15/10/2014

Et Saint Luc traversa la mer Rouge

 

Sur le vif - Mercredi 15.10.14 - 16.00h

 

Oui je sais, dans mon titre, je confonds l’Ancien et le Nouveau. La Petite et la Grande. La Rade et le Lac. L’horizon chimérique de 2030 (tiens, ça n’est déjà plus 2025) avec celui, équestre, de 2020. Bref, rendons grâce au Conseil d’Etat d’avoir, dans son infinie sagesse, avec une louable intention d'affûter nos désirs, revivifié cet après-midi nos rêves séculaires de traversée. Honneur à lui, même s’il ne prend pas grand risque.

 

Oh, sa traversée je suis pour. J’ai toujours été pour la grande, le bouclement périphérique. Que Genève, une bonne fois, se dote d’une ceinture urbaine. Et j’ai toujours été, depuis qu’ils l’ont lancée en 2013, contre la petite, qui n’était que pub électorale de l’UDC. Que revivent donc nos rêves, c’est sans doute cela qui compte quand on gouverne et que pas grand-chose ne va : insuffler dans les artères du client le minimum de joie prospective pour qu’il évite de commettre l’irréparable : ne pas procéder à votre réélection. Ou à celle des vôtres, tiens disons à l'horizon communal du printemps 2015. Votez Entente, nous ne resterons pas sourds à votre libido lacustre.

 

Alors, aujourd’hui, on fait quoi ? Je dirais « miroiter », même si le temps des alouettes est déjà envolé. On parle de « préfinancement cantonal », alors que l’absence du moindre kopeck dans les caisses désespère un ministre des Finances sept milliards de fois moins optimiste, quand on le croise, que pendant cette campagne de 2013 qui, tel l’Aigle surgi de l’île d’Elbe, l'avait vu voler de clocher en clocher.

 

Cette traversée, je suis pour. Je ne conteste donc pas le fond. Mais le communiqué que je viens de lire (en attendant de recevoir M. Barthassat ce soir à GAC), je n’y crois que modérément. Déclaration d’intention. Abstraite, non chiffrée. Timide reprise de l’ouverture sur le privé, mais du bout des lèvres, parce que politiquement, c'est périlleux. Rien de précis sur les modalités de financement. Bref, une Arlésienne. Sympathique, sans doute sincère. Mais improbable comme un rêve de vent, timoré d'incertitude face au frisson si féminin de la vague bleue.

 

Le populiste de droite nous dessine la Phalange sous les yeux fatigués des patriciens. Celui de gauche nous promet le grand soir. Le populiste de la festivité chrétienne nous réinvente la mer Rouge. A chaque fois que saignent nos regrets.

 

Nous noterons en passant, et sans chercher noise (ça n’est pas le genre de la maison), que ce gouvernement, particulièrement dans l’ordre de la mobilité, semble davantage briller par les effets du lointain que par la précision matérielle du concret, hic et nunc. En attendant, lisons Saint Luc. Il y est aussi question (comme chez Dalida) de Parole et de Parole : que du bonheur ! Ou l’histoire de Moïse. J’aime quand les eaux s’écartent. Promesse d’un Passage. Avec un prénom comme le mien, comment pourrais-je m’en détourner ?

 

Pascal Décaillet

 

16:00 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Le projet Genève Route & Rail, que le parti des Verts'libéraux a adopté comme base de ses réflexions, prévoit en particulier une traversée du lac, mixte, ferroviaire entre Le Vengeron et les Eaux-Vives où elle rejoint le CEVA, et autoroutière entre Le Vengeron et Thônex-Vallard.

Vous posez la question du financement de la traversée autoroutière.

Entre Le Vengeron et Thônex-Vallard, le tracé que je propose suit presque la ligne droite, sans grand détour par la campagne genevoise peu urbanisée. De ce fait :
• il n’est pas nécessaire de le soumettre au préalable d’une densification de la rive gauche pour satisfaire les critères de la Confédération,
• il est d’intérêt bien plus large que régional, et concerne tout le trafic entre le nord (plateau suisse) et le sud (sud de la France et Piémont italien), ce qui là aussi le fait entrer dans les critères de la Confédération, qui doit traiter avec équité les aspirations émanant de tout le pays,
• il est beaucoup moins cher, ce qui encore facilitera le ralliement de la Confédération.

Ainsi ce tronçon, parce qu’économique, parce que d’intérêt régional, mais surtout parce qu’aussi d’intérêts national et international, pourra être intégré dans le réseau des Routes Nationales, et par conséquent être entièrement pris en charge par la Confédération.

On trouve le projet Genève Route & Rail à l'adresse suivante:

sites.google.com/site/geneverailroute/etude

Écrit par : weibel | 15/10/2014

Pour ne pas rester en Rade:Nous n'avons pas regardé la même émission Monsieur Duval et moi : Bernard Schneuwly devant deux UDC un vrai et un camouflé avec son habituelle arrogance , tous les deux habitués et favoris de votre production, j'ajoute un flingue le Moser du privé.
Schneuwly s'explique sur les faits , le philosophe d'Arle -istote souhaite évidemment embarquer ce beau monde dans ses obsessions anti-pédago go of course, insultes "machine de destruction massive".
à y regarder de plus près cependant les méthodes de notre philosophe autoproclamé sont assez en accord avec les cosignataires de ses interventions politiques au Grand Conseil à savoir Sir Henry Cinéaste "particulier" et le lieutenant Girardet. Jean Romain n'aurait donc pas dépareillé la phalange politico-policière du grand conseil protégeant le Caïd, ce qui augure bien de l'ordre en classe selon l'extrême droite dans ce pays. Ah merde j'ai oublié la vertu selon SaintThomas qui n'y a vu qu'un vice de forme.

Écrit par : briand | 15/10/2014

Cher Pascal Décaillet, je ne lis pas l'intégralité de vos oeuvres, pourtant je n'avais pas échappé à vos maintes protestations sur la mise à sens unique de la rue de l'École-de-Médecine. En revanche, vos éventuels cris de bonheur lors de la remise à double sens de cette rue, je ne les ai pas relevés...

Pour le reste, on en reparlera... Et en effet, au delà des chimères à long terme, les Genevois et leurs visiteurs souhaitent voir l'agglomération être soulagée de ses problèmes de mobilité. Peu à peu, dès maintenant, en commençant par le possible. Analysons le problème, sans partir du postulat que sa solution se trouve dans le projet le plus cher et dont le financement doit être assuré par nous seuls.

Écrit par : Eugen Billard | 16/10/2014

Les commentaires sont fermés.