19/04/2012

René Gonzalez

 

Jeudi 19.04.12 - 13.56h

 

De Vidy, il avait fait un lieu magique. Habité par l'esprit. Un lieu de jeu, de masques, de surprises, d'émotions intenses. Furtives. Il en avait fait ce que Claude Stratz avait fait de la Comédie, Martine Paschoud du Poche, Chéreau des Amandiers : un lieu de vie.

 

Qu'est-ce qu'un directeur de théâtre ? Celui qui hume, détecte. Celui qui donne le souffle. Celui qui tranche, celui qui aime. Autour de lui, quelque chose se passe. Invisible, quelque chose danse : l'esprit.

 

Peu de patrons auront marqué leurs lieux, en Suisse romande, comme René Gonzalez à Vidy. Un espace pour le théâtre et autour du théâtre, la magique proximité du lac. Structure, oui. Et bien gérée ! Mais structure, non tournée sur elle-même, mais entièrement au service des œuvres. La matière, comme enluminure de l'esprit.

 

Des lieux où souffle l'esprit. Grâce à lui, Vidy en est un. C'est ce qui fait un homme : le passage glissant d'une âme. Qui demeure.

 

Pascal Décaillet

 

13:56 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Vous comparez l'incomparable, Pascal! Martine Paschoud à fait du Poche un bon théâtre local ; Stratz à fait de la Comédie un bon théâtre régional. Alors que Gonzalez a fait de Vidy un théâtre européen. Il avait une vision et les moyens de ses ambitions. Il n'y a pas d'équivalent à Genève, qui reste provinciale. Gonzalez a réussi à Lausanne ce que Benno Besson avait réussi à Genève. Il y a très, très longtemps,

Écrit par : Jmo | 19/04/2012

Un développement de ce débat sur mon blog : http://jmolivier.blog.tdg.ch/

Écrit par : jmo | 20/04/2012

Peu importe qu'il s'agisse d'un théâtre local ou européen. Avant, quand on nommait un(e) directeur(trice), c'était pour son parcours dans les arts de la scène, pour sa vista et aussi pour sa capacité à faire souffler l'aventure dans un théâtre local, régional ou (inter)national. Aujourd'hui ? Népotisme, discrimination positive, copinage et surtout un manque de courage chronique qui fait qu'on maintient en poste des tièdes ou pire, des incompétents.

PS: A 17 ans, j'ai vu à la Comédie de Genève la pièce de Peter Handke "Les gens déraisonnables sont en voie de disparition" (la bien nommée) avec Andrea Ferreol et Gérard Depardieu alors jeune et bondissant comédien. Dans les années 70, c'était quelque chose. Cette pièce m'a donné envie de théâtre. (C'était sous Besson ?)

Écrit par : Malentraide | 20/04/2012

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