05/02/2014

Folie des grandeurs

 

Chronique publiée dans Lausanne Cités - Mercredi 05.02.14


 
« Diffuser les Jeux Olympiques n’est pas rentable », pleurniche dans le Temps du mardi 4 février un apparatchik de la SSR. Pas rentable : on s’en doute ! Mais on aimerait surtout savoir ce qui les oblige à cette massive débauche de moyens, si ce n’est leur folie des grandeurs. La Suisse est un tout petit pays, nous ne sommes ni la Russie, ni les Etats-Unis. Nous brillons certes dans certaines disciplines d’hiver, comme le ski alpin, le ski nordique et quelques autres. Mais pourquoi vouloir tout couvrir, alors que les images des compétitions sont parfaitement accessibles sur les canaux sportifs mondiaux ?


 
Combien la SSR va-t-elle engloutir dans les Jeux de Sotchi ? Combien de personnes envoie-t-elle sur place ? Qui va payer ? La redevance, c’est-à-dire nous tous ? Des parrainages, mais alors voilà des méthodes de médias privés ? La publicité ? Les sociétés de membres (SRT) qui constituent la SSR ont-elles été consultées ? Faut-il absolument que toutes les compétitions de Sotchi soient commentées par des voix maison de la SSR ? Si oui, pour quelle valeur ajoutée ?
 


Il est grand temps que les budgets sportifs du Mammouth soient passés au crible d’un audit très serré. Sans complaisance. Il en va de notre argent. Car ce sympathique prélèvement qu’on appelle la redevance n’est rien d’autre qu’un impôt déguisé.
 
 
Pascal Décaillet

 

16:56 Publié dans Coups de Griffe Lausanne Cités | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Je rejoins tout à fait votre raisonnement. J'aimerais d'ailleurs creuser la question d'un point de vue juridique. Car il me semble que cela pose un problème en matière de droit des Cartels. Ce sera peut-être mon sujet de mémoire.

De manière plus générale, j'avais apprécié votre idée de financer plutôt des émissions d'intérêt publique, et non ce mastodonte qui diffuse à la fois films, séries et sports.

Écrit par : V. Roldana | 05/02/2014

"... des voix maison de la SSR". Ah, parce qu'il y a encore des gens qui laissent le son lorsqu'ils regardent du sport à la télévision? Personnellement, je le coupe systématiquement, sauf si c'est un match de foot commenté par Gary Lineker sur la BBC.

Il devrait être possible et facile, avec les moyens techniques actuels, de prévoir un canal son qui ne diffuserait que le bruit du stade (ou de la patinoire, ou de la piste, etc.), mais sans ce parasitage permanent des commentaires.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 05/02/2014

Monsieur Décaillet, vous soulevez à juste titre la folie des grandeurs de la SSR. Le sport fric est entrain de détruire la crédibilité des JO. Les palmiers de Sotchi feront ainsi coucou aux sapins de Krasnaia Poliana.

Écrit par : jacques joray | 05/02/2014

C'est une manière de justifier la redevance qu'on nous extorque année après année avec la bénédiction d'un parlement complice. N'oubliez pas qu'il n'y a pas que les romands mais aussi les italophones et les cousins germains qui sont de la fête sur notre dos. Après ça on nous fait croire à une télévision de service publique alors qu'elle se montre, sur ce coup-là, bien impudique!

Écrit par : Patrick Dimier | 05/02/2014

J'ai aussi lu le même article dans Le Temps et j'ai été étonné qu'AUCUN chiffre n'ait été fourni au journaliste qui interviewait le porte-parole de la SSR, société à concession fédérale qui doit être organisée selon nos principes démocratiques. Ainsi donc, n'importe quel député de nos parlements cantonaux peut poser des questions sur l'usage qui est fait des recettes fiscales publiques. La SSR se défend de toute curiosité gênante en se retranchant derrière un pacte secret conclu avec une agence privée, agissant pour le compte du CIO. Nul ne saura donc combien de dizaines de millions la SSR dépense pour ses émissions de JO que l'on peut voir (souvent en mieux !) sur mille autres chaînes câblées ou par satellite.

Cette singulière intransparence sur l'usage fait par la SSR du produit des concessions et de la publicité n'est pas admissible. Espérons au moins qu'un des neuf membres du Conseil d'administration de la SSR lèvera le voile sur le coût réel des droits payés pour la transmission des JO.

Il est vrai qu'il est plus commode de toucher son jeton de présence sans broncher que de soulever des questions - même légitimes - qui gênent.

Comment contrôler et vérifier l'opportunité et la régularité des dépenses d'une société qui roule sur 1, 6 milliards de francs alors que les chiffres ne sont pas disponibles ni publics ?

Écrit par : Henriette Sauser | 06/02/2014

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