28/03/2012

L'Illustré tue le temps

 

Sur le vif - Mercredi 28.03.12 - 16.44h

 

Eric Stauffer. Regard noir, convergeant vers le foyer d'un écran. Mauro Poggia, regard bleu, même objectif. Derrière eux, d'autres hommes. C'est Rembrandt, la Leçon d'anatomie, les diagonales se croisent. L'ambiance est donnée. Le centre du tableau, c'est le regard de Stauffer. La braise. Al Pacino, à côté, passerait pour un enfant de chœur. Génie de Jean Revillard, le photographe, à quoi s'ajoutent les lèvres pincées du Parrain d'Onex, la gourmette. Ça n'est plus Uni Mail. C'est un sous-sol de Chicago, sous la Prohibition.

 

Cette affiche de thriller, pour illustrer quoi ? Le papier de mon estimé confrère Robert Habel, dans l'Illustré d'aujourd'hui. Et, comme on est toujours dans l'école hollandaise, un titre en ombres et lumières : « Le passé obscur d'Eric Stauffer ». Inutile de dire que le client se précipite dans le corps du texte.

 

Il en sortira déçu. Une péroraison sur la rumeur. Une dissertation sur des hypothèses. Bien écrite, captivante, par l'une des très bonnes plumes des stories de Ringier. Mais au final, quoi ? Une affaire de meurtre, dont « toute culpabilité d'Eric Stauffer est exclue ». « Aucun élément de l'enquête ne pointe vers Eric Stauffer à cet égard, et rien n'indique qu'il soit mêlé de près ou de loin à cette mystérieuse affaire ».

 

Bon, Cher Confrère. Si c'est pour exclure totalement toute culpabilité de Stauffer, ce que vous faites, on pourrait se demander s'il était extraordinairement opportun d'en parler ! D'autres affaires, toutes éventuelles, et sans condamnation, sont évoquées. Mais du solide, du biscuit, comme on dit dans le métier, rien.

 

Demeurera l'intensité de la photo. Si j'étais Stauffer, je la choisirais comme affiche électorale. Parce que Genève, faute d'avoir ces temps des pères de la patrie, pourrait peut-être essayer cet ami lointain de la famille qu'on appelle le Parrain.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

16:44 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Cet article est en effet tout simplement nauséabond!
L'Illustré et son journaliste tombe bien bas, de la vulgaire presse à scandale. Galla/Illustré, même combat!

Je ne suis pas spécialement "fan" du MCG et de son président mais là, on atteint le fond, quelle bassesse.Comment un journaliste, digne de ce nom, peut-il, sans aucune preuve, jeter le doute sur quelqu'un...de plus que la justice a tranché! Je ne serais pas étonné si une plainte est déposée.
Décidément, en période électorale, tous les coups bas sont dorénavant permis! On se croirait chez nos voisins... Vive la politique ! Bêêêrk!

Écrit par : Duval | 28/03/2012

J'aime la métaphore, elle est séduisante.

Pour ce qui est de la droite, depuis le mariage PLR, c'est plutôt la famille Adams. La dague des uns rivalise avec le sabre des autres.

Il suffit d'avoir observé l'exécution du sortant par ses pairs, dont les impairs politiques valent se règleront comptant avant les feux de la Saint Jean, pour comprendre que le chemin du maire de Genève risque bien d'être assez rude.

Vu les conditions d'exit (spécialité genevoise du suicide politique assisté), le bon calcul ne fût-il pas de laisser passer le tour ce qui aurait réellement permis à la droite de sauver ce siège?

Madame Amaudruz à raison lorsqu'elle remet Monsieur Mauris en place. Il a conservé le seul côté détestable du PL, l'arrogance.

En politique il n'y a aucun monopole. Pas plus celui du coeur que celui de représenter un camp tout seul. En voulant s'arroger ce droit l'entente creuse l'écart qui la sépare de la victoire.

A force de vouloir économiser sur tout et ne penser qu'en terme d'argent, la droite économique perd le sens du terrain et des réalités sociales. Tout comme le PS d'ailleurs mais pour des raisons différentes.

Au final ce siège pourrait passer à gauche si la droite populaire ne se mobilise pas pour être enfin représentée de manière forte au sein du Conseil d'Etat. Ce collège dont la photo présentée aujourd'hui dans la Tribune fait plus penser à un cercle d’aumônerie luthérienne qu'à une équipe prête à prendre les problèmes systématiquement et à les résoudre.

C'est pour cela qu'un jour LE TEMPS donnera raison à Eric Stauffer et nos petit-enfants pourront dire qu'il s'est ILLUSTRE brillamment aux affaires de la République.

Écrit par : Patrick Dimier | 28/03/2012

Pour l'édification de vos lecteurs, et par souci d'équité, il faudrait tout de même évoquer aussi tous ces crimes sordides que Maudet n'a jamais commis et auxquels aucun indice ne permet de le relier, mais qu'il est si facile d'imaginer. Et je ne vous parle pas des détournements de fonds monstrueux, ni des affaires de moeurs, dont Seydoux et les Verliballots auraient pu se rendre coupables s'ils avaient saisi toutes les occasions qui ne se sont jamais présentées.

Écrit par : Carlos | 28/03/2012

Les faits rapportés par l'Illustré sont édifiants. Bien sûr, le canard prend soin de se couvrir pour ne pas être attaqué en justice.

Mais tant de mouches ont tourné autour des affaires de privées et professionnelles d'Eric Stauffer, tant de faillites et d'échecs, qu'il est hallucinant de vouloir lui confier un siège de Conseiller d'Etat. Il ne parviendra pas toujours à couvrir son passé et ses méthodes avec les invectives qu'il lance sans cesse sur les autres. Un rideau de fumée. Il était temps que la presse enquête sur le passé de Gominator.

Écrit par : citoyen lambda | 28/03/2012

au bien pensant "citoyen Lambda"
étrange ne trouvez vous pas que le même ILLUSTRE ne fasse pas une "enquête" approfondie sur les 5 autres candidats ....
peur de trouver des eaux sombres et répugnantes.....
étrange je vous dit !

Écrit par : justice | 29/03/2012

Et voilà, comme prévu:

«La plainte pénale pour diffamation, calomnie et violation du secret de fonction sera déposée d’ici vendredi»!
Et que penser des propos mensongers du rédacteur en chef de l'Illustré qui prétend que l'article n'a pas été mis en ligne sur le site du journal? J'affirme que si....c'est même comme ça que j'en ai pris connaissance.

Écrit par : Duval | 29/03/2012

Stauffer n'a, circulation routière mise à part, jamais fait l'objet de condamnation pénale. Et pourtant, nombre d'intervenants réagissent comme s'il s'était rendu coupable des faits qui ont donné lieu aux enquêtes relatées par l'Illustré. Je pourrais me contenter de relever qu'ils violent l'un des principes cardinal de notre civilisation, la présomption d'innocence. Mais je crois plus utile de relever que notre société, notre justice et notre police, aiment à soupçonner et à se pencher sur ceux qui ont la "gueule à ..." et que Stauffer, victime dans sa jeunesse des difficultés liées à un meurtre dans son proche milieu familial, a très tôt et de ce fait, acquis une "gueule à ...". Dès lors il n'en faut pas plus pour expliquer que Stauffer ait à plusieurs reprises été ausculté par notre police et notre justice, souvent à la requête de tiers flairant le bon coup à faire pour se refaire, sans toutefois que rien ne soit retenu contre lui.

Ces enquêtes ont l'avantage pour Stauffer qu'elles ont démontré qu'il était un honnête homme. Alors que vous autres les biens pensants, vous êtes innocents, certes, mais si vous l'êtes c'est parce que vous êtes présumés innocent et non pas parce que l'on a étudié de près vos agissements.

S'agissant de la conduite sans permis d'une deux roues, il est fort possible que l'affaire ait été classée par le parquet sans que cela ne soit le fruit d'un passe-droit. Il me semble que Stauffer déplaçait un deux roues d'un garage jusqu'à chez lui pour l'y stationner alors qu'il arrivait à la fin de suspension de son permis. Si tel est bien le cas, il est fort possible qu'il y ait eu classement, car à Genève la justice -et les tribunaux y veillent avec grand scrupule- est très laxiste en la matière. Par exemple, il est de jurisprudence que les condamnations fermes pour conduite sans permis sont quasiment impossibles dans ce canton alors que dans d'autres cantons le sursis est loin d'être acquis d'avance.

Enfin, Stauffer n'a jamais volé 50'000 francs dans la caisse de la Constituante comme l'a allégué une dizaine de fois un député PLR en profitant, opportunément, de la télévision et, lâchement, de son immunité parlementaire.

Quant à l'article de l'Illustré qui a pendant une certain temps été mis sur le net puisque c'est là que je l'ai lu et récupéré, il n'existe plus sur la page de l'Illustré. En aucun cas cet article ne laisse entendre que Stauffer a quoi que ce soit à faire dans un meurtre. A la lecture de l'Illustré on comprend que la vie du jeune Stauffer a du être très dure suite à un meurtre commis dans son milieu familial proche. Laisser entendre que l'Illustré laisse entendre quoique ce soit d'autre est attenter à l'honneur de l'illustré.

Passer ce drame aurait été dissimuler une clef de la psychologie de Stauffer et l'explication de l'emballement de nos institutions.

Voyez-vous, à mes yeux, cet article de l'Illustré démontre les travers de nos institutions et de nos mode de penser et me fait découvrir Stauffer sous un angle encore moins déplaisant qu'auparavant. Et je découvre en lui une sacré faculté de résilience, faculté nécessaire en politique, et que n'avait guère Mark Müller son prédécesseur au Conseil d'Etat.

Écrit par : CEDH | 30/03/2012

Stauffer a quitté l'école à 15 ans apprend-on via l'Illustré. Ceci explique cela. Je commence à comprendre l'origine du manque d'éducation et de savoir-vivre du personnage. Un loufoque comme lui au Conseil d'Etat et l'on sera la risée de nos concitoyens helvètes !

Écrit par : Galileo | 30/03/2012

Cher Galileo, j'ai quitté l'école à 15 ans et contrairement à ce que vous semblez prétendre avec votre généralité nauséabonde, j'ai de l'éducation et du savoir vivre. Au risque de vous décevoir vos certitudes, je connais quelques spécimens de crétins, malhonnête, qui ont fait HES ou l'uni...je vous les présente si vous voulez?

Écrit par : Alex | 06/04/2012

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