20/04/2012

Mendier n'est pas un crime

 

Sur le vif - Vendredi 20.04.12 - 12.42h

 

Mendier n'est pas un crime: je soutiens cette pétition, remise aujourd'hui avec 3500 signatures à Genève. Il faut démanteler les réseaux. Mais l'acte individuel de mendier - et de donner ou non à
un mendiant - demeure une liberté humaine dont l'Etat n'a pas à se mêler. Je ne supporte pas les campagnes politiques sur le dos des mendiants. Encore moins lorsqu'on ne dit même plus "les mendiants", mais "les Roms". Indécence. Inculture historique. Colère.

 

Pascal Décaillet

 

 

12:42 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

J'approuve, sauf à constater que la mendicité la plus voyante est malheureusement celle des réseaux. Celle, plus discrète, de jeunes gens souvent accompagnés de leur chien m'interpelle plus volontiers sur leur condition. Quant à la vraie précarité, elle se cache car elle a honte !

Écrit par : Defrancisco Christiane | 20/04/2012

Mendier n'est peut-être pas un "crime": ET ALORS? Probablement pas non plus les tags, les incivilités, le fait de jeter des déchets n'importe où, les botellons dans les parcs publics, les musiciens casse-oreilles (pour ne pas dire autre chose) dans les trams et que sais-je encore. A quand des pétitions pour chacune de ces catégories? Ceux qui les signeront auront peut-être l'autosatisfaction de se croire grands défenseurs des droits de l'homme et s'imaginent que leur sollicitude à l'égard de ces pauvres petits les honore. Or que cela s'appelle crime, délit, troubles à l'ordre public ou autre chose encore, ça dégrade notre environnement, ça ternit l'image de Genève et ça nous pourrit la vie à petites doses et de manière pernicieuse, au point où l'impensable il y a quelques années encore devient le banal, l'acceptable par défaut, le quotidien…

A lire votre raisonnement, les cambrioleurs géorgiens, maghrébins etc. seraient innocents Ou en tout cas pas "criminels", car de simples exécutants d'un réseau; idem pour les dealers…etc.

A ce train-là, le simple citoyen, pour qui chaque excès de vitesse est sanctionné par une administration pour une fois redoutablement efficace, aura de moins en moins envie de payer des impôts. Alors agissons contre les mendiants (qui font tous partie de bandes organisées) par tous les moyens: top-down et bottom-up.

Enfin, alors que Genève manque cruellement de vision, d'ambition, de projets et de courage politique, je trouve désolant que certains trouvent utile de passer leur temps à concocter ce genre de pétitions. Indignation. Frustration. Incompréhension.

Écrit par : Ashwani Singh | 20/04/2012

Je n'ai jamais compris en quoi le fait de mendier peut être considéré comme un délit. Chacun est libre de donner ou non, et personnellement, je n'ai jamais constaté d'agressivité en cas de refus de donner. Le seul délit commis par les mendiants est, comme dit ci-dessus, de ternir l'image de notre belle et riche Genève, dont semble-t'il, nous devrions être si fiers !

Écrit par : Lulu | 20/04/2012

Et si, indépendamment de l’aspect juridique de la chose, donner une aumône à un mendiant revenait à entrer dans un processus potentiellement pervers qui déshumanise le demandeur et le donneur ? Je m’explique.

Du point de vue du mendiant, surtout quand c’est un professionnel, il n’y rien d’autre à attendre des passants sollicités qu’un geste qui le dispense d’entrer en relation avec un autre, de s’impliquer, de payer de sa personne.

De son côté, celui qui donne valide ce point de vue, et ce faisant, il accepte d’être considéré comme une machine à donner, il laisse le demandeur lui assigner cette position, il l’y encourage même. Personne ne respecte personne, ni l’autre, ni soi-même. L’avantage, si c’en est un, c’est que chacun reste à sa place.

Calvin ne s’y est pas trompé, lui qui a interdit la mendicité en même temps qu’il fondait l’Hospice Général.

A noter que Jésus n’appelait pas à donner aux mendiants, mais aux pauvres. Quant aux exclus qui l’interpellaient sur son passage - à savoir ceux qui souffraient de maladies qui les mettaient en marge de la communauté humaine - il restaure leur dignité humaine. Ni plus ni moins.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 22/04/2012

Les commentaires sont fermés.