28/02/2014

Le Choeur des Pleureuses

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Coup de Griffe - Lausanne Cités - 26.02.14


 
En journalisme comme pour la tenue vestimentaire des cardinaux chez Fellini, il y a des modes. La toute dernière, depuis le 9 février, fait un tabac : inviter Patrick Aebischer, le patron de l’EPFL, sur un plateau TV, dans un studio radio ou un journal, et pleurer un bon coup avec lui. Gémir sur ces abrutis de citoyens suisses qui n’ont rien compris à l’enjeu de la votation, se sont comportés comme des bergers repliés sur leurs montagnes, ruinent les programmes de recherches.


 
Dans l’émission, il faudra dire au moins cinq fois le mot « repli ». Pour bien souligner l’obscure sauvagerie de cette Suisse de la fermeture face aux Lumières de la Ville. Oui, on se fera le chantre des villes, leur pluralité bigarrée, la richesse de leurs campus. Et chaque fois qu’on dira « ville », on dira « ouverture ». Pour bien associer le tissu urbain, par exemple le Grand Lausanne, ou le Grand Genève, ou le Grand Zurich, aux valeurs de progrès. Et comme grand prêtre de cette Suisse qui gagne, l’icône Aebischer.


 
Comme dans le défilé des ecclésiastiques, chez Fellini (Roma), l’image sera urbaine et rutilante, le geste précieux, avec ce zeste d’impatience qui fait le charme des boulevards. Il se faudra se montrer citadin et princier, ouvert au monde, œcuménique comme la terre habitée. Pour bien prouver à quel point ces manants de citoyens, ces gueux, ces vilains, ont mal voté.
 


 
Pascal Décaillet

 

10:09 Publié dans Coups de Griffe Lausanne Cités | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Dresser la population contre les élites, c'est exactement la définition du populisme !

Merci d'en faire une si superbe démonstration !

Écrit par : Vincent | 28/02/2014

Si l'UE n'est plus intéressée par les échanges avec notre pays, ayons le courage de lui signifier qu'on en prend bonne note et tournons-nous vers d'autres horizons : encourageons des échanges avec les USA, le Canada, l'Australie, on y trouvera des étudiants et chercheurs tout aussi passionnés et capables.
Et finançons tout cela en retirant notre contributions à tous le programmes européens. Oui cette votation va compliquer les choses mais il n'y a aucune raison de penser que d'un coup le monde s'arrête. Et avec les montants que la Suisse paie à l'UE il y a de quoi financer pas mal de bourses et de programmes nouveaux.

Écrit par : uranus2011 | 28/02/2014

Depuis 30 ans les idéologues de service ont abusé des mots: repli, frilosité, mentalité du réduit, xénophobie, ouverture à l'autre, refus de l'autre, esprit d'ouverture, de fermeture, etc. Le tout chargé d'un contenu moralisant. Et ils ont commis l'erreur d'en faire un prêchi prêcha sentencieux et exaspérant.

Les Suissesses et les Suisses en ont tellement marre, ils en ont une telle indigestion que désormais ils votent intentionnellement pour le repli, pour la fermeture, contre l'ouverture, pour la Suisse contre l'Europe, avec une certaine schadenfreude rien que pour agacer les médias. Dans cette mauvaise humeur collective il existe la volonté de faire enrager les donneurs de leçons. On vote ainsi rien que pour emm... quiquiner les "zélites" ouvertes autoproclamées que l'on déteste cordialement.

C'est ce qui s'appelle une propagande qui va à fin contraires.

Écrit par : énervé | 28/02/2014

Oui. Mieux vaudrait inviter Ueli Maurer, ainsi que le tandem local Nidegger Stauffer, afin de répéter au peuple des bergers que le vote du 9 février ainsi que le refus de l'accord de libre circulation avec la Croatie n'ont et n'auront aucune conséquence. Des esprits éclairés, eux. Pas comme ce M. Aebischer.

Écrit par : J.-C. Heritier | 28/02/2014

Même en période de grippe, les mouchoirs se font rares.
On est en rupture de stock de mouchoirs a la COOP et Migros.

Écrit par : Manco | 28/02/2014

Il y a une réaction intéressante qui est sortie ce matin sur les ondes. Les Universités, lieux de réflexion éloignés des sites de pouvoir, ont fait savoir qu'elles continueraient à recevoir avec plaisir nos étudiants. La seule question à régler sera le financement de ses séjours, la Suisse devant payer.

Voilà la réalité matérielle de ce tohu-bohu. La Suisse réussi, la Suisse avance en maitrisant ses finances publiques, elle n'a qu'à payer.

Voilà comment ces politicards européens nous voient! Toutes gesticulations autour du fondamental de la liberté de mouvement ne sont que prétextes. Ce que veulent ces avaleurs d'argents publics, ces goinfres de la subvention, c'est que nous payons notre succès et notre rectitude dans la gestion publique dont ils nous ont prouvé leur incapacité.

J'apprécie énormément Patrick Aebischer, c'est un vrai promoteur de la pensée scientifique suisse et nos Hautes Ecoles lui doivent énormément. Mais, car il y a toujours un mais, de qui dépend-il le plus? De ces entreprises qui ont milité pour le NON, ici même en Suisse!!!!
Ce n'est pas un ingrat, et en bon soldat, pour ne pas dire fantassin, il continue le même refrain. Aveuglé par ce grand patronat, qui si fiche bien de la Suisse et de ses citoyens, il n'a pas compris que celui qui donne la partition c'est le peuple et que celui-ci veut un autre développement de ce pays. Les Suisses aiment aller à Singapour en vacances mais ils ne veulent pas que leur pays copie la micro République car il en ont vu les conditions de vie pour celles et ceux qui n'ont ps le privilège de vivre dans les beaux quartiers.

D'ailleurs l'EPFZ est l'un des campus présents à Singapour et avec de magnifiques projets! Ce que sait bien Monsieur Aebischer c'est que nos concurrents réels ne sont plus européens mais asiatiques et bostoniens. Les autres font tonner les tambours, mais la renommé est ici, plus à Paris ou à Berlin!

Soyons imaginatifs, lançons des programmes d'échanges avec les puissances du futur et laissons celles du passé couler si tel est leur bon plaisir. Mais une chose est certaine, le peuple suisse a donné un ordre, à ceux qui ont voulu être ses mandataires de se bouger. Une fois encore, si c'est au-dessus de leurs forces, qu'ils partent.
Ca sera toujours mieux que de faire semblant de savoir et finir comme avec les USA. Cet épisode est une lèpre politique qui laissera à jamais des traces sur l'honorabilité du conseil fédéral lorsqu'il s'agit de défendre le pays. Moins habiles que leurs prédécesseurs qui ont eu à affronter le tout puissant III reich, ils ont lâché sur l'essentiel alors même qu'il n'y avait aucune menace sur le pays. Ils ont abandonné le navire pour protéger des intérêts privés, la pire des vilénies lorsqu'on gouverne.

Qu'ils partent et qu'en partant, ils nous redonnent la clé du pouvoir nous nous chargerons d'élire leurs successeurs. Ça ne pourra pas être pire que lorsque l'Assemblée fédérale s'en charge!

ABE

Écrit par : Patrick Dimier | 28/02/2014

Je ne vois vois pas en quoi les commentaires - opposés à votre vision - de Patrick Aebischer auraient moins de valeur ou de poids que votre évaluation personnelle.

Que vous vous cramponniez à cette idée de souveraineté populaire pour faire avaler à nos partenaires européens un vote qui contrevient à nos engagements antérieurs, soit ! Personne ne vous le reproche, moi en aucun cas !

Je trouve en revanche un peu vachard que ceux qui n'ont pas voté "dans le bon sens" soient considérés comme des pleureuses. Le peuple a certes tranché - enfin une moitié seulement - et il conviendra de lui rappeler qu'il devra en assumer les conséquences. Et les pleureuses ne seront peut-être pas forcément là où vous pensez.

Écrit par : Michel Sommer | 28/02/2014

Assumer les conséquences. Nous sommes en train assumer les conséquences d'une politique erronée, fausse, depuis des années. Pour une grande partie l'heure de pleurer a leur tour est arrivée mais il ne s'agir pas d'une revanche car c'est triste d'en arriver là. Une partie de la population aveuglé par le rêve Européen qui s'est éloigné depuis longtemps. Ceux qui rêvaient d'Europe qu'ont inventé l'Europe, idéale, juste doivent se retourner dans leurs tombes de voir comment cette Europe à été massacré par ceux qui sont venu après.
De quel droit Bruxelles se permet de dire autant des choses sur notre pays ? Des menaces, des insultes. Pour moi Bruxelles devient une dictature et le pire c'est qu'elle sait qu'elle ne peut pas faire autrement.

Écrit par : Manco | 28/02/2014

"Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes." disait Bossuet. Dans le cas qui nous préoccupe, ceux qui déplorent les effets ne sont pas les mêmes qui en chérissent les causes.

Sans se prendre pour Dieu, il est amusant de lire ici, jour après jour, qu'il y aurait des pleureuses ici ou là.
Il y a surtout le constat qu'il faudra se débrouiller autrement.

Aller à Boston, tout en déplorant comment ça s'est terminé avec les USA.
Heureusement que ce lamentable et larmoyant professeur Aebischer a eu la bonne idée de se réseauter également avec les Universités américaines. Il n'a donc pas tout faux ...
Ceux qui ont tissé des réseaux p.ex. académiques en Europe ont le droit de au moins dire que ça va être compliqué. Est-ce pleurer ? Est-il donc si ridicule de s'exprimer à ce sujet ? Il est surtout pénible de constater qu'il y a des effets prévisibles aux causes.
Laissons travailler les gens qui ont à coeur le bon niveau du monde académique en Suisse. Si nous leur rendons leur travail plus difficile, ne nous moquons au moins pas d'eux et laissons-les s'exprimer sur leur domaine de compétences.
J'espère que M. Abischer n'attend pas l'approbation du 100% de la population ;-)))

Écrit par : Calendula | 28/02/2014

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