10/02/2012

La moiteuse communauté des lâcheurs

 

Sur le vif - Vendredi 10.02.12 - 17.41h

 

En politique, il arrive souvent qu'on lâche un homme. Les mots: toujours les mêmes ! Ses réflexes de survie, la moiteuse communauté des lâcheurs les dissimule derrière le paravent de la morale. Elle feint de découvrir, horrifiée, que le misérable a menti. Et cet acte, travestir la réalité, pourtant solfège de l'art politique, se transmue soudain en péché des péchés. Tartufferies ! Il y a juste de bons et de moins bons menteurs. Dans ce jeu de masques et bergamasques, autour de Mark Muller, les plus intelligents, les plus redoutables, ne sont pas ceux qui prennent la parole. Mais ceux qui se taisent. Par exemple, dans le noyau dur, historique, philosophique, du camp radical. En Ville. Et bien sûr aussi au Canton.

 

Car il y a toujours des radicaux, et toujours des libéraux. Toujours les huiles, et toujours les pisse-vinaigre. Toujours de fiers grognards, et toujours, au balcon, le regard fatigué du patricien. Ces cercles-là, qui ne sont pas d'enfer, ne se sont, au fond, jamais mélangés. Tout au juste, on a cohabité pour la forme. La passion, mais chambre à part. La fusion, juste pour l'étiquette.

 

Et puis, il y a les imprudents. Le Saint Apôtre guetteur de stigmates qui, dans l'immédiat aplomb du Salève, a peut-être rugi un peu trop vite. Montré les dents. Alors que les autres, là-bas, les chers cousins, celui de la Ville, qui tient les clefs, et puis ceux du Canton, demeuraient silencieux. Et les moiteux se mâtent, s'observent, genou à terre, l'œil dans la serrure, la glotte jouissant d'en apprendre sur le cher voisin, l'estimé cousin. Car le drame ne se joue pas dans le monde, non, juste dans la famille, sur le ton murmurant de Phèdre à Oenone. Et la douceur des syllabes n'a d'égale que le feu des ambitions. Cela se passe à Genève, en février 2012. Ou à Thèbes. Ou quelque part, derrière une colonne. Fière. Au milieu de la moiteuse communauté des lâcheurs.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

17:41 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Cher Monsieur DECAILLET,

Et il y a aussi les anciennes radicales, PLR, maintenant comme moi, qui osent dire ce qu'elle pense, dans un blog, PAROLE DE MILITANTE PLR.

Oui, vous oubliez aussi peut-être les militants et le travail qu'ils ont effectué, la confiance qu'ils ont remise dans un homme ou une femme.
Si un homme ou une femme publique a le droit d'avoir une vie privée, de commettre des erreurs, elle doit aussi pouvoir, malgré les circonstances, dire la vérité tout de suite sans attendre.

La politique, ce sont des hommes, des femmes, des idées, des valeurs, mais surtout un engagement, et la confiance que l'on peut placer dans ses élus.

Bien à vous cordialement,

Béatrice FUCHS

Écrit par : beatrice fuchs | 10/02/2012

La simple victoire des mercenaires des Ducs catalans avec la prise de plusieurs seigneuries issues de la 4ème croisade.
Et ces ambitions échouées sur les rives du lac Copaïs.

Écrit par : Charly Schwarz | 10/02/2012

De toute façon, je n'avais déjà pas d'estime pour les Longchamp et autres Maudet.

Et Muller n'ont plus.

Donc, pas de regret.

A part ça, l'ancien gardien du pont du Mont-Blanc (juin 2003), Beer pourrait aussi se faire dégager comme un malpropre que je sortirai le Champagne.

Quant à la plante verte, idem et la dépacée à la Police pareille.

Tout ce beau monde n'a pas sa place.

Unger c'est juste le médiocre au milieu des glands.

Hiller sôrt du lot.

Heureusement ça n'est pas un vert au pure sens Gauche du terme.

Écrit par : anonyme | 10/02/2012

"...les plus intelligents, les plus redoutables, ne sont pas ceux qui prennent la parole. Mais ceux qui se taisent. " dites-vous.

Les plus malins - au sens propre - sans aucun doute. Les plus intelligents certainement pas... l'intelligence est vertu qu'on ne peut ici leur prêter parce que la faculté de comprendre ne génère jamais autant de lâcheté telle celle dans laquelle se complaît, en la circonstance, la moiteuse communauté dont vous décrivez excellemment le cercle.

Vous direz peut-être un jour d'autres lâcheurs appartenant à d’autres cercles. Il y a bien sûr les impénitents populistes impatients de pouvoir. Il y a encore ceux qui, jusqu'ici indécis, se jouaient plus souvent bons apôtres, et qui montrent aujourd’hui quelques dents pour se joindre en retard à une meute du genre crocuta, souhaitant l'homme blessé déjà mort.

Mais demain, celui-ci pourrait leur donner tort, il pourrait sortir renforcé de toutes ces offensives indignes dont l'exagération patente éclaire le bon peuple sur les motivations très personnelles de tous ces nouveaux censeurs.

Écrit par : Philippe Glatz | 11/02/2012

Affaire "Mark Muller". Coût pour le contribuable

Démission : ~ 367'000.- Termine son second mandat : ~ 4'640'000.- 

Écrit par : Charly Schwarz | 11/02/2012

Fut un temps où les têtes tombaient sous les coups de ce qui avait aussi été surnommé "Le moulin à silence"

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2012/02/11/des-tetes.html

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 11/02/2012

Bel édito et analyse avec laquelle je ne peux que me déclarer en ligne. Mais n'est-ce pas simplement ce qu'on appelle la politique? nom commun auquel de temps à autre on ajoute celui de démocratie?
Hier dans le Temps, édito de R. Werly sur la Grèce : l'euro et la ciguë, Socrate en toile de fond et le drame grec. En page 2 Frédéric Koller fait un rapide procès du capitalisme chinois qui n'est pas, ou pas assez démocratique, mais surtout celui d'un parti unique. Par opposition à quoi? au modèle dit de capitalisme à vocation démocratique. C'est assez amusant de trouver ces deux articles en page 1 et 2, la Grèce, berceau de la démocratie, la Chine qui n'en veut pas. Question à deux balles : qui se porte le mieux? Où peut-on gouverner et réformer et où la rue commande le suicide collectif qui s'annonce? Sans parler des excès nous ayant conduit à la crise que nous vivons, tous issus de ce magnifique capitalisme à vocation démocratique.
Bon dimanche.

Écrit par : piller | 12/02/2012

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