15/05/2014

Rénovons nos écoles délabrées !

 

Publié dans GHI - 14 et 15 mai 2014


 
A Genève, certaines écoles sont en lambeaux. Des bâtiments scolaires ayant mal supporté le poids des ans, et tout simplement plus dignes d’une République qui, à juste titre, entend faire de la formation l’une de ses priorités. Il ne s’agit pas, pour les élèves, les professeurs et le personnel administratif, de revendiquer un quelconque luxe. Mais simplement, la décence. Pendant plusieurs décennies, les pouvoirs successifs ont négligé la tâche qui incombe à tout propriétaire de bien immobilier : consacrer quelque 3% de l’investissement aux travaux de réfection et de rénovation. Résultats : des écoles naguère modernes tombent aujourd’hui en décrépitude. Le corps des citoyens doit réagir : il faut revoir les choix dans les investissements, et refaire des écoles une priorité. Comme sous Chavanne.


 
Oui, sous ce grand conseiller d’Etat, l’un des plus importants de l’après-guerre, Genève a beaucoup construit. C’était le baby-boom, il fallait faire vite, on a beaucoup utilisé le béton, avec plus ou moins de bonheur. Mais le béton, dans les écoles comme dans les barrages, vieillit. Il faut constamment l’entretenir. Souvent, on ne l’a pas fait. Aujourd’hui, nous avons des écoles comme le Collège de Saussure, au Petit-Lancy, ou le Cycle d’Orientation du Renard, au Lignon, où la situation n’est plus supportable. Nous les citoyens, avons comme devoir d’Etat et de solidarité de nous mobiliser, faire pression sur les politiques, pour qu’élèves et enseignants puissent accomplir leurs tâches dans des conditions qui soient celles de l’un des pays les plus prospères de la planète, et non d’une République bananière qui aurait tout gaspillé et négligé le bien commun.


 
Au Collège de Saussure, parents et élèves ont pris les choses en mains. C’est une démarche magnifique, citoyenne, qui doit être entendue. Ensemble, ils déposent au Grand Conseil la pétition « Étudier dans des conditions décentes ». Ils relèvent la mauvaise isolation du Collège, les émissions de CO2, le terrain de sport à l’abandon. Au C.O. Renard (Lignon), dont les travaux de rénovation ne doivent débuter qu’en 2019, ils revendiquent le droit pour leurs enfants d’étudier dans des conditions récentes. D’autres bâtiments scolaires à Genève sont trop vétustes. Encore une fois, il ne s’agit pas de créer des écoles cinq étoiles, mais juste, pour la République, de donner au enseignants et aux élèves le signal d’un certain niveau auquel elle veut bien considérer le monde de la formation. Pour ma part, j’ai toujours été parfaitement clair : l’école doit être notre priorité no 1.


 
Dans le même temps, comme nous l’annoncions ici la semaine dernière, l’Office des bâtiments a déclaré le 30 avril en Commission des finances qu’il fallait chiffrer à 750 millions les besoins de l’Etat pour la rénovation de ses immeubles. Eh bien ces travaux, en accélérant le calendrier et en instaurant un ordre drastique de priorités chronologiques, il va falloir les entreprendre. La population ne comprendrait pas que le Canton ne le fasse pas. Alors qu’il ne cesse de nous brandir, comme un miroir aux alouettes, les gratte-ciel du PAV, les travaux somptuaires autour du CEVA ou certains investissements sur territoire français.


 
Pascal Décaillet


 
 

10:02 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

La classe politique est en dessous de tout sur ce dossier là. Deux pétitions avaient été déposées, il y a quatre ans par des parents d'élèves de la rive droite lorsque, pour cause de manque de place, Charles Beer a décidé de remplir le cycle de la Gradelle avec des enfants de la Servette. Avec ces deux pétitions, et lors de leur audition, les représentants des parents d'élèves ont posé, à deux reprises, la question relative au parc d'établissements scolaires. En vain, puisque tout a procédé comme avant. Alors qu'on connaissait déjà l'état de vétusté de certains établissements, comme Le Renard, pour ne pas le citer. Mais il est vrai que depuis, tout va beaucoup mieux, puisqu'on pense leur installer le wi-fi gratuit.

Écrit par : MM | 15/05/2014

Y a-t-il encore quelque chose à Genève qui ne tombe pas en décrépitude ?

Écrit par : Plouf | 15/05/2014

@Plouf

Vous habitez Genève?

Écrit par : Marcel | 15/05/2014

Merci pour votre article.
Où sommes-nous ? Dans quel canton vit-on ? Dans quelle ville même ?
Oui nous sommes bien en Suisse, à Genève-canton et ville. J'ai pensé quelques instants être dans une ville qui n'avait plus les moyens de ses ambitions.
Et puis, il y a non seulement les bâtiments des écoles mais aussi les routes. J'ai trouvé des routes en Afrique en bien meilleur état que les nôtres (je n'exagère pas). Quel politicien se lancera dans la bataille pour refaire les chaussées de Genève ? Je vois des bosses des trous des rajouts et des joints partout.
Allez nos politiciens, il y a du boulot !

Écrit par : Laurenty | 15/05/2014

La quatrième année de formation des enseignants genevois pourrait servir à des travaux pratiques de réparation des bâtiments scolaires. Personne n'en dénoncerait ainsi l'inutilité ...

Écrit par : Mère-Grand | 15/05/2014

s'agissant de l'Agora en dur: L'Arleistote se confine dans un silence assourdissant . Pourquoi pas la Caserne ou les Patinoires des Vernets , afin de mieux élever , loin des IUFE et avec Ballenberg comme destination ultime.

Écrit par : briand | 15/05/2014

Dégageons les enfants illégaux de clandestins qui y sont accueillis.

Le coût d'un élève est de plus de 20'000 fr.

Les centaines d'illégaux coulent le budget.

Ils n'ont rien à faire là.

Prenons exemple sur Israël, la Belgique, etc...

Écrit par : La censure règne en Suisse | 15/05/2014

Merci Pascal Décaillet pour votre blog utile et pertinent!
Il est vrai que nos politiciens préfèrent investir du côté français (normal puisque c'est le grand genève....qui nous apporte cette grande prospérité)!!

Écrit par : Cathy | 15/05/2014

Les genevois devront peut être choisir entre la traversée de la rade de Genève pour leurs bagnoles et les nuisances qui vont avec, pollution, embouteillage, bruit, qui va coûter plusieurs milliards de francs ou leurs enfants et leurs écoles.

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/etat-pourrait-devenir-locataire-traversee-lac/story/15065997?track

TABLEAU DE BORD DE L’ÉVOLUTION DES EFFECTIFS D’ÉLÈVES
DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PUBLIC À UN NIVEAU LOCAL

L’étude porte sur les enfants scolarisés dans les deux divisions du primaire, comprenant huit degrés de primaire 1 à primaire 8, soit pour les enfants de quatre à onze/douze ans. Pour le Canton de Genève (2011), ce sont environ 33’000 élèves qui se rendent quotidiennement dans près de 1’700 classes regroupées dans plus de 170 écoles, ce qui du point de vue de l’aménagement du territoire, confère à l’enseignement primaire une spécificité propre puisque ces 170 écoles sont disséminées sur tout le territoire cantonal, dans chaque commune et sont profondément enracinés au sein des quartiers (2).

http://www.geneve.ch/recherche-education/doc/recherches-activites/ploc/online.pdf

750 millions pour la rénovation de ses immeubles, divisé par 375'000 genevois du canton, en âge de payer, cela représente environ 2'000 francs par personne.

2'000 francs, c'est le prix d'une assurance auto, plaque, pneu, pour une année. Une place de parc à louer, c'est déjà 1'000 frs par année environ.

Dans la vie, il faut choisir. L'argent, il y en a partout, cela déborde de toute part, même chez les précaires, qui disent souvent qu'ils n'ont pas d'argent, avec la clope au bec, qui coûte un saladier, en achat et en maladie... Il faut juste fixer des priorités.

(Un paquet de cigarette par jour = 7 frs X 365 jours = 2555 frs)

Écrit par : Lucignolo | 16/05/2014

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