26/12/2012

Contrôler les flux migratoires : oui, bien sûr !

 

Sur le vif - Mercredi 26.12.12 - 16.20h

 

Préférence nationale. Conseiller national zougois, le PDC (oui, je dis bien le PDC) Gerhard Pfister a osé. Il estime que l'initiative de l'UDC sur l'immigration de masse doit être prise très au sérieux et mérite un contre-projet. Seule une prise en compte du malaise des Suisses face à l'application aveugle de la libre circulation des personnes permettra, selon lui, de maintenir le capital de confiance de la population envers les autorités.



Inutile de dire que ce politicien a parfaitement raison. Un sondage de l'Hebdo, la semaine dernière, faisait figurer l'immigration (excessive, non-contrôlée) et l'aménagement du territoire (thème de plus en plus important) dans les préoccupations prioritaires des Suisses.



Nos beaux esprits de gauche ou du centre mou préfèrent nier ces réalités. Ou tuer le messager en dénigrant le principe même des sondages (je serais prêt à les suivre, mais alors, ignorons tous les sondages, toujours, pas seulement ceux dont les résultats nous dérangent). Ils confondent contrôle des flux migratoires (que pratiquent absolument tous nos voisins, et de façon autrement draconienne que nous) avec xénophobie. Alors que ça n'a strictement rien à voir. Cette confusion, savamment entretenue, est aussi scélérate que scandaleuse.


En voulant culpabiliser, sous des paravents de morale, les Suisses qui souhaitent ces contrôles renforcés, nos beaux esprits rendent un très mauvais service à la libre expression des opinions dans notre communauté citoyenne. Du coup, tant de nos compatriotes, de peur de passer pour xénophobes, préfèrent penser tout bas plutôt que de dire tout haut. Ça n'est jamais bon, jamais sain, dans une démocratie.



Il me plaît enfin que M. Pfister soit PDC, prouvant en cela qu'il existe encore, dans ce grand parti qui a largement contribué à faire le pays, une aile pragmatique et conservatrice, attachée à des valeurs de droite, proche des préoccupations des gens. Disons que, de Genève, on aurait parfois pu en douter.



Si la droite non-UDC ne veut pas, face à l'initiative sur l'immigration de masse, se retrouver, un certain dimanche, une fois de plus, pitoyablement, à la remorque, n'ayant rien vu la première, rien senti venir, rien anticipé, elle doit écouter très attentivement les recommandations de M. Pfister. Arriver avec ses propres projets, cohérents et visionnaires, sur la politique migratoire. Surtout, elle doit écouter la population, ses malaises, ses souffrances. Parler de préférence nationale, en matière d'emploi, en Suisse, comme parler de préférence cantonale à Genève, n'a strictement rien à voir avec une quelconque xénophobie. Toute communauté humaine a le droit de privilégier les siens. Le droit, et sans doute aussi le devoir.

 

Pascal Décaillet

 

 

16:20 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Il ne suffit plus de le penser, ni de le dire ou de l'écrire, il est temps d'agir...Mais avant cette prise de conscience collective et active, le MCG et l'UDC, visionnaires, ont une belle année d'avance. Le parfait timing pour encourager la population à exprimer son besoin de changement pour Genève cet automne prochain. A tous, excellente année 2013 !

Écrit par : J-F Girardet | 26/12/2012

On est sur la bonne voie. On a touché le fond et on remonte. Les idiots ne tiennent plus le haut du pavé. Grâce, soit dit en passant, à l'élection de cette bande d'abrutis socialistes à la tête de la France. Quiconque de bonne foi ne peut que constater que ces gens mènent ce grand pays à sa perte; et le fonds de commerce des socialistes, c'est l'immigration.

Cette insistance de traiter de xénophobe quiconque se pose des questions sur cette nouvelle invasion barbare que connaît l'Europe a fini par mettre en question la xénophilie. Cette manière qu'ont les gens d'aimer leurs prochains à condition qu'ils soient très lointains, et de mépriser leurs voisins...
La face sombre du christianisme...

Écrit par : Géo | 26/12/2012

Vouloir privilégier les siens est évidemment une solution. La question est de savoir si cela constitue une bonne solution ou la meilleure solution.
J'ai de très sérieux doutes. Je ne nie pas qu'il faille discuter ouvertement de cette problématique de la "préférence nationale". Personnellement elle me hérisse dans la mesure où elle amplifie le sentiment xénophobe. Les étrangers sont montrés du doigt comme s'ils étaient responsables de notre situation. Alors très bien : contingentons, barricadons-nous, fermons nos frontières sans discernement et la Suisse restera cet îlot d'opulence en Europe. Est-ce cela que veut le peuple suisse ? Peut-être. Mais si c'est vraiment cette manière de voir qui prévaut, il faudra être prêt à en payer le prix. Pas forcément tout de suite. L'addition n'en sera que plus lourde.

Écrit par : Michel Sommer | 26/12/2012

@ Michel Sommer, il faut manier la carotte et le bâton avec précaution mais il ne faut pas hésiter, comme vous semblez nous y inviter, à user des deux.

Actuellement la politique suisse ou plus précisément les blanches colombes qui prétendent diriger le pays, utilisent le bâton contre leur pays et offrent la carotte à nos adversaires.

La politique est un tout et lorsqu'on prétend gouverner il ne faut pas chercher à plaire à tout le monde. Voilà bientôt 20 ans qu'il n'y a plus de ligne directrice ni de lisibilité de notre vision des flux migratoires.

Le gouvernement fédéral, n'ose pas appliquer Schengen avec rigueur et sérieux. Cet important traité, la Suisse l'a signé précisément pour se protéger des flux les plus détestables, ceux qui jettent le discrédit sur les vrais réfugiés. Nos frontières sont devenues des passoires et la Suisse subit une réelle invasion de personnes qui, selon ce traité, n'ont pas à être reconduites dans leur pays mais simplement restituées à l'UE puisqu'il n'est matériellement pas possible d'arriver en Suisse sans passer par l'UE et que c'est le "port d'entrée" qui fait foi en matière d'asile.
En se contentant d'appliquer correctement Schengen, nous n'aurions pas à traiter de ces poussées de l'UDC.

Mais seulement voilà, pour cela il faut un commandant à bord du navire, sinon le bateau est ivre et ce sont les Suisses et ses habitants régulièrement installés qui ont la gueule de bois.

Alors OUI si la Suisse et les partis qui disent la diriger continuent sur cette voie l'addition sera toujours plus lourde (on pourrait même penser que c'est le but de certains pour nous faire entrer dans l'UE contraints et forcés, la voie légale étant barrée).

On ne demande rien d'autre que d'appliquer les traités signés. Si à chaque fois on élève des excuses, alors nous ne serons effectivement plus en mesure de payer l'addition car, contrairement à ce que vous prétendez cher Monsieur, la Suisse ne sera plus riche mais ruinée. Ses voisins et ses concurrents auront réussi, avec la complicité de notre gouvernement, à la piller.

Napoléon avait pour coutume de dire qu'aucun adversaire ne vous respecte si, par un moyen ou un autre, vous ne lui inspirez pas une crainte de pertes.

La suisse détient bien assez de secrets embarrassants pour inspirer des craintes, à condition de savoir en jouer comme les autres se jouent de nous, sans aucun romantisme!

Par sa stratégie politique, la Suisse officielle ne fait plus peur qu'à elle même en abandonnant tout sans la moindre volonté de rendre les coups qui nous sont portés.

Le politiquement correct est une guimauve que seuls des politiciens amateurs comme les nôtres peuvent avaler. Le monde dans lequel nous sommes est un monde où on rend coup pour coup.

Que ceux qui ne se sentent pas capables de lutter dans ces conditions sortent, il y en aura bien qui le voudront. Ne serait-ce que par respect de tout ce que celles et ceux qui nous ont précédé ont construit pour qu'aujourd'hui nous soyons dans l'opulence.

Le centrisme de bonne conscience que vous affichez oublie qu'au plus fort de la Suisse radicale, soit vers la fin du XIXe, les Suisses grossissaient les flux migratoires vers l'Argentine, le Brésil ou les USA et le Canada parce que, précisément, ceux qui gouvernaient le pays n'étaient pas capables de leur donner à manger!

De grâce pas de leçon, votre famille politique est plutôt de ceux qui sont confortablement installés à côté du radiateur que dans les premiers rangs!

N'oubliez jamais que c'est la couardise du centre et la lassitude du peuple qu'elle génère qui permet l'émergence des extrêmes à gauche comme à droite.

Genève est soumise à cette règle car, précisément, c'est le peuple qui est le Souverain non pas une brochette de pantins pasteurisés qui n'est même plus capable de faire rouler des trams à l'heure!

Écrit par : Pasteurisé | 27/12/2012

Le PDC et d'autres, vont venir maintenant nous expliquer qu'il faut prendre en compte les difficultés des suisses. Mais c'est trop tard.

Cela fait maintenant une décennie que le peuple leur explique que ça ne va pas, qu'à Genève les jeunes qui ne sont pas riches sont chassés de leur ville et doivent s'exiler parce que les logements y sont devenus introuvables ou à des prix inaccessibles.

Maintenant que les élites politiques ont mangé tout le rôti elles viennent dire qu'il faudrait peut-être penser à ceux qui n'ont rien eu et qui ont été chassés du banquet.

J'espère que le peuple ne se laissera pas abuser - une fois de plus - et qu'il se souviendra que durant plus de dix ans on lui a dit que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes sur la foi de potions comme celle du dr unger affirmant à toute la population que l'insécurité croissante ne relevait que d'un sentiment et ne correspondait pas à la réalité.

Il faut maintenant que ça s'arrête, et j'espère que cela sera le cas. Cette démagogie des élites doit maintenant être stoppée.

Écrit par : quidam | 27/12/2012

Les commentaires sont fermés.