16/04/2014

Nos amis danois

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Chronique publiée dans Lausanne Cités - Mercredi 16.04.14
 
 
La Suisse est un pays délicieux. Le président se rend en Ukraine, on l’accueille avec les honneurs, à un détail près : on lui flanque, pour la photo officielle, le drapeau danois à la place du suisse. Oh, les couleurs sont les mêmes. Et, lorsque la bannière est repliée, à l’abri des vents glacés venus de Sibérie, un observateur distrait peut s’y méprendre. Et puis, franchement, les Ukrainiens, ces temps, ont d’autres soucis que l’exactitude dans l’ordre de l’héraldique.

 
Didier Burkhalter s’en est-il rendu compte ? A-t-il fait semblant de ne rien voir ? Qu’aurions-nous fait, à sa place ? Déclenché un incident diplomatique ? Repris l’avion sur le champ ? Demandé la tête du chef du protocole ? Délicate situation. D’autant que personne ne sait exactement ce que le président de la Confédération est allé faire à Kiev.

 
Cette fameuse OSCE, que la Suisse préside pour un an, et qui a montré dans les Balkans (je l’ai vue à l’œuvre, sur place) sa redoutable efficacité dans l’ordre de l’inaction, qui ose croire, sans s’étouffer d’un gigantesque éclat de rire, qu’elle puisse jouer le moindre rôle dans le déchirement de ce pays entre ses marches orientales russophiles et son appel de l’occident vers l’Europe ?

 
Dans ces conditions, le meilleur moyen de sceller l’inefficace et l’inutile n’était-il pas, au fond, de les faire endosser par nos amis danois ? Monsieur le chef du protocole ukrainien, vous êtes finalement un homme averti et délicat.
 
 
Pascal Décaillet

 

10:06 Publié dans Coups de Griffe Lausanne Cités | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Ç'aurait pu être pire, imaginez qu'ils aient mis un drapeau savoyard...

Écrit par : Mikhail Ivanovic | 16/04/2014

Combien de fois à l'étranger ai-je entendu "c'est où la Suisse ?" ou bien "Comment ça se fait que vous parlez français ?". D'autres croient que c'est la Suède, alors pourquoi pas le Danemark ? :-)

Certains sites US ne savent pas que la Suisse existe, dans le dérouleur des pays, elle est absente.

Et bien d'autres choses encore. Mais cela remet un peu les pendules à l'heure. Nous sommes un tout petit pays dont la grenouille veut se faire plus grosse que le boeuf et cette attitude détruit notre autonomie, par conséquent notre droit à une économie et survie indépendante.

Sans parler des décisions démocratiques qui n'en sont plus. Peut-être aurions-nous dû prendre exemple sur le Bouthan qui a su préserver tout cela tout en faisant commerce avec l'extérieur quand il le veut et comme il le veut, en préservant sa population.

Nous avons engendré une sorte de chaos par des lois cantonales, différentes dans un tout petit espace, où même au sein d'un même Canton, la notion du minimum vital entre les différents services de l'Etat cantonal n'est pas la même, surréaliste. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué semble être devenue la devise de ce pays.

Des états dans les états ou plus personne ne sait ce que fait l'autre, ni même au sein du même service.

Comment voulez-vous que cela fonctionne et que nous ayons un rayonnement de stabilité et de crédibilité auprès des pays étrangers ?

Nous avions tout dans les mains, nous l'avions construit, patiemment, en prenant le temps qu'il fallait. Certains l'ont détruit, en deux coups de cuiller à pot, par goût du pouvoir.

Un drapeau qui ne repose plus sur rien que du vide et de la virtualité. Alors que ce soit le nôtre ou un autre, peu importe aujourd'hui. Il réapparaîtra le 1er août avec de grands discours creux.

Écrit par : Jmemêledetout | 16/04/2014

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