17/04/2013

Succession DIP : l'excellence s'impose

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 17.04.13


 
De Calvin à Starobinski, en passant par Rousseau, Genève se doit d’être un lieu où souffle l’esprit. Par ses grandes figures culturelles, mais aussi par un système d’éducation qui soit exemplaire. Pas seulement les Hautes Ecoles,  mais la qualité de l’instruction de base, celle à laquelle tous sont astreints. Cela exige la puissance d’une volonté politique, celle aussi d’une vision. Avec, à la tête de l’Instruction publique, une personnalité républicaine, ancrée dans la connaissance de l’Histoire, ayant une équation personnelle avec la transmission des connaissances. Je le dis et le répète depuis des années : le DIP est, de loin, le plus important de tous nos Départements. Il n’est pas question, après le départ de Charles Beer, de le laisser, pour cinq ans, aux mains de n’importe qui.
 


En d’autres termes et pour être clair, message aux partis politiques : veuillez considérer cet enjeu comme amiral, ce qui ne semble pas du tout, pour l’heure, dans votre champ de priorités. Veuillez vous en occuper dès ce printemps, avec une stratégie, et déjà des papables en tête. Veuillez faire de l’école un thème de campagne, et pas seulement sécurité, logement, mobilité. Veuillez exiger de vos candidats qu’ils développent une vision et des projets précis, pour l’avenir de l’école genevoise. Folie, je dis bien folie serait de laisser le DIP, après le 10 novembre, au petit dernier, ou à celui qui se ferait plumer par les autres, ou qu’on ne saurait pas où mettre.


 
C’est, au contraire, le meilleur de tous, le plus expérimenté, qui doit reprendre ce Département. Cela doit être, aussi, le membre d’un parti républicain, qui croit en l’Etat. Cela doit être une personne d’une certaine culture, un être concerné personnellement par le savoir et la formation. Cela exclut les passants du hasard, arrivés juste parce qu’il y avait de la lumière, ou qui, toute leur vie, n’auraient que surfé sur le jeunisme et sur le flot des modes. A partir de là, faites vos choix. Le mien, radicalement, est fait. J’y reviendrai.


 
Pascal Décaillet

10:06 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Absolument.
Mais alors il faudrait presque envisager d'élire des candidats en fonction de leur parcours et leur maîtrise des disciplines départementales.

Il faudrait presque que ce soit le souverain qui définisse le département de ses élus.

On en est bien loin. Non seulement parce que les anciens se partagent les plus beaux morceaux, mais aussi parce que, à chaque législature, les départements sont remaniés, les services redistribués.

Je ne suis pas sûr que nous trouverons les meilleurs dans le sérail politique et encore moins au seins des partis gouvernementaux.

Non seulement parce que ces bêtes politiques sont devenues un peu cyniques et surfent habilement sur la naïveté populaire pour nourrir une ambition personnelle dévorante à mille lieues du bien-être des citoyens mais aussi parce qu'elles sont engoncées dans leurs formations en déclin qui alimentent une polarité qui perd de son sens depuis que la gauche a embrassé les lois du marché.

Sans parler du centre mou qui essaie de survivre par une médiocre neutralité qui ne permet même pas un arbitrage.

Ou de ceux qui se réclament ni de gauche, ni de droite, sans tromper personne.

J'ai pourtant cru que vous encouragiez de nouvelles émergences, des partis plus frais, plus en phase avec leur temps. Genre Vert'lib ou Pirates.

Mais qui oserait encourager ceux qui n'ont mathématiquement aucune chance ?

Écrit par : Pierre Jenni | 17/04/2013

J'ai malheureusement bien peur qu' "ils" ne lacheront pas le DIP! Mais, puisse-t-il vous entendre... Déjà que JR lui a tendu une sacrée perche!
Quoi qu'il en soit, il aura du pain sur la planche...voir mon dernier billet "Plan de route pour le nouveau Président du DIP".

Écrit par : Duval | 17/04/2013

Tout l'intérêt du système à deux tours est précisément de permettre d'autres alliances et ouvrir d'autres perspectives politiques que celles, étroites, qu'offre le système actuel.

Il y a toutefois une condition à remplir pour que l'exercice remplisse cette fonction, il faut que les partis osent construire des alliances qui bousculent les frontières politiques actuelles qui sont devenues obsolètes.

Il faudrait notamment que l'entente, qui se résume désormais à deux composantes depuis la fusion PR/PL, sache où sont les intérêts de Genève.

Clairement autour d'une alliance électorale qui permette l'arrivée à l'exécutif du deuxième parti du canton. Le barrage du microscopique PDC est, de ce point de vue, une alliance objective de ce parti avec la gauche.

Sa position, dogmatique, est incohérente mais surtout très dangereuse dans ce premier exercice du système. Il ne fait guère de doute que le PLR va perdre un siège et que le PDC n'en n'aura pas deux et donc un risque particulièrement élevé de passer à une majorité de cette gauche que l'on ne peut que honnir vu ce qu'elle propose à nos suffrages.

Merci à celles et ceux qui dirigent ou influent l'entente de réfléchir avec la tête froide!

Le DIP n'est qu'un exemple parmi les urgences qui nécessitent l'excellence. La politique des transports est elle aussi en pleine dérive et nécessite q^l'arrivée d'un magistrat qui sache de quoi il parle.

Encore faut-il préciser que ce qui est nécessaire, dans le cas précis du DIP, est de refondre cette direction générale devenue pléthorique et en partie inutile, donc ruineuse. C'est au niveau des tripes qu'il faut renforcer les effectifs et non pas de la tête, c'est par là que pourrit le poisson dit l'Orient.

Le terrain, le terrain et encore le terrain voilà ce dont l'école genevoise a besoin. Aujourd'hui, à force d'avoir sur-doté sa direction, c'est d'encéphalite aigüe dont souffre ce département.

Elle entraîne des maux de tête qui perturbent le fonctionnement normal de son rôle premier, former nos jeunes de façon à la fois adéquate et respectueuse de notre culture comme de notre riche histoire.

L'excellence OUI mais une excellence qui ne soit pas dans la théorie. L'excellence dont on a besoin, outre celle d'une réelle vision politique des enjeux qui dépasse les enjeux snydicaux, c'est celle de son enseignement. Pour cela il faut une corps enseignant qui soit bien formé, c'est le cas, mais aussi en nombre suffisant dans l'ensemble des matières puissent être correctement enseignées. Ce n'est pas le cas car on génère des impasses sous couvert d'économies alors que c'est la répartition de l'enveloppe budgétaire qu'il faut revoir de font en combles.

La ruine de l'école genevoise c'est cette pseudo élite qui encombre ses bureaux. C'est d'ailleurs ce qui lui fait perdre son latin!

cordialement,
Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 18/04/2013

L'excellence ne se décrète pas. Ca demande du travail et des objectifs raisonnables.
C'est l'affaire de tous, pas seulement de l'Ecole. Et il est clair que le personnel administratif pléthorique n'est pas ce qui va aider à bien faire.
Il faut que tous les acteurs acceptent d'endosser une partie du labeur, même si ce n'est pas marrant ou dans l'air du temps.
Que les parents ne soient pas exigeants juste avec les enfants des autres.
Que les politiques et les médias cessent d'afficher de la défiance envers l'école, qu'on cesse de stigmatiser même les initiatives de bon sens, tout en disant que tout fout les camp. Je pense p.ex. à ceux qui dénoncent le fait qu'on demande aux élèves de nettoyer des préaux à tour de rôle ou de venir à l'école habillés décemment.
Que l'on ne vienne pas jouer les experts en se basant sur sa propre expérience d'élève ayant fréquenté l'école avec plus ou moins de bonheur il y a 40,30,20 ou même 10 ans. Tout jeune enseignant vous dira que de se retrouver devant la classe n'est vraiment pas ce qu'il avait imaginé.
L'école et ce qui l'entoure ont beaucoup beaucoup changé et tout change en réalité tout le temps.
On n'arrivera pas à tout bien faire en quelques coups de cuillère à pot, il y a trop d'intérêts en jeu.
Et pourtant, tous attendent un leader providentiel qui saurait obtenir les coudées franches, une période de lune de miel qui ferait qu'on ne le bombarde pas immédiatement de toutes parts en criant au scandale.
Je suis très pessimiste.

Écrit par : Calendula | 19/04/2013

Très bonne idée! Entièrement d'accord avec vous, avec votre campagne pour le DIP et pour sa gouvernance.

Écrit par : Amélie Roche | 22/04/2013

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