21/04/2012

PLR: la nécessité d'un New Deal

 

Edito publié ce matin en une du Giornale del Popolo - Samedi 21.04.12

 

Un entrepreneur-locomotive, venu d'Argovie, pour succéder à un avocat tessinois subtil, raffiné et cultivé. Un fonceur, à la place d'une patiente araignée tacticienne. Philipp Müller, 60 ans cette année, pour prendre, ce samedi 21avril, à Berne, le place de Fulvio Pelli. Une page se tourne dans l'Histoire du Grand Old Party, le parti qui a façonné la Suisse moderne, comptait encore 24% des voix, sous la Coupole, il y a vingt ans. Plus que 15,1% aujourd'hui. Le choix de Müller, c'est le pari sur une nouvelle dynamique. Relancer la machine ! Va-t-il réussir ?

Avec son humour habituel, Fulvio Pelli avait eu cette phrase, au moment des difficultés électorales de l'automne 2011 : « Si les gens commencent à en avoir marre de nous, que peut-on faire ? ». Oh, certes, le parti n'est pas mort. De beaux succès, même, récemment, à Saint-Gall, Schwytz, Uri, Vaud, Neuchâtel. Et le parti réunifié - PLR - demeure, à Genève, malgré les affaires, le premier du canton. Mais enfin, tout le monde est d'accord sur un point : il faut un nouveau souffle. Une nouvelle donne, comme on dit aux cartes. New Deal. Ça passe par une nouvelle équipe. Et par un nouveau chef.

« Philipp Müller, c'est Monsieur 18% », s'exclamait lundi soir le président sortant (il cède aussi sa place samedi) des Verts suisses, Ueli Leuenberger. Référence à cette initiative que Müller avait portée de toutes ses forces, il y a plus d'une décennie, pour plafonner l'immigration en Suisse. Le texte, en 2000, avait été nettement rejeté par le peuple. Mais depuis, le conseiller national argovien, entrepreneur en bâtiment, plâtrier-peintre de formation, ancien pilote de course (imagine-t-on Fulvio Pelli à Monza ?), en porte les stigmates : pour toujours, il sera Monsieur 18% ! Ses ennemis, à gauche, ne perdent jamais une occasion de le lui rappeler.

L'avènement de Müller, c'est aussi celui d'une nouvelle équipe. Avec, en principe, cinq vice-présidents élus ce samedi à Berne, pour épauler l'Argovien, appliquer une stratégie commune, dans toute la Suisse. Une Tessinoise, Carla Speziali, Maire de Locarno ; deux Romands : les conseillers nationaux Isabelle Moret (VD) et Christian Lüscher (GE) ; une Zurichoise, Carmen Walker Späh, présidente des femmes PLR ; un Schwytzois : Vincenzo Pedrazzini ; un Bernois : le conseiller national Christian Wasserfallen. Six candidats pour cinq sièges ! Il n'y aura, en principe, qu'un malheureux.

Tout cela, pour quel objectif ? « Dépasser les socialistes en 2015, et devenir le deuxième parti de Suisse », déclare Philipp Müller. Et l'UDC ? Quelles alliances ? Quel chemin commun ? Quelles impossibilités ? Et le PDC ? Continuer de voir les gentils cousins chrétiens slalomer, quelque part à leur gauche ? Oui, le parti qui a fait la Suisse, et lui a donné certains de ses plus grands hommes, doit absolument se redéfinir. Attaquer l'avenir avec une ligne claire. Retrouver l'essentiel ; la confiance. Tout cela, sous la houlette de « Monsieur 18% ».

Tiens, 18% : si au moins, en 2015, cela pouvait être un objectif électoral atteint ! Non pas d'étrangers, of course. Mais de voix PLR, en octobre, aux élections fédérales !



Pascal Décaillet

 

10:14 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Je me demande si le PLR va s'inspirer de ce qui va probablement arriver en France à son parti "homologue", l'UMP ?
A savoir, perdre le pouvoir face à la gauche parce qu'on a des vapeurs de chaisières à daigner composer avec la vraie droite ?
Vous savez, le concours de "la droite la plus bête du monde"... souvent gagné à Lausanne et Genève !

Écrit par : Paul Bär | 21/04/2012

Lorsqu'en 1938 le Parti Démocratique (actuel libéral) refusait la fusion avec l'Union Nationale du nazi Oltramare était-ce aussi des vapeurs de chaisières ? Pourtant il s'agissait bien là aussi de la "vraie" droite ?

Certains ont la mémoire qui flanche !

Écrit par : lulu la nantaise | 21/04/2012

Le problème, Lulu, c'est que mettre sur un même plan l'UDC et l'Union Nationale de M. Oltramare, c'est faire flancher la mémoire jusque dans le discrédit.

Écrit par : Pascal Décaillet | 21/04/2012

Hé bien, que les dames-tartine du centre-droit votent directement au centre-gauche, à gauche et à l'extrême-gauche (1), ça économisera de la salive en débats inutiles et autres enfumages d'électeurs (2).



(1) ce qu'a annoncé vouloir faire, au second tour, la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kokusko-Morizet.

(2) en outre, le truc fonctionne de moins en moins bien. Les électeurs de droite, qui avaient voté pour Sarkozy en 2007 en pensant élire un président de droite et pas un libéral-libertaire mondialiste déguisé, hé bien, soit ils vont voter "nazi" (ah, ah, encore un truc qui marche de moins en moins bien), soit ils vont aller à la pêche.

Écrit par : Paul Bär | 21/04/2012

Et pour rappel :

nazi : acronyme de national-SOCIALISTE.
fascisme : mouvement initié par un ancien instituteur SOCIALISTE.

Voilà pour les esprits simples, dont la culture politique ne dépasse généralement pas ce que peut contenir un édito de Fathi Darder (les méchants/les gentils).

Parce que ces choses-là peuvent être effectivement compliquées, comme l'est la vie, compliquée : par exemple, Georges Valois, fondateur d'un parti fasciste en France.... mort en déportation à Buchenwald.

Alors, s'il vous plaît, discutons du présent et cessons ces discussions stériles tournant en boucle sur des anathèmes hors-propos et totalement anachroniques.

Écrit par : Paul Bär | 21/04/2012

Mon cher Pascal, seule l'Histoire nous départagera et je souhaite de tout cœur avoir été inutilement excessive.

Écrit par : lulu la nantaise | 21/04/2012

Paul Bär ferait mieux d'apprendre à compter. Si vous additionnez les soyons généreux 17% de Le Pen avec les 27% de Sarkozy, vous obtenez au mieux 44%. Ce qui ne fait toujours pas 51... Sans compter qu'une partie des 27% de Sarko ne voudront jamais s'acoquiner avec les 17... Quant aux 10% de Bayrou, ils préféreront toujours Hollande à Le Pen, et on les comprend.
M. Bär devrait donc arrêter de nous bassiner et prendre acte du fait que ses fantasmes bruns sont d'une autre époque, heureusement dépassée. Que la majorité des citoyens de ce contient européen ne veulent d'aucune manière être gouvernés par "la vraie droite" et qu'ils feront ce qu'il faudra pour l'éviter.

Écrit par : Plezky Gladz | 21/04/2012

"fantasmes bruns" (1)... vous avez oublié, à vos incantations, "nauséabonds", "heures les plus sombres de l'histoire", "on sait où ça commence", "ventre fécond de la bête" etc...
Franchement, si Adolf et ses divers copains socialistes n'avaient pas existé, le Camp du Bien les aurait inventés, pour avoir encore quelque chose à dire.


(1) je répète, même si mon cas personnel n'a que peu d'intérêt, que je ne suis pas socialiste.

Écrit par : Paul Bär | 21/04/2012

Des analystes de gauche intelligents...

http://dai.ly/sTBduy

http://bibliobs.nouvelobs.com/tranches-de-campagne/20120418.OBS6504/jacques-ranciere-l-election-ce-n-est-pas-la-democratie.html

... suffisemment rare, pour que cela mérite d'être mentionné.

Écrit par : Paul Bär | 21/04/2012

J'ai été lire le texte de Rancière. Largement bidon. Pour plusieurs raisons
1) Le fait qu'il y a des gens plus compétents que d'autres et que je préfère voire les premiers au pouvoir que les incompétents.
2) contre le référendum européen, les gens qui ont vraiment fait du juridisme sont une toute petite minorité. 95% des gens n'ont jamais lu le texte intégral sur lequel ils ont voté.
2) Il n'y a pas, effectivement, de pogrom et de chasse au maghrébin en ce moment. Mais il y a des tas de gens que cela démange, comme ce M. Bär et pas mal d'autres dans les blogs, en France comme en Suisse.
3) Rancière prétend que "le peuple" c'est les Indignés, ou la révolte arabe... Ou Mai 68, etc... Faux c'est une partie du peuple. Généralement des jeunes en mal d'intégration dans le système. Mais ce n'est en aucun tout le peuple. On l'a vu en 68 avec la contre-manif gaulliste, en Tunisie et en Egypte avec la victoire électorale des islamistes qui n'étaient pas pourtant pas les porteurs de la révolution de Jasmin, et l'on voit bien que les Indignés ne représentent qu'à peine plus qu'eux mêmes.
Toutes les pensées extrémistes (de gauche comme de droite) ont tendance à prendre leurs désirs pour des réalités, à s'imaginer être "le peuple" ou que tout le peuple les soutient. C'est évidemment faux. Et heureusement. Parce que l'individu lambda a suffisamment de jugeotte pour reconnaître qu'il n'a pas toutes les compétences et qu'il vaut mieux élire des gens qui si possible les ont. Cela ne marche pas à tous les coups, mais c'est le moins mauvais des systèmes.

Écrit par : Plezky Gladz | 21/04/2012

Plezky Gladz,

Vous êtes un bon journaliste, un bon réalisateur, un excellent blogueur, mais vous ne ferez jamais un bon analyste politique. Il vous manque ce je-ne-saurais-dire-quoi de fin et de griffant qui permet de dépasser les attachements naïfs, et vous débarrasserait de cette rage de croire que les choses ne sont pas si mal après tout.

Écrit par : Colonel Sponz | 21/04/2012

"Pogrom", je l'avais oublié, celui-là, à la liste incantatoire réglementaire des derviches du Camp du Bien.
D'ici que vous traitiez de "Gauleiterin" Simonetta Sommaruga, notre conseillère fédérale, qui s'occupe de renvoyer chez eux tous ces gens qui ont fui la "démocratie", il n'y a qu'un pas !
Allez, ne réalisez-vous pas que les anachronismes "godwiniens" décrédibilisent par leurs excès toute argumentation, sans oublier non plus que la majorité des gens n'en a rien à faire de cette thématique, tout le monde ne passant pas ses soirées sur Arte (un soir sur trois, un truc sur la seconde guerre mondiale, à croire que certains ont leur calendrier bloqué sur 1942).


P.S. regardez l'entretien sur France-Culture, ça en vaut la peine : Christophe Guilluy et Hervé Algalarrondo démontant bien toutes les marottes de la gauche-bobo qui voit des panzer partout et de la vraie misère sociale nulle part.

Second P.S. à tout hasard, pour ceux qui s'intéressent à la présidentielle en France, une super carte ici :

http://fr2012.election-maps.appspot.com/results/embed?hl=fr

Écrit par : Paul Bär | 22/04/2012

Le parti socialiste (même pas national) a, en France, des "démangeaisons de pogroms" :

http://www.francesoir.fr/actualite/politique/pierre-moscovici-la-france-doit-combattre-l-immigration-illegale-214529.html?google_editors_picks=true

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Écrit par : Paul Bär | 23/04/2012

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