28/12/2012

Ueli et les moralistes de la haine

 

Sur le vif - Vendredi 28.12.12 - 09.47h

 

Excellente interview d'Ueli Maurer, en page 3 de la Tribune de Genève. Évidemment, comme il est de bon ton de considérer le futur président 2013 comme un parfait abruti, l'immense majorité de mes confrères, des observateurs et des commentateurs vous diront que cette interview est nulle, et que l'homme n'a rien dans la tête.



Eh bien pour ma part, j'y ai lu les propos d'un homme simple et sage, profondément attaché à son pays, aimant la Suisse, prêt à la servir au mieux de sa conscience. Un homme qui n'a pas l'intention de paniquer face aux pressions et au chantage de l'Union européenne. Un homme qui identifie, sans en faire un tabou, sans les camoufler sous le tapis, les vraies souffrances de la population de notre pays face à une immigration non-contrôlée, trop massive.



 Il n'y a là strictement rien de xénophobe. Ceux qui,  à longueur d'année, nous hurlent le mot "xénophobe" dès qu'on évoque, du bout des lèvres, une possible régulation des flux migratoires (que pratiquent les pays qui nous entourent), nous mentent. Il est temps de le leur dire. Il n'est plus question de laisser le champ libre à ces moralistes de la haine.

 

Pascal Décaillet

 

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27/12/2012

Chénier, Dugain, le chemin perdu

 

Jeudi 27.12.12 - 19.06h

 

Le point commun entre André Chénier, le poète des alcyons, qui perdit la tête sur un échafaud à l'âge de 32 ans, en 1794, et  Marc Dugain, le génial auteur (entre autres) de la Malédiction d'Edgar, né en 1957 ?

 

Ne cherchez pas. Des livres de ces deux auteurs, simplement, me furent offerts avant-hier, pour Noël, par mes deux filles. Une fois de plus, elles ont senti juste. Ayant décrété une bonne fois, autour de 1973, en pleine folie rimbaldienne, que nul grand poète français n'avait, étrangement, vécu au 18ème siècle, j'avais toujours remis la lecture de Chénier, malgré les innombrables dédicaces qui lui étaient consacrées chez les génies poétiques allemands contemporains de sa fin tragique, puis ceux du 19ème. Ce rejet de ma part est une erreur, que je vais maintenant m'employer à combler. Oui, Chénier vaut mieux que d'être perpétuellement pris en exemple par des grammairiens et rhétoriciens imberbes et asexués, à cause de ses doux alcyons qui pleurent, et de sa jeune Tarentine. Je me rappelle par exemple que Bernhard Böschenstein, mon inoubliable professeur de poésie allemande à l'Uni, nous en recommandait la lecture, comme l'un des chemins pour aller vers Hölderlin.

 

Avec Dugain, auteur contemporain dont j'ai lu presque tous les livres, je suis chez moi. Un style. Un art du scénario littéraire campé sur fond historique, comme on n’en avait plus vu depuis longtemps (Anatole France, « Les dieux ont soif », 1912, chef d’œuvre). Un écrivain majestueux, dont j’ai souvent, dans mes Notes de lecture, évoqué les ouvrages, ici même.

 

André Chénier, Marc Dugain. Le hasard d’un Noël. Pourquoi aimons-nous tant les livres, en vertu de quelle magie ? Enfant, adolescent, deux choses m’ont aidé à vivre : les livres, les journaux. Tous les livres et tous les journaux qui me tombaient sous la main. Et puis, la musique. Mes filles, aujourd’hui, vivent le même trajet, chacun le sien. On discute, on évoque, on échange, on essaye de se faire envie. Tenez, je me suis mis, grâce à l’une d’elles, à écouter Rachmaninov, alias le Fou, alias le Trop Romantique, alias le Débordant. J’écoute, mes préjugés se dissipent.

 

Ainsi la vie, autour des livres. Nulle recette. Nul chemin, hors de soi-même. Tout au mieux, des dons, des prêts, des échanges. « Unterwegs zur Sprache », le titre de l’ouvrage fondamental où Heidegger, entre 1950 et 1959, analyse nos liens au langage. J’ai toujours, à chaque livre, ces trois mots en tête. Comme un chemin. Une initiation. Une aventure.

 

Le seul grand chemin. Le seul qui ne soit pas perdu. Le seul où accepter de se perdre, plutôt, serait la clef des retrouvailles. Avec qui ? Je l’ignore.

 

Pascal Décaillet

 

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26/12/2012

Contrôler les flux migratoires : oui, bien sûr !

 

Sur le vif - Mercredi 26.12.12 - 16.20h

 

Préférence nationale. Conseiller national zougois, le PDC (oui, je dis bien le PDC) Gerhard Pfister a osé. Il estime que l'initiative de l'UDC sur l'immigration de masse doit être prise très au sérieux et mérite un contre-projet. Seule une prise en compte du malaise des Suisses face à l'application aveugle de la libre circulation des personnes permettra, selon lui, de maintenir le capital de confiance de la population envers les autorités.



Inutile de dire que ce politicien a parfaitement raison. Un sondage de l'Hebdo, la semaine dernière, faisait figurer l'immigration (excessive, non-contrôlée) et l'aménagement du territoire (thème de plus en plus important) dans les préoccupations prioritaires des Suisses.



Nos beaux esprits de gauche ou du centre mou préfèrent nier ces réalités. Ou tuer le messager en dénigrant le principe même des sondages (je serais prêt à les suivre, mais alors, ignorons tous les sondages, toujours, pas seulement ceux dont les résultats nous dérangent). Ils confondent contrôle des flux migratoires (que pratiquent absolument tous nos voisins, et de façon autrement draconienne que nous) avec xénophobie. Alors que ça n'a strictement rien à voir. Cette confusion, savamment entretenue, est aussi scélérate que scandaleuse.


En voulant culpabiliser, sous des paravents de morale, les Suisses qui souhaitent ces contrôles renforcés, nos beaux esprits rendent un très mauvais service à la libre expression des opinions dans notre communauté citoyenne. Du coup, tant de nos compatriotes, de peur de passer pour xénophobes, préfèrent penser tout bas plutôt que de dire tout haut. Ça n'est jamais bon, jamais sain, dans une démocratie.



Il me plaît enfin que M. Pfister soit PDC, prouvant en cela qu'il existe encore, dans ce grand parti qui a largement contribué à faire le pays, une aile pragmatique et conservatrice, attachée à des valeurs de droite, proche des préoccupations des gens. Disons que, de Genève, on aurait parfois pu en douter.



Si la droite non-UDC ne veut pas, face à l'initiative sur l'immigration de masse, se retrouver, un certain dimanche, une fois de plus, pitoyablement, à la remorque, n'ayant rien vu la première, rien senti venir, rien anticipé, elle doit écouter très attentivement les recommandations de M. Pfister. Arriver avec ses propres projets, cohérents et visionnaires, sur la politique migratoire. Surtout, elle doit écouter la population, ses malaises, ses souffrances. Parler de préférence nationale, en matière d'emploi, en Suisse, comme parler de préférence cantonale à Genève, n'a strictement rien à voir avec une quelconque xénophobie. Toute communauté humaine a le droit de privilégier les siens. Le droit, et sans doute aussi le devoir.

 

Pascal Décaillet

 

 

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24/12/2012

Pompidou : un livre à lire, absolument

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Notes de lecture - Lundi 24.12.12 - 16.30h

 

Des années de présidence de Georges Pompidou (1969-1974), je me souviens comme d’hier. J’avais entre onze et seize ans, me passionnais pour la politique, suivais toutes les informations et les débats en radio et en télé, dévorais le Monde, tous les samedis, à la Bibliothèque municipale. Enfant, j’étais très attaché à la personne du général de Gaulle. Adolescent je découvrais, par d’infinies lectures, ce qu’avait été sa politique. Et c’est vrai, même si j’avais (comme tout le monde) beaucoup de respect pour Pompidou, je peinais à envisager le deuxième président de la Cinquième République pour lui-même, ne voulais voir en lui qu’une excroissance post mortem, plus humaine et moins majestueuse, du grand homme qui s’était éteint le 9 novembre 1970.

 

Évidemment, j’avais tort. Georges Pompidou (1911-1974), est un homme en tous points remarquables, d’une immense lucidité politique. Il a certes attaché son destin (1944-1968) à celui du Général, mais l’intimité de ce lien n’a rien d’une confusion, encore moins de la disparition d’une personnalité au profit d’une autre. Simplement, entre 1962 et 1968, Pompidou a exercé le pire job qui se puisse concevoir, Premier Ministre d’un géant. Comment voulez-vous, alors que l’autre, le fou, le prophète, occupe tout l’espace, espérer pour vous la moindre existence ? La France, en ces années-là, est présidée par un homme d’exception, un Richelieu, un Carnot, un Bonaparte, un Clemenceau : comment pouvez-vous imaginer que le Premier des ministres soit autre chose qu’un exécutant, au mieux talentueux ?

 

Eh bien justement, cette vision aussi (qui était mienne, comme enfant, dans les années soixante), est fausse ! Les « Lettres, notes et portraits / 1928-1974 », qui viennent de sortir chez Robert Laffont, et qui se délectent goulûment, nous montrent un Pompidou souvent en désaccord, menaçant de partir (à propos de l’exécution de Jouhaud, l’un des auteurs du putsch d’Alger en avril 1961 ; de Gaulle cédera), ne se laissant pas faire par le Secrétariat général de l’Elysée (qui a pour vocation immémoriale de court-circuiter Matignon). Surtout, un Premier Ministre beaucoup plus au contact de la population, des réalités de la France, que l’homme de l’Histoire, tout en haut, sculptant son destin. Bref, un sage, un conservateur, un homme d’instinct et de bon sens, toutes choses que, de son vivant déjà, nous pressentions tous. C’est pourquoi nous le respections. Il était moins visionnaire, moins fou, moins génial, n’avait pas eu à en découdre avec les mêmes équations historiques, il était l’homme de la paix, du progrès, de l’industrialisation. L’homme des trente glorieuses. L’homme d’une France qui se croyait apaisée. Lire Annie Ernaux, sur ces années Pompidou, c’est tellement juste et tellement bien écrit.

 

Je regarde mes livres, une chose me frappe. J’ai une bibliothèque entière (collectionnée dès le début des années septante) sur de Gaulle, à peu près la moitié sur Mitterrand, et seulement… trois ouvrages sur Pompidou ! D’où mon bonheur à m’être précipité sur ce dernier bouquin, fruit du travail d’Alain Pompidou (fils du président) et d’Eric Roussel, magnifique spécialiste, notamment, de Pierre Mendès France. Ils l’ont édité, mais l’auteur, c’est Pompidou lui-même ! Lettres, fort nombreuses, très grande fidélité en amitiés (Pujol, Senghor), échanges avec le Général, avec Mauriac, avec ses ministres, avec des journalistes (qu’il n’hésite pas à engueuler sur des erreurs factuelles ou des légèretés de méthodes). Pompidou écrit bien, sans avoir la majesté grand siècle d’un de Gaulle, ni  la sensualité de plume d’un Mitterrand. Son écriture est celle d’un Normalien de grande culture, sans plus. Vous me direz que ça n’est déjà pas si mal ! Sans doute eût-il laissé, si la mort ne l’avait fauché à l’âge de 63 ans, des Mémoires plus achevés, qui nous eussent permis de jauger davantage la plénitude de son style.

 

Sa mort ! Je l’ai vécue comme des millions de personnes. J’allais sur mes seize ans, j’étais, avec mes parents, en train de regarder un film terrible, « L’Homme de Kiev », une histoire d’antisémitisme en Russie, sous Nicolas II. Soudain, interruption du film, speaker, « Mesdames et Messieurs, le président de la République est mort ». C’était le 2 avril 1974, je ne l’oublierai jamais.

 

Ce livre nous apprend beaucoup de choses, mais ne résout pas tout, notamment l’énigme de son inaction politique pendant la guerre. Il a tout de même la trentaine, une culture vaste, une appréhension solide du réel. Mais non, l’agrégé de Lettres ne s’engage pas. Ni dans la Résistance, ni du côté du Maréchal. D’autres, beaucoup plus jeunes, d’un côté comme de l’autre, avaient pourtant pris des risques, les uns les payant lourdement à la Libération, les autres s’en trouvant largement récompensés.

 

On aurait aussi aimé, sur la brouille avec le Général (entre juillet 68 et avril 69), en apprendre davantage. Il y a bien quelques allusions à l’affaire Markovic, mais elles ne font qu’effleurer l’ouvrage ; on sait que la cicatrice fut très dure. Passionnantes, en revanche, les notes personnelles laissées en 1973 sur quelques grandes figures de l’époque. Sur Poher, président du Sénat et son rival à la présidentielle de 1969, Pompidou est délicieusement assassin. Sur Chaban, qui n’est déjà plus son Premier Ministre (1969-1972), il se montre très dur, et confirme la future exécution (par Chirac) d’avril 1974. Sur Mitterrand, il voit à juste titre que l’homme n’a rien de socialiste, mais hélas le sous-estime largement. Sur Debré, Senghor (son ami de toujours, devenu président du Sénégal), il est élogieux.

 

Je recommande ce livre. À ceux qui, comme moi, furent dans leur jeunesse les témoins de ces années-là. Aux plus jeunes, surtout, qui voudraient en savoir un peu plus sur le deuxième président de la Cinquième République. Un homme d’une très grande valeur. Qui mérite assurément d’être revisité.

 

Pascal Décaillet

 

*** Georges Pompidou - Lettres, notes et portraits / 1928-1974 - Editions Robert Laffont - 539 pages - Octobre 2012

 

 

 

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23/12/2012

Echange automatique de trahisons

 

Sur le vif - Dimanche 23.12.12 - 17.58h

 

À très juste titre, le président du PLR suisse, Philipp Müller, attaque la ministre fédérale des Finances, parlant de « jeu trouble » dans les positions qu’elle multiplie – et les gages qu’elle donne, unilatéralement – à l’Union européenne, dans le dossier fiscal. En se disant « prête à discuter » sur l’échange automatique d’informations, Eveline Widmer-Schlumpf fait en effet cavalier seul, laisse imaginer aux Européens une concession qui n’existe que dans sa tête, et dans celle de la gauche, en aucun cas au sein de son collège, encore moins au Parlement, ne parlons pas de l’opinion publique de notre pays. Du coup, le patron du PLR demande que la  conseillère fédérale, qui a accumulé bourdes et concessions, soit dessaisie du dossier de la négociations fiscale avec l’UE. Il a parfaitement raison.

 

Dans le dossier fiscal, la Suisse est en guerre. Certains de nos voisins, endettés jusqu’au cou parce qu’ils ont géré beaucoup moins bien que nous leurs dépenses publiques, dilapidant sans compter, veulent notre peau pour se renflouer. Certaines places financières étrangères, concurrentes de la nôtre, autrement prédatrices sur le plan des méthodes, veulent saigner la Suisse. Dans ces conditions, sur ce point-là, notre pays doit se considérer comme en guerre. Et les négociations doivent se faire au couteau. Ne rien lâcher. Se souvenir à tout moment que nous sommes un pays souverain, indépendant, certes ami de nos voisins, certes désireux des meilleures relations avec l’Union européenne, mais en aucun cas disposé à se faire dévorer par des rapaces. Notre système fiscal est le fruit de notre Histoire, de nos décisions internes, de notre dialectique démocratique : nous n’avons pas à paniquer, et à le réformer dans l’urgence, sous le prétexte qu’on fait pression sur nous.

 

Reste le problème Widmer-Schlumpf. Quand on aura bien voulu se dessaisir de la béatitude face à la Grisonne, on arrivera peut-être à parler de cette dame avec la lucidité qui s’impose. Pourquoi ce double discours ? Pourquoi ces concessions précipitées ? Pourquoi ce rapport si trouble, si flanchant, si fragile, à la notion de loyauté ? Souvenons-nous tout de même : conseillère d’Etat grisonne, acceptant dans le plus grand secret de devenir conseillère fédérale si on parvenait à dégommer Christoph Blocher, ministre en poste de son propre parti, elle fut déjà, en cet automne 2007, une championne du double jeu. Titrant « la droite trahie » une heure après la non réélection du Zurichois, publiant sous ce titre mon édito du Nouvelliste du lendemain (13 décembre 2007), j’ai affronté, à l’époque, une brouille de plusieurs mois avec le président du PDC suisse. Je considérais le message comme catastrophique pour l'unité des familles de droite dans notre pays, et aussi pour l'image d'une démocratie chrétienne qui ne m'a jamais été indifférente, cela pour mille raisons, notamment familiales.

 

Car cette alliance de hasard avec la gauche a donné le ton dans pas mal de cantons, brouillant ainsi le message au sein des familles de la droite suisse, pour plusieurs années. A Genève, dès sa réélection en 2009, c’est un ministre radical qui compose avec les Verts, traitant comme des Gueux des cousins de droite qui devraient être ses alliés. Dans le canton de Vaud, c’est un candidat PLR, l’automne 2011, qui bâtit toute sa campagne sur la diabolisation de l’UDC.

 

L’intervention musclée du président du PLR suisse, hier dans le Tages Anzeiger et le Bund, remet les pendules à l’heure. Et nous rappelle la singularité de ce système où le premier parti du pays, de loin, n’a droit qu’à un seul conseiller fédéral, socialistes et PLR, pourtant loin derrière, en ayant deux chacun. Quant à Mme Widmer-Schlumpf, dont la fidélité à des valeurs ne semble pas l’obsession première, il conviendra à ceux-là même qui l’ont portée au pouvoir, d’en tirer les conséquences. Il en va de l’intérêt supérieur de notre pays.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

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Ciao, Mario !

 

Sur le vif - Dimanche 23.12.12 - 11.31h

 

Mario Monti hésite à se porter candidat aux législatives (hier soir). Mario Monti peu enclin à être candidat (ce matin). Mario Monti se tâte. Mario Monti doute. Mario Monti pèse le pour et le contre. Mario Monti a longtemps hésité à annoncer sa démission. Puis Mario Monti a prononcé un discours pour prévenir qu'il allait bientôt, tout en hésitant encore, faire un autre discours pour annoncer sa démission.



Les peuples - et notamment l'Italie - n'ont pas besoin d'intellectuels torturés à leur tête. Mais de vrais capitaines, capables de s'engager, risquer, décider.



Mais vous comprenez, Mario Monti, dans la tête et la plume de nos beaux esprits et éditorialistes, ne peut être qu'un type très bien, puisqu'il a succédé à Berlusconi. Ah, ce monsieur si bien, si sérieux, si gris, si austère, qui nous venait de la technocratie européenne la plus inodore, et qui allait sauver la Péninsule.



La sauver de quoi ? D'elle-même ? De ses rêves ? De ses désirs ? La délier de son attachement à des hommes forts, qui réussissent ? Au-revoir, Monsieur Monti. Surtout, n'hésitez pas à revenir. Mais tâtez-vous encore un peu. Ca n'est pas très moteur. Mais ça fait du bien.

 

Pascal Décaillet

 

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22/12/2012

Maudet, les initiés, la fin du monde

 

Sur le vif - Samedi 22.12.12 - 10.14h

 

Admirable Tribune de Genève ! Ce journal (dont je ne tolérerai plus, désormais, qu'on dise le moindre mal) consacre sa une et toute sa page 3 à Maudet.com. Il semblerait que le sémillant magistrat veuille noyauter lui-même toute l'information concernant son Département. Incroyable, non ?



Brave Tribune ! Ce matin, elle balance sur la place publique une vérité vraie, nue. Comme au premier jour. Ève, au milieu de l’Éden. Anita, dans la Fontaine de Trevi. Aphrodite, émergeant des eaux.



A deux détails près, mais vraiment sans importance:



1) Ce que la TG proclame aujourd'hui, je ne cesse de le répéter, contre l'avis de ce journal précisément, depuis le printemps 2011. Notamment dans une certaine chronique dont les initiés ont encore en mémoire les trois points de Lumière.


2) Au sujet de Maudet.com, il faut juste que j'aille consulter à Berne le Bureau fédéral des droits d'auteur. Histoire de me renflouer un peu, pour commencer au mieux cette après-fin-du-monde. Je me partagerai le pactole avec la Jeune Socialiste Olga Baranova, qui avait, en un début de soirée déjà lointaiin, émis ces syllabes enchanteresses. Nous reverserons quelques dividendes, enfin, à Mme Bonfanti et M. Franziskakis. Parce que le silence est d'or.

 

Pascal Décaillet

 

 

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21/12/2012

La Commission de gestion convoque Rémy Pagani

 

INFO DECAPROD - Vendredi 21.12.12 - 16.26h



La Commission de contrôle de gestion du Grand Conseil convoque Rémy Pagani ! Le Maire de Genève est invité à venir s’expliquer devant les députés sur ce qui l’a amené à empêcher le Conseil d’administration des TPG de siéger, lundi dernier (17 décembre 2012).



Rémy Pagani accepte de se rendre à cette convocation. Dans une lettre adressée aujourd’hui à la Commission, il se déclare disponible pour l’audition du 21 janvier 2013, 13.15h. Il demande que les députés effectuent les démarches visant à le délier de son secret de fonction (comme membre du CA TPG), et « agira de même envers le Conseil administratif de la Ville de Genève ».



La Commission est l’organe parlementaire de contrôle du gouvernement et de l’administration. Il n’est pas très courant qu’elle convoque le Maire de la Ville de Genève, ni même un membre du Conseil administratif.

 

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Les recettes de Noël de Julie Kummer

 

Vendredi 21.12.12 - 13.39h

 

Et voilà ! J'ai terminé, pour la cinquième année consécutive, mes neuf sessions d'ateliers radiophoniques pour les étudiants du Master en journalisme de l'Université de Genève. Pour ceux qui aiment la gastronomie de Noël, voici (en bas) la chronique enregistrée tout à l'heure, 12.15h, dans mon studio de formation, par Julie Kummer, l'une des étudiantes de ce Master. Elle a choisi un sujet imagé, plaisant, appétissant (au sens propre !) et nous a parlé cuisine avec désir et compétence. Le rêve, pour bien fonctionner en langage radio.


Nous avons tous beaucoup aimé cette chronique: autant les trois autres étudiants (Andrea Machalova, Baptiste Billon-Grand, David Trotta) que notre technicien (Xavier Lavorel) et moi-même. Alors, j'ai décidé de la mettre en ligne. C'est gustatif, imagé, goûteux. La fonction apéritive du langage ! Bravo Julie. Vous avez assurément des dispositions pour la parole radiophonique.

 

Bon appétit à tous !

 


podcast

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Luc le Raisonneur

 

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Vendredi 21.12.12

 

Un français impeccable. Un débit rapide, trop. Une musique de phrase qui rappelle le piano mécanique, celui des saloons du Far West, qui lit des cartes perforées. Luc Ferry, qui était hier matin (jeudi) à la radio, parle bien, trop bien, surtout beaucoup trop vite. Il raisonne puissamment, s’écoute enchaîner les syllogismes, avec des « donc », c’est l’extase de la pensée démonstrative. D’aucuns adorent. Moi, comme souvent les philosophes lorsqu’ils pérorent, ça m’a toujours fatigué. Pas tous les philosophes ! Lorsque j’écoute François-Xavier Putallaz me parler de la montagne, je pourrais rester des heures dans le vertige de cette émotion, quelque part sur l’arête, entre base et sommet. Lorsque je lis Bachelard, ou les présocratiques, ou certains passages de Platon, je suis dans un sentiment proche de la poésie. Ne parlons pas de Simone Weil, la Pesanteur et la Grâce, ce livre qui vous transporte, vous arrache, vous ramène à la terre.

 

Luc Ferry est brillant. Il a réponse à tout, plus rapide que le vent, anticipe les questions, les pose lui-même pour gagner du temps. En plus, aimable, d’un commerce très agréable, toujours clair, le souci du grand public, il ne se camoufle pas derrière des mots savants. Presque un bonheur d’écoute. Pourquoi presque ? Parce que, dans ce mitraillage de la Raison démonstrative, il oublie le silence. Les pauses. Les soupirs, ou demi-soupirs. Les respirations. La suspension des points. Trop de notes ! Et il n’est tout de même pas Mozart. Parler, ça n’est pas seulement aligner des concepts, fussent-ils géniaux. C’est donner à entendre le murmure d’une voix, ou parfois son rugissement. Câliner, tonner, vrombir, insinuer, laisser croire, s’écouter, se reprendre, rire de soi. Dieu merci, la parole n’appartient pas aux seuls démonstrateurs. Elle en serait si triste, si grise.

 

Voyez comme je suis. J’étais parti pour parler du fond, l’humanisme républicain de cet homme qui me plaît infiniment, sa foi dans le capitalisme qui me convient déjà moins, sa culture magnifique, enfin rien à dire, j’ai passé un formidable moment à l’écouter. Et Simon Matthey-Doret, dans l’interview, était excellent. Et puis,  comme toujours, je reviens à la forme. Parce que son intervention était de la radio. Et qu’à ce média, j’ai l’oreille hyper-sensible. Ce qui nous retient, nous invite à l’éveil, s’agrippe à nous, ne nous lâche plus, voilà, je suis parqué, ma voiture est arrêtée, je n’ai plus qu’à sortir, et pourtant je reste. Ecouter jusqu’au bout le type qui nous parle. J’aime ça. Cette captation. Ce piratage. Comme un petit miracle de la parole, l’imprévu qui surgit, l’inouï qui se fait entendre. Dans ce registre-là, j’ai toujours préféré le murmure de la résonance à la puissance  des raisonnements. Parce que la radio doit être musique, silence, rythme, pulsations. Ou alors, n’être point.

 

Pascal Décaillet

 

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18/12/2012

Voice of Simonetta

 

Sur le vif - Mardi 18.12.12 - 12.43h

 

Une fois de plus, les médias officiels, les médias de pouvoir, accordent beaucoup plus d'importance à la réaction du Conseil fédéral à une initiative (Minder, en l'espèce) qu'à... l'initiative elle-même !



Ainsi, nous entendons à l'instant (12.34h) Simonetta Sommaruga, quasiment chez elle sur les ondes publiques, et ses chefs d'office. Nous dire à quel point l'initiative Minder sur les salaires abusifs est "trop étroite, trop stricte".

 

Et Monsieur Minder lui-même, on pourrait peut-être une fois avoir le plaisir d'entendre sa voix, non ?



L'événement premier, dans une initiative, c'est l'initiative elle-même. Ça n'est pas le point de vue du Conseil fédéral. Une initiative est une affaire du peuple avec lui-même. Ça n'est justement pas l'affaire du gouvernement. C'est précisément parce que nos gouvernants (dans l'esprit des initiants) ont mal travaillé, sur un objet précis, que ce mécanisme correctif, génial et unique au monde, existe.



Je sais, je l'ai déjà dit souvent, ici même. Mais je me répéterai tant que d'autres, pourtant stipendiés pour faire valoir toutes les sensibilités politiques du pays, s'obstineront à se prendre pour la Feuille d'Avis Officielle.

 

Pascal Décaillet

 

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Le bon docteur et les marionnettistes

 

Sur le vif - Mardi 18.12.12 - 09.27h

 

"Le salaire d'un conseiller d'Etat est sans doute moins élevé que celui d'un ponte de l'hôpital". Ils ont osé, mes deux confrères de la TG, avancer ce matin, en page 19, cet argument-là pour expliquer le retrait de Philippe Morel.

 


Cet argument est tout simplement dégueulasse. Il est déplacé, hors propos, quand on connaît Philippe Morel, et la passion qui était encore sienne, il y a quelques semaines, dans la course au Conseil d'Etat. Avant la mise en oeuvre, froide et calculée, du complot interne en deux temps contre lui: primo, le virer de son poste de chef de groupe, où pourtant il excellait; secundo, le pousser au retrait de candidature. C'est là le travail de quelques-uns, je les entrevois très bien, notamment deux d'entre eux, je creuserai l'affaire et y reviendrai.



Le choix de ceux, dans l'Entente, qui sont ou ne sont pas agréés à figurer sur la liste des candidats, ne dépend hélas plus du PDC (pour ce qui le concerne), mais de l'instance supérieure qui, depuis la victoire de Pierre Maudet le 17 juin dernier, croit tellement à ses trois étoiles gagnantes, qu'elle a désormais pris tout le pouvoir pour actionner les manœuvres. Ces gens-là ne sont pas PDC. Mais tutellisent le PDC.



Quant à l'argument du salaire, tellement ignoble quand on connaît le feu politique qui habitait Morel avant le coup interne contre lui, il en rappelle étrangement un autre. Il émanait, il y a quelque 18 mois, d'une presse orangée totalement aux ordres de Maudet.com. Elle avait osé prétendre que Cyril Aellen, l'un des hommes d'honneur les plus intègres que je connaisse dans la classe politique genevoise, s'accrochait à son poste de président des libéraux, pour des questions... d'argent.

 


Deux épisodes, deux évictions. Où l'on retrouve les mêmes hommes. Les mêmes équipes. Le même argumentaire nauséabond. Nous sommes dans un théâtre où la coulisse et le marionnettiste ne laissent plus à la figure de scène la moindre marge de manœuvre.

 

 

Pascal Décaillet

 

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16/12/2012

La ministre et le néant

 

Sur le vif - Dimanche 16.12.12 - 23.17h

 

"Depardieu aurait mieux fait d'en rester au cinéma muet", déclare la catastrophique Aurélie Filippetti, qui prétend depuis quelques mois succéder à Malraux et Jack Lang au poste de ministre de la Culture.

 

Culture ! Connaît-elle seulement la portée, les vibrations, le vertige de ce mot ?



A  cette gentille soldate du gouvernement, qui n'a jamais produit pour son pays le millionième des étincelles que lui a apportées Depardieu, on recommandera en effet le silence. C'est ce qu'elle peut faire de mieux.


Chaque fois que cette dame ouvre la bouche, c'est le grisâtre du prévisible qui en jaillit. L'uniforme. Le conforme. Ministre de la Culture, elle parle comme un assistant social en sandales. Elle n'a en elle ni bruit, ni fureur, ni révolte, ni musique des syllabes. Juste la partition bien sage, bien grégaire, du pouvoir en place.



Depardieu existe. Avec l'incomparable puissance des Valseuses, du Dernier Métro, et du Colonel Chabert. Elle, n'est rien. Désespérément rien. Elle n'est même pas "La Femme d'à-côté". Même pas l'à-côté du néant.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

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Choisir la Suisse

 

Sur le vif - Dimanche 16.12.12 - 10.52h

 

L'Union européenne exige de la Suisse un nouveau milliard, au titre du "fonds de cohésion", pour ses nouveaux membres. La NZZ am Sonntag confirme ce matin ce que nous annonçait vendredi 18h le correspondant RTS à Bruxelles: tonalité dominatrice, arrogance, manière de considérer la Suisse comme un vassal, ou un dominion. La Suisse, pays extérieur à l'Union ! Voilà qui en dit long sur le sort des petits pays, une fois qu'ils en font partie.


Puisse le Conseil fédéral répondre comme il se doit à ces baillis administratifs d'une superstructure en déliquescence. La Suisse est un pays souverain. Elle discute, négocie, certes. Mais pas avec un pistolet sur la tempe. Et pas sur ce ton-là.


Quant à ceux qui, chez nous, au nom de l'inéluctable, ne cessent d'en appeler aux ultimes concessions, il me vient, pour les qualifier, des termes que je réprime et parviens encore à taire, mais qu'une immense partie de nos concitoyens pensent tout bas. Qui sont de l'ordre de l'appartenance et de la fidélité, de la loyauté et de son contraire. Il faut un jour choisir son camp. Celui de la Suisse. Ou un autre.


Pascal Décaillet

 

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15/12/2012

Il est minuit, docteur Morel

 

Sur le vif - Samedi 15.12.12 - 18.19h

 

Il se passe quelque chose avec Philippe Morel. On apprend, par la TG online, que cet homme brillant, d'une énergie phénoménale, truffé de projets pour l'avenir de Genève, renonce à sa candidature au Conseil d'Etat.



Que s'est-il passé ? Il y a encore un mois, ce grand chirurgien, professeur de médecine, était chef de groupe, infatigable, performant, réactif, donnait l'impression de vouloir croquer la politique à pleines dents, dévorer l'avenir, il rêvait mille projets pour Genève. C'était un être en fusion, illuminé par le désir politique. Une boule de feu.



Et puis, sous prétexte qu'il était candidat au Conseil d'Etat, un improbable et sombre quarteron de jaloux s'est employé à le virer glacialement de son poste de chef de groupe. Et maintenant, quelques jours après ce lamentable épisode, le voilà qui renonce. Je viens d'avoir des contacts, dans les dernières minutes, avec pas mal de responsables PDC, la plupart se disent désolés, mais pour certains, je peine à croire à leur sincérité. Philippe Morel, à l'heure où j'écris ces lignes, est au bloc opératoire, en train de faire son métier.



Des poignards ont dû entrer en action, j'ignore pour l'heure  lesquels, disons que je les devine : on s'aime entre chrétiens avec la même ardeur, celle des familles bordelaises de Mauriac, qu'entre libéraux. Et encore ! Le jeu de dupes se limite-t-il au seul parti du bon docteur Morel ? Ce parti cantonal décide-t-il encore lui-même de son destin ? A-t-il à sa tête un capitaine ? Les noires instances qui désignent désormais, pour la Ville comme pour l'Etat, sous prétexte de stratégie d'Entente, les candidats qui leur conviennent, écartent les autres, ne sont-elles pas désormais extérieures à la démocratie chrétienne genevoise ? Le PDC, ce vieux parti qui a largement contribué, depuis plus d'un siècle, à faire le canton, a-t-il l'intention de se laisser faire ? Se laisser satelliser, par une troïka qui d'en haut, décide de tout ?

 


Questions que nous reprendrons. En assurant, ce soir, Philippe Morel de notre sympathie et de notre admiration pour sa formidable énergie politique. Et, aussi, de notre amitié. Ce qui, chez ces gens-là, Monsieur, doit sonner comme un mot lunaire, ou paléolithique, tant il est aujourd'hui galvaudé par l'hypocrisie et par la trahison.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

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14/12/2012

Putsch ? - Quel putsch ?

 

Sur le vif - Vendredi 14.12.12 - 15.38h

 

Qualifier de "putsch" la majorité parlementaire qui a démocratiquement refusé, il y a quelques semaines, le projet de budget du Conseil d'Etat, relève d'une singulière conception de nos institutions. Et d'une méconnaissance du poids des mots.



Un putsch est une atteinte à l'ordre démocratique. Le putsch des généraux, à Alger, en avril 1961, le putsch de Pinochet contre le gouvernement légitime d'Allende en septembre 1973. Les exemples, dans l'Histoire, ne manquent pas.



L'alliance PLR + UDC + MCG n'est rien d'autre que l'addition parfaitement démocratique de forces, au sein d'une dynamique parlementaire, pour obtenir, sur un objet précis (le budget), une majorité. Il n'y a là rien, mais strictement rien, de putschiste.



Et même en termes "d'alliances naturelles", celle du PLR avec sa droite n'a rien de plus condamnable que celles, ces dernières années, sur des coups précis, de l'Entente avec les Verts, parti de plus en plus illisible, au demeurant, sur la scène politique genevoise.



Qualifier de putsch l'addition de trois groupes pour obtenir une majorité est déjà, en soi, totalement abracadabrant. Lorsque la personne qualifiante émane justement d'un parti ayant multiplié les alliances protéiformes pendant cette législature, cela devient risible. Lorsque cette même personne se trouve être, de surcroît, une députée de la République, dont on attendrait qu'elle pèse un peu ses mots sur les métaphores touchant aux institutions, cela devient simplement inacceptable.


Pascal Décaillet

 

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13/12/2012

Maire de Rorschach, ça vous tente ?

 

Sur le vif - Jeudi 13.12.12 - 11.49h

 

Comme tous les jeudis matin, je viens de lire la Weltwoche, celle datée d'aujourd'hui, numéro 50, et y découvre l'enquête la plus fouillée jamais réalisée sur les salaires des exécutifs dans nos communes suisses. Intéressante coïncidence, puisque les rémunérations des membres de l'exécutif de la Ville de Genève font parler d'elles, depuis le papier d'Olivier Francey, hier, dans la Tribune de Genève.



Eh bien figurez-vous que nos braves conseillers administratifs sont loin d'être les mieux payés en Suisse ! Le Maire de Soleure, le PLR Kurt Fluri, gagne 378'975 francs par an. Celui de Rorschach (SG), le célèbre UDC Thomas Müller, 319'232. Celui de Bâle, le Vert Guy Morin, 312'400. Celui de Berne, le socialiste Alexander Tschäppät, 304'182. Le Syndic de Lausanne, le Vert Daniel Brélaz, 289'976. Le Maire de Baden (AG), le PLR Stephan Attiger, 282'000. Celui de Lucerne, le PDC Stefan Roth, 274'500. Celui de Winterthur (ZH), le PDC  Michaël Künzle, 270'296.



Ces huit Maires les mieux payés de Suisse (la Weltwoche nous donne des dizaines d'autres exemples, allant jusqu'aux petites communes) gagnent - même le huitième - plus que les conseillers administratifs de la Ville de Genève, y compris le Maire avec son indemnité. Et Genève est tout de même, en nombre d'habitants, la deuxième commune de Suisse, derrière Zurich, en concurrence avec Bâle.



Plus fou encore: les deux communes les mieux rémunérées, Soleure et Rorschach, ne sont pas des villes particulièrement peuplées ! L'enquête de la Weltwoche nous rappelle que chaque commune de Suisse est souveraine pour établir ses barèmes. La commune est assurément le premier échelon de notre organisation politique, le plus proche des gens. Les Suisses y sont très attachés.



Voilà. Si l'envie vous prend d'aller faire de la politique à Rorschach, ne vous gênez pas. C'est sur la ligne du train, tout au bout. Pour nous, c'est un peu loin. Mais on y coule, apparemment, de douces et mielleuses journées. Si l'appât du gain vous tarabuste et que vous souhaitez aller moins loin, foncez sur Soleure. D'enivrantes nuits vous y attendent. Quant à moi, je comprends mieux, maintenant, M. Pagani, qui nous déclarait hier soir, Dans les Cordes, ne gagner "que" 247'000 francs. Genevois, prenons garde: la paupérisation des élites nous guette.



Pascal Décaillet

 

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12/12/2012

Message urgent à MM Dal Busco et Morel

 

Londres - Mercredi 12.12.12 - 12.12h

 

Message urgent à MM Dal Busco et Morel - Je répète : message urgent à MM Dal Busco et Morel - Rien n'est perdu - Je répète : rien n'est perdu - La France a perdu une bataille, mais n'a pas perdu la guerre - Les Français parlent aux Français - Les carottes sont cuites - Les sanglots longs des violons de l'automne... - Je corrige : les carottes ne sont pas cuites - J'ajoute : blessent mon coeur - Je répète : blessent mon coeur - J'ajoute : d'une langueur monotone - Je conclus : courage, les gars !


Signé : Monsieur X

 

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10/12/2012

Saviez-vous que Mme Filippetti était ministre de la Culture ?

 

Sur le vif - Lundi 10.12.12 - 09.43h

 

Nous avions déjà tous noté qu'Aurélie Filippetti, ministre française de la Culture et de la Communication, n'avait pas nécessairement la trempe de Malraux, ni celle de Jack Lang. Elle vient de le prouver avec éclat, en taxant mon confrère Jean-Pierre Elkabbach de "machisme", parce qu'il avait osé déclarer, l'ignoble individu, que la porte-parole du gouvernement était "une très jolie femme qui s'en occupe avec une très belle langue de bois".


Si relever les qualités esthétiques d'une personne, c'est être machiste, alors nous sommes quelques centaines de milliers, sans doute, à l'être. Quant à Mme Filippetti, on se réjouit d'entendre de sa part l'annonce d'un quelconque projet audacieux, révolutionnaire, rassembleur, de nature à nous rappeler soit les Maisons de la Culture de Malraux, soit les Fêtes de la Musique de Jack Lang. Quelque chose de fort, qui marquerait son ministère. Autrement que par d'insignifiantes remarques qui fleurent la police du langage. Et celle de la pensée.
 
 
Pascal Décaillet
 

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09/12/2012

Berlusconi : au peuple italien de décider !

 

Sur le vif - Dimanche 09.12.12 - 17.08h

 

Evidemment, ils vont tous lui tomber dessus. Comme des mouches. Avez-vous seulement, ces dernières années, lu une fois un commentaire favorable à Silvio Berlusconi dans la presse romande ? Voilà un homme qui a dominé la politique italienne du dernier quart de siècle, tenu les plus longs mandats de l’après-guerre, plusieurs fois obtenu du peuple italien les majorités nécessaires à former des gouvernements, et à qui notre bonne vieille presse de Suisse romande n’a jamais réussi à trouver la moindre qualité. Parce qu’il incarne une figure de pouvoir fort. Mais aussi, double réussite, donc double jalousie, parce qu’il est très riche. Parce qu’il est, surtout, un homme de droite. Sans trop d’états d’âme, en effet.

 

Il faudrait reprendre la pâmoison des éditos sur Mario Monti, lors de la chute du dernier gouvernement Berlusconi. Sous couvert de « cabinet de techniciens » (quelle horreur !), on a sanctifié la succession, pour mieux diaboliser le legs. On a déifié l’empire des « techniciens » pour souligner le contraste avec le démiurge partant. On nous présentait cette Restauration du sérieux (vous pensez, un ancien commissaire européen, homme de dossiers) comme la salutaire reconstruction du pays. Comme s’il surgissait des cendres. A peu de choses près, on allait s’inspirer du discours de la Democrazia Cristiana des années De Gasperi après l’aventure du fascisme. Un monde nouveau était à inventer, et le « technicien de Bruxelles » en serait le sorcier. On a vu le résultat.

 

Le problème, ici, n’est pas l’Italie. Respectons le chemin que cette grande nation, cette grande démocratie voisine de la nôtre, et ô combien amie, voudra bien se donner. Mais justement, respectons-le, ce choix ! J’ignore si Berlusconi reviendra aux affaires, mais une chose est sûre : il appartient au seul peuple italien d’en décider. S’il souhaite, comme il l’a fait tant de fois, confier son destin à une typologie d’hommes différente de la nôtre, c’est son problème. On a eu l’impression, ces vingt dernières années, chaque fois que la démocratie italienne, souveraine, envoyait Berlusconi à la présidence du Conseil, qu’elle commettait une erreur, à en croire nos gazettes. Comme si la masse des millions de votants de la Péninsule se trouvait, par ensorcellement, dénuée de la lucidité qu’auraient, en Suisse romande, nos chers éditorialistes.

 

Vous allez voir comme ils vont le flinguer. Utiliser ses problèmes judiciaire, sa vie privée, ses histoires de fric, son pouvoir sur les médias, pour noircir une nouvelle fois sa figure. A ce stade, je doute qu’un retour au premier plan soit possible. Mais il appartient à une seule et unique instance d’en décider. Pas aux moralisateurs. Pas aux juges. Mais au peuple italien, souverain, celui qui vote, et qui choisit son destin.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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