11/11/2012

Dominique Louis, dans l'ocre de l'automne


 

Dimanche 11.11.12 - 15.35h

 

Ce matin, 11h, Parc Mon Repos, monument aux morts. 94 ans après, cérémonie du souvenir. Les couronnes et les gerbes, aux couleurs éclatantes, sur fond de nature plus belle encore : les jaunes et les ocres d’un dimanche de novembre, sous la pluie. Musique. Défilés. Et Dominique Louis qui prend la parole.

 

Existe-t-il, au fond, un homme qui aime autant Genève que cet infatigable serviteur de l’Etat, à la retraite depuis peu ? Des paroles d’élévation. La mémoire, au service du présent. L’honneur aux morts, pour ancrer les vivants dans la dignité. Une citation du Général Dufour, à ses soldats, en 1847, juste avant la guerre du Sonderbund. Dans cette cérémonie qui eût pu être celle d’une clique, ou d’un cartel commémoratif, les paroles de Dominique Louis font sauter les verrous. Elles définissent la République comme le trésor de tous. Elles nous rassemblent.

 

Je connais Dominique Louis depuis trente ans. Janvier 1983, cours d’hiver du rgt inf 3, le « régiment genevois », dans la neige, l’extrême froidure, les igloos. Il commandait, avec un inimaginable panache, la compagnie d’état-major. Il était partout, sa courtoisie hors du commun, son humour et sa délicatesse ont fait de lui le plus grand gentleman qu’il m’ait été donné de fréquenter sous les drapeaux.

 

C’était, ce matin, une très belle cérémonie. Voir Duchosal défiler au premier rang m’a réchauffé le cœur. C’étaient des mots, des gestes, des notes de musique qui partaient de Genève, son humus d’automne, non pour disparaître, mais pour simplement s’élever. Dominique Louis : un homme debout, avec, dans la simplicité et l’élégance du verbe, le passage si rare de la transcendance. Merci, Dominique, et à tous les organisateurs de ce moment de chaleur et de présence.

 

Pascal Décaillet

 

15:35 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Bravo pour cette éloge vivante et méritée ! Merci Dominique.

Écrit par : J-F Girardet | 11/11/2012

Merci Monsieur Décaillet pour votre chaleureux message,
Voilà qui nous encourage à continuer. Cette cérémonie est également l'occasion de nous tourner vers les victimes de conflits présents.
Une occasion que devrait saisir plus largement vos collègues de la presse écrite !
Cordialement
Marc Fries

Écrit par : Marc | 12/11/2012

Dans ce très beau discours humaniste et rassembleur, comme dans cet article élogieux et amplement mérité, je reconnais un patriotisme noble, sans excès mais affirmé avec classe et conviction. Bel exemple pour la nouvelle génération.
Jean-François Duchosal

Écrit par : Duchosal | 12/11/2012

Les commentaires sont fermés.