30/04/2015

Suisse-Europe : on se calme !

 

Sur le vif - Jeudi 30.04.15 - 14.41h

 

Il paraît que l’Union européenne hausse le ton face à la Suisse, dans le dossier de la libre circulation. Le problème, ça n’est pas tellement que M. Juncker se chauffe la voix, mais que la moindre variation de tonalité de Bruxelles envers notre pays provoque immédiatement les gros titres et les éditos totalement alarmistes de notre bonne presse en Suisse romande. Encore et toujours, faire au peuple et aux cantons la morale, leur reprocher d’avoir mal voté le 9 février 2014. Toujours la même chanson : « Vous avez osé provoquer l’Union européenne, regardez comme elle se venge, ça va être terrible ».

 

Il existe, pourtant, une autre manière de réagir. Ne pas tant se focaliser sur les grondements sonores de Bruxelles, ne pas toujours parler d’eux. Mais placer, au centre de notre discours, la décision souveraine prise le 9 février 2014 par le corps électoral. Elle implique, très clairement, une régulation de l’immigration, et la mise en place de contingents. Ces éléments-là ne sont plus à discuter. Il s’agit de les mettre en application. Toute autre solution reviendrait à considérer le peuple et les cantons de notre pays, seuls organes de décision lorsqu’il s’agit d’une initiative populaire, comme mineurs, alors qu’ils sont ultimes. Ce serait, sans ambiguïté, bafouer notre démocratie. Et le Conseil fédéral, il lui appartient, calmement, courtoisement, mais avec une implacable fermeté, de l’expliquer à Bruxelles. L’affaire, que d’aucuns s’emploient à tarabiscoter à l’extrême, est aussi simple que cela.

 

Citoyens, ne nous laissons pas impressionner par la titraille d’Apocalypse de ces éditos de nos journaux. Laissons Bruxelles rugir. Et occupons-nous prioritairement de nous-mêmes : nous avons, le 9 février 2014, pris une décision, il s’agit qu’elle soit appliquée. Nous avons peut-être face à nous une machine prétendant représenter 28 pays, eh bien cette bureaucratie si loin des peuples a, en face d’elle, un tout petit pays, 8 millions d’habitants, bien fragile, c’est vrai. Mais un pays gouverné par le corps de ses citoyens, en qui réside la souveraineté. Chez eux, ça n’est pas comme cela, c’est leur droit, respectons-les. Mais chez nous, c’est ainsi.

 

C’est précisément pour résister aux puissances, aux pressions, aux menaces, aux arrogances des grands, à la superbe des empires, que la petite Suisse, au fil des siècles, s’est constituée. Pour ma part, je préfère concentrer mes attentions sur ce que nous sommes, plutôt que sur les émanations sonores d’une usine à gaz qui ne semble connaître ni notre système, ni notre Histoire, ni notre culture politique. Eh bien, renseignons-les. Mais de grâce, ne courbons pas l’échine.

 

Pascal Décaillet

 

14:41 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Pardonnez moi, mais je pense que vous devez être bien naïf pour écrire ceci :

"Et le Conseil fédéral, il lui appartient, calmement, courtoisement, mais avec une implacable fermeté, de l’expliquer à Bruxelles. "

Le Conseil Fédéral, élu uniquement par le Conseil National, se plie, courbe l'échine, se prosterne même devant les technocrates de Bruxelles, sans oublier de nous rappeler qu'un (1) franc sur deux (2) est gagné dans/avec l'Union Européenne.

Décevant ?
Pour le moins ...

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 30/04/2015

Quand on conclut un accord, il y a toujours deux parties. La Suisse et l'Europe ont signé un accord de libre circulation des personnes que la Suisse souhaite remettre en cause à la suite du 9 février 2014.

J'ai toujours prétendu qu'il y avait une certaine arrogance pour ne pas dire une arrogance certaine à vouloir faire plier Bruxelles alors que chez nous, ceux qui ont accepté l'initiative s'époumonent à déclarer que nous n'avons de leçon à recevoir de personne.

En clair, les accords se respectent. Quand on veut en changer les règles, on n'accuse pas ses partenaires de vouloir tricher ! J'accepte - pas vraiment volontiers, mais j'accepte - que l'on applique la mise en œuvre de la triste initiative à condition, bien sûr, que notre petit pays,"bien fragile"(sic) soit prêt à en assumer toutes les conséquences. Ce n'est pas l'Europe qui veut changer les règles du jeu. Ce sont un peu plus de 50 % des votants qui en ont décidé ainsi. Jusqu'à preuve du contraire, les mauvais joueurs sont les Suisses, enfin une moitié d'entre eux !

Écrit par : Michel Sommer | 30/04/2015

La petite Suisse, vous l'écrivez, Pascal Décaillet, en résistant aux pressions, aux menaces, aux arrogances des grands, à la puissance des empires s'est constituée et a chanté la tête haute ce Peuple des bergers libre sur sa terre... ce à quoi l'adhésion à l'UE mettrait un terme en aucun cas pour le bonheur de l'ensemble de ce peuple. On le dit également: "La peur est mauvaise conseillère"! et quant aux chantages variés évitons de boire d'un breuvage trouble qui n'a rien à voir avec les nobles vignobles de notre terre chantée "haute et féconde"!

"Austérité" et autres joyeusetés pour nos enfants?

Avec, "notamment", ses lingots d'or régulièrement "briqués", dépoussiérés aux yeux de tous (histoire de faire des envieux concernant l'UE, à commencer par la France?) la Suisse n'a-t-elle pas de quoi voir venir tant côté études des jeunes que recherche?

On constate que plus on cherche des maladies ou germes de... on en trouve: le nombre de ces germes ou maladies diminuerait-il si l'on freinait cette recherche affamée, "vorace", éperdue! dans l'espoir de toujours nouvelles et autres possibilités ("potentiel"!) de mal à venir: "C'est ce que tu redoutes qui arrive! enseigne le bouddhisme.

Écrit par : Myriam Belakowsky | 30/04/2015

Peut-être pourrait-on aussi accepter l'idée que les réactions intérieures aux variations de ton de Bruxelles (ces dernières étant au demeurant bien normales) sont une des conséquences du vote certes souverain, mais quand même un peu juste... Car en effet, les quelq1ues milliers de voix ayant séparé le ouzi du non le 9 février ne suffisent pas à créer un grand élan national en faveur de la restriction de l'immigration dite "de masse".

Expliquer à Bruxelles, oui, sans doute. Mais aussi comprendre à Berne et surtout dans les alpages et autres fiefs de la droite nationaliste que Bruxelles n'a aucune raison de faire des exceptions pour la Suisse; et que cette dernière devra bien, un jour ou l'autre, opérer des choix plus clairs et plus définitifs que la petite giflette du 9 février.

Si l'on décide de tourner le dos à Bruxelles (le fantasme de l'UDC blochérienne), alors il faudra en accepter les conséquences. Autrement, il faudra discuter, négocier et comme toujours dans ce dernier cas, faire quelques concessions. Mais il est clair qu'on ne pourra avoir les deux.

Bien à vous.

Écrit par : Déblogueur | 01/05/2015

Ciel voilà les anciens profs qui reviennent avec intimidations et punitions à l'envi .Décidément à Bruxelles il conviendrait que ces Messieurs Dames mangeassent plus de soupe pour grandir et se souvenir que ces menaces étaient déjà les mêmes il y a quelques années
Les menaces sont en général la preuve d'un manque d'autorité et la seule force des faibles
Bon Premier Mai pour Vous Monsieur Décaillet

Écrit par : lovejoie | 01/05/2015

L’Autriche songe à quitter l’Union européenne via un référendum selon cet article. Comme quoi les européens en ont marre.

http://lesmoutonsenrages.fr/2015/04/28/lautriche-songe-a-quitter-lunion-europeenne/

Écrit par : La censure règne en Suisse | 01/05/2015

Je ne connais pas grand chose à l'économie mais je m'interroge.
Pour faire des affaires avec nos voisins, devons-nous absolument conclure des accords globaux et très généralistes ?
Si la marchandise que je produit intéresse quelqu'un, je ne vois pas qui pourrait l'empêcher de l'acquérir.
Peut-être que Monsieur Sommer pourrait nous expliquer les raisons impératives de signer ces accords pour pouvoir continuer à faire du commerce avec l'Europe.
Et s'il vient me dire que d'autres accords sont concernés et risquent d'être aussi dénoncés, alors j'estimerai être victime d'un chantage qui mérite évidemment résistance.

Écrit par : Pierre Jenni | 01/05/2015

L'intransigeance de l'Europe ? L'intransigeance de la commission européenne, plutôt. Non pas face à la Suisse, mais face à tous ces mouvements européens qui la contestent. Tous les pays européens sont confrontés à une trop forte immigration. Ce que demande la Suisse sera général en Europe d'ici quelques années...

Écrit par : Géo | 01/05/2015

Oui! que ces Messieurs-Dames mangent plus de soupe pour grandir en même temps que moins de petits fours...

Moins de petits fours, plus de soupe ou... moins de petits fours plus de vache enragée en ce sens que ce que ces Messieurs-Dames imposent à leur sujets inféodés de Bruxelles finirait par leur retomber dessus comme par effet de boomerang!

En fait de soupe... quel sacré "bouillon" ça ferait!

Un bouillon à la Marie Besnard?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 01/05/2015

@ Pierre Jenni,

Ce qui risque d'arriver si la clause guillotine concernant les bilatérales devient une réalité c'est de voir la Suisse exclus du marché européen sur la libre circulation des biens et des marchandises. La Suisse en cas d'exclusion pourra toujours continuer à faire du commerce avec les pays d'l'UE mais se sera plus compliqué administrativement et ce sera des coûts et des tracasseries administratives supplémentaires pour les entreprises suisses. Faudra espérer que perdre le libre accès au marché européen ce sera pas un appel d'air pour voir délocaliser certaines de nos PME en Allemagne ou ailleurs en Europe.

D.J

Écrit par : D.J | 01/05/2015

Pour illustrer mon commentaire, un petit extrait de Zemmour...
"L’Union européenne s’organisait autour du Droit et du Marché. Son inspiration philosophique était un libéralisme de haute volée, tiré de l’œuvre de Montesquieu ou de Locke qui, luttant à l’époque contre les abus des monarchies absolues, s’efforçaient d’ériger des contre-pouvoirs, afin de protéger la liberté des individus. Mais ce noble héritage des penseurs libéraux fut complété et dévoyé par une nouvelle religion qui émergea sur le continent européen (et lui seul) après la Seconde Guerre mondiale, un universalisme inspiré de son modèle chrétien, mais sans le dogme, car coupé de ses racines religieuses, un millénarisme postchrétien concomitant de la baisse de la pratique religieuse, porté au départ par les élites démocrates-chrétiennes qui ont fait l’Europe, et devenu la religion des droits de l’homme de toutes les élites européennes. « Ce postchristianisme est aujourd’hui un millénarisme dévot de l’universel, très hostile à la souveraineté des nations européennes. C’est lui qui inspire la construction européenne. C’est lui qui vide les institutions démocratiques de leur contenu politique. C’est lui qui prône sur le mode universel l’amour de l’autre poussé jusqu’au mépris de soi. » (J-L Harouel, Revenir à la nation, Godefroy, 2013).

Et c’est lui qui, en s’inscrivant sa philosophie universaliste dans un enchevêtrement de règles et de normes juridiques – alors que le message de Jésus-Christ était dédié au monde de l’au-delà, mais pas au monde terrestre - , donnait un pouvoir totalitaire à une oligarchie européenne qui se parait des atours flatteurs du contre-pouvoir.

Cour, Commission, BCE, chaque organisme avait ses méthodes, mais toutes eurent le même but et le même résultat.

La Commission utilisa l’Agenda de l’édification du « marché unique », lancé par Jacques Delors à partir de 1984, pour imposer son idéologie de la concurrence libre et non faussée à des États qui durent renoncer à leurs prérogatives, et furent condamnés à des manœuvres de retardement pour défendre leurs législations, leurs services publics et leurs champions industriels nationaux. Le commissaire européen à la concurrence avait droit de vie ou de mort sur les grandes entreprises ; l’ « abus de position dominante » - jugé par rapport au marché européen et non au marché mondial – leur valait condamnation sans grâce ni délai. C’est ainsi que la France perdit Péchiney !
Commissaire européen à la concurrence, Joaquin Almunia a décidé qu’il ne verrait qu’une seule fois les patrons des entreprises concernés par son auguste jugement. Louis XIV à Versailles était plus complaisant. Les États ne pouvaient pas non plus réguler leur flot d’immigrés. Si un chef de gouvernement insistait, il était traité de « nazi » par la commissaire à la justice, aux droits humains et à la citoyenneté, Viviane Reding.

Écrit par : Géo | 01/05/2015

A Monsieur Jenni,

Il n'y a et il n'y avait aucune raison impérative de signer des accords avec l'Europe. Seulement voilà : nous avons négocié et nous avons signé des accords qui ne nous conviennent pas ou plus ! Nous voulons donc dénoncer certains d'entre eux. Soit ! Ce qui est en revanche plus surprenant - le mot est faible - c'est d'accuser nos partenaires de ne pas être "fair play" et de ne pas accepter que la Suisse n'en fasse qu'à sa tête.

Cela fait 58 ans que le traité de Rome a été signé et qu'ainsi la construction européenne a commencé. Presque 60 années de dur labeur, de difficultés, d'hésitations pour en arriver à une Europe, certes loin de la perfection, mais qui existe. Il faut continuer à la faire exister, la réformer. La désintégration de l'Europe, c'est un conflit certain dans moins de cinquante ans lorsque tous les va-t-en guerre d'extrême droite auront recouvré leur faculté de nuire en exaltant le nationalisme qui sied si bien aux citoyens qui regardent l'avenir dans un rétroviseur.

Écrit par : Michel Sommer | 01/05/2015

Tout ceux qui parlent de la clause guillotine : elle ne concerne que les bilatéral 1 pas le reste.
Les bilatéral 1 ne concernent que 7 points et leur fin ne changerait rien de dramatique.
Il faut arrêter de voir tout noir ou tout blanc. Rompre un accord est encore permis que je sache et rompre un accord ce n'est pas stopper toute discussion et construire un mur de 10m de haut autour de la Suisse.
Et puis jouer sur les peurs, pour des gens qui accusent constamment l'UDC de le faire, c'est quand même ironique, non ?

Écrit par : Peter Bishop | 01/05/2015

A ce genre de menaces chantages ou autres le Général Guisan aurait répondu,vous n'aurez pas la cerise sur le gâteau
Et quand on sait l'odieux trafic d'enfants par la Stasi qui a remplacé des enfants du Lebensborn par des orphelins Allemands pour les rendre aux mères Norvégienne et ce afin de jouer aux agents secrets pour le compte de l'Allemagne ,on comprend mieux les colères de nombreuses femmes Nordiques
Alors avant d'en obliger d'autres à ceci ou cela , on nettoie déjà et avant son propre passé

Écrit par : lovejoie | 02/05/2015

" Tout ceux qui parlent de la clause guillotine : elle ne concerne que les bilatéral 1 pas le reste. "

Le problème est que le libre accès au marché européen pour les entreprises suisses faisait partie de ces bilatérale 1. Je ne suis pas devin pour savoir qu'elle en seront les conséquences pour notre économie. Mais rendre le marché européen plus difficile administrativement et également plus coûteux pour les entreprises suisses n'était peut-être pas ce qu'il y avait de mieux à faire. Si cela devient plus avantageux de passer la frontière pour faire du commerce dans l'UE; les PME suisses n'hésiteront pas à le faire. Eux ils pensent avant tout à leur porte-monnaie.

En 1992 on a pu refuser l'EEE parce qu'il y avait l'option des bilatérales. Là on vient de casser cette option.

D.J

Écrit par : D.J | 02/05/2015

" L’Union européenne s’organisait autour du Droit et du Marché. Son inspiration philosophique était un libéralisme de haute volée, tiré de l’œuvre de Montesquieu ou de Locke qui, luttant à l’époque contre les abus des monarchies absolues, s’efforçaient d’ériger des contre-pouvoirs, afin de protéger la liberté des individus "

Mais Zemmour n'a apparemment pas compris ce qu'était " le libéralisme de haute volée " vu qu'il accuse justement le libéralisme ( le néolibéralisme mondialisé ou l'ultralibéralisme selon ses propre termes ) d'être responsable de la situation actuelle de la France. Alors que la France est plus étatiste que libéral.

D.J

Écrit par : D.J | 02/05/2015

on est ravi de voir à quel point l'Allemagne sait toujours comment nous destabiliser.Cette Allemagne vantant le Bio et qui d'un coup de baguette magique construit des centrales pour bovins nourris grâce à de super machines avec brosses électrique pour les massages ceci afin de pouvoir offrir à l'Europe un lait le moins cher possible
Nos agriculteurs vont apprécier ce tout de passe -passe alors que d'autre ironiquement ajouteront après la rafle du Vel D'Hiv nouvelle formule pour contraindre les gens à trier le STO lui aussi nouvelle formule a été inventé pour obliger ce qui n'est plus désormais par les plus grands producteurs du Bio car ce dernier était pure invention pour obliger une masse de gens à entrer dans la spirale commerciale organisée par les Allemands

Écrit par : lovejoie | 05/05/2015

Suite à l'écrasante victoire de Cameron, il se peut bien que je perde mon pari, fait sur votre plateau, cher Pascal, le soir du 8 février 2009.

Cameron confirme son intention de tenir le referendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE.

"Le conservateur David Cameron, qui a remporté une victoire sans appel aux élections britanniques jeudi, a dans la foulée réitéré sa promesse d'organiser un référendum sur une éventuelle sortie de l'UE."

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/L-UE-ne-veut-pas-voir-le-Royaume-Uni-partir-25489683

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 08/05/2015

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