09/02/2012

L'île Mauris : luxe, calme et volupté

 

Sur le vif - Jeudi 09.02.12 - 17.20h

 

Votre pagode prend l'eau, les piranhas se précipitent en votre direction, le rivage est tellement loin, invisible. Vous vous sentez un peu seul. La Faucheuse, vous l'aviez imaginée plus sereine, plus noble, enfin moins grotesque que sur ce maudit rafiot pourri. Même pas l'Amazone. Juste un marécage. Sourire du nénuphar. Appétit du poisson carnivore. Il vous a dans la peau, Alain-Dominique. Les eaux sont douces, presque sucrées. C'est l'heure de vérité.

 

Et les enfants du Marais, justement, ils vous ont lâchés, pour de Vertes amours. Il n'y a plus de centre, il n'y en eut d'ailleurs jamais. Il n'y a plus que vous, Alain-Dominique, médusé sur cette saloperie de radeau. Il faut bien que sonne l'heure, alors il faut dire un mot : le dernier. Vous aviez bien pensé à « Mehr Licht », mais Goethe vous avait fauché la case. « Vive la France », sans bâillons ni poteau, sans la prière aux agonisants, c'est peut-être un peu déplacé. Alors, Alain-Dominique, à l'heure fatale, 15.23h, vous eûtes la phrase salvatrice :

 

« Les Assises du PLR inaugurent une marche vers l'avenir ».

 

Et nul piranha n'y survécut. Et vous eûtes la vie sauve. Pour quel destin ?

 

Pascal Décaillet

 

 

17:20 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

là j'avoue je seiche lol

Écrit par : mARIE | 09/02/2012

On vous connaissait des talents littéraires, mais point encore de connaissances aquariophiliques ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 10/02/2012

Contrairement à d’autres partis, l’occupation du Centre n’est pas l’obsession du PLR. Si vous étiez venu aux Assises de jeudi dernier, vous auriez pu vous rendre compte que c’est juste le contraire. Au moment de la conclusion de cet événement, la question des alliances, qui n’est qu’une parmi d’autres et qui ne fâche pas autant qu’on le croit, a été évoquée, en des termes aussi mesurés que pertinents. Plusieurs voix, connues ou non, mais bien sonores, se sont fait entendre, pour rappeler et défendre ce qui est la marque de fabrique du PLR: à savoir que se mettre être au service de la Cité (au sens étymologique) communale, régionale ou nationale, pour, toujours et imparfaitement, la construire. Avec ce qu’il faut de pragmatisme, qui implique des alliances ponctuelles avec les politiciens de bonne volonté, de quelque parti que ce soit. En guise de conclusion, plus ou moins improvisée, ce qui est aussi un gage d’une dynamique empreinte de pragmatisme, le président Alain-Dominique Mauris a demandé à l’assistance si elle se retrouvait dans cette option fondamentale à savoir faire passer ses idées avant de passer des alliances. A en croire les applaudissement et même les acclamations en guise de réponse, le parti ne se porte pas si mal.

Non, le PLR n’est pas disposé à une noyade dans le marais du centre. Mais il est aussi ressorti des débats que porté, par ses convictions, le nouveau plus grand Parti de Genève devra davantage assumer le fait, que paradoxalement, il devra se mouiller pour ne pas se laisser submerger (si j’ose cette formule paradoxale) par les flots troublées qu’il traverse momentanément. Et il n’est ni le premier ni le dernier parti qui connaît, a connu ou connaîtra des situations difficiles dont on se relève.

La noyade, réservons-la à aux adeptes de la pseudo-nostalgie dans laquelle baigne une droite qui n’a pas peur de l’asphyxie du repli sur soi. La noyade, c’est aussi la menace (ou la tentation) qui guette les professionnels-confessionnels de patauger dans l’atermoiement vertueux chéri par le Centre de Recherches Perpétuelles d’une identité chrétienne, ou pour le moins humaniste, dont il aurait le monopole.

L’option libérale-radicale relève d’une philosophie politique - plutôt que d’une idéologie. Le PLR n’a pas les yeux de Chimène pour un centre plus ou moins chimérique. En revanche, le PLR est prêt à s’associer, au cas par cas, avec quiconque cherche aussi des solutions politiques raisonnables, qui ne sont pas inspirées par des craintes électoralistes. Sans acception de personne et de parti. Et sans vapeurs.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 10/02/2012

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