02/10/2013

Parler de soi, pas des concurrents

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.10.13

 

Face au mouvement qu’ils se contentent depuis des années, avec mépris, de qualifier de populiste, les représentants des partis du pouvoir sortant, qui tiennent les rênes de la République depuis près de huit décennies, ne cessent de commettre une erreur majeure, la pire de toute : ils passent leur temps, non à parler d’eux-mêmes, mais à nous dire pis que pendre de leur adversaire, ce parti-là, justement.

 

Dans une campagne, c’est un péché mortel. Parce que parler de l’adversaire, y compris pour le noircir, le diaboliser, c’est lui donner de l’importance, dévoiler sa propre peur face à lui. Aucun politicien intelligent ne fait cela. C’est une erreur de débutant, telle l’incantation d’un enfant face au loup, dans la forêt : « Le loup n’y est pas ! ». C’est le degré zéro de la stratégie politique.

 

A ces touchants apprentis, qui passent leur temps à nous dire à quel point le parti « populiste » est mauvais, on a juste envie de dire : « Et toi, qui es si génial, qui es-tu, d’où viens-tu, quel est ton parcours, quels sont tes combats, tes passions, quelle est ta solitude ? ». Et sur les thèmes que soulève ce fameux parti damné, la souffrance des sans-emploi, des précaires, tu proposes quoi, très concrètement ? Et à part nous désigner ce parti comme le mal absolu, toi, tu veux quoi, tu fais quoi dans la vie, quels succès tu as obtenus jusqu’à maintenant ? ».

 

Candidats, parlez-nous de vous. Noircir le concurrent ne sert à rien. Si ce n’est souligner vos propres faiblesses.

 

Pascal Décaillet

 

17:22 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Mais dites-moi Pascal, vous parlez encore du MCG, n'est-ce pas !!!

Écrit par : Henry Rappaz | 02/10/2013

La seule différence entre les partis gouvernementaux qui vous critiquez tant et ceux que vous semblez apprécier tant est que ces derniers noircissent les étrangers, les frontaliers et autres allogènes - sans vergogne aucune et en proférant d'éhontés mensonges...

Quelle différence, après tout? Ils se trompent aussi de cible, n'ont aucun programme et ne font que du bruit. Mais certes, ils plaisent davantage au peuple, malgré leurs évidentes faiblesses. Ce dernier décidera et, alors, on verra bien qui a eu raison.

Écrit par : Déblogueur | 02/10/2013

Pascal, dommage que tu n'invite pas le sang frais en politique genevoise car c'est ceux qui connaisse la précarité...pour la vivre...bien à toi Valaisans.
Philémon Michel Bissig

Écrit par : philemon | 02/10/2013

Bravo,
C'est bien vrai que la politique ressemble à une guerre de clans pour le pouvoir et l'intérêt personnel. Toutefois l'art d'informer des partis est la recherche de la sensation par l'attaque contre ce qui ne va pas pour faire croire que ce parti est meilleur gestionnaire même s'il est au pouvoir.

De nombreuses personnes se laissent influencer par le sensationnel qui émeut mais qui ne résout pas grand chose comme vous le souligner.

Il y a cher Mr d'excellents encarts dans les journeaux en ce moment qui donnent eux des chiffres qui parlent de la gestion des partis depuis des décennies. C'est vraiment grave donc comment le révéler au public.


On me demande occasionnellement pourquoi vous n'êtes pas sur une liste. Je ne peux pas répondre à ces demandes et vous pose la question?

Jean Zahno

Écrit par : Jean ZAHNO | 02/10/2013

Le sage dit" On ne se grandi jamais en abaissant l'autre mais en étant meilleur (pertinent) que lui"

Cordialement
Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 02/10/2013

J'apprécie beaucoup que vous souligniez cette tendance déplorable.
De plus, au lieu de se contenter de dénoncer un élément précis d'un candidat, il y a la tendance de dénigrer dans le même élan la personne entière, ce qui est très réducteur, ou carrément tout le parti qu'elle représente.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 02/10/2013

Mais quel parti n'a pas encore fait ses preuves, et par conséquent n'est pas encore critiquable aujourd'hui ? Je ne vois que le parti Pirate.

Les autres ont déjà démontré à quel point le bas de leurs pantalons et leurs godillots sont crottés, et ce n'est pas pour avoir été dans la plèbe rencontrer des électeurs.

Non : c'est parce que leurs projets ou leur programme se basent sur de très inconfortables, sales et puantes situations.

Écrit par : Denise Park | 03/10/2013

"Parler de soi, pas des concurrents"

Vous avez raison, c'est ce qui devrait être !
Mais j'ai beau chercher, je ne trouve aucun parti qui ne met pas d'abord en évidence les faiblesses des autres. Et les partis populistes - je sais, vous n'aimez pas beaucoup le qualificatif - ne font pas exception.

Écrit par : Michel Sommer | 03/10/2013

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