13/03/2012

Murat, Philippe, Romain

 

Sur le vif - Mardi 13.03.12 - 12.26h

 

Ils s'appellent Romain de Sainte Marie (26 ans) ou Murat Julian Alder (30 ans). L'un est socialiste, l'autre radical (non, je ne dis pas PLR, c'est un grand et noble mot, dans notre Histoire politique suisse, que « radical »). Les deux ont le sens de l'Histoire, le sens de l'Etat. Sur le plan politique, économique, ils se combattent. Mais avec un remarquable respect. Ils ont appris l'art du dialogue, celui de l'argument. Ils ne saisissent les verres d'eau que pour les boire. Ils ne passent pas leur temps, comme d'autres, à insulter tout le monde, toute la journée et toute la nuit, sur les réseaux sociaux. Non. Ils font de la politique. Adorent ça. Bossent comme des fous. Ces deux-là, parmi d'autres (Olga Baranova, Philippe Nantermod, Emmanuel Kilchenmann), seront les personnalités politiques de demain.

 

Je rends hommage à ces jeunes. Parce qu'ils contrastent tellement avec la tristesse de huis clos de certains caciques du Grand Conseil. Faire de la politique entre soi. En cercle fermé. Se soutenir, par d'étranges transversalités, ménager les carrières mutuelles : cette année je suis président, l'an prochain ce sera toi, dans deux ans ce sera lui. En attendant ce jour, on se cajole, on se mitonne, on défend la caste, contre toute irruption de l'extérieur. Tristesse !

 

Murat, Philippe, Romain, quoiqu'élus déjà dans des Conseils, font la politique dehors. Sur le terrain. C'est cette passion du militantisme qui a conduit le Jeune Socialiste, contre vents et marées il y a trois ans encore, à devenir, le 24 mars prochain, le nouveau président du parti socialiste genevois. C'est son talent, sa culture juridique et politique, sa connaissance des langues, sa passion du débat qui feront du radical de trente ans, sans trop tarder on l'espère, une figure de proue de la vie politique genevoise, ou suisse. C'est son courage, en acceptant d'affronter, seul contre tous, les partisans du prix unique, de se faire traiter d'inculte ou de plouc des montagnes, qui a permis à Nantermod, dimanche soir, de se trouver, au niveau suisse, dans le camp des vainqueurs.

 

Hommage à ces Mousquetaires. Et à tous les autres. L'avenir leur appartient.

 

Pascal Décaillet

 

 

12:26 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Bel article (à quand ce dialogue ?).

Écrit par : Grégoire Barbey | 13/03/2012

Ça fait plaisir... Ça faisait un petit moment je n'avais plus vu un aussi joli billet... Comme je l'ai déjà dit, je suis fan, mais de ça, pas du jeux des uns et des autres...

Écrit par : Aristos Marcou | 13/03/2012

Je prends un sacré coup de vieux :-)

Écrit par : Fabiano Forte | 14/03/2012

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