24/08/2013

L'Europe, le destin et l'urbanité du ping-pong

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Sur le vif - Samedi 24.08.13 - 18.33h

 

Encore les commissions parlementaires ! C'est, à l'entendre à l'instant (18.17h) sur la RSR, le seul horizon d'attente de Johann Schneider-Ammann, en matière européenne. Comme son collègue Burkhalter ! Comme si ce jeu de miroirs de la Berne fédérale était le seul théâtre d'opérations de la Suisse ! C'est justement le thème de mon édito du Giornale del Popolo, publié ce matin en une de ce quotidien tessinois, et reproduit ici, en début de matinée, sous le titre "La Suisse a-t-elle une politique européenne?".


Il ne s'agit pas de nier l'importance de la dialectique Gouvernement-Parlement via les commissions. Mais enfin, le débat européen, en Suisse, mérite une autre ampleur que cette urbaine partie de ping-pong entre acteurs du microcosme bernois. Il doit impérativement, ce débat, être celui de toute la nation. Comme il le fut, au fond, dans l'année 1992. Et cela, quelles que soient nos options: voie solitaire, bilatérales, adhésion. Les couches profondes du peuple citoyen doivent se réapproprier la discussion, même vive, sur l'avenir de nos relations avec l'Union européenne.

 

Parce que franchement, laisser cela à deux ministres sans vision, et à quelques commissaires de politique étrangère, ça n'est pas sérieux. Le destin suisse mérite mieux. Et les décisions à prendre devront être scellées d'une légitimité tellurique, celle qui vient d'en bas. Dans ce domaine comme dans d'autres, la démocratie directe devra avoir son mot à dire.

 

Pascal Décaillet

 

18:33 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

La manie des commissions est le parallèle suisse des lois en France. Lorsque les français rencontrent un problème, ils créent une loi. Comme si cette technique permettait de résoudre quelque problème que ce soit. Certes la méthode suisse est une peu plus évoluée puisqu'elle met tout le monde autour de la table mais elle procède du même principe, délayer le problème auquel on fait face.

Chez nous le vrai problème est l'état de ce gouvernement. Coincé entre un banc de baleines tueuses, qui alignent les collaborateurs comme un orque une brochette de manchots, et un quatuor de marsouins qui oublie que leurs collègues sont leur principal prédateur.

Le pays est donc paralysé à sa tête, et s'il l'est c'est qu'on lui a retiré son pilote et qu'il se sait plus ni où il va ni comment y aller.

La commission, dans ce cas de figure, n'est plus ni moins qu'une bouée de sauvetage pour évite au plus terne des quatre, l'ultra gris et lisse Burkhalter, de perdre la face.

Peut importe ce qu'il en coûtera, il est hors de question de confier la résolution des problèmes auxquels se heurte la voie bilatérale à une juridiction qui est juge et partie.

Pourquoi ne pas mettre au point un tribunal des conflits, composé d'un nombre égal de juges de part et d'autre avec une présidence tournante.

C'est le seul moyen à la fois de s'assurer que la vision suisse sera respectée et explicitée, ce qui fait le plus défaut. C'est surtout s'assurer que l'application sera modulée en fonction de la nature des Etats.

La voie burkalto-amanienne est celle de la capitulation, la mienne est celle du consensus pragmatique. C'est peut-être aussi le seul moyen efficace pour faire comprendre à l'UE comment nous fonctionnons et surtout comment nous bâtissons le dialogue politique qui conduit à notre stabilité.

Si cette voie est trop technique, alors que les partis qui la soutiennent relèvent leurs manches et osent soumettre la question au peuple "voulez-vous adhérer à l'UE". Une fois la réponse apportée, il ne restera, vraisemblablement, plus à ceux qui auront porté le bât qu'à retirer leurs conseillers fédéraux avant qu'il ne blaisse trop profondément leurs flancs.

Écrit par : Patrick Dimier | 24/08/2013

Il est plus que jamais temps de se rendre compte que l'Empire (UE) est à la dérive (pour le moins).

Il sombre tel un navire.

Pourquoi donc, dans ces conditions, la Suisse, devrait-elle avoir une politique européenne ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 25/08/2013

"Dans ce domaine comme dans d'autres, la démocratie directe devra avoir son mot à dire".

C'est une évidence absolue.

La Décision au Peuple.

Écrit par : La censure règne | 25/08/2013

Contrairement à ce qu'on voulu nous faire croire quelques illuminés lors des discours du 1er août, c'est précisément maintenant que nous devons raviver le souvenir de ce qui fait la Suisse, la défense de sa souveraineté.

Ceux de 1291 n'étaient pas dans une situation plus confortable que la notre. Bien au contraire, elle était plus difficile.

Et pourtant ils n'ont pas hésité à défier l'imperium des Habsbourg et ils ont eu le courage de le leur faire savoir.

Si le soldat Burkhalter n'a pas ce courage, ne cherchons pas à le sauver. Il ne le mérite pas. Mais reprenons le contrôle de notre gouvernement et montons sur Berne, nous le peuple. Aujourd'hui on célèbre le courage de Martin Luther King qui, pasteur noir a osé défier le pouvoir blanc, l'Amérique triomphante des 60's, en marchant sur la capitale, tout simplement.

Il a non seulement fait un discours majeur du XXe siècle, il a contraint le pouvoir blanc à opérer à 90 degrés.

Certes, Kennedy c'est pas notre assemblage d'occasion. C'est, à fortiori une bonne raison de démontrer à ces gens, que nous n'avons pas élus, qu'ils ont deux solutions. Faire ce que nous voulons ou partir.

La grande différence est qu'aussi bien les suisses de 1291 que les noirs de 1963 étaient courageux.

Les suisses d'aujourd'hui sont engoncés dans leur confort douillet. Ils oublient qu'attendre d'avantage risque fort de le leur faire perdre.

Écrit par : Patrick Dimier | 25/08/2013

@ Pat. Dimier "i have a dream: Martin Stauffer King"

Écrit par : briand | 27/08/2013

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