14/11/2014

Sauvons le Bat Car 14 !

 

Commentaire publié dans GHI - 12.11.14

 

En Suisse, l’armée est évidemment fédérale, mais les corps de troupe viennent des cantons. Certains d’entre eux, ancrés dans la tradition, sont légendaires. Ainsi, pour Genève, le Bataillon de Carabiniers 14. Deux siècles d’Histoire militaire genevoise ! Des milliers d’entre nous, ou de nos pères, ou de nos ancêtres, ont servi sous ces drapeaux-là, ou ceux des autres bataillons genevois, naguère regroupés au sein du Régiment d’infanterie 3, ou aujourd’hui dans la Brigade d’infanterie 2.

 

Je voudrais dire ici, pour avoir été de ceux-là, que l’attachement à ces souvenirs ne relève pas de la seule nostalgie, et qu’il ne doit pas être l’affaire des seuls militaires, mais de l’ensemble des citoyens : notre armée doit celle du peuple, en aucun cas celle d’un caste, d’une élite. Il convient donc que ceux qui la défendent ne soient pas seulement les bons vieux vétérans, mais tous ceux, hommes et femmes, qui veulent croire en l’utilité de sa mission.

 

Dès lors, bravo à un groupe de députés au Grand Conseil, principalement des PLR (on espère vivement que les adhésions s’étendront à d’autres partis, peu importe lesquels), d’avoir déposé une résolution demandant au Conseil d’Etat d’entreprendre toutes choses pour sauver l’existence du Bat Cat 14, menacé par une réforme de l’armée ruminée à Berne par des apparatchiks aux mocassins immaculés. Bravo à Nathalie Fontanet d’avoir pris la tête de ces députés. S’il faut une armée, s’il faut des corps de troupe, alors qu’ils puisent leur énergie dans les traditions locales. La fierté d’un étendard n’a rien de ringard. Elle surtout pas là pour diviser les hommes. Mais les unir, dans un même élan. Au service de tous.

 

Pascal Décaillet

 

19:35 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

N'est-ce pas bien trop tard ? Que reste-t-il de l'armée en prise avec les cantons et leur population ? Fin de la div mont 10, que reste-t-il des régiments qui la composaient, (le 5 pour moi) ? Qu'est-ce que la Patrouille des glaciers si elle n'est pas organisée par la div mont 10 ? Un ramassis de pollueurs qui jettent leurs boîtes de conserve partout...
Il m'est arrivé de correspondre avec Ludovic Monnerat sur son blog (sous mon vrai nom). Il était major et dirigeait un bataillon de grenadiers ! Un bataillon de grenadiers, pourquoi pas une division de sanitaires, une armée de soldats spécialistes des pigeons voyageurs...
Ces petits idiots de technocrates se sont cru autorisés de tout saccager et on s'étonne que l'armée ne soit plus du tout reconnue par le peuple suisse. Le refus du Gripen n'est pas arrivé par hasard...

Écrit par : Géo | 14/11/2014

Je ne comprends pas comment on peut être attaché à un régiment alors qu'il n'a jamais fait la guerre, ne la fera jamais et n'a jamais accompli d'acte héroique. Pouvez vous m'éclairer? Je ne vois que la nostalgie je suis désolé

Écrit par : Nathalie Ory | 15/11/2014

@Monsieur Décaillet on ne peut que partager vos souhaits !

Écrit par : lovsmeralda | 15/11/2014

Monsieur Décaillet, comment conciliez-vous votre soutien à cet appel au maintien du Bat Car 14 avec vos prises de positions précédentes sur l'armée, que je me permets de vous rappeler ci-dessous?

“Il ne s’agit pas ici de défendre l’armée de grand-papa, ni celle des chars, ni celle des colonels membres de conseils d’administration, ni celle, à tout prix, de la conscription obligatoire. Mais la Suisse a besoin d’une armée, certes réformée de fond en comble, moins nombreuse, plus efficace.”
Pascal Décaillet, 31.10.10

“Je serais partisan - je l'étais déjà lorsque j'ai appartenu à la Commission Schoch en 1990, nous avions siégé vingt-cinq jours, décentralisés dans toute la Suisse - d'une obligation pour tous de "faire quelque chose pour la communauté nationale". Et en effet, pas obligatoirement quelque chose de militaire.”
“Pour ma part, je suis favorable à une Suisse avec armée, mais encore et toujours à redéfinir, et là certains arguments du professeur fribourgeois interviewé par le Temps vont dans le bon sens. J'aurais même pu entrer en matière sur un socle professionnel, que je ne perçois pas comme une menace prétorienne pour le pays.”
Pascal Décaillet, 12.08.13

Pensez-vous vraiment que ce genre d'idées soit de nature à favoriser le maintien de quelque unité que ce soit? Ce n'est pas en disant que chacun devrait "faire quelque chose pour la communauté", ou que l'on ne tient pas à la conscription, que l'on maintient en vie des formations, quel que soit leur prestige, quelle que soit leur histoire! Quel est, dans le cas particulier du Bat Car 14, l'élément qui freine votre poussée moderniste? Le fait que pour vous, le Bat Car 14 s'apparente à une sorte de Compagnie 1602? L'argument ne va pas peser lourd.

Pour vous consoler, vous pourrez toujours convoquer les membres de la commission Schoch, prendre trois objecteurs de conscience, et leur donner une mission quelconque au service de la communauté. Il seront sans doute moins nombreux qu'un bataillon (mais c'est apparemment plus efficace d'être moins nombreux). Et évidemment, rien ne vous empêchera de donner à cette fine équipe le nom de Bat Car 14.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 15/11/2014

Je n'ai aucun problème avec la passion que peuvent éprouver certains militaires pour leur bataillon, du moment que ce soit eux qui paient les coûts pour le maintien de ces bataillons. Je suis pour une armée réduite qui coûte moins chère au vu de la paix qui règne autour de nos frontières.

J'aime bien faire la comparaison entre l'armée et le Tunnel de base du Saint-Gothard. La première, avec 500'000 soldats à son apogée, puis 400'000, puis 300'000, puis 200'000, puis 100'000, n'ont fait que gesticuler pendant des dizaines d'années avec des dizaines et des dizaines de milliards de francs.

Alors que pour le Tunnel de base du Saint-Gothard, avec 2000 personnes à son apogée, pendant le percement de tunnel, puis beaucoup moins par la suite, pour moins de 20 milliards, en 20 ans, sont en train de construire le plus long tunnel du monde. On peut aussi parler du tunnel du Simplon, du premier tunnel du Gothard, des deux tunnels du Lötschberg, ou les ponts et viaducs, qui permettent un gain de temps considérable pour les personnes et les marchandises.

Pour sûr, qu'avec les coûts du bataillon de Genève, à la place, ces braves soldats auraient pu, à la place de gesticuler dans leur caserne pendant des dizaines d'années, construire leur tunnel sous le lac Léman qu'ils rêvent tant à Genève, pour 10 fois moins chère...

Écrit par : Lucignolo | 16/11/2014

Les commentaires sont fermés.