05/10/2013

La démocratie, notre bien le plus précieux

 

Bilan de campagne - Samedi 05.10.13 - 12.46h

 

La campagne s'achève, et je suis épuisé. Je ne suis pourtant pas candidat! Mais je l'ai vécue, cette campagne, au même rythme que celui des candidats, ce que je fais toujours depuis des décennies. Il y a, surtout dans les campagnes d'automne, une forme d'ivresse dionysiaque, quelque chose qui s'emballe, ce jeu de clartés et d'incertitudes, qui vous monte à la tête. Parce que l'observateur, le commentateur, l'éditorialiste ne doit pas se contenter de comprendre la campagne, il doit la vivre, la sentir, de l'intérieur. L'instinct y occupe une place majeure.



Épuisé, oui, et d'ailleurs pour le marathon de demain, à Uni Mail, j'ai peur. Non des résultats, mais des risques de ma propre fatigue. Je l'ai toujours, cette peur-là, malgré 25 ans d'audiovisuel, mais cette fois elle me tenaille un peu plus que d'habitude. Une peur simplement physique.


La campagne qui se termine fut (jusqu'à l'heure où j'écris ces lignes) correcte et apaisée. Je n'y ai pas décelé les coups bas d'il y a quatre ans. J'ai, pour ma part, donné la parole à tous les partis. Je n'ai établi strictement aucune discrimination entre partis représentés dans le gouvernement sortant, dans le Parlement sortant, ou nouveaux. Je considère que lors d'une élection, il convient de remettre les compteurs à l'heure, tous à égalité.


J'enrage lorsque j'entends, comme juste maintenant au 12.30h RSR, que la campagne fut molle et sans thèmes principaux. C'est simplement faux. Ces thèmes, plutôt que se laisser aller sur l'éternelle sécurité, il faut peut-être un peu aller les  chercher: ne me dites pas que la formation, l'apprentissage, les jeunes en rupture, la redéfinition du travail salarié (proposition Seydoux) pour ces jeunes, l'encouragement aux PME ne sont pas des thèmes qui intéressent les candidats et la population. Il suffit de les engager, ces thèmes.



Je n'ai donné et ne donnerai strictement aucun pronostic, pour la simple raison que je n'ai aucune idée du message que nous délivrera le peuple demain. J'ai reçu une centaine de candidats, organisé une trentaine de débats, j'ai écouté ce qu'ils avaient à nous dire, fait de belles découvertes, de Sébastien Kaech (PDC) à Cristina Le Jeune Giacobbi (MCG), en passant par Sébastien Desfayes (PDC), Magali Orsini (EàG), Caroline Marti (PS), Liza Mazzone (Verts), Varérie Cuenca-Berger (UDC), la quasi-totalité des candidats Verts libéraux (très belle brochette nouvelle tonalité de campagne, compétente et respectueuse). Et puis, plein d'autres, qui ne m'en voudront pas de ne pas les citer. Hommage aux petits partis, Verts libéraux justement, mais aussi Pirates et PBD. Hommage à Pierre Jenni, candidat solitaire et compétent. On est loin, très loin, de la pavane un peu gratuite du Prophète: ce chauffeur de taxi et patron d'entreprise a une vraie vision politique, notamment dans le secteur de la mobilité.

 

J'ai composé, comme toujours, mes deux listes à la main, avec des gens de (presque) tous les partis. J'ai voté Grobet, comme je le fais depuis 1981. J'ai bien sûr ouvert ma liste du Grand Conseil avec celui que je considère comme le grand espoir de la politique genevoise, le PLR Cyril Aellen, un homme qui sait ce que signifient courage et solitude. L'un des seuls politiques à m'inspirer une confiance immédiate, sans partage. A quoi s'ajoute - mais cela vient après - une communauté de vision sur l'avenir des droites à Genève ou en Suisse.



Je remercie tous les candidats, oui les 476 du Grand Conseil et les 29 du Conseil d'Etat, d'avoir tenté l'aventure. Demain, il y aura des joies et des pleurs, mais la démocratie aura fonctionné . C'est elle, notre bien le plus précieux.

 

Pascal Décaillet

12:46 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Sans vous, il n'y aurait en effet pas eu de campagne. Merci pour cet engagement civique hors du commun.
Pourtant j'apprécie notre retenue, notre réserve typiquement suisse. Je déteste les campagnes américaines à coup de millions ou les coups bas des énarques français.
Mon seul regret, c'est la faible participation. J'espérais que l'enthousiasme des Vert'libéraux et le renouvellement profond de l'exécutif permettrait un regain d'enthousiasme.
J'espérais aussi, un peu naïvement, que du sang frais et une jeunesse motivée stimulerait l'électorat. Je pensais aussi, qu'un candidat indépendant serait susceptible d'aiguiser un peu la curiosité des médias.
Il faut croire que, chez nous, tout va bien dans le meilleur des mondes. Circulons donc, puisqu'il n'y a rien à voir.
Demain, si je réalise un score honorable, je poursuivrai l'aventure jusqu'au second tour en donnant tout. Ainsi je n'aurai aucun regret.
Merci de m'avoir donné la seule vitrine disponible et de ne pas m'avoir snobé.
Et espérons que d'autres continueront d'y croire et tenteront l'aventure hors cadre, hors du carcan partisan, en totale indépendance et liberté d'expression même s'ils ne disposent pas des moyens disponibles dans les grandes structures établies.

Écrit par : Pierre Jenni | 05/10/2013

Voté Grobet depuis 81...
Ouf l'honneur familial est sauf puisque mon père Hermann s'était présenté contre Grobet en 80 pour la partielle qui devait remplacer Willy Donzé, malade. La droite est allée chercher Alois Werner, candidat indépendant, pour espérer faire l'impasse à la Gauche. Vigilance faisait aussi peur que le MCG aujourd'hui. Il a tenu un an et Grobet est passé en 81. On aurait peut-être dû voter Hermann Jenni...

Écrit par : Pierre Jenni | 05/10/2013

Moins de 40% de participation, n'avez vous pas l'impression que le droit de vote donne aux genevois, c'est comme donner de la confiture aux cochons?
J'espère que Rappaz ne sera pas réélu, parce que la le roi souverain est complètement à poil. Il suffisait de lire ses débilités de pub dans les différents journaux, incluant ses 8 ans de gouvernement, sa vente de la montre du roi Farouk et ses conneries durant la législature. Ça me ferais bien marrer de voir la démocratie exemplaire élire un Didier MAYOR.
Heureusement ça va vous donner encore quelques années d'émission sauf si la décadence politique finit par restreindre les budgets de Leman bleu.
Au fait, entendre Salerno dégoiser au téléphone dans le tram sur Velasco, ca vaut son pesant de cacahouètes. Elle se mêle au peuple, mais ce dernier c'est quand même des nobody.

Écrit par : Christophe Lambert | 06/10/2013

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