02/11/2013

Plus la peine de voter : Pierre Ruetschi a les résultats !

 

Sur le vif - Samedi 02.11.13 - 18.46h

 

En découvrant ce matin l’éditorial de la Tribune de Genève, j’ai immédiatement pensé au discours prononcé le 27 janvier 1978 par Valéry Giscard d’Estaing à Verdun-sur-le-Doubs. VGE est au pouvoir depuis bientôt quatre ans (mai 1974), les législatives approchent, la gauche commence à faire peur (elle échouera, finalement, le 19 mars, et je me souviens des yeux rouges de Michel Rocard), alors le président de la République sort de sa réserve, et, dans cette paisible commune de Saône-et-Loire, indique aux Français ce qu’il considère comme « le bon choix » pour la France.

 

« Le bon choix pour Genève », c’est l’édito de Pierre Ruetschi, ce matin. Un texte qu’on peut qualifier de prophétique, puisqu’il ne nous livre rien de moins que les résultats de l’élection du 10 novembre. On y apprend que François Longchamp (« stature, sens incontestable de l’Etat, intelligence politique ») et Pierre Maudet (dont on salue le « bilan » alors qu’il n’est là que depuis seize mois) seront réélus, ainsi que « le solide Serge Dal Busco », nettement préféré par l’auteur au « tournoyant Luc Barthassat », lequel devrait passer «avec un peu de chance ».

 

On y apprend encore que « la gauche, qui part à trois, devrait obtenir en toute bonne mathématique électorale au moins deux sièges ». Thierry Apothéloz, avec un mépris assez saisissant, est immédiatement qualifié de « joker », puis de « falot ». Donc voilà élus Anne Emery-Torracinta et Antonio Hodgers. Le dernier siège devrait se jouer entre Mauro Poggia et le joker. Dans un réflexe digne des plus riches heures des Fronts républicains contre la Bête immonde, l’éditorialiste choisit le joker. Et voilà notre septuor. Pas belle, la vie ?

 

Le septuor désigné par le rédacteur en chef de la TG se trouve être, par le plus grand des hasards, à peu près le même que celui du « sondage » (sur le prodigieux échantillon de 213 personnes) publié cette semaine par le même quotidien. Dans ces conditions, nous les citoyens, qui recevons des enveloppes de vote, faut –il absolument que nous perdions notre temps à accomplir notre devoir électoral ? Puisque de toute manière, Pierre Ruetschi le fait pour nous. La TG, par deux fois en quelques jours, ne nous dit même plus pour qui il faut voter, dans la bonne tradition du Nouvelliste de mon enfance. Non, elle franchit une étape supplémentaire : elle nous dit qui sera élu.

 

A ce niveau-là, la géniale Cassandre et la Pythie de Delphes apparaissent comme des apprenties, des modèles de cécité et d’impéritie. Citoyens, plus la peine de voter, ni même de se triturer les méninges : Pierre Ruetschi a déjà tous les résultats, Céline Amaudruz et Eric Stauffer ne sont même pas nommés, François Longchamp entre au Panthéon des hommes d’Etat, et Pierre Maudet peut s’enorgueillir, après seize mois, d’un bilan. Quant au « tournoyant Barthassat », notre bleuté prophète, après avoir réglé son sort avec cette chiquenaude verbale, l’envoie tournoyer en d’improbables tournois. Dieu que la vie est belle, lorsque les géomètres du prévisible nous délivrent de nos périssables incertitudes.

 

Pascal Décaillet

 

 

18:46 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Pierre Ruetschi, c'est le même qui déclarait à Eric Stauffer lors du pseudo-débat TG: "les statistiques de la police démontrent que la criminalité est en baisse sur le canton. C'est embêtant pour vous, c'est dommage pour le MCG dont le fonds de commerce est basé sur l'insécurité!"
Et paf, ce matin la TG ne peut éviter le braquage de trop à Chêne-Bourg! Sans lien direct avec la réalité bien sûr!
Quel triste personnage!

Écrit par : J-F Girardet | 02/11/2013

C est qui pierre rutschi ? Nobody !

Du niveau du joker falot ....dont je veux qu il reste a sa place actuel afin de faire enfin ce qu il a faussement pretendu avoir accomplit !

Écrit par : Thierry | 02/11/2013

Plus rien me surprend de M. (Pierre Ruetschi-TDG) tout d'abord il devrait pas être modérateur d'un débat politique aussi important comme l'élection du Conseil d'Etat. il est trop sarcastique à l'encontre de toutes les candidats de MCG, et maintenant il essaie influencer psychologiquement la population, la délinquance est pleine explosion mais pour eux la criminalité est en baisse ?? un total manque de professionnalisme.

Écrit par : Schneider | 02/11/2013

M. Décaillet,

Vous comprenez pourquoi, à par vous, la Population a quasiment de la haine pour les journalistes?

Vive la propagande! Vive la manipulation! Vive le Big Brother de 1984!

Écrit par : La censure règne en Suisse | 02/11/2013

Le plus gros problème de Pierre Ruetschi est son manque total de vergogne. C'est précisément grâce à des journalistes de ce niveau que les patron de presse perdent des parts de marché. C'est également g^race à des pseudos journalistes de cet acabit que la presse papier dite de fond se fait grignoter par des 20 minutes & Co.

Monsieur Ruestschi ferait tout au plus l'affaire dans un journal de parti ou, si on pouvait remonter le temps "Le Chasseur français" à la rubrique "rencontres".

Mais le plus grave n'est pas ce triste personnage, comme dit le député Girardet, mais que le titre est le seul qui soit principalement orienté sur Genève et que les blogs sont relativement marginaux.

Cela dit, il ne fait guère de doute que Barthassat n'a pas le format de Dal Busco et que Apothéloz ne fait pas le poids face Emery Torracinta, bien que ces comparatifs ne nous garantissent aucunement que les unes et les autres de ces quatre soient de bons gouvernants à l'avenir. Je pense même le contraire!

L'aversion du personnage pour les candidats MCG est pathétique de la part d'un journaliste de presse généraliste.

Pour clore pas trace du gendre-vert. Est-ce pour le protéger de la critique et mobiliser sur son nom l'attention que l'on porte à l'absent?

J'y pense maintenant, avec sa capacité d'aligner des noix sur un bâton et ces recettes électorales aussi évanescentes que des blancs d'oeufs battus, je me demande si M. Ruestchi ne devrait pas faire pigiste chez Betty Bossy!

Écrit par : simon durant | 03/11/2013

Je ne connais pas M. Ruetschi et ses "prévisions" m'amusent. Que "son" Conseil d'Etat soit celui qui sortira des urnes ou non, n'a aucune importance.

J'imagine que le rédacteur en chef de la TG a fait son choix en fonction de sa sensibilité personnelle et de son "analyse" qui vaut ce qu'elle vaut !

Les lecteurs seraient-ils devenus à ce point formatés qu'ils ne seraient plus capables de se forger une opinion personnelle ? Avec M. Ruetschi ou sans lui ?

Écrit par : Michel Sommer | 03/11/2013

Le reflet de cet éditorial repose sur un problème déjà évoqué depuis quelques semaines dans divers billets.
La LONGUEUR interminable de cette campagne qui permet de voir de nombreux dérapages parfois contrôlés et parfois des sorties de route en matière de déontologie.

Monsieur Ruestchi, que je ne connais pas, rompt le cadre éthique qui devrait conduire ses activités journalistiques, mais surtout celles liées à sa fonction de rédacteur en chef d'un journal privé !

On peut le regretter, mais cela ne changera pas le fond du problème autour de l'ensemble de cette campagne peu flatteuse pour l'ensemble de protagonistes que sont les médias et le monde politique.

Il devient difficile de motiver les électeurs et ce genre de travers ne va certainement pas aider.

Au-delà de cet édito, se repose la question de l'indépendance de la TdG et de son respect d'un cadre "moral" et "éthique" au travers de sa position dominante à Genève.

Écrit par : tempestlulu | 03/11/2013

M. Décaillet,

En tant que journaliste pouvez-vous répondre aux questions suivantes?

(a) se peut-il que certains partis proches de la TDG aient reçus à l'avance les questions qui allaient être posées lors du débat public de mercredi soir à Uni Dufour, leur laissant ainsi la possibilité de se préparer à l'avance?

(b) certains politiciens genevois bénéficient-ils de préparations avec ce qu'on appelle les "éléments de langage"?

Merci d'avance.

Écrit par : La censure règne en Suisse | 03/11/2013

@la censure règne en suisse:
Soit vous êtes naïf soit vous aimez provoquer! Je penche pour la seconde option, elle est nettement plus intéressante. Bien entendu que les gouvernants vont à ce genre de débat en étant préparés. Les journalistes de ce niveau ne sont que les laquais de ceux qui les font vivre pour ne pas dire exister.

Mieux des grands communicateurs tel Maudet ou Longchamp disent à l'avance ce qu'ils veulent et avertissent qu'ils ne répondront pas sur d'autres sujets. Cette presse-là partage un point commun avec le gouvernement sortant, la nullité, le résultat ne peut donc qu'être médiocre.

Ce qui est plus préoccupant, et là je m'adresse à M. Décaillet, c'est de savoir pour qu'elles raisons le groupe Hersant/Barbier n'organise pas lui aussi un débat? Il est certain qu'un débat conduit pas Pascal Décaillet n'aurait ni le même profil ni la même tonalité "convenue". On ne peut que le regretter et se demander quel intérêt caché pousse les patrons de ce groupe de presse à ne rien faire. Mess. Barbier-Muller et Hersant étant suffisamment "installés" pour être au-dessus de basses vacations mercantiles, c'est un mystère.

Il reste une semaine et je crois que notre hôte a le temps de faire une tel débat d'ici le 10! CHICHE???

Écrit par : simon durant | 03/11/2013

Joli papier mais il y a trop d'émotionnel et de spinal pour pouvoir en tirer quelque chose.
Revenons-y donc la tête froide et posons les faits
a) P. Ruetschi a osé, contrairement à certains, prendre le risque de pronostiquer un résultat. On peut approuver ou être contre mais au moins il s'est engagé....
b) ...Il s'est engagé certes, mais sans prendre de grands risques puisqu'à quelques exceptions près (la remontée du vert falot) il a répété plus ou moins les résultats du premier tour.
c) ses commentaires et analyses des personnes en question, mis à part des louanges bien trop appuyées à MM. Longchamp et Maudet me semblent assez réalistes.
d) Sur le fond et contrairement aux conclusions de M. Décaillet, je pense que M. Ruetschi rend un immense service au MCG et à l'UDC. En les reléguant en queue de peloton, il va mobiliser leurs troupes qui pouvaient penser que les jeux étaient déjà faits...
Et pour terminer, une question à la blogosphère : pouvez vous penser ne serait-ce qu'une seconde qu'avec des personnages comme MM. Stauffer, Hodgers et Mme Amaudruz Genève pourra se redresser ?

Écrit par : A. Piller | 03/11/2013

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