12/02/2014

Didier Burkhalter, roi des mauvais perdants

 

Sur le vif - Mercredi 12.02.14 - 09.54h

 

La Tribune de Genève, le Temps et la Pravda RTS n'ont toujours rien compris. Non seulement ils ont fait éhontément, avec un déséquilibre jamais atteint, la campagne du non, mais sont incapables de saisir le sens profond du signal donné dimanche par le peuple et les cantons. Ils ne cessent de nous balancer de façon revancharde et martelée, à la une ou en ouverture d'émissions, les "menaces" de la Machine européenne. "Bruxelles ne bluffe pas", ils vont couper l'électricité, "la Panne" (titre dürrenmattien) nous guette, etc. Sans la Lumière européenne, la Suisse s'en retournerait à la nuit des origines.


Cette manière de punir l'électeur-lecteur d'avoir mal voté, et de bien lui montrer, comme une maîtresse d'école, les conséquences de son acte, est proprement insupportable. La nouvelle de dimanche, c'est que le peuple et les cantons suisses, souverains, ont pris une décision que le Conseil fédéral (et non l'UDC, pour faire référence à la dernière infantilité de mauvais perdant du PLR) a pour mission d'appliquer. De façon conforme à la volonté populaire, et sans la tripatouiller.



Quant au président de la Confédération, son rôle est d'incarner l'unité du pays, et non de mettre en scène, devant un journaliste alémanique qui fait son boulot, une improbable défense ethnique de l'identité romande. Il est le président de tous les Suisses, de ceux qui ont voté oui comme de ceux qui ont voté non. Cette rebuffade de M. Burkhalter, hier, à simples fins démonstratives, n'est tout simplement pas digne de sa fonction. Et dévoile, derrière l'apparence de celui qu'on pouvait encore prendre pour un gentleman, la réalité de son caractère: celle d'un mauvais perdant.

 

Pascal Décaillet

 

 

09:54 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Bravo pour cet article ! Il y a fort longtemps que j'assimile la presse romande à la Pravda !

Écrit par : Rochat Patrice | 12/02/2014

Bravo, nous perdons le sens de notre belle démocratie. MERCI Monsieur Décailler

Écrit par : Arlette Othenin-Girard | 12/02/2014

Bravo, nous perdons le sens de notre belle démocratie. MERCI Monsieur Décailler

Écrit par : Arlette Othenin-Girard | 12/02/2014

Suis-je le seul à demander la démission d'un tel personnage ?
S'il n'assume pas son rôle, d'autres sont prêts à l'assumer à sa place.
Revient-nous Christoph !

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 12/02/2014

Merci pour cet article.

J'ai rédigé hier un billet d'humeur avant que je ne voie cela sinon, je l'y aurais inclus soyez sûr. Le voici pour qui cela intéresse :

http://autreregard.blog.tdg.ch/archive/2014/02/11/je-confirme-mon-vote-et-calmez-vous-252900.html

Et je pense qu'il nous faudra bientôt réagir sur la proposition qui tourne actuellement d'octroyer des quotas en fonction des régions qui ont dit oui ou non. Dans le même ordre d'idées, l'on devrait alors donner tous les permis de résidences secondaires à ces pauvres canton du Valais et Grison victimes d'un vote national particulièrement injuste.

Tiens, pourquoi pas, d'ailleurs...

Écrit par : Danijol | 12/02/2014

Il est mauvais perdant. Le président de la CH se croit encore en campagne pour défendre les intérêts d'économie suisse. Le peuple a tranché, il doit se mettre rapidement au travail avec les 6 autres petits nains pour obéir au souverain. Point ou barre-toi.

Écrit par : J-F Girardet | 12/02/2014

Danijol@ Excellente idée, je suis preneur ! Et on pourrait octroyer tous les requérants d'asile aux cantons qui leur sont le plus favorables, comme le disait Luzi Stamm ce matin...

Écrit par : Géo | 12/02/2014

Mais imagine-t-on la dose de stupidité qu'il faut pour faire de pareilles propositions ? Qu'est-ce que ces politiciens ont entre les oreilles ?

Écrit par : Géo | 12/02/2014

La démocratie dans le milieu journalistique mérite d'être revue. Nous sommes dans un pays démocratique dans tout le sens du terme. L'arme la plus redoutable ce ne sont pas les milieux politiques ni économiques, mais les médias. Ce sont nos médias qui diffusent les informations au peuple. Oh combien nous avons souffert de cette presse qu'avec le temps on oublié le sens même de leur vocations. Dire la vérité n'appartient a personne. Personne est détenteur de la vérité a part ce fameux "dieu", encore faudra t-il croire en Dieu. Par contre, nous admirons ceux qui se battent pour une justice, pour ceux qui se battent courageusement contre tous et qui sont capables de supporter les avalanches de critiques a ce traitre qu'ose défier le pouvoir installé. Je croyais vivre dans un pays dans lequel, le mot espoir ne fait pas partie du vocabulaire tellement nous sommes manipulés par le pouvoir de l'argent.
Je suis très heureux de savoir que nous pouvons encore compter sur ceux qui font un métier avec une grande conscience et professionnalisme car tout simplement il font une analyse simple. Revenir au plus simple, c'est à dire a ce que nous sommes, des êtres humains et pour après transcoder ce que l'être humain a besoin pour pouvoir survivre dignement dans une société dans laquelle intellectuellement le seul soucis est de faire gagner de plus en plus ceux qui ont déjà assez au détriment du peuple. Triste est de constater que cela devient de plus en plus dur pour ceux qu'ont le pouvoir d'entendre le peuple et ses problèmes. Nous ne sommes plus eu service du peuple mais au service des grandes multinationales et ses actionnaires. C'est triste de constater que notre classe moyenne et celle des presque tout les pays du monde disparaissent pour laisser la place a une catégorie de riches de plus en plus puissants et une autre catégorie , celle des pauvres de plus en plus pauvres. On commence a créer des lois qui permettent par des artifices purement politiques de légaliser la pauvreté et la précarité. Nous n'avons plus le droit de se défendre car même en travaillant nous nous enfonçons de plus en plus dans la pauvreté et précarité. La loi à été appliqué justement.

Écrit par : Manco | 12/02/2014

La ligue du nord italienne vient de féliciter la Suisse pour son vote. Ils veulent aussi un référendum chez eux et demande une zone franche afin que des industries italiennes puissent se développer sans être écrasées par la fiscalité italienne.
Comme M. Philippo hier soir à Infrarouge, qui disait qu'avant d'envoyer les français pour du job en Suisse il fallait relancer l'emploi en France.

Donc nous allons gentiment demander à nos représentants de se montrer fiers du vote de dimanche et d'attendre sereinement que l'UE se pose et regarde bien dans ses dossiers qui a le plus à perdre dans cette situation.

Qu'Est-ce que je suis fière d'être Suisse, merci mes parents et courage mes amis Tessinois c'est le début de quelque chose de meilleur pour Vous.

Écrit par : Corélande | 12/02/2014

Cette campagne de dénigrement de ceux qui ont voté oui et relayée par la presse devient parfaitement insupportable. Tant la gauche que la droite cherchent par tous les moyens de détourner la volonté populaire. J'en parlais sous l'un de vos précédent texte et m'inquiétais de la teneur de la conférence de presse du CE dimanche. Longchamp veut des quotas spéciaux pour Genève, (ainsi les entreprises pourront continuer d'embaucher des secrétaires (entre-autres) à chf. 2500.- dans le 38 ou dans le 83) en laissant moisir nos employés de commerce avec CFC au chômage ou alors en leur proposant des salaires honteux qui ne permettent pas de vivre à Genève, et la gauche propose de distribuer les quotas selon que le canton ait voté oui ou non.....Ils oublient que près 200'000 citoyens des cantons romands ont soutenu l'initiative.
Ces annonces d'après vote sont un scandale absolu, qui démontre bien l'asservissement de nos élus à l'UE ! Et cette UE arrogante qui musèle ses peuples, alors qu'ils réclament le droit de s'exprimer sur la libre circulation, comme nous l'avons fait...
Et vous voulez que je vous dise....j'espère, vraiment j'espère, même si je n'étais pas convaincue au départ, qu'ECOPOP passera, afin de leur tatouer sur le front, à tous ces magouilleurs-profiteurs non soumis à cette concurrence frontalière déloyale, et une fois pour toutes, que les suisses sont souverains sur leur terre et que leurs menaces de nous affaibliront pas.Quoi qu'il arrive nous nous relèverons.
Je veux que mes fils, le jour ou ils seront en âge de quitter la maison, puissent gagner leur vie et vivre dans la ville ou leurs parents, grands-parents et en partie arrières grands-parents sont nés. Vive la Suisse.

Écrit par : corinne strohheker bavaud | 12/02/2014

Bravo pour cet article M. Décaillet et bravo pour votre commentaire Mme Strohheker Bavaud. Je suis totalement d'accord avec vous. Moi aussi je veux que mes trois enfants puissent, le moment venu, trouver un emploi dans le canton où ils sont nés, ceci avec un salaire qui leur permettra de vivre normalement et de manière décente. Ils ne vont pas aller travailler en Roumanie, ni en France, ni ailleurs en Europe. Quel citoyen suisse pourrait être intéressé d'aller travailler dans la plupart des pays de l'UE ??? Mis à part un entrepreneur qui veut ouvrir une société avec de la main-d'oeuvre bon marché, je ne vois pas !!! Préservons l'avenir de nos gosses. Que les pays de l'UE règlent leurs problèmes et ne les importent pas chez nous. Nous restons souverains et maîtres de notre destin. Ce n'est pas Bruxelles qui nous tiendra en laisse. Que nos 7 sages à Berne nous sortent de la situation difficile dans laquelle leurs prédécesseurs nous ont placé en nous faisant accepter les bilatérales et tout ce qui va avec (au passage : merci Mme CALMY-REY !!!). Ce qui a été dit par le CF à l'époque n'a pas été fait, le Peuple n'est plus dupe, maintenant que le Conseil Fédéral ramasse les morceaux, défende nos décisions, nos intérêts et ne perde pas de temps à commenter et à faire peur suite à la décision du Souverain. C'est pour cela qu'ils sont payés et qu'ils ont prêté serment !!!

Écrit par : Pascal Mauroux | 16/02/2014

Un Père de la Nation, en l'occurence, le Président de la Confédération, M. Didier Burkhalter a la légitimité de donner son avis quitte à ne pas plaire à M. Décaillet. Avec un brin d'humour, il a su résumer la situation de ce dimanche de votations.
Il est vrai qu'avec Christoph Blocher, nous n'avons pas l'habitude de ces propos élégants, pleins de subtilité.

"Cela dit, quand les Valaisans veulent rester maîtres de leur aménagement du territoire, La Suisse allemande dit "pas question", mais elle veut rester maîtresse de l'immigration. Colonialiste à l'intérieur, isolée à l'extérieur". (RY)

Écrit par : Noëlle Ribordy | 17/02/2014

Les commentaires sont fermés.