22/11/2013

La tentation de ne rien comprendre

 

Commentaire publié dans GHI - 20.11.13

 

Le seul signal qui vaille, en cet automne électoral, a été donné le 6 octobre. Le peuple a voulu un déplacement du curseur sur la droite protectionniste, une progression du MCG et de l’UDC, une régression sans appel du PLR et des Verts, et le retour d’Ensemble à Gauche. Cinq semaines plus tard, le même corps électoral a envoyé au Conseil d’Etat un nombre surfait de magistrats de l’Entente par rapport à la représentation parlementaire. Mais c’est ainsi, c’est le jeu, chaque élection a sa logique, tous sont bien sûr légitimes.

 

Mais il faudra qu’ils fassent très attention, ces quatre Messieurs de l’Entente au Conseil d’Etat. S’ils s’imaginent, sous prétexte qu’ils sont majoritaires, qu’ils vont pouvoir mener exactement la même politique que pendant les deux dernières législatures, avec leur libre circulation à tout crin, leur obédience au patronat, leur mythologie incantatoire du « Grand Genève », sans la moindre prise en compte du déplacement du curseur au Parlement, alors ils fonceront droit dans le mur.

 

Ont-ils seulement compris que l’idéologie transfrontalière avait pris, le 6 octobre, un sérieux coup dans l’aile ? Qu’une part montante de la population exigeait davantage de contrôles aux frontières et sur le marché du travail ? Espérons que oui. Sinon, il appartiendra à l’opposition de le leur signaler. Poliment, mais fermement.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

"Ont-ils seulement compris que l’idéologie transfrontalière avait pris, le 6 octobre, un sérieux coup dans l’aile ? Qu’une part montante de la population exigeait davantage de contrôles aux frontières et sur le marché du travail ? Espérons que oui. Sinon, il appartiendra à l’opposition de le leur signaler. Poliment, mais fermement."

On reprend les bonnes vieilles habitudes ! On contrôle, on exclut, on stigmatise.
Et que doit-on contrôler aux frontières ? Les frontaliers ? Ou mieux, sans doute, les truands de Lyon ?
Dès que la crise se sera dissipée et que l'économie aura été "reboostée", la question des frontaliers aura disparu comme elle était apparue.

Les Suisses vont à la gare, disait, je crois, Boris Vian, mais ils ne partent pas. Ne serons-nous donc jamais capables de voir au delà du Fort-l'Ecluse et du Salève ?

Est-ce vraiment trop demander au peuple de Genève d'imaginer un avenir qui s'étend au-delà de ses misérables 282 km2 ?

Écrit par : Michel Sommer | 22/11/2013

@Michel Sommer,

Libre a vous de choisir ce merveilleux avenir au delà des misérable 282 Km, les accords de libre circulation vous y autorise. Mais bizarrement le flux se passe dans l'autre sens, pour venir chez ces tdc étroit d’esprit qui n'ont que des défauts que vous décrivez, allez savoir pourquoi...

Écrit par : Eastwood | 23/11/2013

Dans la pire des hypothèses, les Genevois, en mal d'identité suisse, seraient-ils d'accord que le Canton soit annexé à la France et devienne le 102e département français ? Non, le ciel n'est pas radieux et la crise est loin d'être dissipée, au contraire. Réguler les frontières est une nécessité, y compris pour nos pays voisins.

Écrit par : Aurélien | 23/11/2013

Je reviens sur ma précédente intervention. Je n'y vais pas prêté une attention suffisante et je dois avouer que les termes "idéologie transfrontalière" m'ont paru nettement exagérés si l'on s'en tient à la définition même du terme idéologie.

S'agirait-il d'un artifice sémantique de votre part afin de provoquer un débat plus profond sur le sujet ou considérez-vous réellement les tenants du "grand Genève" - même si le terme n'est peut-être pas le mieux approprié - comme des idéologues au sens premier du vocable, à savoir imposer leur vision à une population qui d'après ce qui ressort de vos propos n'en voudrait pas !

Écrit par : Michel Sommer | 23/11/2013

Cher Michel votre réplique est pour le moins sommaire.

Ce que nous demandons c'est un équilibre entre raisonnement purement patronal et donc financier, et une prise en compte raisonnable des intérêts des habitants de Genève, légalement installés sur son territoire. Cela sans parler de la Souveraineté de notre Etat et donc la préservation de son service public dont trop de postes importants sont anormalement occupés par des étrangers domiciliés à l'étranger.

Les personnes qui habitent Genève méritent plus d'attention que celles et ceux que l'on importent dans notre marché du travail sous le très faux prétexte que nous ne trouvons pas ces compétences à Genève.

Il est vrai que nous n'avions pas ici de personnes assez fourbe et d'aussi basse visées que M. Falciani. Le dieu profit qui est le seul moteur d'établissements tels que celui qui l'employait lui a fait baisser la garde avec le magnifique résultat que nous avons tous admiré, la vente et pire l'achat de données volées.

Vous avez raison cher Michel, il nous faut impérativement recruter des tels félons pour nous permettre de réaliser que nos voisins directs, dont la moralité des gouvernants n'est pas meilleure que celle du voleur, crèvent de jalousie de notre modèle.

Accréditer votre vision de Genève revient à donner raison à ces Etats qui, non contents de piller leurs citoyens viennent nous faire la morale.
Que je sache nous n'avons jamais eu de colonies, nous n'avons jamais eu pour projet d'envahir le monde pour qu'il pense comme nous. Or ce sont bien ces politiques débiles et dévastatrice qui conduisent ses Etats à nous attaquer sur le pilier central de notre système, la protection de la sphère privée et de la libre entreprise.

Contrairement à ce que vous et une partie de vos amis occasionnels n'avez pas encore tout à fait compris c'est que les habitants de Genève, citoyens ou non, ne veulent plus de votre modèle permissif.

Une sévère décrue de l'emploi bancaire, induit par une politique fédérale irresponsable, va mettre sur le marché une quantité non négligeable de personnes qualifiées et responsables. Il appartiendra donc à l'exécutif de procéder, en toute légalité et selon les règles en vigueur, à l'échange de ses étrangers domiciliés à l'étranger par des personnes résidant à Genève et devenues demandeuses d'emploi. Ce d'autant plus facilement qu'une grande partie des emplois perdus trouvent leur cause chez le voisin. C'est donc une première réponse du berger à la bergère.

Les Genevois ont clairement, en renforçant la gauche authentique et la droite souverainiste parlementaires, indiqué qu'il veulent que notre République se comporte comme telle. Elle doit veiller à leur avenir professionnel dont dépend notre prospérité collective. C'est la d'ailleurs la tâche principale d'un Etat, n'est-il pas?

Pour y parvenir nos forces de travail doivent être formées aux techniques et méthodes les plus modernes, aussitôt que vient le moment de choisir une voie professionnelle. De même elle doit veiller à ce que l'école ne soit pas un laboratoire permanent qui déstructure au lieu de préparer.

L'enjeu central de la prochaine législature est donc bel et bien la formation au sens le plus large qui soit. De ce point de vue, il n'est pas du tout certain que ce département doive aller à la personne qui a centré sa campagne sur ce seul dicastère. Tout au contraire, il devrait échoir à un magistrat expérimenté, libéré de tout enjeu politique futur et surtout franc de toute tutelle d'une nomenklatura aussi pesante que néfaste.

C'est au prix de l'excellence que Genève a toujours sorti son épingle du jeu. Soit celle de ses industriels soit celle de la pensée de ses ressortissants qui, à l'époque moderne, ont porté haut et fort loin les couleurs de notre petite République.

L'ouvrir à tous les vents serait une erreur mortelle pour elle.

Il suffit de constater les effets de cette orientation politique à l'échelon fédéral pour comprendre que les inconvénients dépassent largement les avantages.

Une fois de plus le Peuple est d'une immense sagesse et il a eu raison de vouloir un parlement qui raidisse les frontières politiques, qu'elles soient à gauche ou à droite.

Tout comme notre hôte lorsqu'il invite l'Entente au respect des formations qui composent l'Exécutif avec elle. Le jeu d'équilibre sera non seulement délicat mais déterminant pour la mise en œuvre de la nouvelle constitution qui s'impose à tous, y compris ceux qui, parmi ses membres n'en voulaient pas. En dépit du culte qu'ils vouaient à l'ancienne, le Peuple a voté la nouvelle; la messe est dite et il faut l'appliquer.

Attendons cette répartition avec sérénité. L'ensemble sorti des urnes permet de l'être tant les personnes qui composent le collège semblent elles-même l'être dans leurs contacts directs. Ce fait, à lui seul, constitue une grande différence avec l'état d'esprit précédent.

Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Écrit par : Patrick Dimier | 23/11/2013

"nous n'avons jamais eu pour projet d'envahir le monde"

Ah bon, Nestlé & Cies n'ont jamais dépassé nos frontières...

Écrit par : Johann | 23/11/2013

@Johann, vous êtes confronté à un problème sémantique. Envahir ne veut pas dire conquérir. Il y a dans la conquête de la place pour une confrontation d'arguments et de choix. Envahir implique la force et la violence militaire.

En économie, les sociétés auxquelles vous faites référence, se confrontent à des concurrents et gagnent des parts de marché grâce à leur volonté de produire mieux qu'eux.

La Suisse n'a jamais eu pour projet d'envahir le monde, je maintiens.

Écrit par : Patrick Dimier | 23/11/2013

"Envahir implique la force et la violence militaire."

Il me semble que c'est vous qui êtes confronté à un problème sémantique. Vous n'avez pas le monopole de la définition d'"envahir" qui peut aussi avoir les sens suivants :

Se rendre en très grand nombre dans un lieu : L'été, les touristes envahissent le village.
Être répandu sur une étendue, la couvrir, la remplir : Les papiers envahissent le bureau.
Gagner entièrement une étendue, en parlant d'un phénomène : L'ombre envahit le jardin.
S'imposer, atteindre, concerner de nombreux points d'un lieu, de nombreux éléments d'un groupe, gagner un domaine : Cette mode a envahi la France.
S'étendre, se répandre sur le corps de quelqu'un : Visage envahi de boutons.
Gagner l'esprit de quelqu'un et s'imposer à lui, en parlant d'une idée, d'un sentiment : Une joie folle l'envahit.
Prendre trop de place, toute la place avec des objets : Il envahit toute la chambre avec ses cartes.
Familier. Venir chez quelqu'un et l'importuner en occupant une place excessive, abusive, en demandant trop de son temps : Elle vient nous envahir tous les dimanches.

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/envahir/30115

Maintenant si vous préférez conquérir, ce n'est guère mieux et peut aussi avoir un sens militaire encore plus fort qu'envahir.


"En économie, les sociétés auxquelles vous faites référence, se confrontent à des concurrents et gagnent des parts de marché grâce à leur volonté de produire mieux qu'eux."

Comme si des sociétés n'étaient pas prêtes à tout pour "gagner des parts de marché" (corruption, dumping, etc.).

Mieux que le lait maternel? Cela ne vous rappelle rien?

http://jrdf.unblog.fr/2008/01/14/le-lait-nestle-continue-a-tuer/

Ne soyons pas naïfs.

Écrit par : Johann | 23/11/2013

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