23/05/2013

Et l'école, bordel !

 

Commentaire publié dans GHI - 22.05.13
 
 
Après une décennie de Charles Beer, l’école genevoise aura, dès novembre, un nouveau patron. Qui ? L’un des candidats actuels au Conseil d’Etat ! Eh oui, il existe à Genève un personnage connu de nous tous, de gauche ou de droite, qui, par la force des choses, sera cet automne notre nouveau ministre de l’Instruction publique. Le sait-il lui-même ? Reprendra-t-il le DIP à son corps défendant ? Va-t-on confier ce Département capital à un petit nouveau, sans Histoire et sans culture, sans le frottement de la mémoire, sans une équation personnelle puissante avec le principe même de l’école, la transmission du savoir ?


 
Ce scénario serait catastrophique. Je crois être le seul, à Genève, en ce printemps de pré-campagne, à thématiser des débats sur le sujet. Les partis, pour l’heure, s’en désintéressent, ne parlant que sécurité, logement, mobilité. Ils ne viennent débattre de l’école, ce qu’ils font poliment, que si on leur en impose le thème. C’est tout de même inouï ! Que transmettre à nos enfants ? Comment organiser l’accès aux connaissances des générations futures. Quelles priorités ? Comment mettre en application la nouvelle norme constitutionnelle qui rend la formation obligatoire jusqu’à 18 ans. Comment valoriser l’apprentissage, rendre sa noblesse à ce magnifique mot, « le métier ». Si ces sujets-là ne sont pas majeurs, alors lesquels ?


 
En arbitrant à la Pentecôte un débat entre deux hommes intelligents, le socialiste Thierry Apothéloz et le MCG Mauro Poggia, je me suis rendu compte que le legs de Charles Beer n’était, au fond, pas si contesté. Et qu’il s’agissait avant tout, aujourd’hui, d’aller de l’avant. En privilégiant les solutions concrètes sur les grands combats frontaux – comme les notes – d’il y a dix ans. C’est bien. Mais la nouvelle ère, incarnée par une nouvelle personne, aura besoin d’un nouveau souffle. J’ai déjà écrit ici que le DIP gagnerait à être repris par une personnalité radicale, je dis bien radicale. Parce que c’est un parti d’Etat, qui a fait nos institutions, ne se laisse pas enivrer par la puissance de l’argent, organise la répartition autrement qu’en sandales. Mais cela n’engage que moi. Je porterai, jusqu’à cet automne, le débat sur l’avenir de l’école à Genève, j’amènerai les candidats à sortir du bois.


 
Pascal Décaillet

 

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Commentaires

@Monsieur Décaillet excellent , en effet le parti radical a fait ses preuve en matière d'instruction ce qui n'est pas le cas pour certains autres partis qu'on ne nommera plus de peur d' allergies respiratoires ou autres! a eux seuls facteurs déclanchant de nombreux maux encore pires que la peste et le choléra réunis

Écrit par : lovsmeralda | 23/05/2013

Vous amènerez les candidats à sortir du bois et vous serez déçu pour une raison bien simple, les profs eux-mêmes ne sont pas d'accord sur les options à développer. Le magistrat en charge devient un arbitre et n'ose rien réformer. Et finalement c'est pas plus mal car un changement de paradigme au seul niveau du canton n'est tout simplement pas envisageable. Monsieur Beer a rempli sa mission, il a tenté de remuer un peu la structure, mais il n'a pas pris de risques inconsidérés. Le suivant serait bien inspiré d'en faire autant.
L'école telle que nous l'avons connue ne sera bientôt plus, les nostalgiques ne font que retarder une échéance aussi proche qu'inéluctable.
Le besoin de flexibilité dans le monde professionnel plaide pour des formations multipolaires alors que la recherche demande des connaissances de pointe.
Les contenus seront bientôt accessibles partout et gratuitement. On ne mesure pas encore bien l'importance du changement qui s'opère sous nos yeux, et les conséquences, depuis l'arrivée d'internet.
J'effleure le sujet dans mon site de candidature. J'y reviendrai un peu plus à fond prochainement. www.pierrejenni.ch/page/6-renovation-du-scolaire-et-arle

Écrit par : Pierre Jenni | 23/05/2013

Et ce lien, si jamais il vous a échappé...
http://ldubois.blog.tdg.ch/archive/2013/05/15/quel-avenir-pour-le-dip-a-geneve-pour-la-prochaine-legislatu.html

Écrit par : Pierre Jenni | 23/05/2013

Bonsoir,

Je partage votre opinion selon laquelle l'instruction publique, l'École, est extrêmement importante. Pour moi c'est un département qui pourrait être dirigé autant par la personnalité radicale que vous appelez de vos vœux que par un bon centriste ou social démocrate.

Je trouve cependant que l'on devrait plus prendre en considération une certaine continuité de l'État; on ne peut pas changer de département comme de costume. À priori, pour vous suivre dans d'autres colonnes, vous pensez à M. Longchamp. Mais celui-ci vient de reprendre un département, en changer déjà ne serait vraiment pas bon pour personne. Ce d'autant que dans 5 ans, rebelote.

Mais soudainement, en écrivant ces lignes, je crois que j'ai compris...

Il n'y a plus anguille sous roche donc je vous laisse, non sans vous envoyer mes salutations romaines.

Écrit par : JDJ | 23/05/2013

Pas si inouï que l’on s’occupe si peu d’école. Même si c’est à travers l’école que peut se jouer l’avenir de nos sociétés…
Mais, l’école est le sujet qui écume, jubile, mais qui nous glisse entre les doigts, comme dirait Francis Ponge avec Le Savon !. Quant à juger du legs de Charles Beer, il vaudrait mieux entendre des voix qui ne sont pas en campagne.
Quel serait le candidat assez fou pour descendre un politicien qui va se retirer du ring politique ?
Au contraire, faire son éloge, c’est paraître un homme courtois, mesuré, et qui ferait le parfait magistrat pour prendre la relève.
Par ailleurs, on imagine mal Thierry Apothéloz critiquer Charles Beer, son mentor et son camarade de parti.
Quant à Mauro Poggia, s’il a dénoncé la réelle démotivation des enseignants submergés de tâches bureaucratique, il s’est aussi montré très mesuré, pour se mettre au-dessus du tumulte des passions et incarner l’homme responsable qui ne doute pas qu’il va occuper un siège dans le prochain gouvernement.
Tout un jeu…

Écrit par : Michèle Roullet | 24/05/2013

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