22/01/2015

Gil Baillod : l'étoffe des grands

 

Sur le vif - 22.01.15 - 17.29h

 

Gil Baillod, dont nous apprenons à l’instant le décès, à trois semaines de ses 80 ans, a été l’un des plus grands journalistes que la Suisse romande ait connus. Un homme seul. Une tronche. Un caractère. Une tête de lard. Un homme avec un incroyable réseau, lui permettant d’explorer à fond les arcanes du pouvoir, pour mieux décrire et dénoncer les abus des puissants. Un homme qui s’est fait des légions d’ennemis. Grandi par eux, leur nombre, leurs tentatives de nuisances, de pressions. Magnifié par son combat, et celui de ses équipes à l’Impartial, pour établir des vérités locales, celles qu’il n‘aurait pas fallu voir, parce qu’elles n’étaient pas celles des cartes postales.

 

Patron mythique de « L’Impartial », infatigable bretteur des Montagnes neuchâteloises, bijoutier-joaillier de formation, Gil Baillod aura passé sa vie à sertir le matériau des mots. Orfèvre du billet ! Il était au coup de gueule ce que les Quarantièmes Rugissants sont à l’aventurier solitaire du Cap Horn : la promesse, toujours, de l’inattendu. Des tempêtes de sincérité. La défense des petits contre les puissants. Il était à lui seul un maelström. Je garderai de cet immense confrère un souvenir exemplaire de professionnalisme, de courage et d’engagement. Ce soir, le monde du journalisme en Suisse romande est en deuil. Un grand du métier nous a quittés.

 

Pascal Décaillet

 

17:29 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

@Monsieur Décaillet vous avez raison de rendre hommage à ce grand rédacteur Encore un vrai pro du Journalisme qui s'en va ! on ne peut qu'être heureux d'avoir pu rencontrer Gil Baillod et bien d'autres de la presse Neuchateloise qui en son temps savait captiver de très jeunes enfants et ce grâce aux journaux dans les WC bien que souvent incomplets mais qui permettaient *aux oreilles innocentes* de combler un déficit intellectuel dont le surplus était réservé à la classe aisée
Très belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovsmeralda | 23/01/2015

L'homme libre dit non, et il assume les conséquences de ce non. Toujours l'esclave dit oui.

Écrit par : Jean Romain | 23/01/2015

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