19/05/2014

"Grand Genève" : le peuple doit se prononcer

 

Sur le vif - Lundi 19.05.14 - 09.21h

 

Le Conseil d'Etat genevois va-t-il continuer, comme si de rien n'était, comme si rien ne s'était passé hier, de nous propager son idéologie du "Grand Genève", abstraite, hors sol, géométrique, théorique, et surtout dépourvue de toute onction démocratique ?



On nous dit que le "Grand Genève" existe. C'est vrai, sur le plan économique. Mais il ne s'agit pas de cela. Il n'a jamais été question de ne pas collaborer avec nos voisins. Je n'ai, pour ma part, jamais accepté de les stigmatiser. Non, la question, c'est celle de donner de l'argent, ou même (entend-on) une armature institutionnelle à un projet qui n'a jamais été avalisé par le peuple.



Ce qui manque au "Grand Genève", c'est une légitimité démocratique. Il importe donc, sans attendre, de lancer dans ce canton un vaste débat politique, où tous pourront s'exprimer, sur un projet précis, lisible, identifiable, qui soit perçu par les citoyens autrement que comme un club d'élites transfrontalières, ou une usine à gaz. Et puis, un beau dimanche, le peuple votera. Et sa décision, quelle qu'elle soit, je serai ce jour-là le premier à l'accepter.



Mais, Messieurs du Conseil d'Etat, on ne fonde nulle politique durable, en Suisse, en bâtissant sur du sable. Autrement dit, en sautant l'étape d'un vaste débat démocratique, aboutissant à une décision du peuple. C'est lui, le véritable souverain. Et non le parfum d'arrogance de quelques locataires du pouvoir.

 

Pascal Décaillet

 

09:21 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

pour certains on pourrait même parler de vacataires du pouvoir. L'objection majeure faite à la création d'une présidence, de la part du PLR, était que s'installe une sorte de changement de régime. Selon certains gros bras du PLR on parlait même de parisianisation de la politique genevoise.

Les naïfs, dont moi, on pensé que c'était une vision bien pessimiste de la politique genevoise.

Au lendemain de cette consultation qui voit, une fois de plus, David gagner contre Goliath, que doit-on constater?

1. L'arrogance du président PLR qui prend le peuple de haut en pensant que c'est ça qui va lui donner de la hauteur de vue.

2. Un "ministre" des transports qui semble de moins en moins compétent pour autre chose que pour envoyer des messages FB nous le montrant une fois aux laiteries réunies, une fois à la plage, une fois à la radio mais jamais à son travail!

Ce n'est pas de cette façon que la coalition PLR/PDC va se renforcer ni se crédibiliser, bien au contraire.

Oui il faut ouvrir un grand débat sur l'avenir de Genève et n on pas un débat de spécialiste, le choix du terme "grand Genève" étant suffisant pour illustrer le niveau de bêtise des dits "spécialistes".

Il ne faut pas non plus inviter le Vieillard de service. Il ne sait même pas se souvenir que St Julien fait partie de zone franche et ce que cela signifie. Pas plus qu'il n'a le moindre souvenir du traité de St Julien de 1603 destiné à pacifier les rapports entre la Cité-Etat et ses voisins.

Il est vrai aussi que sur le banc d'en face, la précipitation le dispute à l'improvisation, ce qui ne facilite pas le dialogue.

Oui le CE doit se souvenir de la source de son pouvoir et que les Genevois n'ont pas élu un Gouverneur mais un administrateur du collège.

OUI il faut ouvrir et d'urgence un réel débat transfrontalier avec un vote populaire en fin de processus, y compris du côté français. Pour cela on peut réfléchir à moderniser le traité des zones franches pour le faire évoluer vers une région à statut particulier, ce qui est, de toute façon, l'esprit de ce traité.

Oui il faut mettre les perturbateurs du jeu hors circuit, à commencer par ceux qui crachent plus volontiers dans la soupe qui les nourrit que dans leur mains pour tirer à la même corde.

Écrit par : Gérard Blanc | 19/05/2014

Ccommenter le succès de la droite genevoise ;Salaire minimum -Parking- Marche Blanche ne devrait nous faire oublier le résultat sur Le Vol Blanc qui consiste à ne pas faire du Gripen un objet sexuel.

Écrit par : briand | 19/05/2014

M. Décaillet,

Je suis d'accord avec vous.

Donnons la parole au Peuple via les urnes.

Pourquoi attendre?

Peut-être que la pieuvre PS-Verts-PDC-PLR a peur?

Écrit par : La censure règne en Suisse | 19/05/2014

L'avenir c'est la Suisse. Pas la France.

L'avenir c'est la Métropole lémanique. Pas le Grand Genève.

Genève ne peut s'agrandir que par extension du territoire Suisse. Pas par une internationalisation rampante et antidémocratique.

On ne peut pas recevoir plus d'argent de Genève que de Paris comme de nombreuses communes frontalières (260 Millions par an en vertu d'un accord de janvier 1973), appliquer les lois et politiques de Paris, et venir demander une rallonge de 3 millions.

L'accord de janvier 1973, qui se trouve à l'adresse :
http://www.ge.ch/legislation/accords/doc/3009.pdf
doit être dénoncé.

Il existe une parfaite confusion mentale au sein des "élites" de la République.
240 millions sur 10 ans, soit 24 millions par an, dont les 3 millions pour 5 parking d'échange c'est une chose. C'est le plan d'agglo II.

A côté et EN PLUS c'est automatiquement, sans referendum possible, 260 millions par an donné à la France. Ce en vertu de l'Accord de 1973 entre Genève et la France. Cet accord est ancien. Il n'est plus démocratique de l'appliquer les yeux fermés. Le Peuple de Genève doit à nouveau se prononcer sur ce don de 1 millions par jour ouvrable. Une initiative visant à son abrogation doit être lancée.

Pourquoi dire ne pas vouloir financer des infrastructures en France et verser près de 1 millions par jour (ouvrable) à la France, les yeux fermés ?
Referendum contre 3 millions et fermer les yeux sur 1 millions par jour, c'est du foutage de gueule !

Écrit par : cedh | 19/05/2014

CEDH, Ajoutez-y tout le trapèze qu'il a fallu faire pour que la France verse sa part au pot du CEVA et la polémique autour des motrices et vous avez une image assez précise de ce joyeux bordel.

Ce qui frappe sur le photo de la TG, c'est que ne sont présents que le "président", le ministre des transports et l'éternelle chancelière mais aucune trace des autres. Or lorsqu'on veut convaincre de l'importance d'un projet, on commence par y montrer de l'intérêt et de l'intérêt collectif.
Je me demande si les constituants n'ont pas fait une énorme bourde en instituant un président. A moins que ce ne soit la piètre image qu'en donne Longchamp qui nous agace. Il ne faut pas exclure cette hypothèse. Mais il est vrai que la tentation est forte, pour un esprit faible, de se calquer sur le modèle du voisin qui permet à des incapables d'être au sommet de la machine.

L'épisode de la rétention des informations sensibles du CEVA ne redore pas non plus son image.

Cela étant Golay, Stauffer et leur bande accumulent les succès.

Écrit par : Gérard Blanc | 19/05/2014

Oui Monsieur Décaillet, le peuple est le véritable souverain.
Certains locataires du pouvoir semblent l'oublier trop souvent.
Pas étonnant donc que les électrices et électeurs les remettent en place de temps en temps.
Une votation sur le "Grand Genève" serait utile, mais ils ont certainement peur du verdict...

Écrit par : jacques joray | 19/05/2014

@CEDH

Intéressant votre lien. J'ignorais cela. Et probablement beaucoup d'autres aussi. Merci.

@Pascal Décaillet

La démocratie n'existe pas. Quoique l'on vote, nos votes sont ensuite détournés, modifiés de façon à ce qu'ils n'aient plus rien à voir avec le votre initial. Mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas continuer à se battre pour cela. Si on pouvait déjà faire que ce qui a été voté soit respecté, ce serait un grand pas en avant. Mais dans un Canton où personne ne sait ce que fait l'autre au niveau décisionnaire, ni ne connaît les règlements de ses propres services ou lois, c'est pas gagné.

J'ai quitté le Canton de Genève fin avril et vous savez quoi ? J'ai déjà de nombreuses occasions de m'en réjouir, à tous les niveaux, l'efficacité, la convivialité, le respect, même si tout n'est pas parfait.

Écrit par : Jmemêledetout | 19/05/2014

Bonsoir,
Joli lapsus, Monsieur Décaillet. Car vous parlez des hommes du Conseil d’État (je cite : « Mais, Messieurs du Conseil d’État, on ne fonde nulle politique durable, en Suisse, en bâtissant sur du sable » !!) et vous oubliez la femme d’icelui ? Peut-être voulez-vous la dédouaner des politiques actuelles de ce Conseil d’État fort mal équilibré politiquement ou, plus simplement, constater son inexistence à ce poste et son incurie gouvernementale, son élection n’ayant été due qu’à son nom de famille et pour servir d’alibi au grand parti des insupportables anti-suisses du PS genevois emmenés notamment par l’incompétent thuriféraire fils à son papa PDC Cornelio Sommaruga.
D’ailleurs, pour terminer sur cet inutile projet du CEVA, on va bien rire lorsque les rames de ce train seront achetées à Alstom, sous pression de la France, pour leur faire plaisir et eux pour sauver ce qui reste de leur industrie incapable de vendre à l’étranger ( !!!), car telle est la seule politique que mènent les élus genevois se disant si compétents et si fiers de rappeler leur bi-nationalisme avec la grande Nation en perdition.

Écrit par : simonius | 19/05/2014

Jmemeledetout : Je suppose qu'elle n'est pas bête au point de comparer une ville à un bled, où tout est toujours mieux n'est-ce pas... Mais si elle a choisi une ville, j'espère qu'elle n'aura pas choisi Lausanne avec ses bagarres nocturnes avec des singes qui vont chercher des cailloux sur les voies CFF pour se caillasser, où il y a des flaques de vomi partout...et je sais de quoi de parle pour y avoir vécu.

Ou alors Berne, Bâle ou Zurich régulièrement mises à (très) mal à chaque match de hockey, de foot, ou lors d'autres évènements.

Question convivialité y'a mieux, vous en conviendrez.

Écrit par : PM | 19/05/2014

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