomparable avec le carcan de la Tribune papier (où, Dieu merci, émergent quelques esprits libres, comme Olivier Francey), entraient dans une période de repli protectionniste (oui, je sais, j'y suis favorable en politique, bonjour Philippe). Pédale douce sur les blogs, pour sauver le navire du papier. Amusante hypothèse, non ?

 

Hypothèse, et singulière coïncidence : tout ce que la Tribune de Genève compte d'anciens rédacteurs en chef recyclés dans d'éminentes fonctions régulatrices ou moralisantes, débattait, juste avant Noël, au demeurant entre eux (c'est plus simple) de l'opportunité de mieux cadrer le monde des blogs. Incomparables dans la posture du Grand Prêtre, ils laissaient entendre que l'heure était grave, que des mesures allaient être prises. D'avance, on en tremble.

 

Savent-ils, ces doctes gens, que la libre parole, l'alacrité d'une plume, la sonorité d'une syllabe, ne dépendront jamais des vecteurs ? La fonction critique - pas seulement celle du journaliste, celle de tous - viendra toujours se nicher là où on ne l'attend pas. C'est précisément sa fonction. Sa fragilité. Sa vertu. Et parfois, on l'espère, son utilité. Excellente Année 2012 à tous !

 

Pascal Décaillet

 

11:32 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (27) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Bonjour Pascal si j ose parler ainsi,
Depuis la Brasserie de la Bourse à Carouge où je vais me "taper" une bonne choucroute, je vous dis respectueusement que votre billet est bien loin de la soupe de choux!!!
Votre plume a raison!
Cher Pascal bon appétit.
François de Krouge!

Écrit par : François Velen | 05/01/2012

"Par sa diversité, sa réactivité, sa rapidité, son interactivité" Mais c'est justement une des aspects qui dérangent chez les blogs, parce que cela les rend difficilement contrôlables. Je me souviens d'une votation d'il y a deux ans où les sondages s'accordaient parfaitement au discours bien-pensant du journal, alors que sur les blogs la polémique était, disons, assez intense. Les résultats de la votation, bien entendu, ont fini par donner raison à ceux qui s'exprimaient sur les blogs, à l'encontre du discours du journal. Cette liberté peut naturellement être inconcevable à tous ceux qui voudraient mettre la pensée et l’opinion en coupe réglée; finalement, certains ont du mal à accepter qu'une série d'écrits hébergés par le journal (ne pas oublier la question de la proximité) contestent et mettent en doute de manière claire le contenu même de celui-ci, mais ce n'est qu'un aspect des choses et il y en a d’autres.

Le problème du nombre, ou de la masse critique, surtout. Comme vous dites, les blogs de la tdg ne se sont jamais si bien portés. D’une part, qui dit nombre croissant dit influence croissante, ce qui serait dérisoire dans un pays comme la France, mais non négligeable dans nos vases clos citadins suisses ; d’autre part, la question du nombre croissant met en lumière une évolution que vous avez aussi évoqué en vous référant au conflit entre générations. Autrement dit, s’il y a de plus en plus de lecteurs du journal qui passent leur temps à consulter la version électronique (blogs ou autres), que la version papier, la logique voudrait que cette version soit davantage développée, et l’interactivité renforcée, parce que cette condition est nécessaire au succès d’un journal virtuel, devenu à terme inévitablement payant. Mais personne, parmi les utilisateurs d’Internet, ne payera pour se faire imposer des avis sans pouvoir réagir, et ceux qui pensent qu’un journal sur Internet est un journal papier version .pdf se trompent assez lourdement et n’ont aucune idée du fonctionnement du web, où la valeur d’une opinion émise d’en haut, avec une intention prescriptive, est toute relative face à une agora retrouvée où chacun peut dire ce qui lui chante, et s’exprimer sur des problèmes de proximité.

Alors, que faire de cette masse de lecteurs indociles ? Une approche intelligente serait de les ferrer en les caressant dans le sens du poil, en leur offrant des espaces virtuels de plus en plus accessibles et sophistiqués, en leur laissant exprimer ce qu’ils veulent, afin qu’ils n’aillent pas voir ailleurs, au lieu de les laisser dépérir entre les annonces immobilières et les nécrologies. Mais les responsables de l’évolution actuelle prennent-ils en compte l’existence d’un ailleurs ?

Écrit par : Inma Abbet | 05/01/2012

J'ai décidé de ne plus déposer de commentaires liés aux articles de la TdG. Motif ? Les paramètres d'une modération trop partisane. (inféodée aux petits potentats locaux.)

Écrit par : Malentraide | 05/01/2012

@ Malentraide - Toute précision de votre pensée nous serait agréable.

Écrit par : Pascal Décaillet | 05/01/2012

Protéger la blogosphère, c'est élargir les libertés démocratiques et individuelles.
Qui sont les éditeurs de la TDG ? Quel jeu jouent-ils ? Peut-on imaginer que seuls ils aient pris la décision de marginaliser la parole libre ? Y-a-t'il des lobbies derrière eux ?
Les blogs sentent le jasmin et cette effluve n'est pas en odeur de sainteté dans tous les cercles de pouvoir. Faut-il donc s'étonner de cet interventionnisme ? Non. Il fallait s'y attendre.
Je suis curieux de lire la réponse de la TDJ à votre pertinente intervention.

Écrit par : philibert1er | 05/01/2012

Inma@ Je ne crois pas trop à votre version optimiste des blogs. Et je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de lecteurs. En voici les raisons :
-une personne sans connaissance des blogs de cette plateforme suivrait votre conseil et viendrait les consulter : soyons honnête, il y a un énorme déchet. Quelqu'un qui débarque aujourd'hui n'y trouve pas grand'chose d'intéressant, à moins d'être très motivé ou spécialisé dans sa recherche : le blog de Pascal Kümmerling est évident pour quiconque s'intéresse à l'aviation. Si je pars de mon point de vue, j'ai laissé tomber les inutiles. Et les blogs qui m'intéressent, le vôtre par exemple, je dois faire beaucoup d'efforts pour les trouver. Un novice a peu de chances de tomber sur eux.
- le ton et la pauvreté des arguments sont des facteurs décourageants pour quiconque met son nez sur cette plateforme. On y voit un ramassis d'extrémistes de tout poil chantant de façon très débile les vertus d'Israël, de l'Islam, du gauchisme, de l'écologie fascisante, du pro-américanisme primaire et de toutes les autres horreurs de notre temps, l'UDC zurichoise comprise.
- les gens professionnellement actifs qui pourraient contribuer de façon intelligente aux débats sont payés très chers en Suisse. Il ne leur viendrait pas à l'idée de le faire pour rien. Les blogs sont le lieu de rencontre des loosers, des presque nuls, des frustrés de ceci ou cela dans l'esprit du 99% de la population...

Il en ressort que nous ne sommes certainement pas très nombreux à visiter les blogs. Les mêmes personnes y reviennent plusieurs fois et généralement interviennent. Un petit 10% lit et ne marque pas son passage selon mon intuition. Si vous voulez connaître le nombre de gens qui ont lu votre blog : le nombre d'intervenants + 10 ou 20 %. Pas de quoi pavoiser. En fait, la plupart des gens ne s'intéressent plus à la politique. Ils votent pour ceux qui les flattent ou défendent leurs intérêts. C'est ainsi que les ouvriers mis en concurrence directe avec l'immigration votent UDC, les fonctionnaires pour le PS qui veut tout étatiser, etc...

Écrit par : Géo | 05/01/2012

@ Philibert 1er - La question des lobbies mériterait d'être étudiée.

Écrit par : Pascal Décaillet | 05/01/2012

Les paramètres d'une modération trop partisane. (inféodée aux petits potentats locaux.)
++++++++++++++++++++

Le Matin fait encore mieux.
Dès qu'un sujet est "sensible", c'est-à-dire susceptible de provoquer des "dérapages" (pour parler en "journaliste"), hé bien, on bloque d'entrée toute possibilité de commentaires.

Écrit par : Paul Bär | 05/01/2012

Pages de blogs pages de décès c'est tout à fait ça...

Je vous informe que suite à des impossibilités inadmissibles et incompréhensibles de faire passer certains de mes commentaires sur les blogs de la TDG durant le mois de novembre passé, impossibilités laissant clairement penser à une censure... que suite au mutisme total de la TDG, Mr Mabut ne répondant même pas aux mails qu'on lui envoie pour demander des explications...

J'ai décidé d'arrêter de publier et de commenter. 022 c'est fini... vous n'entendrez plus jamais parler de 022...

Je laisse la place - c'est ce qu'ils voulaient n'est-ce pas ? aux Souailles, Mabut, Ruetschi et consorts... je les laisse à leurs responsabilités...

Je n'ai que faire de continuer à discuter et batailler avec des gens de ce niveau, qui refusent toutes contradictions sur leurs propres blogs et qui le lendemain s'offusquent des atteintes à la liberté d'expression, en chine...

pitoyable...

J'ai même décidé de ne venir plus là que par hasard, pour voir de temps à autre, mais de ne plus y perdre de temps puisque c'est ainsi que l'on y traite les gens et la démocratie...

C'est dommage mr Décaillet je vous aimais bien, et quelques autres... qui avaient le courage de penser par eux-mêmes et de ne pas bêler bêtement derrière les opinions toutes faites et préfabriquées produites par les détenteurs des moyens d'expressions et leurs valets... ou quelques autres affidés officiels... et députés...

Il est à souhaiter qu'un jour vous puissiez migrer vers un espace plus libre que celui-ci, qui est devenu imbuvable, je n'en veux plus... et alors je pourrai vous relire avec plaisir...

Ci-gît le dernier commentaire de 022.

Amitiés à tous ceux que j'ai reconnu comme véritablement du côté de la démocratie et de la liberté d'expression, ils se reconnaîtront...

022





N.B. Mes commentaires qui ne sont jamais passés n'étaient ni injurieux ni illégaux, ils remettaient tout simplement en cause des affirmations totalement fausses de mr Vielliard - homme politique français qui bénéficie d'un blog très souvent avancé par la TDG - à propos de la libre-circulation, et l'impossibilité subcéquente de pouvoir lui opposer par d'autres voies un droit de réponse.

Écrit par : 022 | 05/01/2012

Pour tous ceux qui savent gérer des favoris, vous en mettez un sur n'importe quelle page du blog et vous y reviendrez en cliquant dessus, ensuite naviguez. C'est ce que je fais. Tombé par hasard sur celui de M.Décaillet, que j'ai apprécié à l'époque à la TSR lors de mes trajets en voiture (eh oui, un de ces pendulaires qui a du quitter Genève pour VD il y a 22 ans, ne trouvant pas à se loger avec un second enfant à venir..) je l'ai marqué et ne suis jamais passé par TDG en direct.

Écrit par : piller | 05/01/2012

Bonjour Pascal, les blogs sont une ouverture sur le nombre, nous sommes d'accord. Ils sont d'inégale valeur, c'est évident. Mais le fond de la nouvelle mise en page a d'autres causes que la réunion dont vous parlez (bonjour M. Monnier). C'est avant tout une mesure de rationalité économique - discutable à mon avis - qui a vu l'édition électronique de la Julie et de 24 heures migrer sur une plate-forme qui cause alémanique et que je soupçonne commune avec celle du Tagi. C'est notamment évident dans les pages météo, comme cela a déjà été relevé dans les pages d'Homme libre.
Géo, le préjugé à l'égard des blogueurs, en dehors de la blogosphère est à la foi vrai et faux. Vos remarques sur la piètre qualité de nombreux blogs est juste. En revanche, vous vous trompez sur le nombre de lecteurs, qui sont bien plus nombreux que les intervenants.
En ce qui me concerne, je ne suis plus dans le peloton de tête depuis que je n'écris plus qu'épisodiquement (plus ou moins un texte par semaine), mais je conserve un minima de 3000 lecteurs différents par mois (et environ deux fois plus de visites) flirtant avec les 5000 lecteurs différents en décembre...
Or le nombre de mes commentateurs est 100 fois inférieur. Par ailleurs, pour ce qui me concerne, je sais, parce qu'on me le dit et aussi parce que j'en découvre assez régulièrement les retombées dans la presse, que mon lectorat compte de nombreux politiciens et journalistes, qui le commentent très rarement, mais le lisent néanmoins.
Pour maintenir une certaine qualité au débat, je censure d'ailleurs désormais la plupart des commentaires qui de mon point de vue n'apportent rien ou sont indigents. Sauf parfois lorsqu'ils le sont au point d'être drôles. C'est méchant, je sais, mais nul n'est parfait.
En ce qui me concerne, s'il m'arrive parfois d'user de pseudonymes sur d'autres blogs, je ferai volontiers une croix sur les pseudos si cela peut aider à élever le débat et réduire le taux d'agressivité, raciste ou autre, qui pollue ce qui reste un fantastique outil d'expression libre. Mais dans toute communauté humaine, pour que l'on puisse s'entendre et se parler au lieu de s'étriper, il faut des règles.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/01/2012

400 caractères au maximum pour commenter les ARTICLES publiés aussi bien dans 24 Heures que dans la Tribune de Genève. Est-ce suffisant ?

À titre d’exemple, le commentaire de Philibert 1er poster plus haut dans cette note, ne passerait pas, du moins pas en entier. Il compte 531 caractères, voyez-vous !

En cela, je comprends très bien l’attitude ou le sentiment de Malentraide et il n’est sans doute pas le seul à avoir cette position. Il suffit de consulter les articles pour s’apercevoir que le nombre de commentaires à fondu comme neige au soleil depuis le 1er janvier. À ce que j’ai pu constater depuis cette date, sept commentaires maximum ont été publiés pour un seul article… Y a-t-il un problème, Moderator ?

Par ailleurs, il suffit de lire la charte commune à ces deux organes de communication (oui, je dis bien communication), Tribune de Genève et 24 Heures, pour comprendre que seuls quelques lecteurs ayant une opinion convenant à la ligne rédactionnelle du journal ont passé la rampe de la censure. C’est du moins mon sentiment.
http://www.tdg.ch/services/contact/Charte-des-commentaires/story/29300639

Dorénavant, en lieu et place de la Tribune de Genève, je lirai la Pelouse de Genève, qui correspond mieux à mon statut social. Et je n’ai pas besoin de 24 heures pour réfléchir.

Écrit par : Benoît Marquis | 05/01/2012

Ne jamais oublier qu'il n'y a pas moins libéral... qu'un libéral, quand on conteste ses opinions.

Ainsi, les journaux qui se gargarisent à journée faite des grandes valeurs dites "éclairées" sont généralement le plus corsetés, question censure et discours unique.

Idem sur la prévention de ces gens-là par rapport à l'anonymat : ils invoquent les motifs les plus nobles pour en discréditer la pratique, alors qu'ils veulent seulement, dans les faits, empêcher tout contre-discours dérangeant.

Écrit par : Paul Bär | 05/01/2012

Voili qui est sacrement et elegamment bien dit.

"Usagers des blogs, des TPG et de la voie publique, indignons-nous". non, je n ironiswe pas.

"Rendez-nous la CGTE, les Onglets et Ramseyer". oui, la, un peu

p.l. er romanista per qualche giorni ancora

Écrit par : pierre losio | 05/01/2012

Quand on voit les réactions de certains à un changement minime pour accéder à une rubrique de Blog ... on comprends un peu mieux les attaques incessantes à l'égard de l'ouverture de la Suisse ou plus généralement de toute tentative de modification des petites habitudes du bon Genevois.

Écrit par : stéphane | 05/01/2012

Des mesures? Vous avez écrit des mesures, Mr Décaillet? Démesure des grands de ce monde. Aucune chance d'abattre les blogueuses et blogueurs. Ce sont des volatiles qui se régénèrent d'eux-mêmes comme les lézards qu'on attrape par la queue et qui s'échappe avec une repousse à la clef.Je sais, les oiseaux-lézards vivaient à la Préhistoire et étaient donc en voie d'extinction, et même carrément éteint. jusqu'à ce que... Hors donc, nous les avons ressuscité grâce à notre savoir génique et sans gêne, je dis nous les Gueuseblos (les femelles) et les Fugueurs de prime (les mâles) Pas de chance de nous tuer dans l'oeuf, sauf à nous tuer pour de vrai. Cela ferait des journalistes des criminels. Un must dans les délits historiques. YO! On va bien s'amuser en cet année 2012. Belle apocalypse pour les médias:))) bonne soirée à tout le monde. 2012 est très bien lancé grâce à nos médias préférés.

Écrit par : pachakmac | 05/01/2012

Beaucoup de bons commentaires comme ceux de Inma Abet, philibert 1er, 022 (pour la dernière fois malheureusement), Paul Bär.

Monsieur P S vient se faire le chantre de la censure de ce qui ne lui convient pas (l'opposition aux aliens qui révolutionnent le paysage humain par exemple). Il nous impose ses tabous liés à ses propres intérêts selon les standards de la bien-pensance. Le gaillard se croît résistant du temps des SS.

J'ai vu récemment une émission sur l'arrivée des bourreaux communistes à Cuba. A l'époque on filmait les exécutions des opposants...

Écrit par : anonyme | 05/01/2012

@Géo, il n'est pas question d'être optimiste en ce qui concerne la qualité des blogs qui est, je le reconnais, assez inégale. D'accord, on peut être heurté par le ramassis d'extrémistes qui s'agglutine par ici, mais entre "les gens professionnellement actifs qui pourraient contribuer de façon intelligente aux débats " et les losers archi-nuls, entre les deux extrêmes, il y a tout un monde de lecteurs, de passage ou habitués, qui lisent mais qui ne commentent pas, ou presque jamais. Je confirme ainsi ce que dit Philippe Souaille, bien que mes chiffres à moi soient un petit peu plus modestes.

Les lecteurs des blogs sont ceux de la Tribune et 24h, il n'y a pas d'autres, ou très peu, et l'évolution des blogs peut être ainsi un reflet de l'évolution de la population qui lit des journaux, et là se trouve la question intéressante, à mon avis. Quelle va être la durée de vie du support papier? L'arrivée sur le marché de tablettes de moins en moins chères et faciles à utiliser, le perfectionnement de tous les supports mobiles risquent de transformer à moyen terme la presse telle qu'on la connaît en survivance du passé. Tôt ou tard, la presse "papier" devra s'adapter aux modes de fonctionnement d'Internet. La possibilité de réagir librement en est un, la rapidité dans le renouvellement de l'information en est un autre. La question ne se pose pas seulement pour les blogs mais, dans un sens plus large, pour toutes les formes interactives, dont l'ajout de liens et de vidéos, l'interaction avec FB, twitter et les autres, les commentaires à la suite d'articles, qui sont critiqués ici même... Bref, ce qui est en cause, pour moi, dépasse la question des blogs et touche plus généralement les rapports entre le journal et ses lecteurs.

Écrit par : Inma Abbet | 05/01/2012

@M.Stephane

Etonnant voui cette levee de boucliers. La resistance au changement n est donc pas l apanage des fonctionnaires (j en ai une idee j etais de la maison)

Écrit par : pierre losio | 05/01/2012

@ Pierre Losio - Sans l'échalote, et ses nécessaires effets lacrymaux, l'onglet ne serait qu'un détail de l'Histoire.

Écrit par : Pascal Décaillet | 06/01/2012

Chouette ! Organisons une course à l’échalote !

Écrit par : Benoît Marquis | 06/01/2012

@ Pascal Décaillet:
C'est un constat difficile à exposer en quelques lignes car l'atavisme et le non-dit y ont une réelle influence et son analyse minutieuse exigerait de faire appel à plusieurs sciences humaines, et encore... De manière générale, je constate qu'il est (devenu) impossible de déposer des commentaires dont le contenu, même - et surtout - exprimé dans les formes de la politesse en ligne, rompt trop sèchement avec le consensus exigé des journalistes TdG engagés non pour nous informer après de solides enquêtes indépendantes qui sont la servitude et l'honneur du métier de journaliste tel qu'il était conçu avant mais pour perpétuer tous les poncifs et clichés de la "pensée magique" qui permet à leurs chefs de durer, à savoir: "Surtout ne parlons pas vraiment d'un événement gênant pour le rédactionnel consensuel et nos amis à l'extérieur, il disparaîtra bien tout seul". Cette attitude qui sous-tends tous les discours bisounours actuels en politique et dans les médias est à l'origine de la cassure profonde entre l'électorat/le lectorat et une "élite" éclairée (?) qui ne tient que parce que ses membres sont cooptés essentiellement sur leur capacité à taire, et là l'auto-censure intégrée donne à plein, tout ce qui dérange ou pourrait écorner l'image des petits potentats locaux et à reproduire chaque jour les mensonges de la pensée magique, ce baume qui fait passer toutes les démissions et tous les renoncements. Récemment, j'ai posté un commentaire un peu ironique mais très poli sous un portrait d'une rare complaisance concernant les goûts culturels d'Alain Berset coopté à Berne* justement parce qu'il incarne le consensus dont il est question plus haut. Mon commentaire est allé directement dans la poubelle sans aucune explication, manifestation d'un manque de la plus élémentaire politesse de la part des modérateurs, et signe qu'il ne faut pas émettre de couac - même mineur - un lendemain d'une injection massive de solution bisounours.

* Une précision: je ne suis pas de gauche mais comme vous, je reste convaincu que Pierre-Yves Maillard était (est) meilleur, car plus puncheur, plus, plus... Et donc trop - et en trop - au pays du consensus mou comme le fut Mme Keller-Sutter.)

Écrit par : Malentraide | 06/01/2012

Malentraide@ Il faut se souvenir qu'il est possible d'ouvrir son propre blog. Il est vrai que dans le fatras actuel, c'est un peu comme crier dans le désert. J'ai écrit un billet sous "Géo" sous l'appellation "Non au conformisme" et n'ai eu qu'un seul commentaire totalement fantaisiste. A mon avis, personne ne l'a lu et je pense que les Inma Abbet et Philippe Souaille se trompent complétement sur le nombre de lecteurs. Il m'arrive aussi d'ouvrir un billet et de repartir en une seconde, à la seule vue de la signature ou de la première phrase. Ce faisant, je trouve assez grotesque d'être considéré comme lecteur...
Il ne nous reste qu'à écrire des commentaires, et les vôtres sont très bien.

Écrit par : Géo | 06/01/2012

Malentraide@
Il y avait une raison de mon abstention en politique qui avait nom Mme Keller-Suter. Maintenant il y en a une deuxième, PYM. Parfois j'ai l'impression que ce que vous appelez consensus mou n'est rien d'autre que l'élection d'un costume trois pièces propre sur lui, de préférence sans trop d'idée(s) et qui ne contrarie pas les 246 députés de notre pays qui ne tiennent d'ailleurs pas plus à être dérangés. Lorsque votre logique journalière a été de subvenir aux besoins d'une famille de 6 personnes et que la quantité de travail abattu et une certaine chance vous ont permis de le faire sans l'aide de personne, cette prédilection pour le moyen est difficile à accepter, vous payez les impôts qu'on vous demande et basta!

Écrit par : piller | 06/01/2012

@Géo:
La double expérience de la co-animation d'un site & forum d'histoire contemporaine depuis plus de dix ans et d'un blog "culturel" (faute d'une meilleure appellation) m'ont mis en contact avec des internautes lucides, réactifs et rétifs aux nivellements et aux enfermements idéologiques. Mais une fois ce constat fait et le sentiment d'être un peu moins dans le désert, quid ? Trop souvent, ce qui rassemble dans le ouèbe, c'est l'illusion d'être ensemble.

Écrit par : Malentraide | 06/01/2012

"quid ? Trop souvent, ce qui rassemble dans le ouèbe, c'est l'illusion d'être ensemble."
C'est parfois assez agréable. J'ai commencé à écrire dans les blogs quand j'étais seul en Mauritanie, dans un bled proche du point triple entre Mauritanie, Sénégal et Mali. Pas de contacts dignes de ce nom avec la population.
Après, c'est devenu une vilaine habitude dont je cherche à me soigner...
Cela dit, j'aurais de la peine. Mon sang bout à la lecture des journaux du jour.
Si vous ne comprenez pas, écoutez ce que dit Dick Marty de l'affaire Hildebrand qui pour lui est l'affaire Blocher et dites-moi si le clavier ne vous démange pas...

Écrit par : Géo | 06/01/2012

Malentraide@ A part cela, oubli de ma part. Excellent site, livresdeguerre. Félicitations et merci...

Écrit par : Géo | 06/01/2012

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