28/05/2012

Eric Zemmour clive, RTL décline

 

Sur le vif - Lundi 28.05.12 - 13.29h

 

Pathétique direction de RTL ! Face à une pression sans précédent pour qu'elle vire Zemmour, la voilà écartelée entre sa décision de foutre dehors le dérangeur, et son souci d'image : ne pas apparaître comme à la botte du pouvoir. Alors, n'osant dire tout de suite que Zemmour ne sera pas de la grille de la rentrée, donc qu'il est viré, elle affirme  « réfléchir depuis plusieurs semaines à une refonte de la tranche matinale » (sylvestre langue de bois), et reconnaît qu'elle juge le chroniqueur « trop clivant ».

 

Clivant. J'ai entendu tellement de milliers de mots, dans ma vie, tellement aimé ceux de Verlaine ou de Paul Fort, tellement prêt à me damner pour le bonheur d'une syllabe. Mais « clivant » ! D'abord, le mot est d'une rare putridité, avec ce « v » perdu entre deux voyelles, l'impuissance de ce participe présent, le gérondif des lâches ! Il faut être plouc, immensément, pour user d'un tel vocable, avoir peur des vrais mots, peur de la vie, peur de soi-même. Un homme d'honneur ne dit pas « clivant ». Il vire Zemmour, peut-être, le tue, pourquoi pas, mais ne dit pas « clivant ».

 

Or donc, braves gens, RTL ne veut plus de chroniqueurs « clivants ». Alors oui, avisse à la populace,  à tous les tièdes et tous les gentils, tous les sages analystes qui ont bien appris le code de la dissertation (thèse, antithèse, synthèse), tous les sulpiciens de la Sainte Prudence, tous les journalistes de cocktails qui ne veulent surtout se brouiller avec personne, oui, amis, postulez pour la succession Zemmour, à RTL. Et la rentrée sera belle, calme comme un matin d'automne. Il n'y aura plus ni frissons, ni narines. Il n'y aura plus que le bonheur clivant de l'ordre qui règne, sur les ondes.

 

Pascal Décaillet

 

 

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27/05/2012

Zemmour : et une tête qui tombe, une !

 

Sur le vif - Dimanche 27.05.12 - 18.02h

 

L'information est encore à prendre au conditionnel, mais il semble bien que mon confrère Eric Zemmour soit viré de la matinale de RTL. Si c'est faux, oubliez mon billet et pardonnez-moi de vous avoir fait perdre deux minutes. Si c'est vrai, c'est un signal catastrophique pour la liberté d'expression, trois semaines seulement après l'élection d'un socialiste à l'Elysée. Je suis assez âgé pour avoir connu les purges, dans la presse française, au moment de l'élection de François Mitterrand, en 1981. Allons-nous revivre cela ?

 

Je dirais d'abord ici que Zemmour, depuis des années, m'exaspère. Je crois bien avoir été le premier, à la RSR, à lui donner la parole en Suisse romande, il y a une dizaine d'années, lorsque du Figaro, il nous régalait des coulisses de la vie politique française. L'écouter, à l'époque, nous susurrer des secrets d'arcanes, était délicieux. Mais le Zemmour chroniqueur, sur tous les plateaux, systématiquement contre le politiquement correct, est devenu à son tour, hélas, prévisible. Et sa puissance de feu, par absence de surprise et finalement formatage, a baissé.

 

Mais enfin, Zemmour, qui est-ce ? Un chroniqueur. Une plume. Une voix. Un homme libre, indépendant, qui donne son avis. Vous me direz que, journaliste, je défends un confrère. Je vous répondrai oui, mais en ajoutant que c'est la liberté d'expression qui est en cause. Pas celle des journalistes en particulier : celle de toutes les citoyennes, tous les citoyens que nous sommes. La liberté de la presse n'est qu'un cas particulier de la liberté tout court, celle de penser, attaquer le pouvoir, le tourner en dérision, en dénoncer les inévitables excès. Ce bien inestimable, que nous devons aux Lumières, à la Révolution française, à tout le dix-neuvième siècle, dont 1848, est notre trésor à tous, pas seulement celui des journalistes et des chroniqueurs.

 

Dans une chronique assassine, vipérine, Eric Zemmour a attaqué Mme Taubira. C'est qui, Mme Taubira ? C'est juste le Garde des Sceaux, le ministre français de la Justice, un poste considérable dans le gouvernement. "En quelques jours, Taubira a choisi ses victimes, ses bourreaux. Les femmes, les jeunes des banlieues, sont dans le bon camp à protéger, les hommes blancs dans le mauvais". A coup sûr, je n'eusse choisi ce genre de mots, pour ma part. Mais enfin, ce sont les siens, ils sont des lames de feu, flirtent avec la limite, la moitié de mes lecteurs diront qu'ils la dépassent, l'autre non.

 

Tutoyer la frontière, la lame du rasoir, n'est-ce pas l'essence même de la chronique politique ? Qui est-il, Eric Zemmour ? Un chroniqueur ! Qui attaque-t-il ? Le pouvoir. Et pas n'importe qui : la titulaire de l'un des ministères les plus régaliens, avec l'Intérieur. Alors, je dis ici à tous ceux qui, déjà, se frottent les mains de la chute de Zemmour, qu'ils se réjouissent de quoi ? De la victoire d'un pouvoir sur l'émetteur d'une opinion, d'une critique. On peut aimer ou non ce pouvoir, on peut détester le chroniqueur, vomir ses idées, on aurait tort, immensément, de considérer comme une victoire la réduction d'une parole au silence.

 

Pascal Décaillet

 

 

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26/05/2012

Gauchebdo doit survivre

 

Sur le vif - Samedi 26.05.12 - 19.05h

 

Tous les samedis, dans la boîte aux lettres de mon bureau, à Carouge, je reçois le journal Gauchebdo. Tous ceux qui m'ont un peu lu se douteront bien que je ne partage pas exactement les options politiques de son équipe rédactionnelle ! Et pourtant, semaine après semaine, parcourir les huit pages de cette publication austère, maquette années soixante, noir blanc avec juste quelques pointes de rouge, m'informe, m'enrichit, me surprend, m'offre des commentaires clairs, engagés, courageux. De la vraie presse d'opinion, devenue hélas si rare.

 

Oui, j'aime lire les éditos de Julien Sansonnens, les articles de Jérôme Béguin, qui est un puits de science et une belle sensibilité, les liens tissés entre les cantons romands, sans compter une dimension culturelle de qualité. Je ne connais pas beaucoup de journaux politiques, en Suisse romande, proposant une telle densité de réflexion. Les feuilles de parti sont hélas, à de rares exceptions près, des tissus de niaiseries et d'obédience. Articles écrits par les hommes politiques eux-mêmes, dont la plume est rarement l'attrait premier, faits et gestes des précités, tous beaux, tous gentils, tous bien lisses sur la photo, papier glacé, catalogue de la Redoute au service du pouvoir, beurk.

 

Là, c'est autre chose. L'héritier de la Voix Ouvrière, fondée en 1944 par Léon Nicole. Au demeurant bien meilleur, aujourd'hui, en 2012, qu'il n'avait pu l'être naguère, dans les ultimes années de ce premier nom, lorsque l'encre suintait l'apparatchik. Débarrassé du côté Kominterm, nourri de belles intelligences, Gauchebdo est un journal dont je souhaite ardemment la survie. Tenez, ce numéro 26, que j'ai sous les yeux : la une nous parle d'une initiative de la Jeunesse socialiste concernant la spéculation sur les produits alimentaires ; en pages intérieures, interview d'Alexis Tsipras, leader du parti grec Syriza ; plus loin encore, un papier sur Rousseau et la démocratie participative ; un autre, sur les philosophes grecs et la politique ; en dernière page, un hommage à l'écrivain Carlos Fuentes, décédé le 15 mai. Tout simplement remarquable.

 

Oui, j'aime lire Gauchebdo le week-end, ce qui ne m'empêche pas de dévorer le cahier culturel de la NZZ, ni de courir les kiosques pour dénicher (pas facile !) le dernier numéro de La Cité. Quand je vois ces équipes rédactionnelles-là, je me dis que le journalisme est encore vivant. Il suffit, ici et là, qu'il soit porté par des semences de passion.

 

Pascal Décaillet

 

 

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25/05/2012

Boum, boum, badaboum !

 

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Vendredi 25.05.12

 

Faut-il que chaque traité international signé par notre pays soit, systématiquement, soumis au peuple ? La question, sous la forme d'une initiative de l'ASIN (Action pour une Suisse indépendante et neutre), nous est soumise, le 17 juin prochain. Je n'ai pas encore pris ma décision face à cette initiative, il y a du pour et du contre, je vais, comme chaque citoyen, soupeser. Et le corps électoral élargi qu'on appelle « peule », dans moins d'un mois, tranchera. Mais autant vous dire, et c'est l'objet de cette chronique, qu'une chose, déjà, m'exaspère : la machine de guerre, boum boum badaboum, des opposants, avec les millions du patronat, et les éternels refrains du style « Trop de démocratie tue la démocratie ».

 

Bien sûr, le peuple peut déjà, aujourd'hui, attaquer, par référendum facultatif, les traités internationaux. Bien sûr aussi, la plupart de ces accords sont d'ordre technique, et les soumettre, quatre fois par an, au suffrage universel, aurait quelque chose de fastidieux. Mais la démocratie est fastidieuse ! Allez voir les travaux du Parlement fédéral, à Berne, où j'ai passé quelques années de ma vie : on y pèse chaque virgule, pour parvenir à des majorités. Et, pour ma part, il ne me déplaît pas de soumettre à la sagesse, ou la sagacité, de quatre millions de votants potentiels, ce que 246, certes légitimes, décident pour nous. Et si cela vous chante de me taxer d'antiparlementaire, faites-le, si ça peut vous faire du bien. Et si cela vous réjouit encore plus de m'imaginer marchant sur Rome, en 1922, lâchez-vous un bon coup.

 

Venons-en maintenant à economiesuisse, entendez le patronat. Le président de cette éminente organisation, Pascal Gentinetta, lâchait mardi matin (22 mai), sur les ondes de la RSR, le chiffre de ce qu'il mettait pour la campagne du non : entre 3 et 5 millions ! C'est beaucoup plus que le budget de l'ASIN ! Pourquoi un tel engagement financier ? Eh bien, parce que nombre d'accords internationaux, qui passent totalement inaperçus aux yeux du grand public, concernent de très près les intérêts des patrons : domaine bancaire, exportations, etc. En mettant un tel paquet contre l'initiative, notre bon patronat donne hélas l'impression de continuer à vouloir s'arranger entre soi, loin des légitimités démocratiques.

 

Le bon sens populaire pourrait bien s'en rendre compte. Et réagir comme le fit le peuple suisse le 6 décembre 1992, lors de la votation sur l'Espace économique européen. Ou le peuple de France en mai 2005, lors du vote sur le Traité européen, alors que la quasi-totalité des médias était pour. Bref, le souverain n'aime guère les unanimités de pensée, ni les propagandes dissimulées. Cela dit, encore une fois, sur cette initiative, ma religion n'est pas faite. Simplement, j'aime bien décider en conscience. Et pas sous la pression des bienpensants, surtout lorsqu'ils sont alliés, en l'espèce, aux forces de l'argent.

 

Pascal Décaillet

 

 

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22/05/2012

UDC Genève : la ligne jaune

 

Sur le vif - Mardi 22.05.12 - 11.02h

 

Le dernier communiqué de la direction de l'UDC genevoise fleure, hélas, les senteurs des pires années. Et dénote, de la part de ses auteurs, une inculture historique condamnable quand on s'exprime dans l'espace public. J'ai toujours considéré qu'il ne fallait pas diaboliser les électeurs de l'UDC, ni ceux du MCG, ni ceux, dans l'autre sens, de la gauche de la gauche. Toutes les personnes qui accomplissent la démarche, en âme et en conscience, d'aller glisser un bulletin dans une urne, je les respecte, parce que la démocratie, c'est précisément cela. Cette position demeure mienne : on discute, on s'engueule, on argumente, mais on ne diabolise pas.

 

Mais là, c'est trop. Un communiqué, tombé ce matin 09.04h, pour demander la dissolution de l'association « Mesemrom ». Sous le prétexte qu'il existe une loi 10106 punissant d'une amende l'acte de mendicité. Soit, elle existe, j'en prends acte, et bien que je ne l'eusse pas voté, je respecte la démocratie. Mais enfin, mettre dans le même bain l'acte délictueux de mendicité et une association humanitaire défendant un peuple revenu du pire, là je dis non.

 

Bien sûr, beaucoup de Roms, à Genève, pratiquent la mendicité. Bien sûr, ils sont instrumentalisés par des réseaux qu'il s'agit de combattre. Mais ce qui est doit être condamné, en République, c'est l'illégalité d'un acte. En aucun cas, l'amalgame avec une population, une ethnie, ne peut être accepté. Alors soit, amendons la mendicité, si vraiment on n'a rien de plus urgent à combattre. Mais jamais, n'acceptons de jeter l'anathème sur un peuple, en tant que tel. Le faire, c'est le début de la fin.

 

Je respecte les leaders de l'UDC genevoise, comme d'ailleurs tous les leaders des partis composant notre espace démocratique. Mais, s'ils ont un peu de temps à la Pentecôte, je leur conseille de se renseigner un peu sur l'Histoire, la culture, la langue, les souffrances du peuple Rom. A tout hasard, je leur recommande la période sise entre 1941 et 1945. Et si, dans la foulée, ils veulent bien prolonger un peu leurs lectures, je les invite, très fraternellement, à lire mon poète préféré du vingtième siècle : un Allemand d'origine roumaine, Paul Celan (1920-1970). Il n'était certes pas Rom, mais Allemand de Roumanie, juif. Il a vécu l'extermination, n'en est, au fond, jamais revenu. Un jour d'avril 1970, il a choisi, pour se jeter dans la Seine, le Pont Mirabeau. Délicate attention, non ?

 

Pascal Décaillet

 

 

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21/05/2012

Bravo les challengers !

 

Sur le vif - Lundi 21.05.12 - 16.53h

 

A lire sa critique de l'opuscule de Pierre Maudet, on découvre chez le "Pirate", Alexis Roussel, une authentique lucidité politique. Entre lui, le Vert libéral Laurent Seydoux et le patron de PME Manuel Acevedo, rarement l'équipe des "challengers" n'aura atteint une telle qualité pour vivifier le débat politique. Belle cuvée!


Pascal Décaillet

 

 

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16/05/2012

Le Maire, la Colombe, l'Esprit

 

Sur le vif - Mercredi 16.05.12 - 15.06h

 

Le dimanche 27 mai, jour de la Pentecôte, la Ville de Genève, en partenariat avec Propter & Gamble, organise un festival sur la découverte des arts urbains, avec des concerts.

Peut-être le Maire de Genève pourrait-il en profiter, dans la foulée, pour demander à ses chers partenaires combien de licenciements ils comptent opérer à Genève, dans les semaines qui viennent. Puis, une fois l'information obtenue, la transmettre délicatement à Pierre-François Unger, par pigeon voyageur.

Ou colombe, plutôt: pour cause de Pentecôte !


Pascal Décaillet

 

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15/05/2012

Marengo, les morts, la mémoire

 

Sur le vif - Mardi 15.05.12 - 14.37h

 

Avec passion, rivé à mon fauteuil, j'avais suivi, en mai 1981, la passation de pouvoirs entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand. 31 ans après, je n'ai pu capter que quelques moments de celle entre MM Sarkozy et Hollande. Ce que j'en ai vu me donne une excellente impression. Respect mutuel. Pas de hargne envers le sortant, qui a pu quitter l'Elysée dans la dignité, et même sous pas mal d'applaudissements, chance que n'avait pas eue VGE, en arpentant à pied, sous d'imbéciles quolibets, la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Tout au plus, ce matin, pouvait-on regretter les huées de la droite à l'arrivée des anciens Premiers ministres socialistes, dont un homme de l'âge et de la stature de Pierre Mauroy, invités par le nouveau président. Dans les deux cas, 1981 et ce matin, ces comportements sont déplacés : une journée comme celle-ci doit être placée sous le signe de la continuité républicaine.

 

Impeccable, le discours de François Hollande, son appel à l'unité de la nation, il a parlé à tous les Français, et bien sûr aussi au monde, qui, ce jour-là, le regarde. Impeccable, sa gestuelle, sa sobriété, sa simplicité très française. Irréprochable, déjà totalement présidentielle, son attitude marmoréenne à l'Etoile, face à la Sonnerie aux Morts. Comment, en cet instant, ne pas penser aux millions de Français qui, sur tous les champs de bataille, sont tombés pour faire ce pays ? Oui, l'officier de réserve Hollande est parfaitement à l'aise, déjà, dans la pompe républicaine. Les Français aiment cela, c'est très important pour eux, et ils ont quelque raison de rendre hommage à leurs innombrables morts.

 

Viendra le temps de l'action, le président Hollande et ses gouvernements feront de bonnes et de moins bonnes choses, il y aura des hauts et des bas, et l'Histoire, un jour, jugera. La tâche est extraordinairement difficile, tout le monde le sait. En attendant, le septième président de la Cinquième République a passé avec brio le cap de l'essentiel, celui justement où son prédécesseur avait échoué : il est entré, en quelques minutes, dans l'habit et la stature de la fonction. Pour en prendre toute la mesure, qui date de la République mais bien sûr aussi de l'Ancien Régime, il convient de relire Michelet, Tocqueville, mais aussi les éblouissants « Lieux de Mémoire » de Pierre Nora. Et puis, allez, disons-le, lorsque la Garde Républicaine entonne la bouleversante Marche consulaire de Marengo, il n'est peut-être pas inutile de savoir qu'avant d'être une sauce, ce nom fut celui d'une bataille. Qu'on aime ou non François Hollande, il faut lui souhaiter bonne chance. Nos amis français en ont besoin.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

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11/05/2012

Bleu des Vosges, bleu Marine

 

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Vendredi 11.05.12

 

J'écris ces lignes le 10 mai, soit 31 ans, jour pour jour, après la victoire de François Mitterrand. Sans être socialiste, j'avais, avec ardeur (et pas mal d'antigiscardisme),  souhaité cette arrivée au pouvoir, dans ma jeunesse. Sans l'être, non plus, aujourd'hui, j'ai finalement souhaité, comme vous le savez, celle de Hollande face à Sarkozy. Oh, bien sûr, elle m'ensorcèle moins, et l'attente, dimanche dernier, fut bien moins insupportable qu'il y a trois décennies. Hollande n'est pas Mitterrand, il n'a pas cette part de mystère ni de romanesque, ni sa plume, ni les fantômes qui l'accompagnent. Mais cet homme a une stature présidentielle, et les Français ont eu raison de lui laisser sa chance.

 

Les déclarations, en ce dimanche 6 mai 2012, celle du sortant comme du nouvel élu, furent simples et dignes, comme il sied à la tradition française. J'ai aimé l'accordéon dans les rues de Tulle, comme un hommage à la profondeur de la Province. Comme toujours, il y aura un état de grâce, puis la douche glacée des réalités. Les temps, pour la France, sont extraordinairement difficiles : pour Hollande, le risque d'échec, et de finir conspué, est immense.

 

Sur le plan politique, Marine Le Pen apparaît comme le véritable vainqueur de l'élection. Défavorisée aux législatives de juin prochain par le système électoral, elle ne va évidemment pas jouer les figurantes dans la législature qui s'annonce. Comme toujours sous la Cinquième République, l'ennemi à abattre, pour l'extrême droite, n'est pas tellement la gauche que la droite traditionnelle. En ce sens, Marine a atteint son objectif : Sarkozy à terre, ses lieutenants (Fillon, Juppé, Copé) prêts à s'entre-déchirer pour le contrôle de l'UMP, elle au contraire droit dans ses bottes, en ordre de bataille. Assurément, elle sera une figure incontournable, l'un des chefs de l'opposition. Et si, par hasard, Hollande devait échouer, elle pourrait sérieusement, cette fois, commencer à être perçue comme le recours.

 

La force des grands leaders de la droite, jusqu'à Chirac, fut de reléguer le Front national sur les bords. Cela, Sarkozy ne l'a pas réussi. C'est son très grand échec. Mais franchement, qui, aujourd'hui, dans le champ de la défaite, pour porter avec crédit le bleu horizon de la droite française ? Fillon ? Juppé ? En juin, le réflexe républicain pourrait bien amener les Français à donner au nouveau président les moyens de sa politique, en envoyant au Palais Bourbon une majorité de gauche. Et si, dans les années qui viennent, Hollande réforme le système électoral en instillant une dose de proportionnelle, le FN fera, comme en 1986 mais avec beaucoup plus de députés, son entrée à l'Assemblée nationale. Deviendra-t-il, avec le temps, un parti comme un autre ? Le bleu des Vosges deviendra-t-il bleu Marine ? Observons la France, aimons-la : elle est finalement une part de nous-mêmes. En attendant, bonne chance, M. Hollande.

 

Pascal Décaillet

 

 

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09/05/2012

Maudet.com

 

Sur le vif - Mercredi 09.05.12 - 16.53h

 

« Maudet.com » : c'est la Jeune Socialiste Olga Baranova qui avait eu un soir ce mot heureux, il veut tout dire. Maudet.com, donc, vient de présenter à la presse, aujourd'hui, un opuscule d'une cinquantaine de pages, gaulliennement intitulé « Une certaine idée de Genève », dans lequel il expose son programme de gouvernement.

 

Il est vraiment fabuleux, ce Maudet.com ! La première fois que je l'ai vu, il m'avait littéralement soufflé. A peine vingt ans, il débarquait à Forum (RSR) pour un débat sur l'armée je crois, en public, devant une bonne centaine de personnes. Le seul, il est allé vers tous les spectateurs, pour leur serrer la main. C'est là que j'ai compris. Maudet. Maudet.com. Maudet, juge de lui-même. Maudet, miroir de Maudet. Super-Maudet. Maudet par ci, Maudet par là. Maudet, meilleur vendeur de Maudet. Commis-voyageur de lui-même. Génial.

 

Aujourd'hui, Maudet.com vient de frapper à nouveau. Au moment où il termine sa présentation du texte à la presse, je reçois les PDF de l'Hebdo de demain. Avec une grande interview de qui ? Je vous le donne en mille : Maudet.com ! L'Hebdo a pu avoir le texte avant, c'est nickel, enfilé, ciselé, moutardé, ficelé. Prêt à mettre au four. Sacré Maudet.com !

 

Bon, à part ça, elles sont plutôt très bonnes, ces cinquante pages. Si seulement chaque candidat, ancien, présent ou futur, au Conseil d'Etat, pouvait avoir la même capacité de se projeter, le même sens de la synthèse, la même clairvoyance. Quand on compare avec le flou marécageux d'une candidate libérale en 2009, qui semblait débarquer en politique comme on descendrait de Sirius, tout au plus soulignant qu'il fallait une « concertation avec les communes ». Je crois d'ailleurs, mais dois vérifier la chose, que cette candidate a été élue. C'est en tout cas le bruit qui court.

 

Maudet.com, oui, a les idées claires. Oui, de la vision. Oui, de la réforme. Je ne vais pas vous résumer ici un document que Maudet.com vous permettra, de toute manière, d'avoir directement sous les yeux par toutes les toiles du monde. Je dirais juste un bon vieux programme de droite, avec du courage (42 heures de travail pour les fonctionnaires, pas de retraite à 63 ans), une belle traversée routière et ferroviaire du lac, un redécoupage des Départements. Bien. Pas révolutionnaire. Mais bien.

 

On regrettera aussi des lacunes : par exemple, l'affaire des caisses de pension publiques n'est pas estimée à sa juste mesure. Sinon, de très belles lignes sur l'enseignement. Ah, si Maudet était élu (ce qui est loin, loin, loin d'être fait, le 17 juin), puisse-t-il reprendre le DIP ! Monsieur Borel, radical, véritable fondateur du Cycle d'Orientation, nous est déjà séparé d'un demi-siècle. Et quand il parle école, Maudet est très crédible. Parce qu'il parle de l'essentiel : la République.

 

Un petit livre bien malin, aussi, où Maudet.com n'omet pas (par une référence de bas de page à un ouvrage) de caresser dans le sens du poil les fatigues patriciennes de certains libéraux. Ni, un peu plus loin, d'aller dans le sens des laïcistes les plus laïcards de son parti, une petite révérence à la Garde Noire n'étant jamais perdue. Œcuménique, Maudet.com ! Il ratisse large, n'oublie personne.

 

Maudet.com sera-t-il élu ? Je n'en sais rien, pour le 17 juin en tout cas. Ce qui est sûr, c'est que Maudet.com en veut. Maudet .com vit. Maudet.com existe. Maudet.com défend et illustre Maudet. Sept candidats comme ça, et cette fois oui, je me décide à enfin la prendre, cette aspirine.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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04/05/2012

Les très riches extrapolations de M. Cramer

 

Sur le vif - Vendredi 04.05.12 - 10.45h

 

Méfions-nous de ceux qui n'ont à la bouche que le mot (au demeurant horrible) « stigmatisation ». Ces grandes âmes se révèlent souvent des intolérants et des insulteurs. Sous prétexte de protéger l'Autre, on se retrouve le premier à cracher son venin sur son voisin, parce qu'il pense mal, parce qu'il pense faux.

 

Ainsi, Robert Cramer. Il ramène le discours du MCG à celui de la peste brune. Propos tenus dans le Dauphiné libéré, confirmés dans le Matin d'aujourd'hui. « Si vous enlevez le mot frontalier et que vous mettez le mot juif à la place, certains discours donnent l'impression de revenir dans les années 1930 ».

 

Premier problème : ce glissement en effet infâme, justement, ne se produit pas. Alors, dans quel dessein l'extrapoler, le fantasmer ? Ensuite, M. Cramer, quand on évoque les années 30, il convient d'avoir un minimum de culture historique. Soulever les problèmes économiques liés, en 2012, à une fonction professionnelle (transfrontalière) est une chose. Dont on peut en effet discuter, et à coup sûr, aussi, combattre vivement les positions du MCG. Adhérer, dans les années 30, à une idéologie visant explicitement (cf Mein Kampf, rédigé dix ans auparavant) la destruction d'un peuple, relève tout simplement d'une autre galaxie mentale.

 

Prétendre, comme vous le faites dans le Matin d'aujourd'hui, que la nomenclature rhétorique du MCG serait le point de départ, si on la laissait faire, à un discours antisémite type années trente, est au mieux une spéculation intellectuelle purement théorique. Au pire, une infamie, par rapport à 17% de l'électorat genevois, le même nombre à peu près que celui de votre parti.

 

Vous avez gravement dérapé, M. Cramer. Sans doute allez-vous nier, atténuer, atermoyer. En prétendant défendre une catégorie de personnes (assurément respectables, je vous rejoins sur ce point, et n'aime pas non plus certaines outrances du MCG), vous en insultez gravement une autre : 17% de l'électoral genevois. Tout simplement inacceptable.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

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03/05/2012

Brutus, Cassius, les Esserts

 

Sur le vif - Jeudi 03.05.12 - 14.38h

 

Je salue l'accord entre l'Etat de Genève et la Ville de Veyrier concernant les Grands Esserts. Mais ne puis m'empêcher, vu les signataires, de penser à la convention passée, chez Plutarque, entre Brutus et Cassius, sur le cadavre de César. Amitiés au passage à Mark Muller, avec qui j'aurai toujours plaisir à prendre un rafraîchissement.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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Orgues de Fazy

 

Sur le vif - Jeudi 03.05.12 - 09.12h

 

A Genève, il est pertinent de s'interroger sur le manque d'anticipation de Pierre-François Unger dans l'affaire Merck Serono. Mais il est tout aussi pertinent de relever que les missiles contre lui viennent de milieux radicaux. Pour protéger qui ?

 

Pascal Décaillet

 

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02/05/2012

Merck Serono : les députés roupillent

 

Sur le vif - Mercredi 02.05.12 - 14.26h

 

Nous avons posé, dès le jour de l'annonce du drame social chez Merck Serono, la question de la capacité d'anticipation de telles déconvenues, de la part du Conseil d'Etat. Il s'agit certes d'entreprises privées, elles sont libres de leurs choix. Mais le rôle de l'Etat, même en régime libéral, c'est d'avoir des antennes. Des têtes chercheuses. Un service de renseignements, au fond, capable de lucidité, à l'avance, sur des charrettes possibles. Nous l'avons dit, et le répétons : l'exemple lausannois, avec la présence de l'EPFL, le génie d'un Patrick Aebischer, s'avère remarquable d'intelligence (au sens premier) entre le public et le privé. Et les autorités vaudoises, désolé, donnent moins l'impression de regarder passer les trains.

 

Mais qu'importe le passé. L'économie genevoise a besoin de visionnaires et de combattants. Il reste, Dieu merci, de forts belles et saines entreprises dans le canton, c'est avec elles que les pouvoirs publics doivent travailler au mieux. Il n'est pas sûr, d'après nos renseignements, que certaines autres multinationales se portent à merveille, ni que, hélas, d'autres journées noires nous soient épargnées. Mais combien de PME solides, gérées par d'admirables entrepreneurs, pouvant se prévaloir d'employés motivés, compétents, formés. C'est ce tissu-là, moins bling bling mais tellement plus fiable, qu'il s'agit absolument d'aider et d'encourager. A cet égard, oui, la politique économique du canton de Genève doit être réorientée. Retour à la proximité, et moins de prunelles écarquillées devant les mirages des sociétés mondialisées.

 

Un peu moins de cocktails, un peu plus de boulot sur le terrain. Et, de grâce, beaucoup moins de tracasseries pour ceux qui ont choisi de lancer leur boîte, et ont pris la responsabilité de créer des emplois. Même un emploi, c'est déjà une magnifique aventure. Nos conseillers d'Etat, de gauche comme de droite, avec leurs salaires à plusieurs centaines de milliers de francs qui tombent tous les mois, leurs rentes de nababs assurées à vie, eux qui ne dépensent jamais leur argent, mais celui des contribuables, eux qui n'ont jamais pris de risques économiques, sont-ils vraiment, mentalement, les mieux outillés face à ces défis ?

 

Restent les parlementaires. Je crois savoir qu'il existe à Genève un Grand Conseil, honorable institution législative dont on se demande si elle a entendu parler de la crise chez Merck Serono et, accessoirement, de la bombe à retardement que constitue l'affaire des caisses de pension publiques. Nous allons, à Genève, vers des temps extraordinairement difficiles : la classe parlementaire, à l'exception de quelques esprits éclairés de la Commission des finances, en a-t-elle seulement pris la mesure ? Elle n'en donne guère l'impression.

 

Incroyable, tout de même : sur tant de sujets plus faciles, ou moins risqués, ou plus populistes, le nombre de motions, interpellations urgentes, à l'évidence déclamatoires et publicitaires de la part de nos chers députés. Et là, sur l'une des plus grandes charrettes industrielle de l'après-guerre ? Rien, ou presque. Les socialistes sont, à l'heure qu'il est, le seul parti à se bouger un peu. Les notables Verts, hier au défilé du 1er Mai, manifestaient pour une « économie verte ». Hors sol, totalement ! Le centre droit donne l'impression de ménager ses ministres, qu'ils soient d'inspiration chrétienne ou fazyste. Bref, le législatif genevois, face à une crise sociale majeure, semble bien assoupi. Qui le réveillera ?

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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01/05/2012

Poussière et lumière

 

Mardi 01.05.12 - 14.41h

 

"A Genève, j'ai un nom, je suis le colonel Duchosal, l'ancien commandant des services de sécurité de l'aéroport. Tout au long du voyage, je ne suis plus rien, juste un type fatigué, qui boite, qui a mal aux pieds, à qui l'on tend un verre d'eau ou un bol de soupe. Quand je marchais au bord des routes, j'avais conscience d'être un grain de poussière."

Jean-François Duchosal
, extrait de l'article "En hommage à l'Abbé Pierre", Revue "Les Amis du Chemin de Saint-Jacques", no 49, Mai 2012, pages 22 à 25.

 

PaD

 

 

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Jeanne, vivante énigme

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Sur le vif - Mardi 01.05.12 - 12.31h

 

Annonçons la couleur : je suis très sensible, depuis l'âge de sept ans (la dixième, dans l'école où j'étais), à la figure de Jeanne d'Arc. Réelle ou supposée, ancrée dans l'Histoire ou mythifiée, évidemment transfigurée par le dix-neuvième siècle, je dis bien « la figure ». Quand on a travaillé, une partie de sa jeunesse, sur des mythes grecs revivifiés par la littérature allemande des 18ème et 19ème siècles, et d'ailleurs aussi du 20ème (Brecht, Heiner Müller, Christa Wolf), on n'en est plus vraiment à la question de l'existence historique. Dont il faut certes débattre, c'est le travail des historiens.

 

Jeanne d'Arc n'appartient à personne. Et à tous, en même temps. Elle est, comme Antigone, une figure de résistance. Elle n'appartient ni au Front national, ni au Front populaire, ni à la gauche, ni à la droite. Elle appartient à tous ceux qui veulent reconnaître en elle la grandeur d'un renoncement, la folie d'un sacrifice. Que l'occupant de l'époque fût l'Anglais importe, aujourd'hui, assez peu. En d'autres temps, il fut prussien, allemand, ou peut-être le capital mondialisé, la toile de l'ultra-libéralisme, à chaque époque ses tyrans. Faire de Jeanne, aujourd'hui, l'héroïne du rejet de l'Autre, n'est pas plus acceptable que de repousser d'une chiquenaude la pertinence du mythe. Les mythes ont la vie très dure : on les croit morts, et voilà qu'après des générations d'oubli, ils resurgissent. Les mythes, comme les arbres, ont la vie beaucoup plus longue, plus tenace, plus patiente qu'un simple parcours d'homme ou de femme. C'est pourquoi j'aime les mythes. Et c'est pourquoi j'aime passionnément les arbres.

 

Pour parler franc, je ne supporte pas que le Front national récupère Jeanne d'Arc. Oh, il a bien raison de le faire, il joue son jeu. Mais s'il s'accapare cette grande figure nationale, c'est bien parce que les autres familles politiques l'ont laissée en jachère. A commencer par la droite « classique », celle qui veut faire moderne, ne cesse de s'incliner devant les forces de l'Argent, ne lit jamais, rejette comme vieilleries folkloriques les ancestrales figures populaires. Drame de cette droite arrachée à ses valeurs. Je vous en supplie, lisez Michelet : « L'Histoire de la Révolution française », bien sûr, le grand chef-d'œuvre. Mais lisez aussi sa « Jeanne » (pour quelques francs, chez Folio), extirpée de l'oubli en 1841, en plein règne de Louis-Philippe. Approchez  la « vivante énigme » : c'est le texte de Michelet qui fondera le culte de Jeanne sous la Troisième République (1870-1940), et jusqu'au plus profond des tranchées, de la Marne à Verdun, de la Somme au Chemin des Dames. Figure toujours récupérée, pour le meilleur et pour le pire, figure de vierge combattante, l'un d'un plus vieux mythes véhiculaires de l'Histoire humaine : déjà Antigone, du temps de Sophocle, reprenait un thème ancien comme la nuit du monde.

 

Lisez Michelet, s'il vous plaît. Et puis, si vous avez le temps, écoutez le discours de Malraux dédié à Jeanne. Vous n'y trouverez nulle haine, nul rejet. Juste l'histoire d'une jeune fille. Bouleversante.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

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