27/12/2013

L'Evangile selon Saint Philippe

 

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Vendredi 27.12.13


 
En écoutant la RSR, ce mardi 24 décembre, Veille de Noël, entre 18h et 19h, toute la Suisse romande a eu droit, dans un discours admirablement articulé en trois points, aux lumières de Philippe Bender. Grand invité du journal, fil rouge, il a beaucoup parlé. Au point qu’on a pu, un moment, se demander s’il n’était pas lui le meneur de la tranche, et les journalistes, ses invités. Oui, peut-être était-il l’officiant, et nous les agneaux de passage. La nuit de Noël était déjà tombée, la comète ne se devinait pas trop derrière les nuages. La myrrhe, l’or et l’encens se faisaient encore désirer. Mais la Sainte Parole, nous l’eûmes. La Lumière, avec un grand « L ». La parfaite architecture du raisonnement. La Raison, avec un grand « R ».


 
L’intéressé n’a rien à se reprocher. Il répond à des invitations, c’est son droit. Il donne son avis : il en a, comme n’importe quel citoyen, toute latitude. Mieux : il a au moins, lui, l’honnêteté de corriger sa propre présentation, précisant qu’il n’est pas seulement « historien », mais militant « attaché à un parti » (le PLR), ce que tout Valaisan sait depuis des décennies, mais dont tout auditeur romand n’a pas nécessairement connaissance.


 
Le problème, à la RSR comme dans d’autres médias, c’est cette incurable habitude de le présenter comme un simple « historien ». Et dans cette tranche horaire où il a, depuis des années, ses habitudes, tant il y est invité, on omet si souvent de décliner une nature militante dont lui n’a jamais cherché à se cacher. Là où le bât blesse, c’est donc dans l’intention réelle de l’invitant, non dans celle de l’invité. Car en cette Veille de Noël, « l’historien, mémoire vivante » ne s’est pas contenté de parler – fort bien, d’ailleurs – du fédéralisme suisse, mais, selon le principe de l’émission, on l’a invité à réagir à l’actualité. Par exemple, par le plus grand des hasards, à l’affaire Giroud.


 
Et lui, serviable, en invité qui ne se dérobe pas, en a profité pour nous caser son monologue. Magnifique péroraison, où il n’eut pas le loisir d’être interrompu, et où, de moins en moins historien et de plus en plus canal historique, il nous livra (en trois points) une appréciation visant à charger la thèse de la responsabilité politique, et dénoncer le pouvoir majoritaire. Et cette charge, bien entendu par hasard : on avait juste profité de sa présence pour rebondir. C’est fou, en certaines veillées, comme la Sainte Coïncidence fait bien les choses.


 
La même, d’ailleurs, à laquelle nous eûmes droit, toujours sous couvert d’expertise historique, dans les moments les plus brûlants de l’affaire Varone. Au fond, dans cette tranche horaire de la RSR, chaque fois que se produit en Valais un événement avec un peu d’enjeu et un peu d’ambiance, on convoque le Maître des Lumières. C’est récurrent, rituel, liturgique. Ça tombait bien : la nuit de Noël pouvait commencer.


 
Pascal Décaillet

 

10:21 Publié dans Chroniques éditoriales Nouvelliste | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Bonjour,

Si Monsieur Philippe Bender se prend pour le chantre du PLR du Valais, à l’instar d’un Adolphe Ribordy ou de son frère Léonard, il n’a jamais permis à une élection de réussir dans son terroir communal. Il a plutôt toujours choisi de diviser et non pas de rassembler, comme à l’époque où lui et les siens n’étaient que des suppôts des catholiques-conservateurs dissidents Henri Dorsaz (président de Fully pendant un peu plus de deux mois !) et après son décès prématuré, de son fils Jean si bien connu en Suisse romande (mais pas, cependant, correctement, lorsque l’on parla tant de ses déboires financiers). Le parti radical a durablement été fragmenté par ses incessantes invectives, et en cela, il n’a pas fait mieux que son grand-père Etienne-Philippe Bender, dernier président libéral-radical de Fully (comme notre parti politique s’appelait alors !) jusqu’en 1924. D’ailleurs, l’héritier politique de feu Henri Carron, président de commune de 1924 à 1956, n’était autre que ce cher Henri Dorsaz ; il est à noter aussi qu’Henri Carron a été bien aidé dans son accession au pouvoir par l’incompétence crasse d’Etienne-Philippe Bender et surtout par les voix apportées par le dissident libéral-radical Hermann Boson, le grand-père de Philippe Bender.
En fait de donneur de leçons de radicalisme valaisan, il devrait plutôt la boucler et par là, empêcher les vieux radicaux valaisans de quitter ce parti à tendance gauchisante pour former le grand parti conservateur national sans obédience religieuse que deviendra l’Union démocratique du Centre (le « Schweizerische Volkspartei » en juste appellation). Son appréciation de la politique valaisanne est bien trop orientée et toujours biaisée par ses propres projections de ce qui devrait être que je ne peux pas comprendre que la « RTS » obligatoire comme un impôt injuste, continue de le solliciter comme un « historien » de la politique du Vieux-Pays, alors qu’il n’officie souvent que comme un scribouillard brouillon et partisan. Gageons qu’il tire aujourd’hui ses dernières cartouches, l’ancien lieutenant des grenadiers de montagne !

Écrit par : simonius | 27/12/2013

La politicaillerie valaisanne dans ce qu'elle a de pire. Ah ouais dis donc, la fille à l'Héritier elle a épousé le fils à Augustin, celui qui a les vignes en dessous des miennes ? Mais alors, au prochain remaniement...
Et bla, bla, bla. Cela fait combien de temps à Genève, Pascal Décaillet, pour retomber dans cette daube clochemerlesque ? Pourquoi laisser passer ce commentaire de Simonius sans réaction ? Sans exprimer votre indignation face à ces remugles de basse cuisine partisane ?

Écrit par : Géo | 27/12/2013

Merci de l'avoir publié. J'aime trop le côté positif des Valaisans pour laisser passer cette vision népotiste : le Philippe est le petit-fils de...
Comme déjà dit, Philippe Bender était mon caporal lors de l'ER 214 à Losone, et ces gens-là, les cadres, étaient tous des gens très nobles et très respectables. Tous. Et tiens, pour en rajouter une couche : je ne savais pas que Philippe Bender avait réussi à devenir lieutenant et j'aurais parié que non, si on m'avait demandé : trop intellectuel, pas assez dur. Il n'y a pas dans l'armée suisse des années 70 de grade plus difficile à obtenir que celui-ci (je parle des grenadiers de montagne, est-ce bien clair ?), et ils ne sont pas si nombreux que ça à y être arrivé. Et rien que cela mérite du respect, Simonius, qui que vous soyez.
Et à côté de cela, mais cela a été dit par Pascal Décaillet, Philippe Bender est un intellectuel valaisan très intéressant. Et honnête, parce que lui, au contraire des journalistes de la RTS tous socialistes, indique sa couleur politique...

Écrit par : Géo | 27/12/2013

Il a surement tiré sa dernière grenade l'historien de service. Lors de la campagne il a été odieux envers Oskar Freysinger et a dû se retrancher après la magistrale élection.....plus vu sur l'antenne et c'est pas faute d'apprécier son absence bien trop partisane et très peu objective...du coup!
Qu'il officie de plus en plus à la radio romande c'est un plaisir puisque je ne l'écoute plus.
Il y a bien mieux à faire en Valais que d'essayer de transformer en victoire la veste que se sont ramassés les vieux-radicaux qui par opportunisme, toujours, se rallient aux PDC!
Sachez encore que dans les travées du Grand Conseil les jeunots du dit- parti s'en donne à cœur joie pour mettre les bâtons dans les roues du Nouvel si bien Elu....et ça c'est loin de profiter au Valais!
Les cadavres dans les placards ça puent, il faudra bien qu'ils sortent et que les responsables paient les pots cassés!

Écrit par : Corélande | 27/12/2013

Toute l'ambiguité de la notion d'historien : regardez le rapport de la commission Bergier : 20 mille pages - donc illisibles - payées 1000 francs la feuille à une troupe d'historiens les plus gauchistes et internationalistes possible. C'était comme demander une expertise économique neutre de la Suisse à Jean Ziegler...

J'ai entendu Bender à la radio et il s'est lui-même désigné comme radical, ce qui est un signe d'honnêteté suisse devenu très rare. Le Brésil veut acheter des Gripen ? On convoque Christian van Singer sans même le présenter et lui n'en fait rien. Cette malhonnêteté intellectuelle évidente des médias suisse-romands a été dénoncée récemment par l'auteur de ce blog, soit dit en passant.
Et alors, qu'un radical attaque un UDC, cela fait partie de l'ordre des choses et si on fait de la politique, on ne s'en offusque pas. A charge de revanche, et la grosse claque, c'est bien Varone, le radical, qui l'a prise, non ?

Écrit par : Géo | 29/12/2013

Sauf que, merci à Géo de l’invoquer, dans le cas précis, l’on n’a manifestement pas affaire à un historien au sens académique du terme, ce que j’ai parfaitement le droit de relever. Mais même sans s’arroger ce titre, il a parfaitement le droit de s’exprimer dès lors que la RTS ou l’un de ses suppôts le réclament. D’où toute l’ambigüité de ce terme que beaucoup s’affublent sans pour autant remplir les conditions généralement admises pour en faire partie !

Écrit par : simonius | 29/12/2013

"l’on n’a manifestement pas affaire à un historien au sens académique du terme"
Quelle foutaise ! Hans-Ulrich Jost, gauchiste de chez gauchiste, Jean Patou, encarté chez les communistes, c'est-à-dire les fascistes rouges, ce sont de vrais historiens, eux ? Ils sont très académiques, pourtant...

Écrit par : Géo | 04/01/2014

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