21/10/2013

Journaliste, qui t'a fait lâche ?

 

Sur le vif - Lundi 21.10.13 - 13.18h

 

En France, lorsque des journalistes, dans un club de la presse, parlent du FN, ils en parlent toujours comme "des autres". Il est clair, incontestable, qu'aucun des journalistes présents ne peut éprouver la moindre sympathie pour ce parti. Cela va de soi, c'est un présupposé du colloque.

En Suisse, lorsque des journalistes parlent de l'UDC, au niveau national ou dans les cantons, ils en parlent toujours comme "des autres". Il est clair, incontestable, qu'aucun des journalistes présents ne peut avoir la moindre sympathie pour ce parti. Lequel représente tout de même quelque 26% des votes fédéraux.

A Genève, lorsque un club de journalistes parle du MCG, ils en parlent toujours comme "des autres". Il est clair, incontestable, qu'aucun des journalistes présents ne peut éprouver la moindre sympathie pour ce parti. Lequel représente tout de même quelque 20% des votes cantonaux.

Dès lors, ou bien 0% des journalistes n'éprouve la moindre affinité politique pour ce genre de partis, ce qui me semble poser un très léger problème de représentativité de la profession. Ou bien certains préfèrent se la coincer. Ce qui me semble poser un très léger problème de courage lorsqu'on est éditorialiste ou chroniqueur, et que l'on fait métier d'exposer, comme tout citoyen en a d'ailleurs le droit, ses opinions.

 

Pascal Décaillet

 

13:18 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Peut-être cela devient-il dangereux pour sa place de travail de donner sa vraie opinion politique. Tous les jours, j'entends des personnes se plaindre de se genre de harcèlement. Sans parler des journalistes qui perdent leur place de travail pour avoir osé s'exprimer.

Écrit par : Rui Oliveira | 21/10/2013

Combien de vrais journalistes autour de la table dans les réunions auxquelles vous faites allusion ? la réponse est un peu dans la question que vous soulevez mais il y a longtemps que l'on connaît la pensée dominante dans les média - en particulier de suisse romande .

Écrit par : uranus2011 | 21/10/2013

Risquant un procès, pour un oui ou pour un non, pratiquementm les journalistes peuvent-ils tellement ne pas se la "coincer"? Le lectorat soutient-il les journalistes autant qu'il le pourrait, ou devrait... En ces temps incertains, pour aller plus vite, est-il préférable de compter combien, en un groupe donné, de lâches, ou combien de courageux?

Écrit par : myriam belakovsky | 21/10/2013

Bravo!

Vous avez trouver à quoi mène le "politiquement correct", les "bien pensé", la culpabilisation.

Ce que certains intellectuelle qui veulent se donner bonne conscience, n'a pas compris que ce mechanisme est exactement le même qui a permis à certains dictateurs de créer un climat de méfiance face à l'autre. Cette manière du pensé "juste".

Alors quand j'entends certains écolo/socialiste prétendre qu'ils ont raison parce qu'ils ont l science et la morale de leur côté mais qu'au final le résultat n'est pas mieux que ce que faisait les prêtre d'antan, qu'ils ne sont pas plus tolérant, plus ouvert que les personnes qu'ils dénoncent, ca ne me culpabilise pas de penser ce que je pense.

Certains n'ont pas compris que d'être ouvert et tolérant, ne l'était pas par apport à une idéologie. Ce n'est pas parce que l'on soutient tel ou telle cause que l'on est ouvert ou tolérant.

L'ouverture et tolérance, c'est d'essayer de comprendre et surtout Accepter, que d'autres ne pensent pas comme nous. De faire l'effort de respecter et accepter. De rester poli et courtois même si l'autres personnes ne pensent pas comme nous.

Avec mon blog, j'en ai entendu des gens qui m'ont dit "avec tes idée politiques, je ne t'engagerais jamais".
Idée politique, couleur de peau, origine, chacun choisi ses critères de sélection pour justifier d'aider ou non quelqu'un. Finalement, chacun sa xénophobie.

Écrit par : DdD | 21/10/2013

Peut etre doit on se poser la question: nos démocratie, sont elles vraiment si démocrates....
Si Hitler tenait l Europe aujourdhui, le journalisme serait exactement ce qu il est! Et celui qui avec courage s y opposeraient seraient sur l instant exterminé!
Qui est facho....qui ne l est pas?
Diaboliser quelqun, une idee,un parti politique, une religion etc....c est déjà etre facho!
Aujourdhui, ceux qui tiennent le pouvoir, les medias et les richesses sont des fachos!!! C est peine perdue pour le peuple....jusqu a un point ou, comme l histoire de France nous l a souvent montrée: les tetes tombent!
Il y avait un prophete qui se nommait Soljenytsine, qui dans un de ses discours (intitulé: Le declin du courage à Hrvard en 1978 sauf erreur), nous dévoile une pensée sur le journalisme et nos politiques, assez extraordinaire!

Écrit par : Emmanuel Bordet | 21/10/2013

Merci pour cette analyse, cela fait toujours du bien ! Et un petit cadeau :

« Je croirais vraiment à la liberté de la presse quand un journaliste pourra écrire ce qu’il pense vraiment de son journal. Dans son journal. »
de Guy Bedos

Écrit par : SANCHEZ Jean | 21/10/2013

Bravo. La prochaine étape l'introspection !

Écrit par : girafe | 21/10/2013

Ces journalistes qui se la coincent ne sont pas seuls à être lâches. Je dirais même que la lâcheté est le propre du plus grand nombre. Même les citoyens dans l'isoloir sont des lâches, tout comme les commentateurs sous pseudos. Cette lâcheté c'est quoi ? C'est la crainte de se faire écrabouiller par une pensée dominante qui ne colle pas avec notre propre point de vue. Parce qu'il faut de sacrées ressources pour se défendre, pour résister, garder la tête haute.

Prenons par exemple Christophe Blocher. Cet homme s'est dressé contre toute la classe politique, contre toute Intelligentsia du pays et il en a rien à cuire. Il assume parce que matériellement il peut et qu'en plus il est bien entouré.

Ce qu'on ne dit pas assez c'est que la plupart des militants sont issus du service public, où les opinions les plus diverses sont largement acceptées sans trop de risques de représailles.

Amusant aussi, de voir que dans tel village, le boucher et le boulanger du coin ne font pas partie du conseil communal... il faut surtout se fâcher avec personne, les affaires sont les affaires.

Et ainsi de suite... la lâcheté c'est la protection sociale des "minorités" visibles. Et un jour la roue tourne... les grandes gueules du moment deviendront les lâches de demain.

Écrit par : petard | 21/10/2013

Vous êtes clairement un journaliste d'opinion, et les vôtres ne font aucun doute. Ca détonne un tout petit peu, dans l'univers bobo-caviardo-gaucho de la presse. Mais vous êtes bien le seul.

Et, surtout, cela ne me rend pas les aboyeurs du MCG plus sympathiques pour autant. Certes, ils peuvent se targuer d'une part significative du vote de cette dernière élection. Et alors?

Sont-ils plus aptes à faire une meilleure politique que les élus de l'establishment? Permettez-moi d'en douter, ne serait-ce qu'à entendre leurs discours ou lire leurs messages.

Et puis, s'il suffisait de faire des voix pour faire de la bonne politique, cela se saurait.

Écrit par : Déblogueur | 21/10/2013

Il manque qqch dans cette analyse. Il ne suffit pas d'éviter d'être ouvertement contre les partis de droite, il faudrait cesser d'être ouvertement pour les partis de gauche, surtout quand le peuple doit obligatoirement payer 464 francs pour entendre cette sempiternelle propagande et cirage de pompes des barons de l'aristocratie de gôche. A propos, vous avez suivi ces cours de désobéissance civique que dispense RTS 1 tous les matins de 11h à 11h30 ?

Écrit par : Géo | 21/10/2013

Il y en a au moins, il y croyait tellement qu'il est même devenu secrétaire général de ce même parti...

Écrit par : Lucien Scherly | 21/10/2013

Le journaliste répond à ce que sa rédaction en cheffe désire lire et faire lire! Relisez les éditoriaux des journaux et vous aurez la ligne rédactionnelle imposée aux journalistes. C'est comme ça ou tu te casses! Alors tant que 60 % des lecteurs seront statistiquement opposés au MCG-UDC... La ligne rédactionnelle anti MCG-UDC fera recette!
Pourtant les rédactions négligent une autre statistique: celle des 60 % d'abstentionistes! Cette maojorité-là n'est pas sans opinion! Elle retient son vote, pour l'instant, désabusée par des partis qui ne se préoccupent plus que de soigner la gloire de leurs héros.

Journalistes, continuez d'écrire dans le sens du vent... mais attention, le vent tourne...Il va vous contraindre à des contorsions de girouette le jour où cette majorité silencieuse prendra l'arme du bulletin de vote pour exprimer clairement son ras le bol dans les urnes!

Le 6 octobre n'était qu'une demi-surprise... Les grandes surprises seront pour pour demain.. et demain c'est déjà le 10 novembre...

Écrit par : J-F Girardet | 21/10/2013

Sur le marché du travail, les journalistes en place sont protégés par leur ancrage local. L’exercice de leur métier nécessite une bonne connaissance de la région (tissu social, économique, politique, institutions, histoire, géographie). Ainsi, ils savent qu’ils ne vont pas être remplacés par le premier venu d’ailleurs, qui ne représente pas une menace pour leur emploi, à plus forte raison s’il ne parle pas français. En revanche, ceux dont l’emploi n’est pas protégé par des connaissances particulières réclament un ancrage local pour le travailleur. Ils réclament donc que la loi leur donne une protection que les journalistes ont déjà de fait.

Il y a quantité d'autres raisons plus subtiles qui rendent prévisible la réaction de rejet (sincère ou feinte) que le MCG doit nécessairement provoquer auprès des journalistes. Mais celle évoquée ci-dessus doit aussi être mentionnée.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 22/10/2013

Sur ce coup là, M. Décaillet, je ne suis pas d'accord avec vous.

Pour moi, le vrai journalisme, n'a pas à donner une opinion ou orienter l'opinion. Il a à énoncer des faits, rien que des faits, à rendre compte de la pluralité des projets, des évènements, de la manière la plus neutre possible et de laisser le lecteur se faire sa propre opinion.

Le journaliste est là pour rendre compte de la réalité. Alors oui, c'est très difficile, car le journaliste est aussi un humain avec ses propres orientations, mais il doit savoir laisser place à la neutralité au détriment de ses convictions.

Écrit par : Jmemêledetout | 22/10/2013

Jmemêledetout:
C'est une excellente idée de se mêler de tout, mais, justement, lisez la déclaration des devoirs et des droits du journaliste (http://www.presserat.ch/21730.htm). Rien dans ce texte n'exige que le journaliste soit objectif (ou même désincarné, comme vous semblez le souhaiter). Au contraire, le commentaire et la critique font partie des devoirs du journaliste.
Si vous croyez qu'un bon journaliste est un journaliste objectif, vous risquez de vous faire berner sur la réalité des choses chaque fois qu'un article vous semble avoir été écrit par quelqu'un d'intelligent, ou, pire, par quelqu'un dont les idées vous plaisent.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 23/10/2013

"Les plus grands ennemis de la vérité, ce ne sont pas nos mensonges. Ce sont nos vérités."
Nietsche

Écrit par : Géo | 23/10/2013

Merci Raphaël Baeriswyl,

Je ne connaissais pas cette charte, c'est intéressant, mais je n'y vois rien qui contredit ce que je disais plus haut, ni ne le conforte d'ailleurs.

On y parle des règles de l'information, assez rarement respectées, particulièrement ici :

7) Respecter la vie privée des personnes, pour autant que l'intérêt public n'exige pas le contraire; s'interdire les accusations anonymes ou gratuites.
8) Respecter la dignité humaine ; le/la journaliste doit éviter toute allusion, par le texte, l'image et le son, à l'appartenance ethnique ou nationale d'une personne, à sa religion, à son sexe ou à l'orientation de ses mœurs sexuelles, ainsi qu'à toute maladie ou handicap d'ordre physique ou mental, qui aurait un caractère discriminatoire ;

Et je ne dis pas non plus que M. Décaillet ne respecte pas cela, il est plutôt ouvert à tous et laisse la place à tous de s'exprimer.

Informer, critiquer, n'est pas forcément donner une opinion. C'est sur la dernière phrase de ce blog que j'ai tiqué ;)

Ceci dit, je voudrais bien qu'ils soient tous aussi ouvert que lui et qu'ils fassent tous aussi bien leur boulot.

Écrit par : Jmemêledetout | 23/10/2013

"Journalistes, continuez d'écrire dans le sens du vent... mais attention, le vent tourne...Il va vous contraindre à des contorsions de girouette....."

N'est-ce-pas dans leurs habitudes?

Le journalisme actuel est de "hurler avec les loups"!

@Jmemêledetout

Il est permis de rêver.....

Écrit par : Patoucha | 23/10/2013

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