18/09/2013

Maintenir Bernard Ziegler est une erreur

 

Mercredi 18.09.13 - 17.04h

 

Je m’exprime ici sur les suites du drame de vendredi, ses conséquences politiques, la manière dont le gouvernement réagit.

 

La conférence de presse de vendredi après-midi a été catastrophique. Deux magistrats jetés là, en plus de David Hiler, la parole d’abord donnée à une haut fonctionnaire terrorisée et n’ayant manifestement pas autorité pour parler. Tout cela pour nous annoncer la nomination de l’ancien conseiller d’Etat Bernard Ziegler pour l’enquête interne. Pire : pendant que les conseillers d’Etat tentent d’occuper le terrain de la parole, le Ministère public publie un communiqué, laconique et en retrait par rapport aux événements. On veut bien que les pouvoirs soient séparés, on avait pourtant cru il y a quelques mois à la magie d’un duo, elle s’effondre. N'avait-elle été là, par temps calme, que pour le vernis de la communication ?

 

Dimanche, sur le site de la Tribune de Genève, le criminologue Martin Killias rappelait la demande de suivi et d’évaluation de la Pâquerette, en 1986. Cette demande avait été refusée. Le Conseil d’Etat de l’époque, élu en novembre 1985 comportait un certain Bernard Ziegler, chef du Département de Justice et Police. Quels que fussent ses liens organiques avec l'institution mise en cause, sa présence à l'époque au gouvernement le récuse naturellement.

 

Il n’est pas question, ici, de mettre en cause une seule seconde l’intégrité de M. Ziegler, reconnue dans toute la République. Mais confier une enquête administrative à un ancien magistrat exécutif, ayant occupé une fonction au moment de cette demande d’évaluation, n’est pas une bonne décision. Ni sur le fond, ni politiquement.

 

Pire encore : donner à M. Ziegler le 9 octobre comme délai de remise de son rapport, alors qu’une échéance électorale majeure se profile le 6, c’est donner l’image de la peur, du bétonnage dans l’urgence. Comme s'il fallait se protéger soi-même. De quoi ?

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

Ce n'est pas une erreur, c'est une insulte aux habitants de notre canton.

Écrit par : Mère-Grand | 18/09/2013

Merci Monsieur Decaillet pour votre texte. C'est inadmissible !!!
Bonne soirée,
amb

Écrit par : amb | 18/09/2013

«Comme s'il fallait se protéger soi-même.» Vous avez tout dit! Il ne sortira rien du rapport Ziegler, à preuve déjà la non-suspension - au moins pour la durée de l'enquête - de la responsable pénitenciaire genevoise, si inhumaine et arrogante lors de la conférence de presse du funeste vendredi. Adeline a vécu les dernières minutes de sa vie en sachant ce qui allait lui arriver, ligotée à un tronc d'arbre PUIS égorgée par le sadique qu'elle accompagnait sur ordre d'abruti(e)s, criminels par complicité. Sur ça, silence «pudique» de la presse! La date du 9 octobre doit permettre de dédouaner les responsables avant le 2e tour électoral. Par conséquent, les conclusions de l'«expert», on les connaît déjà...

Écrit par : Martin Leu | 18/09/2013

Bon... C'est bien la preuve que nous sommes dans une république dans laquelle on prend des décisions à la va-vite, en réaction avec aux événements (dans ce cas, c'est encore plus tragique que d'habitude)... En plus Bernard Ziegler a déjà trop assuré de mandats d'audit ou d'expertise pour l'Etat de Genève et, comme vous le dites, ce n'est pas son intégrité qui est en cause, mais sa capacité à examiner la situation avec un regard neuf.

Écrit par : Déblogueur | 20/09/2013

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