23/09/2013

Par pitié, du sang neuf !

 

Sur le vif - Lundi 23.09.13 - 09.37h

 

L'enjeu des élections, dans treize jours à Genève, est beaucoup plus simple que tous les enfumages que tentent de nous prodiguer les sortants.

 

Il y a, justement, un pouvoir sortant. Une alliance. Qui fonctionne depuis trois quarts de siècle, et souhaiterait se maintenir quelques millénaires encore, dans la moiteur des cousinages, le partage des postes et prébendes. Alors, pour se maintenir (et sans doute se maintiendra-t-elle, d'ailleurs, tant ses moyens, notamment financiers, ses liens avec un patronat qui stipendie sa campagne, sont considérables), elle nous sort de grands discours, non sur la politique, mais sur la morale, utilisée comme paravent.

 

Arborant de grands airs sombres et sourcilleux, elle nous balance : "Nous sommes les partis gouvernementaux! ". Ben oui, c'est juste une tautologie, puisqu'ils sont encore, ce lundi 23 septembre, au gouvernement. Comme si on était "gouvernemental" par onction divine, par essence, et non par mandats du peuple, régulièrement renouvelés ! Ils nous disent: "Les autres sont des populistes". Je veux bien. Mais pourquoi eux, sans rien sacrifier à leurs idées, ne sont-ils pas davantage, ces dernières années, allés vers le peuple, justement, avec un langage clair, compréhensible par tous, et non leur jargon de clercs et de juristes ? Cette arrogance de leur communication, parler aux gens d'en haut, comme prêtres en chaire à l'époque du latin, se retournera tôt ou tard contre eux. Les citoyens veulent être représentés par des pairs, non pas une cléricature de mandarins.

 

La vérité de cette campagne, c'est qu'il y a des sortants qui sont là depuis la nuit des temps, et entendent prolonger à l'infini ce délice nocturne de leur domination, et, comme dans toute démocratie du monde, des gens qui, du dehors, aspirent à entrer. Verts libéraux, par exemple, qui apportent beaucoup de fraîcheur et d'idées concrètes dans la campagne. Mais plein d'autres, aussi. MCG, bien sûr: on vient de passer deux législatures à les traiter de Gueux, on aurait peut-être mieux fait de prêter l'oreille à certaines de leurs revendications, notamment sur la protection de l'emploi local. Ou encore UDC. Ou encore Ensemble à Gauche. Ou encore Pirates. Ou encore PBD. Et jusqu'à M. Jenni, qui sur la mobilité tient un discours autrement solide que celui de la ministre sortante.

 

Moi je dis que dans les postulants de l'extérieur, soit pour le Parlement, soit pour le Conseil d'Etat, existe dès aujourd'hui une vraie relève. A chacun de faire ses choix, nous verrons bien le 6 octobre. Mais une chose est sûre; continuer comme ce gouvernement calamiteux de la législature 2009-2013, c'est foncer dans le mur.

 

 Pascal Décaillet

 

09:37 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Décidément, il appert que nous ayons, sur ce point, une lucidité en partage!

Écrit par : Ronald ZACHARIAS | 23/09/2013

Changement... changement... La grande majorité de "nouveaux venus" ne sont que des decus ou (et surtout) des egos, stoppés dans leur ambibition, de ces partis "gouvernementaux" tant décrié (à raison).

Autant que je sache les glands ne tombent jamais bien loin du chêne dont ils proviennent, donc bon... pour ce qui est du changement, ca reste très relatif.

Écrit par : Pierre Roche | 23/09/2013

Dès le moment où, en Suisse, toute réelle alternance est impossible, l'électeur est confronté à de réels non-choix. Donc à tout prendre, la nature ayant horreur du vide, et les citoyens probablement aussi, on réélit les mêmes. Somme toute, dans cette médiocrité ambiante, nous avons les politiciens que nous méritons, non?

Écrit par : Déblogueur | 23/09/2013

Je suis d'accord sur "Cette arrogance de leur communication"...

Trop d'arrogance, et de toute part, partis gouvernementaux ou pas... C'est épuisant.

A noter que, à force de vouloir "parler simple", pendant les séances plénières du Grand Conseil et dans les "tous-ménages", le vocabulaire est devenu agressif et sans respect. Et là, désolée mais c'est bien le MCG qui a eu une grande influence... (mais je n'excuse pas les autres qui s'en sont inspirés!)

Écrit par : Jack_line | 23/09/2013

L'UDC et le MCG font déjà partie de notre parlement, et totalisent à eux deux 26 sièges. Pouvez-vous me dire ce qu'ils ont fait pour notre canton, à part réduire le niveau des débats au ras des pâquerettes, et en quoi voter pour eux amènerait du sang neuf?

Écrit par : David Rochat | 23/09/2013

La seule vraie question de ce rendez-vous politique est de savoir si ceux qui ont le plus contribué à l'enlisement sur deux des thèmes porteurs, l'emploi et le logement avec une sous-jacente commune la mobilité, seront aussi puissants durant la prochaine législature.

Contrairement à ce qu'ils tentent de nous faire croire, les VERTS et le PS ont constitué les deux plus puissants promoteurs des blocages dans ces deux secteurs clés.

Les Verts sur le logement en s'opposant à tout, sur tout et pour tous les prétextes possibles, voire même inimaginables pour un esprit à peut près cartésien.

Sous leur aspect babacool, les Verts, on l'a trop souvent oublié, sont les chantres de la décroissance. Les mauvais esprits diront qu'ils sont les chancres de la croissance.

Il s'en suit naturellement qu'ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour s'opposer à la réalisation de logements nouveaux puisque logements nouveaux est synonyme de croissance.

Celles et ceux qui votent Verts en pensant voter "moderne" se trompent lourdement, ce parti est d'un conservatisme qui n'a rien à envier à l'UDC.

La seule différence se trouve dans le vocabulaire. Agrarien pour l'un sophistiqué bobo pour l'autre. Sur le fond et dans ce domaine spécifique c'est bonnet blanc/blanc bonnet.

Le PS est quant à lui le meilleur exemple du double discours, le populisme inversé.

Officiellement ce parti défend les petites gens. Il protège celui qui n'a rien contre celui qui a peu.

Mais en réalité, en menant une politique mono-focale contre le MCG, le PS favorise une politique qui paupérise les résidents genevois. La méthode est simple, on stigmatise ceux qui les défendent en les traitant, de..... populistes bien entendu!

Il n'y a que celles et ceux qui ne vont pas au fond des choses qui pensent que le PS est encore un parti de gauche et le MCG un parti d'extrême droite.

Regardez de plus près les parcours socio-professionnels des candidats des deux et vous serez surpris de la totale inversion.

C'est au PS qu'il y a le plus de nantis, médecins, avocats, très hauts fonctionnaires etc etc. Dans les rangs du MCG c'est une majorité écrasante de petites gens. Mais ce qui est le plus frappant c'est d'observer la différence des listes pour ce qui concerne les candidats issus de l'immigration. Le MCG est champion toutes catégories.

Pour ce qui est du problème sous-jacent de la mobilité, aussi bien les VERTS que le PS ne mènent pas une politique favorable à la mobilité. Ils mènent une lutte acharnée contre l'automobile qui dans l'imaginaire collectif est synonyme de moyens financiers.

Il suffit d'entendre le missionnaire du Rio de la Plata pour comprendre que l'objectif des Verts est de mettre tout le monde à pieds, en tram/bus ou sur un vélo. Les verts sont des post marxistes, ils ont donc appris à leurrer leur monde. Cramer est un prince dans ce domaine. Il a réussi à vendre à la droite bourgeoise sa successeure en lui faisant croire que c'était Cendrillon. Malheureusement, après les douze coups de minuit le peuple genevois avait perdu la princesse mais a gradé la citrouille.

Cette croisade constante contre la mobilité individuelle ne vise, au final, qu'à porter atteinte à l'image de la Genève internationale, celles des méga entreprises pour lesquelles ces questions sont primordiales. En projetant une mauvaise image de Genève sur ce plan, c'est les inciter à aller voir ailleurs.

En conclusion, OUI il faut du sang neuf mais pas du sang alternatif car comme le courant du même nom, il ne circule jamais en permanence.

contrairement à ce que nous dit Déblogueur, notre démocratie est suffisamment vivante et les citoyens suffisamment réveillés pour qu'ils soient en mesure de bouleverser les convenances en cours depuis trop longtemps et auxquelles les pastèques se sont acclimatées à merveille.

Nous devons oser faire un pari sur les Vert'Lib et confirmer le duo-pack MCG/UDC même si ce que nous propose le second est un peu Migros-data.

J'écarte volontairement de l'observation l'ultra-gauche car elle ne constitue qu'un frein à l'évolution de Genève. Il y en a déjà assez sans en rajouter un de plus. Par ailleurs ces formations ne nous présentent rien se sérieux. Tout ce qui est sur la plateau sent plus la naphtaline que le talc pour bébé.

Écrit par : geopolis | 23/09/2013

Je miserai sur le parti Pirate : c'est le seul qui n'utilise pas la misère comme outil levier politique.

Écrit par : Denise | 25/09/2013

C'est mignon mais le Gourou des Vert'lib n'a fait que 2.5 % au Conseil d'Etat, il lui faut 7 à 8 mille listes compactes pour passer. Aucune chance, les autres groupuscules ne sont là que pour glaner les voix disparates et tout ça au profits des grandes structures. Si vous voulez vraiment changer les choses, biffez les haut de liste et gardez les nouveaux. Mais en perdant sa voix pour des loosers aux formules creuses qui ne rêvent que de conseils d'administrations et de rentes politiques, on ne changera pas le Schmilblick.

Écrit par : mediocratie | 25/09/2013

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