29/05/2013

La droite trahie - 13 décembre 2007

 

 

*** Je re-publie ici mon édito publié dans le Nouvelliste du jeudi 13 décembre 2007, lendemain de la non-réélection de Christoph Blocher. Le Parlement, suite à des manoeuvres de coulisses sur lesquelles je ne vais tout de même pas revenir près de six ans plus tard, lui avait préféré Eveline Widmer-Schlumpf.

 

La droite trahie

 

Christophe Darbellay est sans doute l’un des politiciens suisses les plus doués de la jeune relève, mais là, je ne comprends pas. S’acoquiner dans la pénombre avec les socialistes et les Verts, casser l’alliance historique avec les radicaux, pour le goût du mirage et le sel improbable de l’aventure, il y a là un geste qui relève plus du desperado de western que de la construction d’un destin politique.

 

Oh, certes, le coup est magistral. Quatre ans et deux jours plus tard, l’affront subi par Ruth Metzler est vengé. La logique de vendetta a fait son œuvre, les parrains sablent le champagne, avec comme alliés la gauche de la gauche de ce pays. La belle alliance ! Mais pour quels lendemains ? La droite lacérée, le camp bourgeois divisé pour longtemps, et l’UDC, peut-être, dans la rue pour quatre ans.

 

La démocratie chrétienne suisse doit clairement dire à quel camp elle appartient. Et ce camp, historiquement, philosophiquement, économiquement, ne peut être que celui de la grande famille de droite. En fût-elle l’aile sociale, familiale, tout ce qu’on voudra. Mais la droite, de grâce ! Avec un minimum de fidélité, de loyauté, de cohérence.

 

Or, le coup d’hier, aussi prestigieux soit l’agneau sacrificiel, c’est un coup des socialistes et des Verts, avec la complicité du PDC. C’est cela, la nouvelle majorité sous la Coupole ? Si oui, on aurait pu avoir la courtoisie, au moment des élections, d’’en informer les électeurs. Je pourrais comprendre que les partenaires de droite du PDC, à commencer par les radicaux, dans les temps qui viennent, lui demandent quelques comptes.

 

Surtout, même en termes de finalités florentines, dans lesquels Christophe Darbellay excelle, il faut se rendre à une évidence, que Georges Pompidou, magistralement, avait rappelée à Jacques Chaban-Delmas au lendemain de son discours de 1969 sur la « Nouvelle Société » : si la droite, parfois, fait des cadeaux à la gauche, ou croit marquer des points en pactisant, la réciproque, elle, ne se vérifie jamais. C’est une loi de la politique, aussi vrai que le Centre est un mythe, une montre molle, une liquéfaction du courage, un mirage au cœur du désert.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Commentaires

Madame Widmer Schlumpf, après avoir trahi son propre parti pour être élue au Conseil fédéral, vient à présent de trahir son pays. Une trahison dont nous aurons à payer les conséquences durant de nombreuses années. Qui sera le premier à oser demander sa démission ? Avec une telle dirigeante, la Suisse n'a pas besoin d'ennemi.

Écrit par : Hervé Steiner | 29/05/2013

Le centre introuvable, un Mirage , hôtel de Las Vegas en plein désert, voilà pour la géographie: pour l'Histoire d'en rire , je reprend du Blog de Maitre Poggia , ni au centre, ni à gauche- droite :, des Juifs refoulés de Suisse pendant la seconde guerre mondiale aux fraudeurs du Fisc américain il y a plus qu'un begayement , une certaine ligne continue , qui se brise sur les déserteurs érythréens qui risquent, tortures et viols pour les femmes et qu'il se propose de renvoyer dans leur foyer à partir du 9 juin.
Le Juste alors il est à l'extrémité de nulle - part?

Écrit par : briand | 29/05/2013

Madame Widmer Schlumpf vient de donner d'EXCELLENTS arguments en faveur de l'élection du CF par le peuple.

Reste qu'à souhaiter que le peuple se réveille pour mettre fin à tous ces bricolages d'arrière-boutique.

Écrit par : petard | 29/05/2013

Mes soupçons s'avèrent à présent vrais.
Schlumpf vient de nous vendre.
La traîtrise en chair et en os ...

Écrit par : Victor Winteregg | 29/05/2013

Oui Madame Widmer-Schlumpf est un bel exemple d'arrivisme, mais franchement, la bûche ne tombant que rarement loin du tronc, on pouvait s'y attendre.

Mais la question est plus de savoir si c'est elle la coupable. Il me semble plutôt que c'est le duo improbable du bossu et du renard auxquels se sont joints tous les faux derches du centre, les marchands de salades verts et les cavaliers de la rose.

Sachant que l'élève dépasse toujours le maître et que c'est l'instrument qui donne le LA pas le violoneux, ce résultat n'a rien d'étonnant.

En revanche vouloir tirer de ce lamentable exemple de combinards tordus la motivation en faveur de l'initiative UDC, il y a un long chemin, pour ne pas dire une longue marche.

Ce qu'il faudrait pour lutter contre ce fléau c'est un moyen de destituer les membres de l'exécutif. Une forme d'impeachment. L'initiative de l'UDC ne le proposant pas, l'argument tombe à plat.

Une fois encore, dans l'exemple cité, se sont les couards du centre mou qu'ils faut honnir pas la dame de Coire.

Écrit par : geopolis | 29/05/2013

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