06/01/2014

Infrarouge, une émission au service du pouvoir ?

 

Sur le vif - Lundi 06.01.14 - 09.49h

 

Didier Burkhalter sera demain soir le grand invité d’Infrarouge. Dans la promo qu’elle propose elle-même sur son site, l’émission écrit ceci : « A peine entré en fonction, le président de la Confédération dispose d'un mois à peine pour gagner sa première bataille : faire échouer l'initiative contre l'immigration massive. Défenseur de la libre circulation, le discret Didier Burkhalter devra aller au contact pour convaincre. Quelle est sa stratégie ? Peut-il redonner de l'élan à une relation Suisse-Europe qui s'essouffle ? Saura-t-il sortir de sa réserve pour empêcher la Suisse de se replier ? ».

 

 

Empêcher la Suisse de se replier. Sur le site officiel de la RTS, le « service public » lève le masque : dans les mots choisis pour présenter l’enjeu du 9 février, il se place clairement du côté des opposants. Il nous annonce aussi, sans la moindre vergogne, qu’une grande partie de l’entretien avec le nouveau président de la Confédération permettra à ce dernier de faire sa pub contre l’initiative de l’UDC. Au moins, c’est clair.

 

 

Que la RTS invite le président de la Confédération, c’est très bien. Qu’elle se précipite à le faire à moins de cinq semaines d’une votation majeure, dans laquelle Didier Burkhalter a déjà annoncé son engagement dans son discours du Nouvel An, n’est simplement pas acceptable. Et montre, s’il en était encore nécessaire, le rôle totalement engagé de la SSR dans cette votation. Un rôle qui consiste, nous le soulignons depuis des semaines, à mettre en valeur systématiquement les arguments des opposants, et en sourdine ceux des partisans.

 

 

Car enfin, que va-t-il se passer demain soir ? Le président va profiter de sa présence médiatique pour plaider à fond pour le non. Il a bien raison, on l’invite. Mais, dans les autres éditions d’Infrarouge d’ici le 9 février, un temps de parole équivalent sera-t-il offert à un partisan – seul, comme M. Burkhalter demain – de l’initiative ? Cela, indépendamment du débat que l’émission ne manquera pas d’organiser sur le thème. Si la réponse est oui, nous serons les premiers à saluer l’équilibre du traitement. Si c’est non, alors il y aura eu, sous prétexte d’un entretien de majesté avec le primus inter pares de notre exécutif fédéral, prise d’otage du temps de parole, sur un « service public », payé par nous, en période électorale. Rien de moins.

 

Pascal Décaillet

 

09:49 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Merci d'exister Mr Décaillet.

Écrit par : norbertmaendly | 06/01/2014

C'est une arme à double tranchant, avec le charisme d'huître de Burkhalter...
Et il faudrait être un vrai tribun pour faire avaler la pilule de 80 mille habitants de plus en Suisse chaque année : toute personne ayant plus qu'un petit pois dans la tête voit que nos autorités se sont lancé dans le jeu de l'avion comme seule politique économique.
La petite souris grise va courir dans sa roue sans convaincre personne d'autre que les adeptes de Ponzi...

Écrit par : Géo | 06/01/2014

A-t-on souvenir que la SRT ait invité tout autre nouveau président de la Confédération pour parler de son rôle de conseiller fédéral à Infrarouge ? Non. Cela démontre bien qu'elle prend fait et cause pour Economiesuisse dont elle dépend pour diffuser une mouvance opposée à ladite initiative. Face à tant de médiocrité et de coups retors, la démocratie en prend un sale coup. Les Suisses font l'objet d'un véritable black out de la part du Conseil fédéral puisqu'il serre les boulons. Serions-nous gouvernés par des sérials dictateurs obligeant le peuple à voter oui ou non ? Ouf, pour l'heure, les téléspectateurs ne sont pas encore contraints de regarder Infrarouge... quoique. Prisme veille.

Écrit par : Aurélien | 06/01/2014

Les Suisses ne sont pas stupides....enfin il me semble! Ils ont été trompés sur la votation de Schengen, ils ont dû dire oui et ils en subissent les conséquences de manières quotidiennes et magistralement étouffantes.

Maintenant il faut dire OUI pour corriger tous les méfaits si bien dissimulés par les PLR-PDC-PS lors de Schengen! (pas capables de prévoir et d'anticiper)

Ils seront courageux, car le "diable UDC" avait prévenu et je doute qu'ils aient envie de se faire défoncer encore plus.....simplement pour contrer ceux qui avaient raison avant l'heure!

Écrit par : Corélande | 06/01/2014

Ceux qui ont fait accéder à la présidence de la SSR l’inénarrable Raymond Loretan, candidat à tout jamais élu, reçoivent maintenant leur dû. Ce qui est scandaleux dans toute cette affaire, c’est que nos politiques principalement PLR, PDC, PS et PBD, veulent transformer la redevance radio-télé en pur impôt. Et en cela, l’ex-fonctionnaire fédéral et cantonal chargé en Valais de vendre l’EEE en son temps, présentement installé comme indépendant à la solde d’un Antoine Hubert notamment (failli en son temps, mais riche aujourd’hui selon les médias aficionados de ce groupe de personnes !), n’en est que le suppôt exécuteur de leurs hautes tâches.
Comment dans ces conditions avoir encore confiance dans la SSR et ses journalistes »indépendants », majoritairement de gauche mais très sûrement prébendiers professionnels !
Seule une privatisation complète de ce mastodonte permettra une reprise correcte du débat démocratique et, corollaire de cette action de sauvegarde politique, une tranquille élimination de la présence trop régulière de ces thuriféraires de l’adhésion à l’UE qui ne représentent qu’eux-mêmes, comme le susnommé « Loretan » ou l’autre « incomparable » autoproclamé spécialiste de l’UE, le dénommé socialiste François Cherix.
Gageons que cette conjonction de pseudo poids lourds de la politique fédérale n’obtiendra pas forcément le soutien populaire tant espéré contre l’UDC. Je pencherai plutôt pour une acceptation populaire de l’initiative à 50,5 % ! Et dans le même coup un oui également au financement des transports publics, en faveur du FAIF !!
Bonne fête des rois, que ces derniers vous apportent pleins de cadeaux pour l’an nouveau auquel je souhaite plein succès, puisqu’il ne s’agit que de conventions de datation.

Écrit par : simonius | 06/01/2014

Je peux comprendre que vous ne gardiez pas un souvenir impérissable de la RTS pour des raisons qu'il serait malséant de rappeler ici.

Cela dit, je peine à distinguer ce qui différencie la présence de M. Burkhalter à Infrarouge - émission que personnellement je trouve médiocre - pour défendre son opposition à l'initiative sur l'immigration massive - et l'intervention systématique du Conseil fédéral à la RTS à la veille de chaque scrutin nous "encourageant" à refuser telle ou telle initiative.

Attendons au moins de constater si M. Burkhalter sera le seul et unique intervenant de cette pseudo émission politique.

Écrit par : Michel Sommer | 06/01/2014

A défaut de léviathan, la RTS a Lorétan! L'avantage est que ce n'est pas un monstre et qu'il n'effraie personne.

Il a une constance toutefois, la défense des intérêts politiques dont il a la responsabilité. Il est PDC il défend donc les couleurs du camp auquel il appartient, Burkhalter étant un PLR très orangé.

Sur le fond, il ne fait aucun doute que la RTS est un instrument au service du pouvoir. Il suffit d'assister à l'un de ces "débat" pour se rendre compte qu'ils sont comme le Ginger Ale. Ils ont l'aspect, la couleur mais certainement pas la saveur de vrais débats politiques.

La Suisse est championne en matière de filtre à particules, et là où nous sommes les plus en avance c'est bien dans le débat politique télévisé. Aucun grain de sable n'arrive sur le plateau, tout est propre en ordre au moment du clap de début!
Burkhalter ou pas rien n'y change, même s'il est vrai que ce n'est pas lui qui va faire des vagues. Et pourtant pour être là où il est c'est qu'ils sait nager, y compris dans les eaux troubles du pouvoir.

Comme dit MS, attendons de voir, et croyons au miracle. Darbellay a bien tenu promesse fin décembre, pourquoi pas lui?

Écrit par : Patrick Dimier | 06/01/2014

je drois que M Burkhalter s'est invité...tout seul...et la RTS profite ...chacun, en fait, en profite...

je n'en ai cure par ailleurs - les enjeux sont faits...tous les opposants à l'UDC peuvent défiler devant tous les écrans: trop tard...préservons ce qui reste de la Suisse.

Écrit par : Simin A. | 07/01/2014

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