21/10/2014

Ecopop : on a le droit d'être pour !

 

Sur le vif - Mardi 21.10.14 - 15.23h

 

Dans un peu plus d’un mois, l’initiative Ecopop, dont je parle ici depuis plus d’un an, aura été tranchée par le peuple et les cantons. Dans quel sens ? Je l’ignore absolument. Nous verrons bien. En attendant ce verdict, un mot sur la campagne. Pour l’heure, on ne voit et n’entend que les opposants. Tous les partis politiques, y compris l’UDC (ce que je peine à comprendre). Le patronat. Les syndicats. L’écrasante majorité des éditorialistes. Bref, tout ce que la Suisse compte d’officialité représentative, de médiateurs agréés, de porteurs de parole officielle, de Feuilles d’avis de l’opinion majoritaire, entendez par exemple à Genève l’édito de la Tribune, le diapason du pouvoir installé, celui qui ne trompe pas.

 

Comme pour le 9 février, les opposants rugissent. De leur voix, ils couvrent l’ensemble de l’univers sonore, ont même de leur côté les humoristes. Ils accaparent le texte, le contexte, la marge, l’apparat critique. C’est le livre des opposants, édité par les opposants, financé par Economie Suisse (pas assez, à leur goût, à entendre hier soir Filippo Lombardi), défendu et illustré par les opposants. Fort bien. C’est le jeu. Nous sommes dans un pays libre. Chacun a le droit de s’exprimer. Même si l’insulte dépasse parfois la ligne rouge, comme ce communiqué du NOMES (Nouveau mouvement européen suisse), publié ce matin, qui, nous invitant à un « Concert contre Ecopop », parle d’une « initiative raciste et arbitraire ».

 

Reste à savoir en faveur de qui joueront ce tintamarre, cette diabolisation. Nous verrons bien, le 30 novembre. Ce qui est sûr, je l’annonce ici depuis plus d’un an, c’est que les thèmes de la masse migratoire et de la protection de l’environnement sont particulièrement chers aux préoccupations des Suisses. Liés l’un à l’autre (pour la première fois), ils pourraient bien avoir la charge explosive nécessaire à dynamiter les réseaux de propagande du camp adverse.

 

Cette charge, elle est à chercher dans le cœur de nos compatriotes, leur attachement à un pays qui demeure vivable, donc leur rejet d’une Suisse à 12 ou 15 millions d’habitants. Parce qu’ils comprennent très bien, les Suisses, en voyant une carte de leur pays, que ce dernier, constitué principalement de montagnes, n’est pas extensible à souhait : nous ne sommes ni dans la plaine lombarde, ni dans celle de Silésie. Dès lors, vouloir limiter l’augmentation (étrangère ou autochtone) de la population ne relève ni de malthusianisme, ni surtout d’une quelconque xénophobie, ce mot-valise tellement utilisé, et totalement à tort, dans la campagne du 9 février. La question migratoire, en Suisse, ON A LE DROIT DE LA POSER. Le droit de la mettre à l’ordre du jour. Sans se faire insulter, ni traiter de fascistes. Ensuite, les consciences citoyennes diront oui ou non à Ecopop. Mais la question migratoire n’a pas, dans notre pays, à relever du tabou.

 

Cette question fut d’ailleurs posée le 9 février dernier, Et tranchée dans le sens que l’on sait. Ce jour-là, le peuple et les cantons, souverains, ont dit au Conseil fédéral ce qu’il devait faire. Or, notre gouvernement, notre Parlement, nos très chers élus, depuis plus de huit mois, qu’ont –ils entrepris pour mettre en application cette décision du peuple ? Réponse : RIEN ! Ils ont temporisé. Freiné. Empêché. Fait barrage, au maximum. Déjà, ils parlent de revoter. Comme s’il s’agissait de corriger une anomalie passagère, une parenthèse de l’entendement. Le peuple du 9 février aurait été comme estourbi. Réveillé, il reviendrait à la « Raison ». Eh bien croyez-moi, cette suintante lenteur dans la mise en application du 9 février, elle va aider le camp du oui dans l’affaire d’Ecopop.

 

Parce qu’il y a, dans ce pays, des citoyennes et des citoyens qui en ont marre. Ils en ont plus qu’assez que des initiatives, dûment munies des signatures requises, soient menacées d’invalidation par des corps intermédiaires, ou alors diabolisées, vilipendées, comme s’il émanait d’elles quelque chose de sale, d’indigne. Alors qu’une initiative est un ORGANE de notre démocratie, dûment reconnu et codifié par notre ordre constitutionnel. Non seulement elle a le droit d’exister, mais lorsqu’un beau dimanche elle est acceptée, elle prouve à quel point, contre tous les corps intermédiaires, elle avait raison d’exister. Sur les thèmes combinés de l’immigration et de l’attachement à l’environnement et au paysage, on l’a vu par exemple avec l’initiative des Alpes ou encore avec Franz Weber, oui, il y a le mélange explosif capable de créer la surprise. Le détonateur sera-t-il assez puissant ? Je l’ignore. Mais chaque insulte des opposants contribue à le renforcer. Verdict le 30 novembre, nous verrons bien. Et demeurerons citoyens fraternels, unis dans une même démocratie, au-dessus des clivages et des divergences.

 

Pascal Décaillet

 

 

15:23 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Félicitations pour cet article, vous écrivez parfaitement bien ce que pense beaucoup de monde

Écrit par : Eric C. | 21/10/2014

L'an prochain nous irons dans le même sens pour les initiatives abouties qui sont dans le pipeline; La souveraineté alimentaire par deux fois!
Nous récoltons actuellement, à vitesse grand V, la troisième d'Uniterre!

Dès lors que les élections fédérales seront l'aboutissement en fin d'année, il y a fort à parier que nous "tiendrons la main" et que les nouveaux parlementaires devront en être totalement conscients et conséquents!

Tous cela fait partie d'un processus qui va redonner la main au Peuple!

En décembre 2007, nous avons laissé les parlementaires nous -insulter voire dénigrer la volonté électorale majoritaire- Ils ont mis un pied dans la gouardise, la filouterie et nous les ramenons sur le droit chemin.

M. Ueli Maurer le répète tout le temps et il est le seul; "Je suis l'Employé du peuple suisse".

Écrit par : Corélande | 21/10/2014

" Dans un peu plus d’un mois, l’initiative Ecopop, dont je parle ici depuis plus d’un an, aura été tranchée par le peuple et les cantons. Dans quel sens ? "

Ce sera un oui si les électeurs ont envie que la Suisse met place une planification démographique à la soviétique. Même la chine va droit dans le mur avec sa politique de la natalité.

On se demande sur quoi les initiants se base pour estimer qu'il est indispensable de gérer un solde migratoire de 0,2% par an pour préserver les ressources du pays? Pourquoi 0,2% et pas 0,1% ou 0,4% ?

D.J

Écrit par : D.J | 21/10/2014

Celui qui a le dernier mot, le Souverain, se réjouis d'avance de la baffe lourde de sens qu'ils vont pas se gêner de donner à leurs élus.

Vous savez, cette bande de fainéants à Berne qui s'opposent pour faire bonne figure.

1. Marche Blanche ? Oui.
2. Immigration de masse ? Oui.

Je donne et prend le pari à 100/1 EcoPop gagnante.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 21/10/2014

Certes, les urnes auront le dernier mot.

Mais comme je me plais à le rappeler souvent, le texte soumis le 30 novembre à nos votes n'est porteur d'aucun projet de société. Il reflète nos problèmes de riches.

Outre le fait qu'il émane d'un petit groupe d'illuminés de l'écologie, il reflète cette peur, tellement suisse, de tout ce qui est plus grand. Au fond, dans ce pays, on se complaît dans le petit, en recherchant des protections aussi illusoires que vaines.

Et bien entendu que l'on a le droit d'être pour "écopop". On a le droit à l'étroitesse de vision, à la peur du changement, à l'enfermement symbolique dans un horizon décidément bien court. Pour certains, partis politiques de la droite dite traditionnelle en particulier, ces approches sont d'ailleurs devenues des arguments de propagande électorale, un fond de commerce.

Jouer sur ces peurs et s'enfermer dans le repli, c'est l'assurance de savoir où l'on va aller, à plus ou moins brève échéance - droit au mur à mon avis.

Accepter l'idée d'élargir nos champs de vision, de repousser les limites de nos schémas de pensée, de créer ensemble un avenir rêvé, dont on ne connaît pas forcément l'issue, c'est une forme d'aventure, avec tous les risques que cela comporte.

A tout prendre, je préfère l'aventure à ces visions étriquées, craintives et protectionnistes. Mais bon, à chacun ses choix.

Écrit par : Déblogueur | 22/10/2014

Je me permets de rappeler à Corélande que c'est bien le peuple qui a élu les parlementaires couards et filous ! Celui-là même qui a toujours raison selon la formule officielle.

Non le peuple n'a pas toujours raison. Il exprime parfois des opinions majoritaires que notre démocratie commande d'appliquer et qui nous conduisent dans des impasses. Mais ce n'est pas le pire. Non le pire c'est de vouloir faire croire ensuite que l'étranger et ses juges nous empêchent de faire ce que nous voulons et qu'il nous "ostracise" comme de vilains petits canards. En fait nous refusons d'assumer nos votes.

Cela dit, Ecopop va accélérer le vieillissement de la population avec toutes les conséquences financières qui rejailliront sur les jeunes générations, celles à qui est promis un avenir radieux par le biais de textes scélérats.

Les Suisses choisiront.

Écrit par : Michel Sommer | 22/10/2014

Ah oui Monsieur soleil, c'est pas le peuple qui a raison? Aujourd'hui on apprend que le CF veut retirer le droit à l'aide sociale des UE! C'est le moment! Ce n'est pas le peuple qui a fait valoir son mécontentement depuis plusieurs mois, de manière très virulente....et pourquoi?

Parce que ceux qui ont été élus depuis l'automne 2007, pour une grande majorité sont des "vendus à l'UE" contre leurs propres électeurs!

Maintenant il est temps d'ouvrir les écoutilles, je dis cela à ceux qui veulent se présenter sur les listes pour le National en 2015.

De toute manière l'an prochain des initiatives impératives arrivent en votation et à moment ou un autre le peuple reprendra la main, puisqu'il faut faire le job à la place des parlementaires grassement payés pour se foutre de nous!

Aidez-moi monsieur Soleil allez tirer des feuilles signatures sur la souveraineté-alimentaire.ch, nous faisons un carton et avons envie d'avoir deux cent mille signatures en un temps record!

Écrit par : Corélande | 22/10/2014

Monsieur Sommer ou la complicité pour le remplacement de population ou la mort de la civilisation européenne.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 22/10/2014

Mon travail personnel, visible sur le mur de la Haute École d'études sociales, près de l'école d'ingénieurs.

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:WP_20141023_10_20_07_Pro_(2).jpg

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 23/10/2014

Une fois de plus, quel clairvoyance de votre part.
Bulletin rempli : 3x oui le 30.11.
Trop de monde partout, les infrastructures ne suivent pas et seront tjrs en retard, qualité de vie en baisse, mélange insipide sans âme (voir Genève). Oui à Ecopop. Pour la Suisse, pour retrouver une Suisse d'il y a encore 10/20 ans.

Écrit par : Stéphane Mauris | 05/11/2014

Tant qu'à faire pourquoi pas une Suisse du XIX ou même d'avant ? Vous savez cette Suisse qui a vu émigrer ses enfants, pas par goût de l'aventure ou de la découverte mais parce qu'ils mourraient simplement de faim. Ah le bon vieux temps ! Pour ceux qui préfèrent la décroissance, je leur suggère de regarder les pays qui vivent actuellement la croissance zéro (chère à certains écolo).... quelle belle envie ils nous donnent.

Écrit par : uranus2011 | 05/11/2014

"Cela dit, Ecopop va accélérer le vieillissement de la population avec toutes les conséquences financières qui rejailliront sur les jeunes générations, celles à qui est promis un avenir radieux par le biais de textes scélérats."

Et alors, tôt ou tard cela se produira, et alors mieux vaudra être moins nombreux. Ou pensez-vous sérieusement que la population de la Suisse puisse croître indéfiniment d'un million d'habitants tous les 12 ans? 11 millions en 2050, 15 millions en 2100, 23 millions en 2200, c'est ça votre solution? Cela ressemble fort à "après moi le déluge". Bref vous vous foutez complètement des générations à venir. Qu'elles se débrouillent pour trouver une solution dans situation qui sera pire que celle d'aujourd'hui, vous vous en lavez les mains.

Totalement irresponsable. Vous refusez toute remise en question, tout sacrifice. C'est totalement égoïste.

Écrit par : Johann | 05/11/2014

Les commentaires sont fermés.