19/03/2014

Béatrice et les orléanistes

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 19.03.14

 

Béatrice Fuchs, à Genève, c’est un visage, un engagement, une voix. Présidente du Cercle Cantonal du Faubourg, véritable bastion du radicalisme fazyste, populaire et cassoulet, cette infatigable militante arpente le terrain, depuis des années, pour faire élire ses candidats. Elle a roulé pour Pierre Maudet. Elle a usé ses chaussures pour François Longchamp. Par tous les temps, de pluie ou de vent, elle a battu la semelle. Toujours de bonne humeur, toujours positive. La militante de rêve.

 

Bonaparte s’exposait-il autant que ses grenadiers de première ligne ? Sans doute pas, encore qu’il fût courageux, comme il l’avait montré sur le pont d’Arcole. Mais enfin, après la bataille, il affichait au moins l’élémentaire reconnaissance de leur tirer l’oreille, sublime signe d’affection. Je ne suis pas exagérément persuadé que les héros de Béatrice aient eu, eux, la courtoisie d’y penser. Alors, Mme Fuchs a craqué. Lundi 17 mars, elle est venue sur le plateau de Genève à chaud. Et elle dit ce qu’elle avait sur le cœur.

 

Dans ce parti fusionné, où l’aile de l’argent pèse de tout son poids, elle ne reconnaît plus les valeurs historiques du radicalisme genevois. Elle aime l’Etat, elle aime le peuple. La dimension patricienne, ou juste l’arrivisme orléaniste, ne sont pas les siennes. Oui, elle l’a dit. Et elle a eu raison. Bravo, Béatrice.

 

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

Jolie analyse. Je ne connaissais pas cette demoiselle (ou dame) Fuchs, mais vous nous la rendez sympathique. Les "orléanistes" si j'ai bien compris, ce sont les libéraux, que vous voyez en "gants jaunes" ? Pas mal, mais cette race existe-t-elle encore ? Personnellement j'en doute. Je pense que depuis Jacques Vernet il n'y a plus un seul genevois "né" dans ce parti. En tous cas il n'y en a plus eu au gouvernement. C'est bien dommage, d'ailleurs. Peut-être Renaud Gautier, je vous l'accorde. Mais c'est le seul et il n'est pas au gouvernement. La rue des Granges n'est plus ce qu'elle était.

Il me semble bien que le courant libéral se distingue encore un peu du courant radical au sein du péellaire (néologisme inventé par moi mais je vous autorise à le reprendre à votre compte), mais ses représentants ne sont plus ni genevois, ni nés (ça surtout pas), et la plupart du temps ce sont des vaudois ou des suisses allemands, mais qui tentent de se couler dans un moule des gens "bien" ou qui sont proches de la banque privée (ou ce qui en reste). Seulement ce n'est pas ça. Il ne faut pas confondre les torchons et les serviettes.

Vous qui aimez ce genre de nuances, connaissez-vous l'expression "deusse" ? Il me semble que les libéraux les plus snobs, aujourd'hui sont tous deusse, et quand je dis ça... ils sont même troisse (si l'expression existait, je crois qu'elle n'existe pas) ou même pire. La deusse c'était un certain nombre de familles, même distinguées, avec portraits d'ancêtres et tout, mais qui n'étaient pas de la "une". Je pourrais vous donner la liste des familles de la une. Elle est courte. J'ai essayé d'établir celle de la deusse, mais c'est difficile car il y a plusieurs théories. Il y a des familles qui jouaient un rôle au XVIIIe siècle, juste pas de tout premier plan, et qui sont encore considérées deusse. Il y a aussi des boutiquiers qui n'étaient rien avant 1950 et qui se croient quelque chose. Donc rétrospectivement la deusse d'autrefois c'était encore très comme il faut en comparaison. Mais on n'en est plus là.

Je pense que vous devriez réviser votre image d'une société libérale genevoise qui serait encore aristocratique. En fait ce qui distingue ces libéraux des radicaux c'est uniquement que les libéraux sont des snobs, en genevois on dit des "grimpions". Il y a moins de grimpions chez les radicaux, seulement des arrivistes ce qui est différent. Vous poétisez trop la chose en parlant comme vous le faites de "patriciens" ou d'"orléanistes" pour parler de simples grimpions qui se donnent un genre. Evidemment ça doit faire trop plaisir aux intéressés. Ca les flatte.

Un dernier point: les radicaux genevois du faubourg sont ils "cassoulet" ? Je ne dirais pas ça. Les radicaux cassoulet, c'est à Toulouse. A Genève ce genre de radicaux sont "longeoles" du nom d'une saucisse typique de la campagne genevoise.

Écrit par : nuances... | 20/03/2014

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