22/04/2015

Veyrier : quand le Conseil d'Etat règle ses comptes

 

Sur le vif - Mercredi 22.04.15 - 17.40h

 

Le Conseil d’Etat qui annonce publiquement, en plein dans l’entre-deux-tours des élections municipales, l’ouverture d’une « enquête disciplinaire » contre l’exécutif d’une commune, celle de Veyrier : il y a là quelque chose qui ne va pas. Ni dans la démarche. Ni dans le moment choisi. Ni dans la sèche publicité, roide, jacobine comme un couperet, donnée à la chose, dans ce petit chef d’œuvre de constipation rhétorique, pudiquement appelé « communiqué hebdomadaire du Conseil d’Etat ».

 

Il s’agit du conflit entre Thomas Barth, le bouillant et vibrionnant Maire de Veyrier, et le Conseil d’Etat, notamment le ministre Vert, sur l’affaire des Grands-Esserts. Un véritable roman russe, avec rebondissements, roulette, salades et sans doute aussi quelques poupées : une sorte de « Guerre et Paix », sans la paix.

 

On nous permettra ici de ne pas entrer en matière sur le fond : d’innombrables aspirines ne suffiraient pas à atténuer la douleur immédiatement contractée par nos périssables neurones, tant l’affaire est complexe.

 

Nous demeurerons sur le seul plan qui vaille, le seul réel enjeu sous le paravent du juridique : la politique. Annoncer, sur ce son pète-sec de sous-préfet commis aux affaires disciplinaires, une procédure contre trois élus exécutifs, le faire alors que rugit le légitime débat politique en vue du second tour veyrite, tout cela, de la part du Conseil d’Etat, ou tout au moins d’un ou deux ministres, fleure le règlement de comptes.

 

Il fallait attendre l’issue des élections, donc le lundi 11 mai 2015, pour rouvrir ce dossier dont l’état de pourriture rappelle la pomme du grand Newton, à l’extrême orée de sa chute, aussi révélatrice que fatale.

 

Pascal Décaillet

 

 

17:40 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

On doit toutefois vous faire observer que Monsieur Thomas Barth ne brigue pas de nouveau mandat de conseiller administratif. Votre remarque relative au moment choisi ne saurait donc s'appliquer à lui.

Par ailleurs, Veyrier, c'est Clochemerle, mais en version riche. A l'instar d'ailleurs de tous les "problèmes" qui se posent aux communes genevoises, quelle que soit leur taille. Elles n'ont qiue des problèmes de riches, au point qu'on se demande pourquoi leur prêter autant d'attention.

Bien à vous.

Écrit par : Déblogueur | 22/04/2015

Cher Monsieur,

Selon vous "on" devrait taire publiquement que des plaintes ont été déposées ?

L'électeur n'aurait-il pas le droit de savoir que 2 élus sont accusés (mais présumés innocents tant que l'enquête n'a pas donné ses résultats) d'avoir envoyé par un tout ménage un compte-rendu partial et non approuvé, aux frais de la commune en même temps que ses auteurs lançaient une initiative communale ?

L'électeur n'aurait-il pas le droit de savoir que le 3e élu est accusé par le premier au pénal de violation de fonction (aussi présumé innocent) ?

L'électeur, que j'ose encore espérer intelligent et libre de ses choix, a le droit d'avoir tous les éléments en main pour valider ses choix dans l'urne. A lui de juger si les reproches sont importants ou ridicules.

De plus, en 2011, pour des faits plus ou moins dans la même vaine, les élections à Corsier avaient été annulées par le Conseil d'Etat pour ... un tout ménage du maire envoyé aux frais de la Commune, si ma mémoire est bonne.

Écrit par : Philippe C. | 23/04/2015

Les commentaires sont fermés.