05/01/2013

Pompidou, suite et pas encore fin

 

Samedi 05.01.13 - 18.44h

 

Il est très rare que je lise un livre politique deux fois de suite. C'est pourtant ce que je viens de faire, avec les "Lettres, notes et portraits, 1928-1974" de Georges Pompidou, dont j'ai déjà parlé ici le 24 décembre dernier (http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2012/12/24/pom...), et dont je viens de relire avec une extrême attention de nombreux passages.



Ce qui m'intéresse, c'est la motivation de monter vers le pouvoir, chez Pompidou. D'un bout à l'autre de l'ouvrage, dès les lettres de 1930 (il a 19 ans) à son ami Pujol, jusqu'en 1969 (son élection à la Présidence de la République), il ne cesse de clamer que le pouvoir politique ne l'intéresse pas, que la vraie vie est ailleurs, par exemple en littérature, où ce Normalien excelle. Une tension dialectique interne que je puis, profondément, comprendre.



Il ne cesse de le dire, et, plus il le répète, moins nous le croyons. Parce que toute la réalité de son existence, au contraire, évidemment à partir de septembre 1944 (sa rencontre avec de Gaulle, il se met à son service, à la Libération), est celle d'une implication totale, certes souvent dans l'ombre, dans la glaise politique. Toute sa correspondance des années 1946-1958 (la Quatrième République, de Gaulle traverse le désert, mais Pompidou, lui, au service du Général, sait tout, voit tout, entend tout), révèle un homme d'une habileté diabolique.



Son génie : arriver à chaque fois (chef de cabinet du Général à Matignon de mai à décembre 1958; Premier Ministre en 1962; Président en 1969) comme un homme qu'on serait venu chercher. Jeu de masques, évidemment, que tout cela. Extraordinaire savoir-faire de cet homme de très grande valeur. Avec lui, le héros du 18 juin, l'homme mythique, hors normes, légendaire, pouvait compter sur le pragmatisme d'un terrien. Un couple de rêve, au fond, où l'un complète l'autre.



Je crois que vais lire ce bouquin une troisième fois.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

 

18:44 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

non sans compter pour une "certaine aversion pour la résistance" un détail; de quelle histoire au fait.?

Écrit par : briand | 05/01/2013

je suis de votre avis c 'etait un bon PRESIDENT de plus d une grande culture ..........un des meilleur
la dame de haute savoie

Écrit par : lemaitre | 05/01/2013

La France que nous aimions.

Écrit par : Jean-Marc Genet | 07/01/2013

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