05/03/2014

Le pain, la parole

 

Chronique publiée dans Lausanne Cités - Mercredi 05.03.14


 
Le syndic de Lausanne a pris la décision d’une très importante cure d’amaigrissement. En soi, une démarche totalement privée. Mais il a choisi d’en parler. Et son entretien avec Darius Rochebin, dans « Pardonnez-moi », est bouleversant. On découvre un autre homme, toujours aussi brillant mais délivré de ses pesanteurs. Ramené à lui-même, expurgé. De l’évolution de ses costumes, dans lesquels il nage, du choix des aliments, de la sévérité librement consentie du régime, il parle avec une simplicité qui nous touche tous. Le thème du surpoids est universel.


 
Du coup, le surhomme devient homme. Le géant débonnaire commence à nous ressembler. Peur de la mort, mais aussi bonheur de retrouver la mobilité : de la Palud à la Riponne, nous dit-il, je n’aurai plus besoin de faire des arrêts. Et plus il parle, ce frère en humanité, plus on se dit que plus jamais on ne fera de blague sur les gros. Parce que l’obésité, toute efficace soit-elle dans l’ordre de la moquerie, est une maladie. Profonde. Qui mérite notre sympathie, notre aide, davantage que nos quolibets.


 
Daniel Brélaz a doublement raison. De suivre le régime, pour son salut. Mais aussi d’en parler. C’est un entretien très fort, simple, universel. L’homme ne vit pas que de pain. Mais de la parole. Celle du syndic, dans cette émission, a eu la vertu de nous traverser l’âme. La chose est rare. Et mérite d’être signalée.


 
  Pascal Décaillet

 

10:26 Publié dans Coups de Griffe Lausanne Cités | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Bon billet sur le bon gros géant vert qui n'est que bon et vert, désormais!

Écrit par : jmo | 05/03/2014

On ne peut que souscrire à ce propos! L'obésité est un supplice en soi. Elle ne dépend pas de la volonté de la personne qui en souffre. Rien n'est d'ailleurs plus mesquin, que de railler toute caractéristique physique. Le syndic de Lausanne, le premier catholique élu à ce poste, inspiré la sympathie par son aura, ses cravates châtoyantes, son grand esprit cartésien. Sans oublier son Ange gardien, toujours à ses côtés, dont les frasques égayent la presse romande, ce qui change un peu des mauvaises nouvelles.

Écrit par : Micheline P. | 05/03/2014

Il aurait pu songer s'y mettre avant. Une amie me racontait hier soir qu'elle l'avait emmené il y a très longtemps dans sa 2CV et qu'elle n'avait plus vraiment réussi à conduire normalement, la voiture penchant dangereusement de son côté...

Écrit par : Géo | 05/03/2014

Excellent billet.

Écrit par : Grégoire Barbey | 05/03/2014

Finalement... mieux vaut être handicapé du corps que du coeur.

L'obésité est une maladie endocrinienne générée par ? Là est la question que personne ne se pose et sûrement pas nos élus qui s'en verraient porter la responsabilité.

Se moquer du physique de quelqu'un est pitoyable, c'est devenu une mode prisée chez tous les adeptes de la superficialité, de la méchanceté gratuite, du caniveau.

Comme le disait ma mère-grand, l'ironie ne tue que celui qui s'en sert. Laissons-les donc se tuer, ça nous fera de l'air.

Écrit par : Jmemêledetout | 05/03/2014

@Géo
N'importe quoi...il n'aurait jamais réussi à entrer dans une 2CV ;o)

Écrit par : Lefredo | 06/03/2014

Lefredo@ L'anecdote est authentique, mon amie complétement digne de foi et ils allaient ensemble visiter le journaliste Jean-Claude Bührer. Et c'était il y a longtemps.
Cela vous va comme ça ?

Écrit par : Géo | 06/03/2014

Les commentaires sont fermés.