28/03/2012

Noces de feu

 

Sur le vif - Mercredi 28.03.12 - 12.34h

 

Le pacte MCG-UDC, annoncé lundi soir, clarifie la campagne du 17 juin. Et dessine, comme ils le sont, les trois blocs réels de la vie politique genevoise depuis quelques années déjà : la gauche, derrière Anne Emery-Torracinta ; l'Entente, derrière Pierre Maudet ; l'opposition non-gouvernementale, que j'appelle souvent « les Marges », MCG + UDC, derrière Eric Stauffer. Bien sûr, il y aura aussi Laurent Seydoux, candidat intéressant et combatif, et le Pirate, Alexis Roussel, mais les trois blocs principaux dessineront la campagne. Qui gagnera ? Je n'en ai franchement, à ce jour, aucune idée.

 

Sur l'alliance MCG-UDC, les pleurnicheries du PLR arrivent bien tard. Comment vouliez-vous que les militants du plus grand parti de Suisse, section Genève, ne se souvinssent pas, juste un an après, de la manière dont Maudet les avait traités, lors de la campagne municipale du printemps 2011 ? On ne peut pas à la fois brandir la mythologie de la peste brune - totalement inadéquate concernant l'UDC, a fortiori son aile genevoise - pour plaire à une partie de la gauche et passer la rampe de l'exécutif en avril 2011, et s'imaginer que ces braves militants de base de l'UDC genevoise vont vous adouber royalement, en mars 2012. Cette duplicité, nous l'avons soulignée ici même, il y a un an.

 

A cet égard, il convient de rappeler qu'un homme, aujourd'hui provisoirement dégagé des entreprises, s'était battu, il y a un an, pour arrimer l'UDC genevoise à l'Entente, constituer ainsi une droite élargie qui, sans être nécessairement celle du cœur, eût été pour le moins celle de la raison. Cet homme, clairvoyant, s'appelle Cyril Aellen. Si sa stratégie avait été appliquée, et non torpillée de l'intérieur par le champion de l'Entente d'aujourd'hui, nous n'en serions pas là. Enfin, si la droite libérale (laissons le PDC à ses états d'âme) pouvait commencer, par rapport à l'UDC, à articuler un discours un peu plus nuancé que la simple diabolisation instillée par Pascal Couchepin, Dick Marty, Pierre Maudet ou quelques autres improbables, là non plus, nous n'en serions pas là.

 

Céline Amaudruz qui se jette dans les bras d'Eric Stauffer, pour des noces dont nous éviterons de nous représenter le degré exact de consommation - ou de consomption - c'est le résultat de cette arrogance de ce qui fut un Grand Vieux Parti, lui-même en fragile goguette avec l'aile fatiguée des patriciens, mais qui ne fait plus la loi. Ni à Genève, ni en Suisse.

 

Pascal Décaillet

 

12:34 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Je vous croyais plus subtil et meilleur analyste politique, Pascal. Alors reprenons:
1) La droite dont vous parlez, sans le PDC, n'a aucune chance de remporter des élections, sauf hasard de circonstance, absentéisme de députés et autres fariboles.
2) Il y a des gens au sein du PLR (dont je suis, mais certainement pas le seul) qui tiennent la peste brune en horreur. Et plus encore parmi les électeurs. Il semble que certains, au sein de l'UDC pourraient partager cet avis, mais d'autres jouent avec le feu, approuvent des affiches aux références explicites, etc...
3) L'union proposée par Cyril Aelen a été testée et ce fut un échec. pas parce qu'elle a été torpillée (les bonnes idées résistent à l'épreuve de la mitraille) mais parce qu'elle était nocive au plan des idées et contre-productive en termes électoraux. La preuve, la candidate qui l'a appliquée a perdu, celui qui a refusé de l'appliquer a été élu.
le problème de l'UDC, c'est qu'elle rêve d'être un parti de gouvernement tout en demeurant un parti extrémiste, vivier d'idées d'un autre âge. Les deux ne sont pas compatibles. L'UDC doit comprendre que pour faire passer les idées qui nous sont communes, elle doit accepter de rester dans l'opposition pour le reste, comme le fait l'extrême-gauche à gauche, qui n'essaie pas d'imposer son programme révolutionnaire.
C'est peut-être inéquitable, mais c'est la loi de la politique. Le centre n'existe peut être pas, mais c'est tout de même lui qui commande et c'est ainsi dans tous les pays, tous les systèmes politiques démocratiques. Lorsque ce sont les extrêmes qui commandent, de gauche ou de droite, cela porte un nom: la dictature.

Écrit par : Philippe Souaille | 28/03/2012

Que l'on finisse par gouverner au centre, je ne suis pas en désaccord. Mais ce "centre" doit être la résultante d'antagonismes. Et en effet, après s'être franchement expliqué, on trouve des solutions. Mais le "centre" comme position de départ, non. Trop facile! On justifierait sa survie, à tout prix, dans toutes les formules possibles de gouvernement, sous le seul prétexte qu'on serait du centre. On serait la frange raisonnable et sociale-démocrate, post-Bad-Godesberg, d'un gouvernement de gauche. Ou la frange humaniste, douce, non brutale, d'un gouvernement de droite. Je ne suis pas d'accord!

Aucun homme politique du "centre", en Suisse, hélas, n'arrive à me convaincre, comme Bayrou, qu'il existe en soi, avec ses valeurs propres, et non par la lâche annulation de la droite et de la gauche. Pour fonder cette crédibilité, il y a un sacré boulot. Nous en sommes loin.

Écrit par : Pascal Décaillet | 28/03/2012

A lire Ph. S. on pourrait croire que la peste brune rode, menaçant tout sur son passage ! soyons sérieux, c'est une expression dont on ne saurait dévaluer la vraie signification. Pour le reste de l'analyse, je la trouve très 'française' dans un sytème favorisant la bipolarisation : on en est loin ici.
Une fois de plus on parle système, étiquette, parti au lieu de parler de programme, de compétences (pas quel homme ou quelle femme) veut-on pour secouer cette république qui ronronne ...

Écrit par : uranus2011 | 28/03/2012

@ Philippe.
Vous pouvez être en désaccord avec certaines stratégies suivies. Nous pouvons avoir des analyses divergentes. Mais il n'est pas correct d'affirmer que l'union que j'ai proposée - qui a été refusée par les cuisiniers du parti radical au printemps 2011 et qui n'a donc pas été mise en place - a été un échec.

C'est d'autres après moi qui l'ont testée à l'occasion des élections du Conseil des Etats.

Avec les résultats suivants:

1747 et 1859 voix de retard avec une large alliance à droite.
http://www.ge.ch/elections/20111023/CDE/canton/nominatif/

7424 et 18651 voix de retard avec la seule Entente.
http://www.ge.ch/elections/20071021/conseil_des_etats/res_commune.asp?nolocal=0000

C'est la seule élection où la comparaison est possible. Sauf à supposer que Martine Brunschwig-Graf ait été une mauvaise candidate, les chiffres parlent d'eux-même.

Bien à vous,

Cyril Aellen

Écrit par : Cyril Aellen | 28/03/2012

@ ce fin et subtil analyste politique qu'est mr Souaille.

Perdu et confit dans vos analyse de politique politicienne ce que vous ne voyez pas c'est que le peuple s'en fout de ce type d'analyse. Ce que veut le peuple genevois c'est des solutions à son insécurité croissante, c'est quelqu'un qui soit capable de s'opposer à la petite clique politico-journalistique dont vous faites partie et qui est en train d'essayer de nous "imposer" par la bande et en dehors des règles de notre démocratie une Agglo dont nous ne voulons pas. Lorsque le peuple voit comment vous et vos comparses êtes en train d'essayer de mettre en place une structure "géo-politique" ( l'agglo ) sur laquelle il n'a jamais été consulté il se dit qu'il lui faut mettre en place un rempart. Et quand je parle de rempart vous voyez qui je vise, quelqu'un de pas forcément sympathique mais quelqu'un qui ne se laisse pas faire et qui ait de la stature. Pour ma part je n'ai pas spécialement de sympathie pour Mr Stauffer mais je vais voter pour lui, parce que je crois que c'est le seul capable de s'opposer à ce que vous êtes en train de manigancer avec l'agglo. Lorsque les politiciens contre la volonté du peuple prennent des décisions à l'écart dans des salons feutrés alors il faut d'abord mettre en place quelqu'un qui ait les épaules assez larges pour empécher qu'ils continuent à fermer la porte ( du salon s'entend ) et à s'entendre en petit comité. Et le peuple comprend alors que face à une telle situation il lui est nécessaire de mettre en place celui qui ressemble à un hussard, qui certes enlève les manières et le langage policé mais qui lui, au moins, dit ses intentions et ce qui se passe avec "honnêteté".

En vous laissant à la croyance de vos plus subtiles et meilleures analyses politiques je vous prie de croire que je me réjouis déjà de vous voir défait et confit à la prochaine élection.


quidam




P.S. Vous, votre parti et votre journal, la Tribune de genève, êtes vous déjà en train de préparer une campagne odieuse et unilatérale de dénigrement contre Mr Staufffer comme vous l'avez fait lors des dernières élections cantonales ?

Écrit par : quidam | 28/03/2012

Cyril, le fait est qu'à l'automne 2011, cela n'a pas marché. De peu, soit, mais ce fut insuffisant, bien que le PDC ait été inclus. S'il ne l'avait pas été, le résultat eut vraisemblablement été pire qu'en 2007. Mais le deal était envisageable, en échange d'un poste à la Cour des Comptes. On est dans un tout autre cas de figure avec le récent ultimatum de l'UDC.
Quant aux élections au Conseil Administratif, Mme Kraft-Babel a bel et bien figuré sur le ticket UDC et M. Bertinat sur le ticket libéral (ce qui était votre idée, si j'ai bien compris) et Pierre Maudfet non. Les électeurs ont eu le choix. C'est en effet à eux qu'il doit revenir, me semble-t-il. Et ils ont choisi. Pas Mme Kraft-Babel, pas votre idée. Que je respecte néanmoins, mais que je désapprouve. M. Bertinat est quelqu'un de respectable, mais c'est aussi quelqu'un qui veut interdire l'avortement, par exemple. Et si je puis être d'accord avec lui sur certains points, il y a des désaccords qui ne me permettent pas de l'envisager au gouvernement, fut-ce de la Ville.
Au même titre que certaines personnes d'extrême gauche n'y ont à mon sens pas leur place.

Écrit par : Philippe Souaille | 28/03/2012

@ quidam

Quelle volée de bois vert !.. ;))

Espérons que votre destinataire réponde au moins à votre dernière question.

Écrit par : Nicolas Popoff | 28/03/2012

Uranus, la bipolarisation ne convient pas à la Suisse, nous sommes parfaitement d'accord. Et c'est l'une des raisons qui fait que je suis contre et que je pense que Pascal Décaillet et d'autres se trompent lourdement. La solution n'est pas dans la polarisation des fronts. Quand au fait de rester toujours au pouvoir, envers et contre tout, je ne crois pas. Il me semble qu'il y a au contraire davantage de tournus politique dans nos institutions qu'en France par exemple.
Quand à quidam, c'est une constante de l'UDC (et certainement pas des libéraux :-) de se réclamer du "peuple". De là à savoir mieux que lui ce qu'il attend, il n'y a qu'un petit pas. Que nous saurons tous qui a franchi le 18 juin... En attendant je constate que pour défendre nos institutions et la patrie, vous comptez sur quelqu'un qui prônait l'indépendance de Genève contre la Suisse il y a encore peu de temps... Des fois que la mayonnaise électorale aurait pris... Nul besoin de préparer la moindre campagne de dénigrement à l'encontre d'Eric Stauffer, il suffit de l'écouter parler et de le regarder agir... Il se suffit largement à lui-même.

Écrit par : Philippe Souaille | 28/03/2012

@Philippe
De mon point de vue, une large alliance à droite inclus nécessairement le PDC. C'est ce que j'ai toujours soutenu. Vous le savez.
En automne 2011, sans le soutien de l'UDC le résultat aurait été bien moins bon pour le PLR.
En outre, je ne défends pas l'ultimatum de l'UDC.
Je souhaite simplement que tous les partis de droite se parlent de façon responsable et constructive. Tel n'est plus le cas aujourd'hui.
Et ce n'est quand même pas la faute de l'UDC s'il n'y a plus de réunion de l'Entente depuis le 1er décembre 2011 en raison des tensions liées à l’élection du Procureur général.
Et ce n'est pas la faute de l'UDC si les Verts-libéraux et le PLR n'ont pas été capables de s'entendre.

Écrit par : Cyril Aellen | 28/03/2012

@ Quidam

J'aurais aimé écrire ce vous avez écrit.

S'agissant de l'agglo, les élus et le peuple peuvent y faire échec en refusant les concrétisations du plan d'agglo, tels le plan directeur cantonal (après tout un Conseiller d'Etat y a laissé sa charge) et les crédits, notamment le nouveau crédit de 240 millions dont il est question.

Sur un plan plus juridique, il semble que l'agglo ait du plomb dans l'aile. Ou plus exactement que ses ailes ne demandent qu'à être plombées. J'ai entendu dire que certains, dont un citoyen non dénué d'expériences en les problématiques institutionnelles, huilaient leurs hallebardes.

En attendant élisons.

Écrit par : CEDH | 28/03/2012

réponse @ souaille

bof...

Vous dites :

"De là à savoir mieux que lui (le peuple) ce qu'il attend" .

C'est précisément ce qu'on vous reproche.

Et jusqu'à preuve du contraire c'est vous et votre parti qui construisez une agglomération transfrontalière sans avoir jamais demandé au peuple s'il est d'accord. Je crois que vous n'avez aucun respect et aucune compréhension profonde de la démocratie "directe", elle vous échappe. Votre discours et vos calculs étriqués ressemblent aux principes français où par le principe de représentation l'élite politique confisque la volonté du peuple. Votre argument est donc particulièrement mauvais et mal choisi.


Quand à vos reproches à mr Stauffer, à qui vous semblez reprocher son manque de culture, ils ne font pas de vous un brillant analyste pour autant et en tout cas pas ici quelqu'un capable de lire avec nuance ou capable de voir facilement ce qui est pourtant clairement sous-entendu. Si nous voulons Mr Stauffer au Conseil d'Etat ce n'est pas parce qu'il serait un grand théoricien, des théoriciens il n'y en d'ailleurs pas à Genève. Nous le voulons parce qu'il est courageux et qu'il a de l'énergie, qu'il a une vraie volonté de ne plus laisser faire vos amis au pouvoir dans leur République des petits copains. En ce sens là Mr Stauffer est extrêmement précieux. Vous qui paraît-il êtes si sagace vous devriez pourtant comprendre que face au rapport de force qui existe ( une petite clique d'ententes qui ont bloqué le pouvoir entre leurs mains ) que ce n'est ni une midinette ni un théoricien qu'il faut envoyer au front. Pour ouvrir une telle porte et mettre le pied pour empêcher qu'elle ne se referme ce n'est pas un danseuse qu'il faut envoyer. Et de ce point de vue mr Stauffer serait parfaitement à sa place. Un "hussard" fidèle au peuple c'est exactement ce qu'il nous faut. Que Mr Stauffer ait commis des balourdises et fait de grosses erreurs est certain, et il en commettra encore. Mais il n'y a personne de plus qualifié que lui pour remettre en cause les petits arrangements et bousculer les petites ententes, de ce point de vue c'est même l'homme de la situation. Et si vous et votre mépris êtes incapbale de comprendre que chacun a ses vertus tant pis pour vous. De même si votre ouverture d'esprit vous empêche d'imaginer que mr Stauffer puisse apprendre. C'est même d'ailleurs cela qui le rend intéressant conjugué à sa formidable énergie et au fait qu'il ne s'en laisse pas conter. Des gens qui savent tout, comme il y en a tant et dont vous faites partie on n'en veut plus. Lorsque l'on voit l'état de notre ville et de notre république on n'en veut plus.

Je vous laisse aux soins de votre indigente imagination.


quidam

Écrit par : quidam | 28/03/2012

Cyril, je n'ai jamais dit que tout était de la faute de l'UDC. Je trouve dommage pour ma part que les liens se soient distendus avec le PDC et qu'il y ait un malaise avec les Verts Lib'. Ma tendance naturelle est de recoller ces pots là en premier, parce que ne me connais pas de désaccord politique majeur avec eux. Contrairement à l'UDC. Après ce n'est que mon opinion personnelle.

Écrit par : Philippe Souaille | 28/03/2012

Les analyses de M. Souaille ne sont pas bêtes, même s'il conclut d'une manière très contestable.

A vrai dire on pourrait très bien gouverner démoratiquement et républicainement, n'en déplaise à M. Souaille, en se basant sur une plateforme droitière qui inclurait: l'UDC (un parti conservateur modéré, refusant simplement que la Suisse soit dissoute dans l'Union Européenne comme un sucre dans une tasse de thé) les Libéraux (qui sont en fait des conservateurs et une droite d'argent, dont les intérêts bancaires devraient la conduire à une ligne clairement anti-européenne) les radicaux choucroute (ou longeoles si vous préférez, ou vieux grenadiers) qui représentent toujours la fibre populaire des radicaux genevois, et les PDC de droite (si il y en a encore, beaucoup même, surtout parmi les électeurs).

Mais bien sur si les libéraux pro européens et guindés, les rad soc à la Maudet stupides au point de parler d'une armée de 10'000 hommes, et les catholiques de gauche donnent le ton dans leurs partis respectifs, et si tout ce monde s'enferre dans l'impasse comme M. Mauris, alors on aboutit fatalement à la situation actuelle.

Avec un programme populaire, tenant compte de la sensibilité des petites gens, et s'attaquant carrément aux problèmes de la sécurité des personnes et des biens, c'est à dire ce sur quoi Mme Rochat a piteusement échoué, cette coalition est majoritaire. Ensuite, une fois élue, elle pourrait très bien gouverner raisonnablement, au centre en effet, comme vous le dites M. Souaille.

Parler de "peste brune" c'est vraiment une "verharmlosung des nationalsozialismus".

La ligne que je propose: alliance de droite dans le respect des principes républicains, a été celle d'un homme de la même obédience philosophique que M. Philippe Souaille dans l'entre deux guerre. Il s'appelait Louis Casaï. Renseignez-vous. Il était très connu et a même eu droit à une avenue immense mais personne ne sait qui était Louis Casaï.

Autre exemple, contemporain. La Lega au Tessin a eu un conseiller d'état tout ce qu'on fait de plus raisonnable: Borradori. Mais là aussi c'est la stupidité des partis du centre qui a permis à la Lega de s'installer au pouvoir et de s'y renforcer.

Ce Stauffer n'est pas un Georges Oltramare. C'est un débrouillard autodidacte et ambitieux doté d'un sens politique hors du commun. Il a été capable de rassembler une énorme mouvance trans-partis en mettant le doigt là où ça fait mal et là où les partis, de gauche comme de droite, ont échoué. Les têtes pensantes de Genève feraient mieux de canaliser ce démagogue intelligemment. Il ne demande que ça.

Je ne vois pas le risque de dictature. Les partis nationaux peuvent garder la main, à condition de se montrer réalistes. Ils n'ont plus et n'auront plus jamais l'espace nécessaire pour une politique de centre droit sans la droite "populiste" (car Stauffer est de droite, c'est évident pour tout le monde). L'arrogance ridicule, la soumission à la langue de bois politiquement correcte, la ligne Maudet, inepte, refusant une alliance loyale avec l'UDC, tout cela a produit ses fruits amers, connus d'avance. La patience de l'UDC a atteint ses limites. Le PLR s'est jeté elle même au fond du puits. Inutile de pleurer sur son sort. Il mérite ce qui lui arrive.

Genève étant une république de l'excès, depuis le XVIIIe siècle et même bien avant, l'élection de Stauffer n'est pas du tout exclue tant l'exaspération est à son comble et les problèmes non résolus importants. D'autant plus que melle Amaudruz a un fort charisme et tout d'une locomotive. Une vraie dynamique va se mettre en place à la droite du PLR.

Si Stauffer devenait un Léon Nicole de droite, la responsabilité en incomberait exclusivement à la stupidité des dirigeants gourmés et bien pensants du PLR, à la cécité de ceux qui ne voient pas la nullité de Maudet, et au préchi précha centre gauche du PDC.

Est-ce ça que vous vouliez?

Je ne le pense pas. Je pense plutôt que la philosophie de M. Souaille a pour principe : pas d'ennemi à gauche. C'est un doctrinaire. M. Souaille avec ces mises en garde contre la "peste brune" et la "dictature", savonne la planche à une gouvernement de gauche. Il roule pour la gauche. Impossible de l'expliquer autrement.

M. Décaillet a 1000 fois raison. La voie de la raison c'est la ligne de ce Cyril Aellen. Elle pourra triompher une fois que l'obstacle Maudet sera levé. Plus vite le PLR sera débarrassé de Maudet plus vite il pourra reconstruire une stratégie sensée, de large alliance à droite, et ce dans la loyauté, et plus vite il pourra revenir au pouvoir.

Écrit par : P. Martin | 29/03/2012

Bien écrit Monsieur Décaillet.

Quant aux journaleux de la bien-pensance dictatoriale, pseudo rebelles à la BHL, qui par décret comparent l'UDC ou le MCG a la peste brune je trouve cela incroyablement diffamatoire et insultant pour les larges électorats de ces partis à Genève et en Suisse.

Ces deux partis sont autorisés par l'Etat. Cela ne serait pas le cas s'il s'agissait de partis nazis pronant le génocide.

Ces journaleux de seconde zone, petits vidéo-reporters subventionnés, mais certainement pas génies à la Spielberg sont le pur produit de mai 1968 dont il défendaient un temps les idées trotskystes-léninistes. Ils ont gardé de leurs errances gauchistes la censure comme méthode sur leur blog tout en venant squatter ceux de ceux qui sont capables de sortir du politiquement correcte. Issus de la société soixante huitarde ces journaleux voient en des partis comme l'UDC ou le MCG l'extrême droite. Or, le problème c'est qu'ils ne se rendent pas compte que le curseur s'est fortement déplacé à gauche depuis 1968. Les partis qui étaient à Droite sont désormais plutôt au centre (défendant par exemple les clandestins comme le fait le PS alors que les ressources manquent déjà cruellement pour des catégories marginalisées de suisses qui sont de notre sang). L'UDC n'est en fait qu'un parti de Droite classique. On attend encore l'arrivée d'une vraie extrême-droite à Genève et en Suisse.

Dans ce contexte, au lieu de se tromper de siècle et voir la Shoah partout en diabolisant l'UDC et le MCG, les partis traditionnels feraient bien de faire alliance avec eux pour créer un bloc fort et qui gagne contre la gauche qui elle avance en rangs soudés (gauchos assoiffés de revanche + Parti du Suicide Suisse + Verdâtres) pour écraser la prospérité suisse dans la dilution européenne et remplacer sa population.

Écrit par : anonyme | 29/03/2012

Mon dieu, le commentaire précédent est d'un niveau...

Écrit par : Grégoire Barbey | 29/03/2012

M. Martin, vous avez l'air de raisonner, votre analyse à le goût d'un raisonnement (je ne parlerai pas de son odeur), mais c'est juste du Canada Dry d'un autre temps. Déjà l'armée, vous avez un demi-siècle de retard... Et la finance !!! Selon vous, l'intérêt des banquiers serait de conduire une ligne clairement anti-européenne ! Vous ne devez pas avoir beaucoup de copains responsables de la stratégie d'une banque, M. Martin. Je ne parle pas des vendeurs payés au bonus pour appâter le client, mais de gens responsables de leurs employés. Un coffre-fort où l'argent roupille, de nos jours est un corps mort. L'argent doit travailler. Et il ne peut le faire qu'à l'extérieur de la Suisse.
Si la Suisse refuse de coopérer, les banques suisses perdent leur accès aux marchés extérieurs. Cela fait 12 ans que les USA nous mènent par le bout du nez à cause de cela, et l'UE a mis 12 ans à le comprendre, mais elle l'a compris. Les déclarations de M Poggia à ce sujet sont les plus stupides qu'il m'ait été donné de lire depuis longtemps. Il est vrai que lui aussi se vend comme l'homme miracle, ce qui semble une spécialité du MCG. On en voit le résultat à Berne.
En plus, s'il prenait l'envie à l'UE de fermer l'accès des banques suisses à son marché, elle en ferait probablement de même pour l'ensemble de notre économie. Qui se retrouverait illico presto à genoux.
Le clivage gauche-droite est une survivance du XVIIIème siècle. Il n'est plus le clivage principal. Le clivage principal se situe aujourd'hui, effectivement, entre tenants lucides d'une économie durable (au sein desquels on peut se disputer sur les clés de répartition de la richesse produite) et conservateurs aigris repoussant la modernité de toutes leurs forces, sans s'apercevoir qu'ils creusent leur propre tombe est qu'on n'est plus aux temps de la seconde guerre mondiale. La Suisse n'est plus l'ilôt neutre entre des forces belligérantes susceptibles de s'équilibrer.
Elle est un relais financier essentiel de l'ancien monde, qui tente désespérément de s'adapter aux conditions nouvelles dictées par l'émergence des anciens colonisés. S'adapter ou périr. Soit elle participe à l'effort collectif, ce qui est dans son intérêt évident (que l'ancien monde, qui assure les 2/3 de ses échanges aille mieux), soit elle se comporte en petit parasite inutile suceur de sang. Et un petit parasite suceur de sang, ça s'élimine d'un coup de tapette où s'est simplement tenu à l'écart, privé de la possibilité de s'abreuver.
Quant à rêver de s'en sortir avec les émergents alors qu'on est entouré de l'ancien monde, c'est juste un rêve éveillé. D'autant que les émergents commencent à avoir les mêmes exigences de transparence bancaire à l'égard de leurs riches ressortissants... Réveillez-vous, M. Martin.
Pour ce qui est de prétendre que la droite restera forcément populiste, vous savez, rien de ce qui n'a été fait (surtout par le talent reconnu d'un seul homme) ne peut être défait.

Écrit par : Philippe Souaille | 29/03/2012

M. Souaille
Nous ne connaissons pas donc je le dis en préambule pour éviter tout soutien supposé d'un blogeur au service de son maître. Je suis totalement acquis aux causes d'un libéralisme bien compris et également absolument allergique au communisme qui sévit à Genève, ceci pour bien poser le commentaire qui suit.

Vous avez cent fois raison pour le monde bancaire, c'est fini. Vous faîtes selon moi une erreur d'analyse en pensant que les USA et d'autres nous mènent par le bout du nez parce que, lorsqu'on a abusé comme on l'a fait du secret bancaire, il devient plus évident que certains tentent simplement de récupérer leurs billes. J'ajouterais que pour les myopes, les prochaines cibles sont les holdings style Zug et SZ qui ne visent qu'à spolier de revenus fiscaux d'autres pays qui ont sifflé la fin de partie, ce que la CH peine à comprendre. Le citoyen suisse lui-même est étonnant. Il accepte de se faire pomper par le fisc autant qu'ailleurs lorsqu'on y ajoute assurance maladie et AVS mais est très heureux d'accueillir des forfaits fiscaux qui ne paieront que quelques %. Notre constitution ne prévoit-elle pas l'égalité dans l'effort fiscal?
Il y a plus de 10 ans, je disais dans l'endroit où je travaillais (finance) qu'il fallait penser à la sortie du secret bancaire. Mais un CF, actuel président de l'UBS, ne déclarait-il pas à cette époque que "le secret bancaire n'est pas négociable"?. Quelle rigolade, relire La Fontaine, tout est dedans.

Écrit par : pierre piller | 29/03/2012

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