20/03/2014

Secret médical: la décision inacceptable du Conseil d'Etat

 

Sur le vif - Jeudi 20.03.14 - 11.35h

 

Ayant immédiatement organisé, hier soir, un débat Poggia-Buchs sur la levée (exigée par le Conseil d'Etat) du secret médical en prison, je n'ai pas encore eu le temps de rédiger un billet sur la question. J'espère trouver un moment dans la journée. Mais une chose est claire: cette décision du Conseil d'Etat est totalement inacceptable. Un patient détenu demeure, face à son médecin, un patient. Son droit au secret médical est inaltérable.



Je sais que la majorité de l'opinion publique, dans le tout sécuritaire que veut nous imprimer le coupe Maudet-Jornot, ira largement dans le sens du gouvernement. Eh bien moi, pas. Les détenus ont des droits. Les patients ont des droits. Les détenus-patients ont des droits. Il n'y pas à les abolir d'une chiquenaude pour plaire à la pensée ambiante.



Plus s'égrènent les heures, plus je me dis que la candidature de Pierre Bayenet, comme modèle alternatif à ce tout sécuritaire, a du sens et de la pertinence. J'ai dit et je répète que je voterai Jornot, tant l'homme est compétent et nécessaire à notre République. Mais il est sain que s'exprime avec vigueur une opposition sémantique et philosophique à sa politique judiciaire.



Au fait, les deux hommes s'opposeront pendant une heure, en direct dans le GRAND GAC du dimanche 30 mars 2014, de 18h à 19h.



Ah ben tiens, il est presque ficelé, du coup, mon billet.

 

Pascal Décaillet

 

11:35 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Et le droit des victimes, des personnes sacrifiées au nom de quelle idéologie; qui va en parler, en débattre ? Qui parlera au nom des survivants, à jamais marqués par l'incurie de la société à protéger les plus faibles ? Ah le droit des détenus, ah le droit ,principe absolu, sorte de tabou des temps modernes.
Mais alors défendons TOUS les droits, y-compris de ceux des plus faibles ,des victimes !

Écrit par : uranus2011 | 20/03/2014

Secret médical, secret de polichinelle...

J'ai un peu de peine à vous suivre sur ce sujet. Moi je veux bien que le secret soit bien gardé sur les petits ou gros cancers, les insuffisances cardiaques et les arthroses diverses. Mais pas sur les troubles majeurs du comportement incurables qui sont susceptibles de mettre en danger la société. Il me semble que faudrait savoir faire la part des choses.

Écrit par : petard | 20/03/2014

@ Petard,

D'accord avec vous. Uranus2011 pareil. Décaillet personne en général qui a du bon sens fait une liste des droits des détenus sans se soucier un mot des droits du citoyen qui désire vivre en sécurité à l'abris de prédateurs sexuellement dangereux.

D.J

Écrit par : D.J | 20/03/2014

Pascal Décaillet@ Vous oubliez que le psychiatre est le spécialiste qui peut aider le juge et non le géologue ou le spécialiste du gypaète alpin...
Par conséquent, il faut obligatoirement qu'il y ait une relation entre les deux. Sinon, on abolit l'approche psy et on traite tout le monde sur le même pied...
Tout le monde 100% responsable...
C'est cela que vous voulez ?

Écrit par : Géo | 20/03/2014

@uranus2011 Je ne comprends pas la relation que vous établissez entre droit des victimes et droit des détenus. Il ne s'agit pas d'un système de vases communicants mais de droits que la société doit faire respecter par rapport à tous les êtres humains qui la composent. Diminuer les uns ne fait aucunement augmenter les autres!
Il faut aussi faire la distinction entre l'expertise médicale qui se penche sur la dangerosité et la consultation du médecin traitant. Durant celle-ci, le secret médical doit être garanti afin de préserver la confiance nécessaire à tout traitement. Toutefois, le médecin traitant a déjà l'obligation éthique de signaler un danger potentiel qui apparaîtrait dans une consultation. Lorsque ce serait le cas, nul doute qu'il le communiquera à son collègue, expert dans la commission qui doit se prononcer sur la dangerosité.
Le principal défaut de la levée du secret médical pour les détenus réside dans le fait qu'elle revient à distinguer deux catégories d'êtres humains, qui ne jouiraient pas des mêmes droits. Or, un détenu purge déjà une peine proportionnée au délit commis; ne pas lui conférer les mêmes droits qu'à une autre personne revient à le pénaliser doublement et à le définir comme citoyen de deuxième classe. Totalement contraire à la philosophie du droit et de la démocratie.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 20/03/2014

Dans une République où l'Hôpital est capable d'ouvrir 6 dossiers différents pour une même personne sans parvenir à les réunir mettant sa vie en danger chaque fois qu'elle y met un doigt de pieds parce qu'ignorant des antécédents, rassurez-vous M. Décaillet, le secret médical a encore de beaux jours devant lui :-)))

Il doit y avoir un dossier sur mille qui ne se perde pas dans cette République et dans tous les secteurs de l'Etat.

Pour moi, ce n'est pas le secret médical qui est à combattre, c'est le manque de transparence dans celui-ci ainsi que la possibilité pour le patient d'exiger que des corrections soient faites dans un court délai sur celui-ci lorsque des inexactitudes y sont portées, tellement nombreuses au fil de la mémoire défaillante des médecins entre le moment où ils prennent des notes et celui où ils rédigent leur rapport incapables de relire leurs propres notes et de leur manque de formation pluraliste générant un écheveau de laine impossible à démêler et induisant en erreur les suivants, voire en horreur, sans qu'aucune analyse ne soit faite ni sur les neurotransmetteurs, ni sur le système endocrinien qui tous deux induisent des comportements inadéquats, et encore bien moins sur les causes qui les ont générés parce qu'elles mettraient en cause la responsabilité de l'Etat lui-même.

La première chose à combattre est que le patient ait droit systématiquement à tout écrit et en temps réel à son dossier médical, qu'il s'agisse de rapports, d'analyses, etc... Il n'a même plus droit à vérifier des factures d'analyses qui sont envoyées directement par les laboratoires aux assurances maladie.

Je suis pour le dossier médical ouvert, parce qu'il peut sauver la vie de nombreuses personnes, avec une condition stricte de transparence et de possibilité du patient de le contester en temps réel avec indication de cette contestation dans le dossier, c'est-à-dire qu'il puisse être également acteur de son dossier.

Et c'est là que l'on rirait beaucoup, car l'on se rendrait compte de la multitude d'erreurs figurant dans les rapports de médecins dont les neurones ne sont guère plus alertes que ceux de leurs patients, sans parler des médecins qui refusent pendant des années de vous envoyer une copie de votre dossier médical, une liste des symptômes évoqués ainsi que des médicaments ordonnées, ce que la loi exige !

Il faut arrêter de mettre la charrue avant les boeufs, et commencer à se battre pour un droit élémentaire qui est la transparence, la possibilité de contester, d'exiger des réparations, d'exiger que la loi actuelle soit respectée, ce qui n'a jamais été le cas, sans aucune possibilité de s'en défendre sauf à payer un avocat à Fr. 450.00 de l'heure.

Écrit par : Jmemêledetout | 20/03/2014

Le secret médical de ces personnes m'est complétement égal, tant qu'il reste dans le cadre des personnes qui sont sensés garantir la sécurité des citoyens honnête.

La constitution, le code civil, le code pénal, le code des obligations, est remplie de droit pour les personnes.

Par exemple, il est interdit de pénétrer chez les gens, même pour la police, si le juge ne l'autorise pas. Mais quand il s'agit d'arrêter quelqu'un chez lui qui est soupçonné d'avoir commis un délit ou un crime, eh bien les autorités défoncent la porte si besoin est.

Les citoyens ont la garantie du secret postal, il est interdit aux autorités de regarder dans le courrier d'une personne, mais en cas de besoin, les autorités peuvent fouiller dans les documents d'une personne pour constituer un dossier et avoir des preuves. La justice peut aussi saisir les ordinateurs pour voir s'il y a des images pédophiles, pourtant un ordinateur est un bien personnel.

Cela ne les dérangent pas à ces personnes, quand ils portent atteinte à la santé de leur victimes, passées voire peut être futures, sur leur intégrité physique et morale, (assassinat, meurtre, coût et blessure, viol, menace)

Qu'ils s'estiment heureux qu'il n'y ait plus la peine de mort, là c'est sûr, que les condamnés à morts n'ont plus besoin de dossier et secret médical. Alors polémiquer sur le secret médical, prendre des gants avec eux, c'est la porte ouverte à ceux qui veulent rétablir la peine de mort. Il faut éviter de trop victimiser les salauds, car se sont leur éventuelles futures victimes qui vont en subir les conséquences.

Je vous laisse le soin de regarder l'émission de temps présent du 23 janvier, sur les médecins légistes qui ont accès aux corps des victimes de ces criminels. Voilà pourquoi, il faut de la transparence sur des personnes potentiellement dangereuse, pour éviter que des victimes se retrouvent sur une table d'autopsie.

http://www.rts.ch/emissions/temps-present/5445378-les-experts-au-dela-de-la-fiction.html

Écrit par : Lucignolo | 21/03/2014

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