02/08/2012

Indivisible

 

Sur le vif - 02.08.12 - 12.29h

 

"Ce sont les Suisses d'origine étrangère, ceux qui ont trouvé une nouvelle patrie en la Suisse, qui parlent le mieux de la Suisse", déclarait hier, sur le Grütli, le président de la Société suisse d'utilité publique.


Nul doute que les personnes dont parle M. Gerber parlent fort bien de ce pays qu'elles ont choisi et qu'elles aiment. Mais je n'aime pas cette manière de renverser le rejet de l'autre en laissant entendre qu'un Suisse de vieille date serait moins habilité à émouvoir, lorsqu'il évoque la communauté nationale.


Et puis, surtout, à quoi bon créer des catégories de Suisses ? Il n'y pas de "Suisses d'origine étrangère", dans une saine conception républicaine de l'intégration. Il n'y a que des Suisses, tout court. A mes yeux, à partir de la minute où une personne obtient la naturalisation, elle est, de façon totale, ma compatriote. Elle a les mêmes droits, les mêmes devoirs que moi. Il m'est assez égal, au fond, qu'elle soit d'origine étrangère.


La nationalité ne se divise pas. Il est tout aussi faux de se méfier des "Suisses d'origine étrangère" que... de les encenser particulièrement, Cher M. Gerber. Sauf à créer des communautarismes à l'intérieur de l'appartenance républicaine. Ce qui est le début de la fin.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

Comme c'est bien dit! Hodgers n'est pas moins suisse ou meilleur suisse qu'un suisse allemand ! Il est tout simplement "suisse" et à ce titre soumis aux même devoirs et droit que moi! Il parlera de la Suisse selon son point de vue et son expérience que je respecte... saura-t-il respecter celui d'un autre compatriote qui a largement oeuvré pour que la Suisse soit accueillante et tolérante... et ceci bien avant l'avènement politique des Verts ?

Écrit par : J-F Girardet | 02/08/2012

Exact ! La gauche “bien pensante” (à laquelle les Verts appartiennent !) usent sans retenue d’un ton moralisateur et pontifiant, qui évacue tout trait d'esprit et, plus grave encore, sécrète une vision manichéenne dans laquelle fermente la haine de l’Autre (l’Autre, par un renversement idéologique, n’est alors ni l’étranger, ni le Rom, ni le réfugié, mais le Suisse, le banquier, l’avocat, le bourgeois, le fonctionnaire ou le simple citoyen !).

Écrit par : Michèle Roullet | 02/08/2012

D'après Hodgers, un tiers des Suisses se trouve être d'origine étrangère. laissons-lui son affirmation, sans remonter aux Alémanes, Vandales et autres Burgondes après les Romains. Il veut probablement comme nous parler des 50 dernières années. A partir de quand pourrons-nous oublier la Suisse ? Deux tiers, 4/5 èmes, 5/6èmes ?
On ne va pas tarder à l'apprendre. On aura perdu notre pays et gagner une connaissance scientifique...
Quand Morganella sera conseiller fédéral et qu'il enverra des tweets envoyant la Chancellière allemande se faire voir chez les Grecs...
Demain.

Écrit par : Géo | 02/08/2012

En lisant l'affirmation de Mr Gerber dans la tribune, mon sang n'a fait qu'un tour...puis cela m'a rendu triste. Donc pour lui si l'on est d'origine Suisse l'on parle moins bien de la Suisse que les Suisses d'origine étrangère. C'est carrèment insupportable...et dire que ce monsieur est président de la Société Suisse d'utilité publique...on croit rêver. Merci à Pascal Décaillet d'avoir parler de cette déclaration anodine et insupportable.

Écrit par : Alladin | 03/08/2012

Au lieu de nous donner des leçons ineptes sur qui est le plus suisse (navrant et surtout déplacé), la gauche bisounours et la droite vermoulue qui voudrait tant lui ressembler feraient mieux d'empoigner le Réel. "Nos" politiques ont-ils déjà oublié qu'on vit une crise générale ?

Écrit par : Malentraide | 03/08/2012

M Décaillet,

Pas mal en effet.

Il y en a marre d'entendre ces discours insidieux, fort bien relayés par la majorité des médias et des corps sociaux intermédiaires, sur la richesse apportée par l'ETRANGER, tous ces CPS (Chances Pour la Suisse) qui poussent l'indigéne à devoir se considérer de trop et inférieur. Comme si avant l'arrivée de tous ces allogènes la Suisse ne fonctionnait pas bien et que nous vivions dans les arbres.

On oublie un peu vite que mis à part quelques oligarques et capitaines d'industrie au forfait la plupart des étrangers sont venus bénéficier de salaires et de conditions de vie souvent sans commune mesure avec ceux de leur pays d'origine.

Par contre, quant à considérer que tout nouveau suisse est un suisse "comme vouzé moi" je ne suis pas prêt à vous suivre.

Je vois ou plutôt je zoome sur les couleurs, les comportements, les moeurs, et autres détails insignifiants.

Mais heureusement pour la bien pensance métissante globaliste unique détentrice du progrès et du bien je suis le seul...

Écrit par : la censure règne | 05/08/2012

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