23/02/2012

Merci Jacques

 

Sur le vif - Jeudi 23.02.12 - 10.22h

 

Les meilleurs moments, au milieu d'une soporifique chaleur consensuelle, c'est lorsque quelqu'un jette un froid. Ainsi, Jacques Pilet, il y a quelques minutes, dans le panégyrique consacré par Médialogues à Couleur 3. En quelques mots cinglants, ce vieux lion du journalisme et de la réinvention des formes instille le soupçon d'académisme et de normalisation. Et ose la question: Couleur 3, c'est sûrement très bien, mais en quoi cela doit-il être financé par le service public? Propos qui heurteront les vieux louveteaux et feront hurler la Secte. Oui, la Secte.

 

Pascal Décaillet

 

10:22 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

"...mais en quoi cela doit-il être financé par le service public?"

Parce qu'on a déjà pléthore de NRJ et autres radios commerciales financées par la pub et qui proposent une programmation médiocre.
L'absence de pub et donc le financement publique garantie une certaine qualité.
Tous le monde vante l'excellence de la BBC, mais lorsque ce modèle économique est appliqué en Suisse, les vieux loups hurlent à la mort.
Et pourquoi ne parle-t-on pas du financement d'Espace2 !?

Écrit par : Bob | 23/02/2012

J'aime bien de temps en temps retourner sur cette radio, moi qui ai connu les débuts de l'équipe de J.-F. Acker. L'esprit n'est certes plus le même, mais chercher à écouter des nouvelles créations et des mélodies différentes des sempiternelles Hit-Parades ne serait pas possible avec les stations "périphériques" (que j'adorais pourtant dans les sixties, surtout les pirates) devant matraquer (et formater) l'auditeur. Et cette culture, peut-être pas la vôtre, diffusée dans le confort d'écoute d'une radio publique, a tout-a-fait voix au chapitre, tout comme Espace2, France Musique, etc. L'obole que les adhérents de cette secte versent au mammouth public vaut bien cela. Je sais que vous lui avez tourné le dos, ceci explique peut-être cela.

Écrit par : Gilbert | 23/02/2012

Il ne me semble pas que M. Décaillet se soit prononcé contre Couleur 3 ni pour Espace 2. Il salue que l'on ose poser la question du financement. Car c'est vrai que la question se pose.
Par exemple, je n'en sais rien mais quelqu'un connaît-il le lien entre l'industrie de la musique et les radios? qui paie combien, et à qui?
Est-il normal que le quidam verse des redevances à une radio qui achète (ou pas, je l'ignore) des droits de diffusion? Les artistes, une fois connus grâce à leur passage à la radio (et parfois riches à millions), ne devraient-ils pas plutôt, eux, financer l'antenne qui les diffuse? Evidemment, tous ne réussissent pas. Mais s'ils arrivent à se répartir les parts de notre redevance en fonction de leurs passages sur les ondes, ils arrivent sûrement à se répartir en fonction de leurs revenus discographiques les frais d'entretien d'une radio qui leur consacre toute sa programmation. Non? Pourquoi est-ce toujours le petit quidam qui doit payer pour tout le monde? Parce que ce serait le rôle de l'Etat de faire parvenir dans tous les foyers les dernières nouveautés de la musique, ou même les grands classiques?
A l'époque de la TV numérique à la carte (où chacun paie ce qu'il consomme), n'est-il pas choquant et anachronique que l'on force tout le monde à payer ce que choisissent quelques programmateurs? N'a-t-on pas dérivé d'une logique de nécessité technique (nombre limité de fréquences hertziennes, incapacité de jauger l'écoute individuelle) à une logique de subventions et de clientélisme?

Écrit par : Michael Kohlhaas | 23/02/2012

Au début des années 80, Couleur 3 a répondu à une demande des jeunes - et moins jeunes - auditeurs romands qui ne trouvaient sur la RSR aucun écho plausible de la B.O. du monde réel alors en pleine mutation. La Crise arrivait et si on dansait sur le volcan, on voulait choisir nos propres musiques et des diffuseurs crédibles. La 3 en fit indéniablement partie. Celles et ceux qui eurent autour de 20 ans en 1977-78 ne se reconnaissaient plus du tout dans les vieilles rock stars cyniques et les pathétiques chanteurs de variété qui se laissaient pousser la barbe et le ventre au bord de leurs piscines entre deux divorces et trois désintox'. Branchés sur Londres, Berlin, New York, Paris et/ou Sidney, on sentait bien qu'il se passait quelque chose. Le punk avait bousculé les idoles et redonné à une génération l'envie d'en découdre. Le glamour était de retour porté par le rock redevenu excitant. Couleur 3 fut une belle caisse de résonance pour tous les groupes et dissidences de cette mouvance et si nous* avons obtenu entre 16 et 18% de part de marché en Romandie, un carton comme on disait alors, c'est parce que nous proposions aux auditeurs l'écho sonique de l'époque. Ensuite Couleur 3 est devenue sa propre parodie, mais les premières années de cette radio corsaire - pas pirate mais corsaire, car nous étions une radio d'Etat - ont vraiment collé à l'époque, à ses rêves et à ses révoltes et ça personne ne pourra nous le reprendre.

* J'ai eu le plaisir et l'honneur d'être engagé et formé par Jean-François Acker au printemps 1982. J'ai collaboré à la chaîne jusqu'en 1988.

Écrit par : Malentraide | 23/02/2012

la Secte, la Clique, la Caste, la Bande, la Phalange, l'Equipe, les Collabos ....la Cricca.... la récurrence rance de ceux qui voudraient peut-être en être....
Je n'en suis pas mais ça ne m'agace ni ne me contrarie.
p.l.

Écrit par : pierre losio | 23/02/2012

Monsieur Kohlhaas,
Votre pseudo (sauf respect) correspond à un personnage de v.Kleist dont sa philosophie transparait bien de votre post. Bref, si je comprends bien, une pensée (ultra)libérale sans aucune volonté de mutualité. Donc, on joindrait à nos déclarations d'impôt à l'avenir une liste des institutions qu'on veut bien privilégier. Et donc payer pour assister à certaines expressions culturelles moins populaires des prix d'entrée au multiple d'une entrée au concert de Johnny?
Ad absurdum: à 60 ans, je ne veux plus contribuer à la construction d'écoles, des stades de foot, etc etc.
Résumé: Vive le service public pour l'indépendance culturelle. Pour le reste, l’État c'est nous, votons!

Écrit par : Gilbert | 23/02/2012

@ Pierre Losio - Ah, la Phalange... A propos, voilà bien longtemps que ne n'ai pas revu mon ami Velasco...

Écrit par : Pascal Décaillet | 23/02/2012

Couleur 3 a grandi (et vieilli) avec moi, elle fait partie du patrimoine culturel de la Suisse! Combien de titres ont été découverts et mis en avant, puis repris par les grosses stations commerciales, mhmm? Je suis fière de contribuer à son financement, et heureuse de pouvoir encore écouter des émissions riches et drôles...sans publicité toutes les 15 min! Longue vie à Couleur 3, à qui je souhaite un très bon anniversaire en passant!

Écrit par : El Blabla | 23/02/2012

PS: la première radio jeune et libre de Suisse a été lancée et financée par un organisme d'Etat avec l'argent public. A l'époque, personne ne discutait le financement d'une radio qui avait trouvé son public et faisait des étincelles. C'était bien ainsi. Champagne pour tout le monde !En revanche, au début des 90's quand l'audience de la chaîne s'est désintégrée (3% de pdm), il aurait fallu être réactifs et (se) poser les vraies questions: fond/forme, avenir et financement. Je n'ai pas le souvenir qu'un tel débat eût lieu, mais c'était avant le temps du ouèbe et j'ai peut-être oublié.

Écrit par : Malentraide | 23/02/2012

@Gilbert: Je ne vois pas en quoi serait "ultralibérale" une réflexion sur la nécessité d'obliger tout le monde à payer pour la diffusion de telle ou telle musique (en plus des budgets faramineux que Confédération et cantons allouent à la culture). Lorsque vous mentionnez l'école, vous ne raisonnez pas "ad absurdum", vous n'avez juste pas envie de poser ou de voir la vraie question: le choix de la musique et sa diffusion dans les foyers sont-ils des actes que nous attendons de l'Etat, et que celui-ci est donc légitimé à accomplir ou faire accomplir moyennant la perception d'une redevance? Il est clair que pour l'école, cette attente existe, encore qu'il ne serait pas absurde de se poser la question pour l'école aussi... Et cela n'a rien à voir avec l'âge que vous avez, ni avec vos goûts et besoins personnels. Même si 95% de la population adorait la Formule 1, ce ne serait pas encore une raison pour considérer qu'il revient à l'Etat de diffuser les grands-prix, à une époque où d'autres acteurs peuvent le faire à leurs frais et risques.
Si le service public va si mal (et si, bientôt, l'Etat sera dépossédé de ses tâches régaliennes parce qu'il n'est DEJA plus capable de les mener à bien: la SECURITE dans les rues, enseigner efficacement l'orthographe de base à l'ECOLE,...), c'est peut-être qu'à force de voir du "service public" partout, on ne sait plus ce que cela signifie.

Écrit par : Michael Kohlhaas | 23/02/2012

Couleur 3 ne soutient pas les artistes suisses, il n'y a aucune raison que le contribuable paye une radio qui ne soutient pas la culture locale. Idem pour La Première.

Écrit par : Goyam Brachko | 23/02/2012

@M.Pascal Décaillet
Le bon Alberto avait un lit de camp dans votre émission radiophonique du matin (émission regrettée...ah le p'tit conservatoire.....) mais maintenant (et non pas mènant) la rareté de ses confuses apparitions devient inquiétante, c'est vrai.
C'est ce qui arrive quand on change de chouchou comme de chemise....mais que devient Romain Sainte Marie à ce propos ?
J'espère qu'en ce moment votre "morelite" ne vous fait pas trop souffrir.
Bonne journée
p.l.

Écrit par : pierre losio | 24/02/2012

@ Pierre Losio - Alberto Velasco était tout de même secrétaire général adjoint - par intérim - du Petit Conservatoire. Une fonction considérable.

Écrit par : Pascal Décaillet | 24/02/2012

Pourquoi ce mot: la secte? C'est un jugement. Dommage. Je connais bien des jeunes qui osaient s'exprimer, à leur manière, à Couleurs 3. Ils ont droit au respect.
cmj

Écrit par : cmj | 24/02/2012

@M. Décaillet
Si la question du financement de la radio est une question qui mérite effectivement d'être posée, je ne comprends cependant pas pourquoi vous semblez vous acharner systématiquement contre Couleur 3. Je ne crois pas qu'Option Musique ou Espace 2 ne méritent particulièrement plus de financement que Couleur 3. Concernant la Première, cela reste discutable. Pourriez-vous clarifier votre position sur ce point ?

Écrit par : Pierrot | 26/02/2012

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