18/01/2013

Oui, je soutiens François Hollande

 

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Vendredi 18.01.13


 
Homme de droite, je soutiens François Hollande. Je l’ai fait ici, dans cette chronique, bien avant la présidentielle, puis pendant la campagne, et après son élection. De même, jeune homme de droite, naguère, j’ai toujours soutenu François Mitterrand. Enfin, disons en 1981, et même en 1988. Il y a, dans la fonction présidentielle française sous la Cinquième République, quelque chose de puissant, à la fois un lien direct avec le peuple, et quelques essences de monarchie qui rassemblent, au-delà des clivages.


 
Homme de droite, j’ai détesté Giscard, exagérément j’en conviens, encore plus Sarkozy, parce qu’ils donnaient l’impression, malgré leurs qualités, de ne point s’être affranchis des forces de l’argent. Oui, cette droite orléaniste qui n’a jamais été mienne, ni en France, ni dans ses équivalents suisses. Il me faut la République. Il me faut le verbe. Il me faut la rigueur de l’Etat. Ensuite, droite, gauche, alternance, c’est la vie : vous ne voudriez tout de même pas avoir toujours les mêmes cliques au pouvoir, les mêmes sacristies, les mêmes chapelles, les mêmes obédiences.


 
Homme de droite, je soutiens François Hollande, non sur ses choix, en tout cas pas économiques et fiscaux, mais parce qu’il est le chef, élu en parfaite légitimité et pour cinq ans, de ce pays qui nous est si proche. Et je déteste les discours actuels, ce fiel qui nargue et vilipende, sous le seul prétexte que l’homme est en difficulté. Bien sûr qu’il l’est ! Et il est là pour ça ! Où diable serait-il écrit que la première fonction de France ne serait que flottaison sur long fleuve tranquille, se laisser bercer par le vent, dire oui à tous ?


 
Homme de droite, je déteste l’actuelle UMP, je veux dire ses chefs, à commencer par Copé, qui n’a rien trouvé de mieux, à l’Assemblée, que de faire de la politicaillerie alors que les soldats de France se battent au Mali. Je l’ai déjà écrit ici, l’UMP n’est plus aujourd’hui (sauf à aller chercher Juppé) l’alternance à la gauche. Il faudra aller la trouver ailleurs, peut-être sur des rivages longtemps tabous, jusqu’ici.


 
Homme de droite, je soutiens François Hollande. Parce qu’il est président de la République, et qu’au-delà des choix de son gouvernement, il incarne avec dignité sa fonction. C’est exactement ce qu’on attend de lui. Oh, comme Suisse, il m’exaspère, je ne supporte pas la guérilla fiscale qu’il mène contre mon pays, ni l’histoire des 75% d’impôts, ni plein de choses. Mais là n’est pas la question : cet homme a été porté au pouvoir pour incarner le destin de la France, en partager les souffrances, la représenter à l’étranger. Oui, la période est difficile. Oui, il devra tenir compte de la grande manifestation de dimanche dernier. Mais il n’est écrit nulle part qu’il ait échoué. Il est élu pour cinq ans. Il peut devenir un grand président.


 
Pascal Décaillet

 

11:01 Publié dans Chroniques éditoriales Nouvelliste | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Cher Pascal Décaillet,
Sur ce coup, je peine à vous suivre. Ainsi sa charge - Président de la République élu au suffrage universel - empêcherait la critique ? Porté à la magistrature suprême avec un écart de voix plutôt minime sur son concurrent-miroir (Sarkhollande), François Hollande est un président comment dire... par défaut. Dépourvu de charisme et surtout d'une vista capable de secouer les Français en leur faisant croire à un projet sociétal capable de les transcender, il incarne cette génération de super-cadres issus de la social-démocratie européenne et "européaniste" prête à tous les accommodements avec les acteurs ultra-libéraux de l'économie mondialisée (à droite) et les mutins de Panurge de l'antiracisme (à gauche) pour parvenir au pouvoir où, une fois élu, il a nommé ses ministres et ses secrétaires d'Etat non pas en fonction de leurs compétences réelles mais parce qu'ils représentent les lobbies associatifs qui prennent une part active au saccage de la culture et de l'histoire de France au nom du Bien.

Écrit par : Malentraide | 18/01/2013

Absolument pas d'accord, mais qu'importe. Hollande n'a été élu que grâce au vote blanc massif du FN, ne l'oublions pas. Si la droite avait été soudée autant que l'a été la gauche, Sarkozy aurait été réélu. On peut reprocher beaucoup à Sarkozy sur ses liens avec les grand patrons et le monde de l'argent, mais au moins, il a voulu lancer des réformes nécessaires pour son pays (ce que son successeur s'est d'ailleurs empressé de détricoter à partir de mai 2012).
Les Français avaient un borgne entre 2007 et 2012, ils viennent de choisir un aveugle pour cinq ans. Tant pis pour eux...

Écrit par : Hervé Steiner | 18/01/2013

le révolutionnaire August Bebel, dirigeant le plus important du Parti socialiste allemand, avait prévenu : "Quand la bourgeoisie m’applaudit, je me demande quelle erreur j’ai bien pu commettre»…..

Écrit par : briand | 18/01/2013

pour une fois je peine à saisir le fond de votre analyse. La légitimité du suffrage universel ne saurait faire de n'importe qui un chef, que l'on doive suivre et admirer ! j'avais pas mal de difficultés avec votre admiration pour F.M. mais là vous me sidérez. Est-ce parce qu'étant si ordinaire il donne l'illusion que sa fonction est devenue ordinaire ? Seule consolation, peut-être, la grande carence en personnalités dans un monde moderne de l'instantané et du futile mais comment pouvez vous soutenir avec tant de flamme un tel président ?

Écrit par : uranus2011 | 18/01/2013

Président par défaut, le candidat naturel s'étant auto-éliminé au Sofitel. Petite précision. Le fait que Hollande est au pouvoir prouve une chose : ce système politique, cette 5ème République sont néfastes et anti-démocratiques. Les Français méritent beaucoup mieux que ça, mais c'est à eux de le trouver...

Écrit par : Géo | 18/01/2013

Ah bon ?

Écrit par : Bof | 18/01/2013

L'unité de la France pour son engagement contre les rebelles est indispensable et je soutiens donc Hollande dans cette action.
En ce qui concerne les impôts et les chicanes françaises je le renvoie au grade de caporal, car donner à la politique et aux fonctionnaires c'est oublier que pour prendre des impôts d'autres ont probablement travaillé très dur.
Quoi de plus normal de prendre facilement ce que les autres ont acquis à la sueur et pour quoi faire. Pensez-vous qu'il y aura plus de logements l'an prochain. Je préfère le Royal regardez mon blog.
Jean Zahno

Écrit par : Jean Zahno | 18/01/2013

Votre commentaire manque de vision à long terme et surtout de cohérence.Vous vous définissez de manière antinomique et ambivalente. Si vous admirez F.Hollande, homme de gauche,pourquoi vous maintenez-vous à droite ? Cela signifie que lors d'une votation, vous opteriez pour la gauche, sinon,votre construction et vos appréciations sont inconsistantes !Il faudra se décider. D'un autre coté, il est surprenant qu'un partisan traditionnellement de droite se pâme pour des anciens communistes, dont les signes inquiétants affectent déjà la presse française qui se laisse passablement muselée.Le réseau Internet foisonne d'infos politiques et sociales que l'on ne lit plus dans les journaux dominants. Il y a "le politiquement correct"qui se transforme en bras de fer ! D'autre part, admirez un président qui pendant six mois n'a fait mieux que de la figuration pendant que l'industrie se saigne chaque jour, c'est osé. Le pain, le travail, sont les plus sûrs capitaux, et c'est ce que le peuple réclame !

Écrit par : hann | 19/01/2013

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