19/06/2013

Socialisme et PME : pourquoi pas !

 

Commentaire publié dans le GHI - Mercredi 19.06.13

 

Les socialistes s’intéressent au PME ! Ils l’ont fait savoir haut et fort lundi 17 juin, en présence de leur président, Romain de Sainte Marie, et de leurs quatre candidats au Conseil d’Etat. Le signal n’est pas banal : le moins qu’on puisse dire est que le sort des petites et moyennes entreprises n’a pas, jusqu’ici, torréfié de passion le socialisme. Pendant des décennies, on a entretenu la flamme de l’idéologie ouvrière, les grands bassins miniers de Lorraine ou du Nord, le Front populaire ; en Suisse, la Grève générale de 1918, la lente conquête des acquis sociaux. Bref, une magnifique mythologie, mais toujours grégaire, toujours avec une masse de monde, dans les rues si possible, comme chez Zola.

 

La PME, ou même la TPE (Toute Petite Entreprise), c’est un autre monde, un autre état d’esprit. Tout part de l’entrepreneur. Un homme ou une femme tout seul, au début, qui un jour se lance à l’eau, ose assumer le risque économique, acquiert des locaux, investit dans du matériel, engage des collaborateurs. J’en parle en connaissance de cause : j’ai exactement entamé, il y a sept ans, ce chemin-là. Dire qu’il est parsemé d’embûches relève de l’euphémisme : tout, autour de vous, concourt à ce que vous vous plantiez. Assurances sociales, fiscalité, TVA, paperasseries, comptabilité, toutes choses que vous faites en plus de l’activité naturelle de votre boîte.

 

Les socialistes, aussi éclairés soient-ils, peuvent-ils vraiment comprendre ce monde-là ? On peut en douter. En même temps, il est stimulant, pour un petit entrepreneur, de voir que d’autres partis que ceux de droite commencent à s’intéresser à son univers, et franchement la démarche socialiste est la bienvenue. Les patrons de PME sont loin d’être tous des rupins qui roulent sur l’or, beaucoup d’entre eux ont une vision et une ambition sociales, et c’est pour cela qu’ils se battent pour l’emploi. Nombre d’entre eux sont farouchement indépendants dans leur prise de décision professionnelle, mais, comme citoyens, reconnaissent la nécessité d’un Etat fort, redistributeur, et pourquoi pas fraternel. En clair, on peut être patron de PME sans nécessairement être tétanisé par le dogme libéral. Cela, les socialistes l’ont compris. Reste à trouver un langage commun entre le leur et celui des petits patrons. L’enjeu est passionnant. Peut-être l’une des clefs de la législature 2013-2018.

 

Pascal Décaillet

 

12:50 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Le jour où vous entendrez votre renard visiteur de la nuit vous dire qu'il s'intéresse à vos poules, il faudra bien comprendre ce qu'il veut dire par là...

Écrit par : Géo | 19/06/2013

A partir du moment où les libéraux ne savent plus ce qu'est le libéralisme, il n'est pas étonnant que les socialistes deviennent relativement crédibles sur les questions touchant aux entreprises.

C'est en tout cas moins étonnant que cette propension des entreprises à se faire représenter par des gens qui n'ont jamais été entrepreneurs: Pierre Weiss à la FER, Pascal Gentinetta (jusqu'à ce jour) à Economiesuisse...

Les petits patrons sont, de fait, les personnes les moins bien protégées de tout le tissu économique. Et c'est d'eux que dépend, en définitive, la pitance de beaucoup de monde.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 19/06/2013

Ce n'est pas un commentaire!

Mais j'utilise ce canal pour te souhaiter aujourd'hui 20 juin, un bon anniversaire! Pas mon habitude d'envoyer des voeux pour les anniversaires, mais que veux-tu, ai lu que tu es du 20 juin, la même date d'anniversaire que mon frère.

Amitiés
Michèle Roullet

Écrit par : Michèle Roullet | 20/06/2013

La réaction de Christian Levrat à la désignation de Jean-Pierre Siggen à la succession d'Isabelle Chassot peut se résumer à : chassez le naturel, il revient au galop. Les socialistes restent et resteront des ennemis acharnés des patrons, quels qu'ils soient...

Écrit par : Géo | 21/06/2013

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