06/10/2013

Entente-MCG-UDC: de grandes choses sont possibles

 

Sur le vif - Dimanche 06.10.13 - 15.12h

 

Si les estimations, à l’heure où j’écris ces lignes (après, je ne pourrai plus écrire pendant des heures), se confirment, alors il y en a, à Genève, qu’on ne pourra plus jamais prendre de haut, et traiter de Gueux.  Ou alors, c’est qu’on n’aura décidément rien compris.

 

La prochaine législature sera faite, au Parlement, de trois blocs : la gauche, l’Entente, et ce fameux troisième bloc, celui à qui on s’est contenté, pendant trop d'années, au lieu d’écouter ses thèmes, de coller des étiquettes, par exemple ce mot « populiste », qui simplifie tellement la vie lorsqu’on ne veut pas trop se poser de questions, et lorsqu'on n'arrive plus, soi-même, à faire passer son message.

 

« Populiste », nous disait-on. D’un mot latin qui signifie « peuple ». Eh bien il faut croire qu’il a été au rendez-vous, le peuple, redistribuant les cartes au Parlement, sanctionnant ceux qui se croyaient éternels, accordant une chance à ceux que les sortants ont tant méprisés, tant stigmatisés. Aujourd’hui, les chiffres sont là. Même corrigés dans les heures qui vont venir, ils parleront d’eux-mêmes.

 

Entre l’Entente et le bloc UDC-MCG, de grandes choses sont pourtant possibles pour débloquer Genève. Dette publique, finances cantonales, sécurité, mobilité, formation, apprentissage, soutien aux PME : le champ du commun est, en réalité, beaucoup plus grand, beaucoup plus riche, que celui des différences. Il faudra, sur de très nombreux sujets, travailler ensemble. Charge au MCG de se conduire dans ce sens, celui de la construction. Charge à l’Entente de changer de discours, montrer un peu plus de considération pour des gens qui sont, comme eux, des représentants du peuple. Et qui, comme eux, roulent pour l’intérêt supérieur de Genève.

 

Et, puisqu’il est question de rouler, le résultat d’un certain parti de gauche et celui de sa ministre sortante peuvent nous faire entrevoir l’espoir qu’on pourra continuer de le faire en voiture, sans pour autant être assimilé au Diable.

 

Pascal Décaillet

 

 

15:12 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Le message est claire, les genevois ne veulent pas du Grand Geneve.

Écrit par : Riro | 06/10/2013

J'espère très fort que l'Entente comprendra le message et arrêtera de se dire qu'elle ne peut accepter les thèmes du MCG-UDC.

Il faudra juste que le MCG-UDC ne fanfaronnent pas trop, mais le vrai effort à faire sera du côté de l'Entente car de leur côté le MCG-UDC ont déjà bien montrés qu'ils sont ouverts.

Et parmi les thèmes auxquels vous avez fait allusion, j'ajouterais le nécessaire reflux de l'excessive immigration légale et illégale.

Écrit par : Le gueux gagne sa place d'homme | 06/10/2013

Bon, on attend le commentaire de Philippe S.*, qui nous expliquera que ce résultat est une immense victoire pour le PLR.


* Nom connu de la rédaction.

Écrit par : Plouf | 06/10/2013

Vous le dites, le MCG devra "se conduire". Car en l'Etat, il est difficile d'avoir une discussion sérieuse avec le comportement de certains et de nombreux propos tenus pendant la campagne, sur fb par exemple.

Écrit par : Philippe Calame | 06/10/2013

Le Valais, Le Tessin, Neuchâtel et maintenant Genève, et bien voilà.....la Suisse latine bouge et va prendre son destin en main....Il était temps!
La Suisse allemande va enfin sentir qu'elle n'est plus la Suisse....à elle toute seule.

Écrit par : Corélande | 06/10/2013

Le MCG, un parti qui n'accorde aucune priorité aux suisses, comme vient de le répéter Poggia. Voilà qui devrait faire réfléchir les électeurs, qui, eux, sont encore suisses.

Le MCG, un parti qui accorde toutes priorités (travail et logement) aux résidents, y compris ceux qui, cousins et cousines des naturalisés du MCG, viennent d'arriver en Suisse.

Le MCG un parti qui méprise les suisses de l'étranger y compris ceux qui ont été chassé par les cousins et les cousines des naturalisés du MCG.

Le MCG parti anti-suisses et anti-Suisse.

Le MCG qui lutte contre une "épidémie d'être humain" (les frontaliers) et qui aime à en faire prospérer une autre (les cousins et les cousines).

Le MCG qui se voit faire élire un Conseiller d'Etat musulman.

L'UDC ne peut faire élire de tels individus. Pas de liste commune. Ce d'autant que la candidate UDC ne sera pas élue.

L'UDC ne doit pas se renier.

Écrit par : CEDH | 07/10/2013

"(...)Charge au MCG de se conduire dans ce sens, celui de la construction. Charge à l’Entente de changer de discours, montrer un peu plus de considération pour des gens qui sont, comme eux, des représentants du peuple. Et qui, comme eux, roulent pour l’intérêt supérieur de Genève.
(...)"

Ca, c'est le discours abstrait mais non la réalité. Vous exprimez un vœu pieu ! Ce ne sont pas des enfants de cœur que nous avons élus ou réélus, mais des politiciens, rompus à toutes les combines pour faire, si possible, chuter l'adversaire.

Il y a cinquante ans que je vote et cinquante ans que j'entends les mêmes discours sur le nouveau parlement qui sera, évidemment, meilleur que le précédent !

Que le MCG soit populiste ou non, vous savez bien que passé son heure de gloire, il retombera dans le bas du classement - sic transit gloria MCG! - et que le peuple, toujours volatile et versatile, aura tourné casaque et distribuera ses satisfecit aux formations qui auront su profiter de la conjoncture du moment.

Bien sûr, populiste vient de mot latin "populus" qui signifie peuple. La sémantique y trouve son compte. Mais se réclamer du peuple et de ce qu'il subit ne signifie pas encore que l'on va changer tout cela en cas de victoire électorale. Sans vouloir tirer de hasardeux parallèles avec l'histoire, on est en droit de s'interroger sur les motivations profondes des élus qui se réclament tellement du peuple. Le pouvoir est corrupteur, parfois il est corrompu. Difficile de ne pas céder aux chants des sirènes, surtout quand on a cinq ans devant soi...

Écrit par : Michel Sommer | 07/10/2013

Bravo M.Décaillet pour ce pamphlet qui est tout à votre honneur. Nous manquons tant de journalistes qui savent s'affranchir de leur prénotions et idéaux afin d'apporter un regard impartial et novateur sur la nouvelle donne de l'échiquier politique. Vous avez raison également de jubiler à ces "grandes choses possibles". Sentez-vous ce vent nouveau ?

Le MCG a en effet démontré sa grande capacité a formuler des proposition cohérentes, précises, pragmatiques, chiffrables, etc. Quel vent frais il nous apporte, quelle poésie d'amour face à l'exclusion et au repli.

Vous avez tout à fait raison de le souligner. Honte à ceux qui n'y voient que du populisme (pas si mal finalement) et des recettes simplissimes dans un contexte de déliquescence social et économique.


Restez simple, vous avez tant raison. En bref, avec des journalistes comme P.Décaillet, j'imagine bien que beaucoup de choses sont possibles pour le MCG et l'UDC.

Écrit par : Gregor Samsa | 07/10/2013

Certes, populus, i, au masculin signifie peuple, mais au feminin il signifie peuplier, un arbre a la croissance rapide et aux racines puissantes qui peuvent detruire les murs et soulever les dalles. Le qualificatif de populiste etait donc fort a propos.

Écrit par : seglias bochatay | 08/10/2013

Je voudrais répondre à Michel Sommer qui nous dit: "que le MCG soit populiste ou non, vous savez bien que passé son heure de gloire, il retombera dans le bas du classement - sic transit gloria MCG!" et qui nous débite un discours contre la démocratie sous prétexte de critiquer la démagogie.

En ce qui concerne la pérennité d'un mouvement populaire anti élites à Genève, je crains que monsieur Sommer n'ait tort. Bien sur il y aura des hauts et des bas. Eric Stauffer, avec sa vulgarité qu'on appréciera diversément, selon les gouts et les milieux sociaux, a du talent, beaucoup même, et il a su drainer ce courant. Je dirais plutôt que c'est après lui que ce courant retombera, mais pas longtemps, en attendant un autre leader.

Le plus frappant c'est la force et la persistance de ce courant TYPIQUEMENT GENEVOIS. Rappelons nous Vigilance et ses succès fulminants. Mais rappelons nous aussi le Parti des automobilistes. Ce courant a toujours existé à Genève. Ce qui fait peur à monsieur Sommer, je pense, c'est le souvenir de Géo Oltramare qui avait aussi du talent et qui avait su un temps rassembler cette mouvance sociale. A l'époque l'Union Nationale était fasciste et antisémite. C'était la mode et surtout l'obsession personnelle d'Oltramare. Aujourd'hui Stauffer n'est pas antisémite. C'est égal, monsieur Sommer redoute les humeurs populaires dans tous les cas. C'est son droit. Mais qu'il ne s'imagine pas que ce mouvement de râleurs plébéiens va disparaître. Il est bien trop profondément ancré à Genève. Il remonte à beaucoup plus loin que Georges Oltramare. Je pense qu'il existe depuis le moyen-âge, et des tribuns populaires comme Philibert Berthelier, Bezanson Hugues et d'autres.

Et d'ailleurs, je mettrais même James Fazy dans cette tradition là. C'est une tradition de démagogues, si on veut. Mais il y a toujours eu des démagogues à Genève comme il y a toujours eu des banquiers. Ce n'est pas demain la veille qu'il n'y en aura plus. Et puis il existe des démagogues intelligents qui parfois deviennent de vrais hommes d'état.

Écrit par : historien amateur | 01/11/2013

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