31/08/2012

Avec Christian Varone

 

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Vendredi 31.08.12

 

Un homme seul. Il a certes sa famille, ses amis, d’innombrables messages de sympathie. Et, au sein de sa formation politique, son clan de partisans. Mais dans la vie, et surtout dans la difficulté, on est toujours seul. Je mesure ce que doit éprouver Christian Varone, le poids du lâchage et de la trahison, la mielleuse délicatesse des défections, ceux qui s’en vont, vous savez, sur la pointe des pieds, sans faire de bruit. Ceux, prétendument de votre camp, qui vous traitent ici même de « page blanche », ou n’attribuent votre mérite, votre vertu, qu’à la « bienveillance du camp majoritaire ». Comme si, depuis 75 ans, cette compatibilité n’avait été un élément déterminant pour faire élire les grands magistrats radicaux de ce canton.

 

Page blanche ! L’image est belle, elle a la moiteur blême de la main qui tient la dague. J’ignore tout de cette candeur, mais je sais, lorsqu’il a fallu gérer l’affaire du tunnel de Sierre, là où nous tous aurions flanché, qu’on ne se souciait guère de savoir si la page était blanche ou grise. Parce qu’on avait face à nous la rudesse d’un courage, la trempe d’un caractère. Une attention infinie, aussi, à la dimension du tragique, la rupture de tous ces destins, ce malheur qui fait chavirer les âmes. Ça n’est certes pas un blanc-seing pour devenir ministre, mais enfin je ne sache pas non plus que ça détermine le contraire, ni de subtils distinguos sur « la main ferme » et « la main heureuse ». En un mot comme en mille, lorsqu’il fallait être là, Christian Varone le fut.

 

Le 6 septembre, à Conthey, le PLR fera son choix. Je ne suis pas sûr qu’il ait absolument besoin des « Lumières de la Raison » pour se déterminer. Laissons chacun de ces militants écouter le fond de son cœur, la petite voix de l’intérieur qui se passera bien de l’Appel aux Equerres pour dessiner la géométrie de la décision. Si cette instance devait élire Christian Varone comme candidat, alors tout deviendrait possible. Pourquoi ? Mais parce que l’autre instance, finale, la seule qui vaille, le peuple valaisan du printemps 2013, je peux vous dire qu’elle donnera avec une souveraine majesté sa réponse à tout cet océan de miasmes et de salissures qui, de l’interne bien plus que de Turquie, aura sévi en cet été caniculaire. Parce qu’il s’agit d’élire un conseiller d’Etat. Et que la seule instance apte à le faire, est le corps électoral. Pas la justice turque. Pas l’ambassade turque. Pas la presse satirique. Pas les éditorialistes. Pas vous. Pas moi. Non : le peuple en armes, non celui qui fait du bruit, mais celui qui vote.

 

Et ce peuple électeur, nul n’a de leçon à lui donner. Si M. Varone est candidat, seul le peuple jugera. Il l’élira. Ou ne l’élira pas. Mais foin des juges, foin des censeurs, foin des moralistes de la 25ème heure. Il y aura le peuple. Il y aura une décision. Cela s’appelle, tout simplement, la démocratie.

 

Pascal Décaillet

 

 

Commentaires

"La seule instance apte à [élire un conseiller d’Etat] est le corps électoral. Pas la justice turque. Pas l’ambassade turque. Pas la presse satirique. Pas les éditorialistes. Pas vous. Pas moi. Non : le peuple en armes, non celui qui fait du bruit, mais celui qui vote."

Vous êtes bien gentil d'invoquer la démocratie comme les Romains les mânes de leurs ancêtres, mais si la justice turque n'était pas corrompue jusqu'à l'os M. Varone, comme n'importe quel citoyen suisse lambda en pareilles circonstances, croupirait encore en prison.

Devoir sa liberté à des passes-droit, pour un chef de la police, ça fait désordre.

Christian Varone élu au Conseil d'Etat valaisan depuis le fond d'une geôle turque, ça, ça aurait eu de la gueule!

Écrit par : José Silva | 31/08/2012

Franchement à part se faire de la pub sur l'accident du car à Sierre, le Commandant n'a pas fait grand chose. Trop facile de faire jouer l'émotionnel, mais ce n'est pas ça qui peut en faire un bon Conseiller d'Etat.
Vouloir construire pierre après pierre son entrée en politique, et ne pas comprendre qu'il ne faut pas ramasser les pierres chez les autres, c'est vraiment un pavé dans la marre du PLRVS. La pierre autour du cou va les faire couler vite fait!
Attendre et voir ce qui va ressortir des élections communal dans quelques semaines!

Écrit par : Corélande | 31/08/2012

Comme si le peuple électeur avait quoi que ce soit à dire dans le Vieux Pays... Il aura le choix entre trois PDC, un radical, une socialiste et un UDC, et il sera sommé de choisir trois PDC, un radical et une socialiste, et il obéira à Écône et au Nouvelliste réunis.

Écrit par : Urs | 31/08/2012

Un caillou qui devient un pavé dans la mare:
Je ne connais ni Monsieur Varone ni ses concurrents , je ne connais rien à la politique valaisanne, mais je sais que dans une démocratie ,il faut des journaux satiriques , des humoristes , ils sont méchants parce qu’ils s' immiscent dans les failles "encore le silex" dans les faux semblants , et là un peu à l’image de Clinton et de sa photocopieuse , Monsieur Varone n'a pas menti mais tergiverser avec la vérité ,alors je ne souhaite pas que ce fragment d'un tout archéologique ne devienne sa pierre tombale, mais de grâce épargnez-nous l'image de Saint Sébastien .

Écrit par : briand | 31/08/2012

Dans la vie...comme en politique...
il y a deux sortes d'homme,
ceux qui parlent,PARLENT...ET PARLENT ENCORE...
et heureusement aussi, CEUX QUI AGISSENT!

Écrit par : Ghislaine Varone-Zuchuat | 31/08/2012

C'est un sentiment vraiment bon-http://www.lesuggfr.com/

Écrit par : les ugg | 31/08/2012

Homme de peu de morale ...
Personne n'ignore que tous les Etats du bassin méditerranéen sont dans le même cas et punissent de plusieurs mois de prison ferme ... le fait de ramasser des "caillous historiques", débris de coraux, d'amphores ... et pour cause car ils ont été beaucoup pillés...

DEPUIS QUAND ... UN CHEF DE LA POLICE ... RESPONSABLE ET DEVANT ETRE L'EXEMPLE PAR EXCELLENCE ... devrait passer à travers les gouttes.

Posez-vous la même question avec un caillou historique en Valais.

COMMENT SE SERAIT-IL COMPOTE ....? TOUT BÊTEMENT COMME EN TURQUIE.

DONS LA MORALE N'Y TROUVE PAS SON COMPTE.

Écrit par : CARLODON | 31/08/2012

Le crime de "lèse-caillou archéologique" du présumé innocent Christian Varone n'enlève rien à ses qualités. L'on ne devrait d'ailleurs jamais être politiquement comdamné à perpétuité pour une erreur (une faute ?) qui n'en mérite pas tant.

Mais, qu'on le veuille ou non, le profession et la fonction de M. Varone ne facilitent pas la "rédemption". Personnellemenmt je regrette avant tout, dans cette affaire, la position ambiguë du commandant Varone. Après tout, reconnaître que l'on a fait une erreur et l'assumer, aurait au moins coupé court aux rumeurs les plus dévastatrices.

Et quand les rumeurs sont accompagnées d'un lynchage médiatique (comme ce fut le cas pour Mark Müller), il n'est guère étonnant que "l'affaire Varone" prenne des proportions complètement démesurées. Même (surtout ?) la triste émission "infrarouge" s'y est mise.

Finalement la seule chose qui me surprenne vraiment, c'est que M. Varone ait pu imaginé une seule seconde que ses adversaires politiques et ses "amis" laissent passer une aussi belle occasion de "dérouiller" un candidat bien dans ses bottes et donc gênant...

Écrit par : Michel Sommer | 31/08/2012

Monsieur Décaillet,
Tant vos articles que vos apparitions à des débats télévisés, de n'importe quelle importance, ont un fil rouge pluriel qui ne se dément pas. En effet, on y détecte assez facilement la truculence qui vous caractérise, et presque en paradoxe, l'objectivité (la vôtre) lorsqu'il s'agit de quitter sa place de spectateur pour entrer dans l'arène, et ainsi, la troquer avec celle d'acteur.
Ce papier, je l'ai écrit à l'heure du café d'après-repas au Café du Pont dans le quartier de la Bâtiaz au n°3 de la rue du même nom à Martigny. Touefois, je vous précise que le lieu et la localité surtout, précisés ci-devant n'ont aucun rapport avec le sujet qui vous a tenu à coeur ce vendredi 31 août 2012 à l'heure de l'émission Infrarouge. Ainsi, si j'ai choisi ce moment pour le rédiger, il se trouve que nous sommes dimanche tout simplement. Mais, mon intention dans ce sens, remonte déjà au soir de l'émission qui traitait du sujet tabou à forte consonance de caillou.
Alors, avec le recul du temps qui a passé de ce 31 août à ce dimanche 2 septembre, et qui a vu dans ce même laps de temps s'exprimer des plumes avisées de certains de vos confrères, éditorialistes occasionnels, sur ce sujet, je vous invite à participer au jeu des questions du terrain. Celui qui révèle souvent sans ambages l'expression démocratique des urnes, à qui nos gouvernances, dans nos bonnes vieilles démocraties, réservent de plus en plus d'attitudes arrogantes et choquantes, au point de se souvenir sans trop exercer sa mémoire qu'à une époque pas si reculée, elles fustigeaient ces pratiques avec beaucoup d'ostentation.
Ainsi, venons-en au jeu proposé ! Question choix : Philippe Bender (Nouvelliste du mercredi 29 août) ou, Slobodan Despot (Le Matin Dimanche du 2 setpembre) ou encore, et subsidiairement Rosette Poletti (Le Matin Dimanche du 2 septembre également)?
Enfin, si ma proposition de jeu, à l'apparence ludique peut recevoir un écho autre que de non-recevoir, il aura à coup sûr l'aval de ma reconnaissance.
Avec mes bonnes salutations.

Écrit par : Fernand SALVATOR | 03/09/2012

Bonsoir,
Voici une petite illustration sur le sujet, qui je l'espère, vous amusera:
http://coteouest.wordpress.com/2012/09/24/christian-varone-en-turquie/
Meilleures salutations,
Caraille

Écrit par : Caraille | 24/09/2012

Les commentaires sont fermés.