03/12/2013

La Suisse a le droit de contrôler ses flux migratoires

 

Chronique publiée dans Tribune (Le Journal du PLR vaudois) - No 10 - Mercredi 27.11.13

 

Le 9 février prochain, nous voterons sur l’initiative de l’UDC « contre l’immigration de masse ». Puis, plus tard, sur Ecopop. Le débat électoral, en 2014, sera puissamment axé sur l’idée de contrôler les flux migratoires. Ça n’est certes pas la première fois (j’avais douze ans, en 1970, lors de l’initiative Schwarzenbach et les adultes, autour de moi, ne parlaient que de cela), et ce ne sera pas la dernière : depuis les origines de la Suisse moderne, la question migratoire est à l’ordre du jour dans notre débat national, le peuple en a maintes fois été saisi, cette dialectique nous est coutumière. Mais cette fois, le contexte est différent : après avoir accepté la libre circulation des personnes, en 2000, les Suisses y demeurent sans doute favorables, mais assurément ne veulent plus en entendre parler comme d’un dogme, un mythe intouchable, une Arche sainte, inattaquable. Ils veulent des correctifs, des mesures d’accompagnement, un contrôle beaucoup plus sévère du marché du travail. Et ils en ont un peu assez de la déification des exportations comme seuls paramètres devant être pris en compte.

 

Les Suisses ne veulent évidemment pas fermer les portes de leur pays, il n’a jamais été question de cela. Mais juste contrôler mieux qu’aujourd’hui les flux migratoires. Comme n’importe quel pays de cette planète en a le droit, et même le devoir, pour protéger les intérêts supérieurs de sa population. Comme le rappelle mon confrère François Schaller, de l’Agefi, la Suisse en est à sa septième année consécutive d’accueil de plus de cinquante mille Européens par an. « L’équivalent annuel, précise-t-il, de Lugano. Ou de Saint-Gall. Ou de Neuchâtel et la Chaux-de-Fonds réunis ». Cet afflux massif, dans une géographie qui se trouve être, par la force des choses, un espace de confinement et de réduction : notre Plateau n’est pas extensible à souhait, et notre pays n’a rien de comparable avec les plaines de Silésie ou de Belgique. Dans ce contexte, ne pas vibrer d’extase face à l’idée d’une Suisse de 12 ou 14 millions d’habitants ne relève en rien de la xénophobie, mais simplement du bon sens.

 

A partir de là, je m’adresse à la droite PLR, lectrice de ce journal. Vous entendez être le parti de l’économie, soit. Vous êtes favorables à la libre circulation, que vous considérez comme un facteur de prospérité. Mais en même temps, vous êtes citoyennes et citoyens, sans doute comme moi parents, et vous vous sentez responsables de la Suisse que vous léguerez à vos enfants. Voulez-vous que notre pays, d’ici vingt ou trente ans, se mettre à ployer sous la pléthore, pulvériser sur le Plateau les records de densité, étouffer dans l’immobilité des transports ? Et notre paysage, l’un des plus beaux qui soient, partie prenante de notre imaginaire, de notre rapport affectif à la Suisse, n’avons-nous pas le devoir d’en conserver le magique équilibre ? A cet égard, l’initiative dite « Ecopop », sur laquelle nous reviendrons, pourrait bien, à l’instar de celles de Franz Weber ou de la Protection des Alpes, réserver des surprises aux bobos citadins.

 

Lecteur PLR de ce journal, vous avez raison de soutenir les échanges. Mais si vous continuez à vénérer la libre circulation comme une déesse immaculée, sans vous engager à fond pour des mécanismes correctifs, vous irez, dès 2014, vers de graves revers et de pénibles déconvenues.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

Bien de la peine à croire que ce message influe sur ces belles âmes vendues à la finance internationale. Dans le Chablais, on a eu un ingénieur forestier - notable radical : syndic, député à Berne puis conseiller d'état - entrepreneur en TP qui a construit des routes forestières parfaitement inutiles dans les plus beaux coins de la région avec des subsides fédéraux pour lutter contre la mort des forêts. Lui s'en foutait, il s'est acheté un mas dans un coin perdu de Provence...
C'est malheureux à admettre, mais le PLRS (PLR + PS), c'est d'abord et avant tout une mafia dont le seul but est de faire s'enrichir leurs membres le plus vite possible. Et pour cela, il faut laisser entrer 80'000 personnes de plus chaque année, leur construire d'immondes immeubles et bétonner jusqu'au dernier mètre carré de terre agricole. Après tout, comme le disait Charles Ponzi, pardon Charles Poncet, le PLR le plus typique qui soit, l'agriculture suisse est une putain décatie. Donc qu'elle crève et bouffons de la merde agricole chimique française, les rois des pesticides. Vous savez quoi ? Je suis un immense privilégié : je n'ai pas d'enfants. Sinon, je crois que je deviendrai vraiment violent...

Écrit par : Géo | 03/12/2013

Tiens, à propos de belles âmes. Le dernier des Mohicans, le dernier journaliste à n'être absolument pas formaté ni de loin ni de près par la political correctness est parti chasser dans les prairies du Grand Wacondah. Adios y hasta luego, Jean-Pierre Mc Donald...

Écrit par : Géo | 03/12/2013

"(...)Mais en même temps, vous êtes citoyennes et citoyens, sans doute comme moi parents, et vous vous sentez responsables de la Suisse que vous léguerez à vos enfants. Voulez-vous que notre pays, d’ici vingt ou trente ans, se mettre à ployer sous la pléthore, pulvériser sur le Plateau les records de densité, étouffer dans l’immobilité des transports ? Et notre paysage, l’un des plus beaux qui soient, partie prenante de notre imaginaire, de notre rapport affectif à la Suisse, n’avons-nous pas le devoir d’en conserver le magique équilibre ? A cet égard, l’initiative dite « Ecopop », sur laquelle nous reviendrons, pourrait bien, à l’instar de celles de Franz Weber ou de la Protection des Alpes, réserver des surprises aux bobos citadins.(...)"

Il faut appeler un chat un chat : ce que veulent les initiants, c'est stopper l'accroissement de la population en Suisse sous des couverts démago-écolos-économico protectionnistes. Pour faire passer la pilule, on appelle cela des mesures d'accompagnement ou un contrôle des flux migratoires.

On oublie trop souvent que notre population vieillit et qu'en fermant nos frontières - c'est de cela qu'il s'agit n'est-ce pas - les actifs ne seront dans quelques décennies plus en mesure de financer la retraite des "anciens".

Revenons donc au "bon vieux temps", celui des contingents et leurs cortèges de paperasserie administrative, de drames aussi par absence de regroupements familiaux. Evidemment les bénéficiaires de forfaits fiscaux ne seront pas touchés par les "mesures d'accompagnement".

Triste pays - qui est le mien - et qui s'accroche à son paysage en faisant croire que les autres - les étrangers - viennent salir tout cela. Consternant.

Mais à force de bétonner nos frontières et d'avoir l'illusion que l'"Alleingang" nous sauveront de ces hordes d'étrangers - surtout venus de l'est et profiteurs à souhait nous conduiront dans une situation intenable. Il arrivera un moment - peut-être plus proche que l'on pense - où les gens ne viendront plus contribuer à notre richesse, ils débouleront juste pour se l'approprier. Avec ou sans notre consentement. Et aucune initiative n'y pourra rien.

Je que je souhaite transmettre à mes petits-enfants, c'est avant tout un esprit de solidarité qui fait de plus en plus défaut dans cette "Helvétie qui réussit si bien".

Écrit par : Michel Sommer | 03/12/2013

La Suisse a-t-elle le droit de contrôler ses flux migratoires ou la Suisse en a-t-elle le devoir, devoir, de "responsabilité"? La Suisse est-elle encore reine et maîtresse chez elle, ou, définitivement, comme si de rien n'était, la Suisse est-elle placée, de plus en plus, sous la tutelle et férule ("sanctions", "bons et nauvais écoliers"!) de Bruxelles, notammen?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 03/12/2013

Pour faire accepter la libre circulation des personnes, les Conseillers fédéraux ont promis monts et merveilles au gentil peuple suisse qui hésitait à voter « oui ». Ils nous ont promis que les assurances sociales ne prendraient pas l’ascenseur, que des logements seraient construits en abondance, qu’il y aurait des créations d’emplois, que le taux de chômage n’augmenterait pas (en partie vrai pour certains cantons), que notre beau pays serait préservé, bla-bla-bla. Que les Suisses devaient réserver bon accueil aux futurs immigrants ou expatriés car notre économie en avait besoin… Et, cerise sur le gâteau, ils nous ont assuré que ni la criminalité, ni la pauvreté ne s’infiltreraient dans notre pays par la suppression des frontières.

Treize ans plus tard, les statistiques prouvent le contraire. Si une majorité de Suisses approuve moyennement la libre-circulation des personnes, une frange de la population souffre face à une hausse du chômage, à une pénurie du logement, à la spéculation immobilière, aux coûts sociaux (y c. primes d’assurance) qui explosent et, surtout, à la criminalité qui a augmenté de + 100% faisant des ravages dans tout le pays !

A Infrarouge, un spécialiste des questions d’immigrations a affirmé, la bouche en cœur, que toute personne n’ayant pas trouvé de travail en Suisse au bout de trois mois devait, selon les accords, retourner dans son pays d’origine, que les entreprises seraient mieux contrôlées pour éviter le dumping et le travail au noir, bla-bla-bla. A mourir de rire : il n’y a précisément aucun contrôle sur ces points délicats. D’ailleurs, qui n’a pas observé à Genève par exemple que des personnes restent en Suisse, sans travail, sans revenu, s’adonnant à des activités illicites et bénéficiant, voire profitant, de notre système social.

Pour l’heure, le peuple suisse hiberne sur ses deux oreilles, l'oeil entrouvert, quel sera sa volonté le 9 février prochain ?

Écrit par : Aurélien | 03/12/2013

Oui, la vision à long terme, doit revenir dans le cerveau de pois-chiches de certains de nos élus et d'urgence, dans tous les domaines.

Ooops, j'ai peut-être outrepassé la charte.

Écrit par : Jmemêledetout | 03/12/2013

Vous dites que les Suisses veulent un contrôle beaucoup plus sévère. Il faudrait le démontrer. Les Suisses veulent aussi moins d'état, plus de libertés. Et ce dont ils ont le plus besoin, c'est d'un projet. Mon sentiment est que la Suisse est médiatiquement dirigée par une équipe de retraités nantis, qui attendent, sans que surtout quelqu'un les fasse chier, la mort. Adieu donc l'accueil de l'autre dans sa richesse, adieu donc l'amour de la différence, adieu donc à tous les talents brisés. Voici ma seule philosophie : accueillez l'autre, malgré votre peur, vos doutes, votre fatigue ! Le projet, il est là ! On a enterré Marx, et on s'en est donné de la peine ! Mais ne comprenez-vous pas que la prochaine grande guerre (la vraie) n'opposera pas les nations, mais les intérêts ?

Écrit par : Voyages | 03/12/2013

La prise de conscience que nous sommes trop nombreux sur Terre se fait, certes très lentement, mais elle se fait. Mais que restera-t-il à sauver quand les décisions devront être prises.

Ce sont notamment les idéologies des monothéismes qui poussent à l'expansion humaine. "Croissez et multipliez!" Et aussi la volonté de puissance. Avoir de la chair à canon sous la main. Il y a le choix, soit réguler la population par la raison, soit par la guerre, la famine, la maladie.

Et si un virus mortel (style Ebola + influenza) était en préparation... avec son vaccin?

Écrit par : Johann | 03/12/2013

La Suisse n'est qu'un terrain de jeu pour le PLR qui aime jouer au MONOPOLY. Peu importent d'où viennent les joueurs pourvu que la caisse se remplisse. Mais le jour viendra où le PLR lui-même n'aura plus envie de jouer tant le terrain de jeu sera envahi et n'offrira plus qu'un spectacle de désolation. Le PLR a ouvert la bouteille dans laquelle sommeillait le génie et ce dernier a exhaussé son veux qui consiste à l'enrichir de pièces d'or jusqu'à ce qu'il crie ASSEZ. Mais ce sera trop tard et le PLR comme le reste de ce pays étouffera sous le poids de la surpopulation.

Écrit par : norbertmaendly | 04/12/2013

15 ans de bataille, d'explications, d'avertissements pour en arriver là! C'est déprimant! Je suis montée au front encore après l'éviction de Blocher en décembre 2007, c'est d'ailleurs là que j'ai adhéré à l'UDC!

Et maintenant qu'est-ce qu'on fait, du rétropédalage en permanence, nous sommes dirigés par des incompétents et des lâches, mais la majorité parlementaire l'a voulu et voilà, maintenant, nous sommes vraiment dans la m.......!(Ayant perdu la votation sur Schengen, on se disait bon ben quand ils auront les pieds bien dedans, ils auront compris...Nous y sommes...non?)

Franchement, j'en ai marre, c'est l'automne qui veut ça peut-être, mais pour une fois j'avais envie de dire que je suis déçue, laminée d'avoir eu raison (avec mon camp) trop tôt, car maintenant c'est trop tard!

Écrit par : Corélande | 04/12/2013

Michel sommer@ Jamais entendu parler du jeu de l'avion ? de Charles Ponzi ? de la cavalerie ? A un moment donné, la Suisse va se retrouver avec des millions et des millions de retraités d'origine étrangère alors que la crise sera mondiale ?
On va payer comment ces retraites-là ? En faisant venir des milliards d'étrangers ? Ah ben zut alors, tout est déjà bétonné...

Écrit par : Géo | 04/12/2013

Vous ne sauriez être plus clair et je n'ajouterai rien, juste ABE

Écrit par : Lucie | 04/12/2013

Bonjour M. Décaillet,

Désolé d’arriver sur le tard, mais cela m’a pris du temps de compiler des données pour argumenter et justifier ce qui suit.

Bien sûr, je suis d’accord avec votre argumentation. Et je pense qu’il faut proportion garder et que nous les avons dépassées depuis longtemps.

Principe de proportionalité:

Tout ce que j’ai compilé ici sur les lois du travail pour les étrangers dans divers pays est documenté grâce à un lien direct vers la source.

Au Brésil (pays de 199 millions d’habitants), au minimum 66.67% des emplois et de la masse salariale (conditions cumulatives) doivent revenir à des brésiliens.
http://www.justlanded.com/english/Brazil/Brazil-Guide/Jobs/Introduction

En Inde (pays de 1.237 milliard d’habitants), le nombre d’étrangers ne peut représenter plus de 1% des emplois d’une entreprise.
http://totallyexpat.com/global-immigration-news/india-foreign-national-worker-quota-introduced-foreign-hiring-limited-to-less-than-1-of-an-employer%E2%80%99s-workforce/

A Singapour (pays de 5.3 millions d’habitants), les quotas sont en cours de réduction et seront les suivants :
Dans les Services Maximum 45%.
Dans l’Industrie Maximum 60%.
Dans les autres domaines Maximum 20%.
http://www.peregrine.im/newsletter/RBr00f2144
Depuis 2009 que, suite à la pression de l’opinion publique, le Gouvernement singapourien a commencé à rendre plus difficile l’accès au marché du travail aux étrangers peu qualifiés, le taux de chômage est passé de 3.3% à 1.8%...

En Arabie Saoudite (pays de 28 millions d’habitants), les quotas vont de minimum 65% de saoudiens dans les grandes compagnies comme la Saudi Investment Bank à minimum 10% chez les petits distributeurs. L'Arabie sSaoudite n'hésite pas d'ailleurs ces derniers mois à renvoyer en masse les travailleurs étrangers.

En Thailande (pays de 67 millions d’habitants), la limite est à 20% d’étrangers dans une entreprise. Le taux de chômage se situe à 0.67% en hausse par rapport au 0.39% de fin 2012…

Je remarque que tous ces pays ne sont pas des nations blanches. On ne peut donc pas les accuser de racialisme supprématiste aux relents nauséabonds. Non, c’est le bon sens de Gouvernements qui cherchent à protéger leur population et à la favoriser. Quoi de plus noble et légitime de la part d’un Etat ?

Donc, si ces pays le font nous nous devons aussi de le faire pour protéger notre population et son bien être. Car, à quoi cela sert-il de créer des centaines de milliers d’emplois si c’est pour les donner à d’autres et faire monter le taux de chômage. Je préfère n’en créer que quelques dizaines de milliers et faire baisser le taux de chômage de ma population. Rappelons nous que pendant des décennies la Suisse avait 0.5% de chômage. Aujourd’hui, c’est 3.5% (7 fois plus qu’avant!). Et cela ne tient compte ni de ceux qui disparaissent des statistiques après 18 mois car ils n’ont plus droits aux indémnités chômage ni les frontaliers qui eux augmentent les statistiques de leur pays de résidence. Alors, oui ! Face aux mensonges que le PDC-PLR-PS-Verts et les médias activement complices nous on fait ingurgiter pour nous tromper en rentrants dans les accords de travail avec l’Europe, il faut accepter cette initiative.

Écrit par : La censure règne en Suisse | 11/12/2013

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